Conflit israélo-palestinien : «Cessez les combats et négociez», demandent des familles au gouvernement israélien
L’essentiel en bref:
- Les États-Unis ont fait valoir leur droit de veto, vendredi soir, à une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU réclamant un «cessez-le-feu immédiat»
- Le Qatar a annoncé dimanche que les efforts se poursuivaient en vue d’une nouvelle trêve à Gaza
- Plus de 18’700 Palestiniens et 1200 Israéliens ont péri depuis le début de la guerre
- Plus de 1300 bâtiments ont été détruits à Gaza, selon l’ONU
Une mère et sa fille ont été tuées samedi par un soldat israélien dans le complexe abritant l’unique église catholique de la ville de Gaza, a affirmé le Patriarcat latin de Jérusalem.
«Vers midi aujourd’hui, un tireur d’élite de l’armée israélienne a tué deux chrétiennes dans la paroisse de la Sainte-Famille à Gaza, où la majorité des familles chrétiennes de Gaza ont trouvé refuge depuis le début de la guerre» entre Israël et le mouvement palestinien Hamas, indique le Patriarcat dans un communiqué.

«Nahida et sa fille Samar ont été tuées par balles alors qu’elles marchaient vers le Couvent des soeurs», ajoute le communiqué, sans préciser l’âge des victimes.
Sept autres personnes ont été blessées par balles alors qu’elles tentaient de se protéger des tirs dans la paroisse, selon la même source.
L’armée israélienne, sollicitée par l’AFP, n’a pas immédiatement commenté ces informations.
«On leur a tiré dessus de sang-froid», a encore accusé le Patriarcat, alors qu’«aucun belligérant ne se trouve dans les murs de la paroisse».
La communauté catholique de la bande de Gaza, dont les habitants palestiniens sont très majoritairement musulmans, compte 135 membres sur le millier de chrétiens, la plupart d’entre eux orthodoxes.
Des familles d’otages retenus dans la bande de Gaza ont exhorté samedi le gouvernement israélien à mettre un terme aux combats et mener des négociations en vue de leur libération, plus de deux mois après le début de la guerre avec le Hamas.
«Nous ne récupérons que des corps morts. Nous voulons que vous arrêtiez les combats et commenciez les négociations», a déclaré Noam Perry, la fille d’un Israélien retenu à Gaza, lors d’un rassemblement de familles d’otages à Tel-Aviv.
L’armée israélienne a indiqué samedi que les otages tués par ses soldats à Gaza ont brandi un drapeau blanc et parlé en hébreu, dans un secteur où les troupes subissent des embuscades, d’après les premiers éléments de l’enquête.
Les trois otages, âgés de 25 à 28 ans, ont surgi «à quelque dizaines de mètres de l’une de nos positions», dans le quartier de Choujaïya, dans la ville de Gaza, a déclaré un responsable militaire à des journalistes.
«Un des soldats les a vus lorsqu’ils sont apparus. Ils ne portent pas de t-shirts et ils ont un bâton avec un tissu blanc dessus. Le soldat s’est senti menacé et tire, il déclare qu’ils sont terroristes. Deux (otages) sont tués», a ajouté cette source. «Immédiatement, un autre est blessé et se rue dans le bâtiment», a ajouté cette source, précisant que les soldats ont ensuite «entendu un appel à l’aide en hébreu».
«Le commandant du bataillon ordonne de cesser les tirs, mais de nouveau des rafales sont tirées en direction de la troisième personne et elle meurt», a poursuivi le responsable militaire, ajoutant que l’incident allait «à l’encontre de nos règles d’engagement».

Peu de temps après l’annonce de la mort des trois otages vendredi soir, des familles et des sympathisants ont manifesté pour demander un accord immédiat en vue de la libération des otages, à Tel-Aviv, où ils ont également prévu de se retrouver samedi.
L’armée a fait état d’un «événement tragique», survenu dans un secteur de la bande de Gaza où les soldats font face à une «grande pression», d’»intenses combats» et «de nombreuses embuscades».
D’après le responsable, un bâtiment sur lequel a été inscrit «SOS» se trouve à «quelques centaines de mètres» du lieu de l’incident et l’armée enquête pour savoir «s’il y a un lien avec les otages».
