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Manifeste : « vers une Fabrique des transitions »

Manifeste : vers une Fabrique des transitions

A l’occasion des 9è Rencontres TEPOS, Julian Perdrigeat, directeur de cabinet de Jean-François Caron, maire de Loos-en-Gohelle, a porté l’intention de coopération du CLER Réseau pour la transition énergétique au sein de la Fabrique des transitions, une alliance des acteurs de la transition.

Construit avec le soutien des membres de la commission Territoires du CLER, son manifeste a reçu un large soutien par acclamation des 250 participants présents à la plénière de  clôture.

une Fabrique des transitions

Nous faisons face à une crise systémique : écologique, climatique, sociale et démocratique, économique…

Des solutions existent, nous les incarnons et parfois depuis longtemps, mais nous ne faisons pas encore suffisamment système.

Faire système, ce n’est pas s’enfermer, c’est être en relation dans un système ouvert et démontrer que ce que nous faisons a beaucoup de valeur.

Une pluralité de communautés pensent et agissent pour un autre modèle de développement, sobre, durable, renouvelable, résilient.

Les territoires à énergie positive, les collectivités Cit’ergie, les Un Plus Bio, les Cocagne, les économies sociales et solidaires, les économies de la fonctionnalité et de la coopération, le développement local, rural, social, les paysages de l’après-pétrole, les collectifs en transitions et tous ceux qui ne disent pas leur nom…

Ces communautés rassemblent des collectivités, des élus et des agents, des opérateurs économiques, des citoyens…

Elles font « territoire », chacune à leur manière avec des résultats incroyables. Mais elles ne font pas système.

Elles agissent chacune à leur manière. Avec leurs cadres de pensée et d’action. Mais elles ne font pas système.

Elles ne font pas système parce qu’elles se trouvent en concurrence les unes avec les autres, pour l’accès aux ressources.

Elles se contorsionnent pour entrer dans des cadres alors qu’elles sont ensemble le cadre de la transition.

C’est un piège du fait de la posture politique descendante, normative de l’Etat, du mode de travail hérité de la révolution industrielle, divisé, compartimenté, mais aussi, du fait de notre manque d’organisation collective.

La coopération est un travail. Qui résiste et ne se décrète pas.

La transition fourmille mais ne peut être dirigée. Elle doit être facilitée, accompagnée et soutenue.

Pour cela, nul besoin d’une organisation parapluie, qui chapeaute, qui parle au nom de…

Nous devons nous organiser en communauté inter réseaux, inter territoires pour reconnaître ce que nous sommes, pour peser ensemble, pour nous outiller,

Pour mettre au travail nos différences, parfois nos contradictions, pour nous soutenir mutuellement…

C’est le sens de la Fabrique des transitions, une alliance des acteurs de la transition, en plusieurs centres et plusieurs lieux à la fois dont les alliés prennent en charge ce travail de coopération.

Un archipel, pour agir principalement à quatre niveaux :

1.   Promouvoir et soutenir les communautés apprenantes et agissantes ; sans renier leur identité, leur histoire… En inventant une identité commune.

2.   Structurer une forme d‘ingénierie systémique pour accompagner les écosystèmes territoriaux en transition, qui le demandent, qui démarrent ou veulent changer d’échelle.

3.   Développer des dispositifs de formation pour créer des ponts, des passerelles, nous relier, outiller les acteurs et appuyer ce changement d’échelle.

4.   Installer des recherches participatives et investir dans les retours sur expérience pour améliorer l’action en transformant nos cadres de pensée.

Cette fabrique est déjà là. Elle s’illustre à travers les propos, la manière de faire et les dispositifs opérationnels des différents acteurs, quand ils agissent concrètement en coopération.

Elle s’étend pour l’instant à une quinzaine d’alliés rassemblés dans un tiers espace : un espace qui nous permet de travailler à mi chemin entre notre organisation d’origine et la visée politique d’une transition qui fasse système.

Des acteurs pluriels y fabriquent leur moyens d’aller plus loin : des réseaux, des « acteurs » des territoires, de l’Etat aussi, qui cherchent comment dépasser les antagonismes et imaginent des formes mutualisées d’action au plan national.

« Il n’y a pas de bon vent pour le marin qui ne sait pas où il va« , disait Sénèque.

Nous sommes à ce moment de l’histoire où le vent se lève. Et nous savons où nous allons si nous ne faisons rien ou continuons simplement comme avant.

Cap sur les transitions

«Pour en finir avec l’impuissance, développons  ensemble une fabrique des transitions territoriales»

Le Covid 19  sonne le glas du modèle actuel de globalisation économique, du tout marché et du tout-consommation. Le président Macron lui-même a acté la nécessité d’une rupture. Mais le contraste est saisissant entre l’ampleur de la mobilisation actuelle, au nom de l’urgence sanitaire, et  la timidité des engagements face à « l ‘urgence écologique et climatique ». Mettons à profit ce temps suspendu pour unir nos forces,  nous atteler à transformer le système en profondeur à partir des territoires. Espaces de vie, de coopération entre tous les  acteurs, ils sont les mieux à même de conduire un changement global, guidé par un  imaginaire partagé. C’est cette union des efforts, des expériences et des méthodes au service  de tous les territoires qui ont la volonté de s’engager dans un vrai processus de transition que nous vous proposons avec la Fabrique des transitions.

