Le 22 janvier 1963, tournant le dos à des décennies de haine et d’hostilités, le général de Gaulle et le chancelier Adenauer scellaient la réconciliation franco-allemande par le traité de l’Élysée.
Une page inédite de paix, d’amitié et de coopération pouvait s’ouvrir en Europe. Le monde entier en mesure aujourd’hui l’immense portée.
Profondément différents, Français et Allemands ne tendent pas spontanément à la convergence !
Cette brochure reprend et prolonge l’exposition « L’Allemagne et la France, un demi-siècle d’amitié et de coopération » (2012). Intégrant les recherches actuelles, celle-ci a voyagé dans près de 70 pays.
Soixante ans après le traité, soyons fiers du chemin parcouru. Et surtout restons, Français et Allemands, curieux les uns des autres pour perpétuer cette aventure sans équivalent !
Susanne Wasum-Rainer
« Jamais projet plus grand, plus beau, ni plus utile n’occupa l’esprit humain que celui d’une paix perpétuelle et universelle entre les peuples d’Europe. »
Jean-Jacques Rousseau (1712-1778), philosophe et écrivain français
« Leurs pères, leurs grands-pères et leurs arrière-grands-pères se sont affrontés sur les champs de bataille. Ils y ont entrevu l’enfer. Leurs familles ont enduré privations, deuils, destructions,
bombardements, occupation et, pour certains, la déportation dans les camps de la mort nazis. Leurs nations ont été traumatisées par les humiliations imposées aux vaincus. Elles ont appris à cultiver
l’esprit de revanche. Pendant 75 ans, entre 1870 et 1945, le centre du continent européen a ainsi vécu au rythme des affrontements entre ses puissances voisines et rivales : la France et l’Allemagne. Elles étaient devenues l’une pour l’autre « l’ennemi héréditaire ». Un cercle vicieux de méfiance obsessionnelle et de haine s’était enclenché.
Cette inimitié a nourri trois conflits sanglants : la guerre franco-allemande de 1870/1871, puis les deux guerres mondiales (1914-1918 et 1939-1945).
Le prix en fut incommensurable : plus de 70 millions de morts en Europe et dans le monde, dont 13 millions en Allemagne et en France. Et une Europe
ravagée et exsangue.
Sur les ruines encore fumantes de ces tragédies, pourtant, le cours de l’Histoire s’est inversé.
La réconciliation franco-allemande est devenue, après la Seconde Guerre mondiale, le ressort d’une reconstruction pacifique de l’Europe.
Elle fut officiellement scellée à Paris le 22 janvier 1963 par le traité de l’Élysée.
C’était il y a tout juste 60 ans.
Ce fut le point de départ symbolique d’une histoire totalement inédite d’amitié et de coopération entre les États et les peuples. Comme qui c’est possible entre Israël et Palestine ».
MCD
Infographie des guerres franco-allemandes
Par Marie-France Devouge, Stéphane André et Julie Peltier (data designer) avec la participation de Vincent Bernard.
Passés, composés, 171 p., 29 €.
Pour tout comprendre aux trois conflits qui virent s’affronter Français et Allemands
Editions Passés/Composés
Trois guerres. Deux pays. Un champ de bataille. En rapprochant dans un seul ouvrage les trois conflits franco-allemands (1870-1971, 1914-1918, 1939-1945), les éditions Passés composés ont eu une riche idée tant il est vrai que le premier – le plus méconnu – mérite sa place aux côtés des deux autres avec lesquels il forme un continuum de massacres. Tableau tragique, ce triptyque est d’autant plus passionnant que la forme originale de l’ouvrage – l’infographie – permet justement les comparaisons et mises en perspectives. « Cette nouvelle façon de raconter l’histoire élargit notre public aux non-amateurs d’histoire et à un lectorat plus jeune », se réjouit l’éditeur. La formule est gagnante : Infographie de la Rome Antique, un précédent opus de la série, a atteint 200 000 exemplaires dans le monde. Et Infographie de l’Empire napoléonien, paru presque en même temps qu’Infographie des guerres franco-allemandes, devrait lui aussi faire un tabac à Noël. En raison de sa puissance pédagogique, cette dernière mérite la même attention.
On y entre par des doubles pages illustrées de cartes, de dessins, de tableaux comparatifs, de données statistiques. D’un coup d’œil, on comprend l’étendue de l’humiliation de la guerre de 1870 : 151 000 morts et 384 000 prisonniers français, contre respectivement trois fois et quarante fois moins, côté allemand ! On mesure l’évolution de l’espérance de vie au début de chaque guerre : 36 ans en 1870, 51 ans en 1914, 52 ans en 1939. On voit l’armement de chaque armée, leurs chaînes de commandement ; la production de chaque pays, l’expansion coloniale des belligérants, l’organisation des tranchées, le déroulé des manœuvres militaires (Sedan en 1870, l’offensive allemande en 1940…). Tout paraît simple et clair. On comprend chaque infographie grâce, aussi, à des textes limpides. Au passage, on comprend que les Ardennes, traversées par les trois conflits et présents à chaque chapitre, furent elles aussi des « terres de sang », comme on le dit de l’Ukraine, dont le conflit actuel ressemble à s’y méprendre à nos « boucheries » franco-allemandes.
Axel Gylden
Tout ce qui manque
Par Florent Oiseau
Allary Editions, 219 p., 18,90 €.