Gaza : manifestation à Die, « Pour que cesse l’escalade de la terreur »
Mobilisation ce samedi 4 novembre 2023, grave et déterminée, devant la Comtesse, à l’appel spontané d’ habitantes et habitants soutenu par d’une vingtaine de partis de gauche et d’associations ().
Une centaine de personnes, dont beaucoup de femmes, de jeunes, la place de l’évêché, sans le moindre incident, avant que Nicolas F.A. rappelle la tragique situation du peuple palestinien et l’urgence d’arrêter le massacre assumé par Netanhyaou. « Pour que cesse immédiatement -parmi d’autres exigences de paix- le déluge de bombes sur les populations civiles palestiniennes coincées à Gaza depuis 15 jours et qui a fait plus de 9 000 victimes, dont près de 3 000 enfants… Les convois humanitaires y pénètrent au compte-gouttes. Et l’armée israélienne commence l’entrée massive des chars ». Et fait lecture du tract d’appel collectif d’une centaine d’associations et partis.
Pas d’indignation sélective.
Claude V., un responsable de la Ligue de Droits de l’Homme pointait l’horreur du Hamas et l’horreur du Gouvernement israélien : « Nous sommes atterrés des 1400 morts par le Hamas, nous sommes atterrés par les 9000 morts sous les bombardements de Israël. Toutes les vies se valent. Comment un peuple, gazaouis, peut vivre quand son voisin Israël peut couper eau, électricité, carburants, médicament eu alimentation quand bon lui semble…Comment un peuple palestinien en Cisjordanie peut vivre sous la perpétuelle menace, les violences et les expulsions quotidiennes pour lui voler ses terres.. Nous demandons la fin du blocus et des bombardements. Nous souhaitons la fin de ce gouvernement d’extrême-droite Netanhayou par un gouvernement modéré en capacité de négocier une paix. Nous souhaitons la fin du Hamas et la mise en place d’un gouvernement social et démocratique en Palestine pour négocier une paix. Nous croyons en la possibilité de deux états qui vivrons en voisins. Nous sommes attentifs à ce qui se passe au Moyen-Orient car si on réussit là, la Paix, nous pourrons croire que cela est possible sur l’ensemble du monde ».
Azul T., venant du Liban posait « comme éminemment important de se retrouver ici ce jour sous les arbres de Die pour réveiller notre humanité. C’est celle-ci qui mise à l’épreuve peu nous redonner espoir. Nous ne sommes pas séparés, entre nous-mêmes et l’autre, nous sommes irrémédiablement amenés à vivre ensemble. Chaque rassemblement compte. Là-bas chrétiens, maronites, druzes, chites, sunnites, palestiniens, coexistent pacifiquement dans un contexte commun riche ».
« Si l’on partage avec les Israéliens leur immense douleur après le carnage du Hamas, véritable provocation, on craignait beaucoup la réaction de son gouvernement d’extrême-droite pour faire valoir son droit de défense. Serait-il militaire ? On a été vite fixé. Netanhayou s’est engouffré dans la guerre totale qu’il veut définitive avec « l’ennemi », obtenant séance tenante le soutien inconditionnel de l’occident « pour se défendre » en prenant la population en otage sous prétexte « d’éradiquer le Hamas » par tous les moyens, selon ses propres termes. Un massacre qui ne se justifie pas davantage que celui commis par le Hamas et qui doit être condamné avec la même indignation.
Un Etat toujours en guerre
Hervé C. rappelait brièvement l’historique de la colonisation israélienne « depuis 1948 (voire depuis 732 à Poitiers) : « En février 1947, en Palestine, il est alors question du départ des Anglais qui font de la Palestine “un vaste camp retranché”, d’un projet d’un régime de tutelle sous l’égide des Nations unies. Le 29 novembre 1947, l’ONU vote le plan de partage de la Palestine : c’est la résolution 181. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, la Palestine est sous mandat britannique. Les tensions sont tendues entre Britanniques et sionistes. Les forces sionistes revendiquent un État juif et une levée de l’immigration afin de faire venir en Palestine les survivants de la Shoah. Incapables de régler le conflit avec les Juifs, les Britanniques décident de porter la question palestinienne devant l’Organisation des Nations unies. Le 14 mai 1948, David Ben Gourion, chef exécutif de l’Agence juive, proclame l’indépendance de l’État d’Israël. En l’espace d’une année -1949- , ce sont près de 750 000 Arabes de Palestine qui fuient les assauts militaires et prennent les routes de l’exil. L’exode devient dans la mémoire collective palestinienne la Nakba, la « catastrophe » en arabe. C’est dans ce déracinement que se construit l’identité palestinienne, entre douleur et mémoire de la terre d’origine. Les Palestiniens s’installent dans les pays arabes voisins. Ils se retrouvent dans divers camps de réfugiés. C’est une société qui éclate et se reforme dans l’exil dans des conditions de pauvreté extrême. La guerre des Six Jours éclate le 5 juin 1967. Israël attaque l’Egypte en raison du blocus de ses navires en mer Rouge, considéré comme un acte de guerre en violation du droit international . Après un succès militaire rapide au Sinaï, Israël contre-attaque la Jordanie en Cisjordanie puis la Syrie sur le plateau du Golan. 1973 : la guerre du Kippour : Après des mois de tensions – essentiellement côté égyptien du fait de l’occupation israélienne du Sinaï, l’Egypte et la Syrie cherchent à envahir l’État hébreu par le sud et par le nord. 1987-1993 : la première Intifada. La première Intifada (soulèvement, en français) éclate le 9 décembre 1987 à Jabalia, camp de réfugié palestinien de la bande de Gaza, avant de s’étendre à l’ensemble de la bande de Gaza puis à la Cisjordanie. 1993 : les accords d’Oslo : Après six années d’Intifada les deux parties s’entendent sur leur reconnaissance mutuelle et sur « leurs droits politiques mutuels et légitimes ». Ce texte, signé par les deux parties, prépare un cadre pour la période intérimaire dont le but est d’accompagner la Palestine sur la voie de l’autogouvernement. 2000-2005 : la deuxième Intifada : en septembre 2000, la visite controversée de l’ancien ministre israélien hostile au processus de paix Ariel Sharon déclenche des émeutes palestiniennes dans les territoires occupés. 2007 : Le Hamas prend Gaza et Israël instaure un blocus. Depuis, le Hamas gère la bande de Gaza et le Fatah la Cisjordanie ».
Plusieurs autres interventions évoquaient tant « le besoin de paix » que celui « de résistance d’un peuple colonisé »…

Alain D. de l’Agora des Habitants de la Terre concluait : « Le commissaire général de l’agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens vient de déclarer : « L’histoire nous jugera tous s’il n’y a pas de cessez-le-feu à Gaza ». Les peuples unis pour la paix et le respect de leurs différences, ont la capacité de briser cette escalade de la terreur à très hauts risques régionaux et mondiaux. Élargissons nos actions pacifiques et non- violentes contre tous les fanatiques identitaires et les profiteurs des guerres. Ne nous laissons pas diviser ni conditionner. Choisissons la Paix, la Coopération et la Justice« .
MCD