Quelque 250 personnes ont été prises en otage lors de l’attaque sans précédent lancée le 7 octobre par le Hamas sur le sol israélien, qui a fait environ 1140 morts, en majorité des civils, selon les autorités. A ce jour, 129 otages sont toujours retenus à Gaza.
Des dizaines de journalistes ont participé samedi aux funérailles d’un caméraman de la chaîne qatarie Al Jazeera, tué la veille par une frappe israélienne dans le sud de la bande de Gaza, ont constaté des journalistes de l’AFP.
La dépouille de Samer Abou Daqa, sur laquelle avaient été posés son gilet pare-balles siglé «presse» et son casque, a été transporté à travers la foule à Khan Younès, avant d’être enterré dans un trou creusé par des confrères. «Travailler dans la presse est dangereux», s’est lamentée la mère du journaliste, Oum Maher Abou Daqa, accusant Israël de cibler «les journalistes, en particulier ceux qui travaillent pour Al Jazeera».
Abou Daqa, né en 1978, faisait un reportage dans une école de Khan Younès lorsqu’il a été touché par une attaque de drone israélien. Grièvement blessé, il est resté pendant des heures sur les lieux de la frappe car «les forces israéliennes ont empêché les ambulances» d’y parvenir, d’après la chaîne de télévision.
Sollicitée par l’AFP, l’armée israélienne a assuré qu’elle ne «cible jamais délibérément les journalistes» et prend «toutes les mesures opérationnelles possibles pour protéger civils et journalistes». D’après elle, «compte tenu des échanges de tirs continus, rester dans une zone de combat active comporte des risques».

Plus de 60 journalistes et employés de médias, en majeure partie des Gazaouis, sont morts depuis le début de la guerre entre le Hamas et Israël le 7 octobre, déclenchée par l’attaque sanglante du Hamas sur le sol israélien, selon le Comité pour la protection des journalistes (CPJ).
Le chef du bureau d’Al Jazeera à Gaza, Wael Dahdouh, a lui été blessé au bras dans la frappe ayant tué son collègue, quelques semaines après avoir perdu son épouse et deux de ses enfants dans un autre bombardement israélien. «L’occupation (Israël, NDLR) ne veut pas de la presse, elle nous a délibérément ciblés. Il n’y avait que l’équipe d’Al Jazeera et la Défense civile dans le secteur», a affirmé auprès de l’AFP M. Dahdouh.
Trois membres de la Défense civile ont également été tués et leurs funérailles ont eu lieu samedi à Khan Younès, d’après des journalistes de l’AFP sur place. Al Jazeera «tient Israël pour responsable du fait de systématiquement cibler et tuer des journalistes d’Al Jazeera et leurs familles», a réagi la chaîne vendredi.
Israël est en deuil samedi après la mort de trois otages tués «par erreur» par ses soldats dans la bande de Gaza assiégée où l’armée israélienne en guerre contre le mouvement islamiste palestinien Hamas multiplie les raids aériens.
Les victimes, Yotam Haïm, 28 ans, Samer al-Talalqa, 25 ans et Alon Lulu Shamriz, 26 ans, ont été tués au cours d’opérations dans un quartier de la ville de Gaza, selon l’armée.
Tous trois faisaient partie des quelque 250 personnes prises en otage lors de l’attaque sans précédent lancée le 7 octobre par le Hamas sur le sol israélien, qui a fait environ 1200 morts, en majorité des civils, selon les autorités. A ce jour, 129 otages sont toujours retenus à Gaza.
En représailles, Israël a promis de «détruire» le Hamas et bombarde sans relâche la bande de Gaza. L’armée mène depuis le 27 octobre une offensive terrestre contre le Hamas à présent étendue à tout le territoire, y compris au sud où se sont massés des centaines de milliers de civils déplacés par la guerre.

Selon un dernier bilan du ministère de la Santé du Hamas, au pouvoir à Gaza, 18’800 personnes, à 70% des femmes, des enfants et adolescents, ont été tuées par les bombardements israéliens.
Peu après l’annonce de l’armée israélienne, des familles d’otages et des sympathisants ont défilé avec des photos de captifs devant le ministère israélien de la Défense à Tel-Aviv pour demander un accord immédiat en vue de leur libération.
