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Les subventions aux énergies fossiles ont plus que doublé en 2022 dans les pays du G20

Les pays du G20 ont accordé en 2022 un niveau record de subventions aux combustibles fossiles, plus de deux fois plus qu’en 2021, souligne mardi 21 novembre un rapport de BloombergNEF (BNEF) publié à dix jours de l’ouverture de la COP28.

Théo Bourrieau
En Allemagne, le village de Lutzerath (Rhénanie-du-Nord-Westphalie) est exploité dans le cadre de l’extension de la mine de lignite à ciel ouvert Garzweiler II, connue pour être la première source de gaz à effet de serre d’Europe.

Les gouvernements et les compagnies publiques du G20 ont plus que doublé leur soutien aux énergies fossiles l’an dernier, pour atteindre près de 1 300 milliards de dollars, selon un rapport de BloombergNEF (BNEF), un groupe de recherche produisant des études sur la transition écologique et l’économie à bas carbone. Le Groupe des vingt est un forum intergouvernemental composé de dix-neuf des pays aux économies les plus développées, ainsi que deux organismes régionaux : l’Union européenne et de l’Union africaine. Ce rapport ne se concentre donc que sur les 19 pays.

Bénéfices records

Environ 830 milliards ont été investis dans le soutien aux prix pour les consommateurs. Le reste est allé aux producteurs de gaz, de pétrole et de charbon, « même si nombre d’entre eux engrangeaient des bénéfices records » (à +84 % en 2022), fustige BNEF. En 2021, ces subventions étaient de 583 milliards, indique le groupe d’experts, qui se fonde notamment sur des données de l’OCDE et de l’Agence internationale de l’énergie. En 2023, ces subventions devraient légèrement reculer par rapport à 2022, mais rester au-dessus du niveau des années précédentes, estime-t-il.

Les subventions en 2022 « auraient pu financer 1,9 térawatt de centrales solaires, soit dix fois la capacité installée par le G20 l’an dernier », souligne auprès de l’AFP Victoria Cuming, coautrice du rapport, pour qui « il est difficile de voir comment tout cela peut s’aligner avec les nombreux engagements pris les gouvernements aux récents G7, G20 et aux COP ».

Dans le détail, la part des soutiens au charbon recule (2 % du total), toutefois 21 milliards de dollars sont encore allés à ce combustible, le plus nocif pour le climat. Le rapport se penche aussi sur un autre levier de la sortie des énergies fossiles : l’instauration d’un prix du carbone, qui aujourd’hui concerne 13 pays du G20 (et est en préparation au Brésil, en Inde et en Turquie). Pour autant, « la plupart de ces programmes sont inefficaces, du fait d’un prix trop bas ou de concessions trop généreuses via les crédits gratuits ou les exemptions fiscales », déplore BNEF.

Théo Bourrieau sur l’Humanité

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