Les systèmes de pensée, les modèles de développement, les formes de gouvernance, les conventions juridiques, économiques et financières conditionnées par une mondialisation dominée par le marché, les modes de vie qui structurent nos sociétés sont hérités des siècles derniers. Ils ont conduit à une triple crise des relations : entre l’humanité et la biosphère – le changement climatique en est l’expression la plus spectaculaire –, entre les individus – avec le délitement de la cohésion sociale – et entre les sociétés – avec les risques de repli et l’incapacité à gérer en commun les interdépendances, comme l’illustre encore la pandémie en cours. C’est  la survie même de l’humanité qui est en jeu.

Malgré ces constats dressés depuis plus de trente ans et d’innombrables discours, conférences internationales et accords, la transition nécessaire vers des sociétés durables et solidaires n’est pas encore sérieusement engagée, faisant naître chez les jeunes un sentiment  de rage et d’impuissance .

Cette incapacité à engager effectivement un changement systémique – c’est-à-dire touchant à tous les aspects de notre vie – a de multiples causes. Deux sont évidentes : on ne peut espérer résoudre un problème dans les termes mêmes qui lui ont donné naissance ; et la conception étriquée que nous avons de la responsabilité de chaque acteur fait que personne ne se sent réellement responsable des catastrophes qui se préparent.

Face à la nécessité de faire évoluer de façon radicale nos systèmes de pensée, nos modèles économiques, nos institutions, nos trajectoires de développement, les « territoires » au sens de communautés humaines tissées de relations, sont appelés à devenir des acteurs décisifs de la transition à conduire. Mais ils sont encore loin de jouer ce rôle moteur. Les obstacles sont nombreux, tant internes -des cloisonnements multiples entre acteurs et entre politiques- qu’externes -au cours des deux siècles précédents, le rôle politique et économique des territoires n’a cessé de diminuer au profit des Etats et des grandes entreprises.

La nécessité et  l’urgence d’une transition systémique, le rôle que peuvent  y jouer les territoires sont aujourd’hui partout reconnus. En Europe et sur les autres continents, régions et villes sont en première ligne, les initiatives innovantes se multiplient. Les élections du 15 mars ont confirmé l’aspiration croissante de la société française à un engagement des collectivités territoriales au service d’un changement de modèle.

Quelques rares territoires  ont initié depuis plusieurs décennies de véritables stratégies de changement systémique dont les leçons communes constituent les bases d’une conduite du changement : l’engagement progressif de tous les acteurs autour d’une vision construite en commun et de valeurs partagées ; l’apprentissage de la coopération ; le dépassement des approches sectorielles au profit d’une approche systémique ; le lien constant entre  perspective à long terme et mesure concrète des progrès accomplis ; la création de nouvelles représentations de la richesse et de nouveaux modèles économiques durables. Elles montrent que la  transition est possible et source de joie et d’espérance pour ceux qui s’y engagent. Elles ne peuvent à elles seules transformer l’ensemble du système et d’autres transformations sont indispensables  à l’échelle du monde,  de l’Europe et des Etats mais, portées collectivement, elles peuvent être le ferment d’un changement systémique.

Nous, acteurs divers engagés dans la transition des territoires, pensons que le temps est venu d’unir nos forces, nos réseaux, nos expériences, notre énergie pour contribuer à ce changement d’échelle, en accompagnant les  nombreux territoires désireux d’avancer dans la transition et en constituant une force capable de provoquer les changements nécessaires à tous les niveaux. De nombreux appels émergent en ce sens, mettons nous en coopération !

Notre alliance s’exprime à travers une Charte dont l’’intitulé, « Fabrique des transitions », souligne que c’est une œuvre qui se construit pièce à pièce et pas à pas, qu’elle implique un changement profond de la manière de voir, de concevoir les territoires et leur gouvernance, qu’elle interpelle le cadre institutionnel, juridique et économique dans lequel la transition s’opère, et qu’elle s’inscrit dans une stratégie à long terme.

Prête à accueillir tous les acteurs qui partagent cette ambition et le manifestent par la signature de sa Charte,  la Fabrique, en mutualisant l’expérience, les compétences et les méthodes de tous les alliés se met au service des territoires résolus à s’engager dans une transition systémique. Elle se veut aussi force de proposition pour  convaincre les institutions françaises et européennes – au moment où se prépare le nouveau Pacte Vert-, de l’importance des stratégies territoriales et de la nécessité, pour les accompagner, de transformer leurs propres modes d’action.

Vous voulez en être ? Rejoignez-nous en allant sur le site www.fabriquedestransitions.net et en signant  la Charte d’alliance.

www.fabriquedestransitions.net

Ont signé la Charte :  Association Biovallée (Eurre ), Le Laboratoire de la transition (Die) et Ecologie au Quotidien (Die).

 

 

 

 

 

 

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