Seconde trêve?
«Chaque jour, un otage meurt», pouvait-on lire sur une affiche alors qu’un drapeau israélien placé dans la rue a été aspergé de peinture rouge évoquant du sang. «Le seul moyen de libérer les otages vivants est la négociation», a déclaré sur place Motti Direktor, un manifestant de 66 ans. «Nous sommes ici après une soirée bouleversante, et je meurs de peur. Nous exigeons un accord maintenant», a déclaré Merav Svirsky, dont le frère Itay est otage à Gaza.

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a, dès l’annonce de l’armée, regretté «une insupportable tragédie» qui plonge «tout l’Etat d’Israël dans le deuil», tandis qu’à Washington la Maison-Blanche évoquait une «erreur tragique». «Des leçons immédiates ont été tirées de cet événement, qui ont été transmises à toutes les troupes sur le terrain», a indiqué l’armée dans un communiqué publié vendredi soir.
Un accord de trêve obtenu grâce à une médiation du Qatar avait permis fin novembre une pause d’une semaine dans les combats, la libération d’une centaine d’otages détenus par le Hamas et de 240 prisonniers palestiniens écroués en Israël, ainsi que l’acheminement d’une aide humanitaire d’urgence.
Après l’annonce de la mort des trois otages, le site Axios a indiqué que David Barnea, le chef du Mossad, les services secrets extérieurs israéliens, doit rencontrer dans le week-end le Premier ministre qatari, Mohammed ben Abdelrahmane Al-Thani.
La rencontre est prévue en Europe et doit porter sur une seconde phase de trêve, afin de permettre la libération d’otages, poursuit Axios sans préciser le lieu de cette rencontre ni le nombre d’otages qui pourraient être ainsi libérés.
Entrée «temporaire» de l’aide
Après plus de deux mois de guerre et un siège total imposé par Israël depuis le 9 octobre, les conditions de vie sur le petit territoire surpeuplé sont décrites comme cauchemardesques par l’ONU et les ONG pour les civils palestiniens acculés dans des zones toujours plus petites.
Quelque 1,9 million d’habitants, soit 85% de sa population, ont été déplacés, selon l’ONU, dont beaucoup ont dû fuir plusieurs fois face aux bombardements et combats qui s’étendaient.
Tôt samedi, le Hamas a fait état de «combats acharnés» dans le secteur de Jabaliya (nord), de frappes aériennes et de tirs d’artillerie intenses à Khan Younès, nouvel épicentre des combats dans le sud du territoire.
Israël continue par ailleurs à être visé par des roquettes lancées depuis la bande de Gaza. Des journalistes de l’AFP en ont vu vendredi soir plusieurs d’entre elles être interceptées au-dessus de Jérusalem, peu de temps après le déclenchement des sirènes d’alerte, qui n’avaient pas retenti sur la ville depuis fin octobre.
Face aux pressions internationales, notamment de son allié américain, Israël a autorisé vendredi l’ouverture «temporaire» d’un nouveau point d’entrée pour l’aide humanitaire dans la bande de Gaza via le terminal de Kerem Shalom.
Cette décision vise à décongestionner celui de Rafah, unique point d’entrée de vivres et de médicaments, alors qu’Israël resserre l’inspection des camions acheminant de l’aide. C’est actuellement l’unique point d’entrée des camions de vivres et médicaments dans l’étroite bande de terre, et à un rythme très inférieur à celui d’avant la guerre.
Le gouvernement du Hamas palestinien a annoncé vendredi que les opérations militaires israéliennes dans la bande de Gaza avaient fait 18’800 morts depuis le début de la guerre le 7 octobre.

Les Palestiniens morts, tués en majorité dans des frappes aériennes, sont à 75% des enfants (8000) et des femmes (6200), a précisé dans un communiqué le bureau de presse du Hamas, qui estime à 7500 le nombre des disparus au 70e jour de la guerre avec Israël.
Un journaliste d’Al Jazeera a été tué vendredi et un autre blessé dans une frappe israélienne dans la bande de Gaza, a rapporté la chaîne qatarie. «C’est le coeur lourd que nous partageons la nouvelle dévastatrice de la perte de notre caméraman dévoué d’Al Jazeera, Samer Abou Daqa», a écrit sur «X» Mohamed Moawad, un rédacteur en chef de la chaîne de télévision.
Al Jazeera avait auparavant indiqué que son chef de bureau à Gaza, Wael Dahdouh, et Abou Daqa, avaient été blessés dans une école de Khan Younès (sud) «à la suite de ce que l’on pense être une attaque de drone israélien».
D’après Al Jazeera, Samer Abou Daqa était grièvement blessé mais est resté pendant des heures sur les lieux de la frappe, auxquels les secours n’ont pas accédé car la route était bloquée par les décombres d’une maison. Wael Dahdouh a lui été blessé au bras et transféré à l’hôpital Nasser de Khan Younès, a constaté un journaliste de l’AFP.

Sollicitée par l’AFP, l’armée israélienne n’a pas commenté dans l’immédiat. Dans un communiqué, Al Jazeera a dit tenir «les forces d’occupation israéliennes pleinement responsables de la sécurité de Samer».
«L’équipe de Gaza, en particulier Wael et Samer, ont joué un rôle crucial pour révéler l’ampleur des destructions et des horreurs des atrocités israéliennes. Sans leur dévouement et leur engagement, les horreurs de Gaza ne seraient pas exposés au monde», a estimé la chaîne.
Un premier bombardement a visé une école de l’agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens (Unrwa) à Khan Younès, que les journalistes venaient couvrir, lorsqu’un deuxième bombardement a eu lieu, selon un communiqué du mouvement Hamas au pouvoir à Gaza.
Cette seconde frappe a visé «délibérément les journalistes», selon le Hamas. Il s’agit d’une «tentative d’intimidation des journalistes pour qu’ils ne documentent pas les massacres (israéliens) commis dans la bande de Gaza», a réagi le Hamas au pouvoir à Gaza.
L’épouse de Wael Dahdouh et deux de ses enfants avaient été tués par une frappe israélienne le 25 octobre à Gaza.
Plus de 60 journalistes et employés de médias sont morts depuis le début de la guerre entre le Hamas et Israël le 7 octobre, déclenchée par l’attaque sanglante du Hamas sur le sol israélien, selon le Comité pour la protection des journalistes (CPJ).
Par ailleurs à Jérusalem-Est, secteur occupé et annexé par Israël, un journaliste palestinien de l’agence de presse turque Anadolu a été blessé lors de violences policières, en marge de la prière du vendredi près de la mosquée al-Aqsa.
L’armée israélienne a annoncé que des soldats opérant dans la bande de Gaza avaient tué vendredi trois otages israéliens «identifiés par erreur» comme une «menace».
«Lors de combats à Choujaiya (nord), l’armée a identifié par erreur trois otages israéliens comme une menace. En conséquence, les soldats ont ouvert le feu dans leur direction et ils ont été tués», a indiqué le porte-parole de l’armée, Daniel Hagari, à la télévision.
Ils se sont «soit échappés ou ont été abandonnés» par leurs geôliers, a-t-il ajouté, promettant une «enquête transparente». Les victimes sont Yotam Haïm, un batteur de Heav Metal de 28 ans, et Samer al-Talalqa, un Bédouin de 25 ans, tous deux enlevés au kibboutz Nir Am lors de l’attaque meurtrière du Hamas dans le sud d’Israël le 7 octobre, précise un communiqué de l’armée.
«Zone de combat active»
La famille du troisième otage tué n’a pas souhaité que son identité soit rendue publique. Leurs corps ont été rapatriés en Israël. L’armée souligne qu’ils ont trouvé la mort «dans une zone de combat active» dans laquelle ses soldats livrent «une bataille continue depuis plusieurs jours» face aux combattants du Hamas.
Elle a fait part de ses «profonds regrets» aux familles de victimes, ajoutant que «sa mission est de localiser les disparus et de ramener les otages chez eux». Ces décès portent à 22 le nombre d’otages dont la mort a été confirmée par l’armée sur les quelques 250 personnes emmenées de force par le Hamas dans la bande de Gaza le 7 octobre. 110 otages ont été libérés, et 129 restent captifs sans qu’il soit possible de savoir s’ils sont vivants.
La guerre dans la bande de Gaza a été déclenchée en riposte à l’attaque le 7 octobre, sans précédent dans l’histoire d’Israël, menée par le Hamas, qui a fait environ 1.200 morts, en majorité des civils, selon les autorités.
Israël a promis de «détruire» le Hamas et a lancé une offensive sur la bande de Gaza. Près de 18’800 personnes, à 70% des femmes, des enfants et adolescents, ont été tuées par les bombardements israéliens, d’après le ministère de la Santé du Hamas, au pouvoir à Gaza.
Tirs dits «amis»
Après avoir intensément bombardé le petit territoire côtier gouverné depuis 2007 par le mouvement islamiste palestinien, l’armée israélienne a lancé le 27 octobre une offensive terrestre.
Depuis, 119 soldats israéliens ont été tués, dont environ 20% ont été victimes de frappes ou tirs dits «amis», autrement dit provenant de leurs propres forces armées, selon les données des autorités militaires.
Des associations de familles réclament un cessez-le-feu tant que tous les otages n’ont pas été libérés, craignant qu’ils ne soient tués par leurs ravisseurs ou victimes collatérales des combats.
Il y a une semaine, l’armée israélienne a reconnu l’échec d’une opération visant à libérer des otages, durant laquelle deux soldats ont été grièvement blessés. Le Hamas a de son côté affirmé qu’un otage israélien, Sahar Baruch, 25 ans, avait trouvé la mort lors de cette opération, diffusant des images de sa dépouille. Sa famille a confirmé qu’il s’agissait bien du jeune homme.
Le groupe allemand Lufthansa, premier transporteur aérien européen et maison-mère de Swiss International Air Lines, a annoncé vendredi reprendre à partir du 8 janvier ses liaisons avec Tel-Aviv suspendues depuis l’attaque du Hamas contre Israël, le 7 octobre.
«Les compagnies aériennes du groupe offriront un total de 20 liaisons hebdomadaires vers et depuis Tel Aviv», a indiqué l’entreprise, qui détient aussi l’autrichienne Austrian Airlines. Ces vols se feront via ses hubs de «Francfort, Munich, Vienne et Zurich», a-t-elle précisé.
Swiss précise dans un communiqué séparé qu’elle proposera cinq vols hebdomadaires entre le tarmac de Kloten et Tel Aviv. Il spourront être réservés à partir du 18 décembre. «Après une analyse détaillée de la situation, Swiss est arrivée à la conclusion qu’un service aérien sûr peut être garanti».
La compagnie à la croix blanche souligne que la «sécurité est la priorité absolue». Elle surveille la situation sécuritaire en Israël de près et reste en contact étroit avec les autorités locales et internationales.
Une cérémonie qui devait récompenser vendredi en Allemagne une journaliste américano-russe a été reportée après ses commentaires jugés «inacceptables» sur le conflit entre Israël et le Hamas publiés récemment dans un magazine américain.
L’auteure Masha Gessen, collaboratrice du magazine américain New Yorker, devait recevoir le prix Hannah Arendt pour la pensée politique, décerné à Brême, dans le nord de l’Allemagne. Mais la Fondation Heinrich Böll, qui finance cette récompense dotée de 10.000 euros, a annoncé qu’elle se retirait de l’événement.
La fondation, proche du parti des Verts, a jugé «inacceptables» de récents propos de la lauréate qui, dans un essai publié par le New Yorker le 9 décembre, avait notamment comparé Gaza aux «ghettos juifs dans l’Europe occupée» par les nazis.
L’auteure, elle-même juive, critique aussi dans cet écrit le soutien inébranlable de l’Allemagne à Israël. «Elle sous-entend qu’Israël a pour objectif de liquider Gaza comme un ghetto nazi», a déploré la Fondation Heinrich Böll dans un communiqué. «Cette affirmation n’aide pas à comprendre le conflit au Proche-Orient», estime-t-elle, précisant cependant ne pas vouloir un retrait du prix attribué à Masha Gessen.
Une cérémonie aura finalement lieu samedi matin «dans un cadre plus restreint», a indiqué l’association «Prix Hannah Arendt pour la pensée politique» qui déplore le «boycott» de Masha Gessen.

Cette récompense est «synonyme d’une culture ouverte du débat, d’une ouverture aux controverses, aux idées désagréables, de nouvelles façons de réfléchir et d’un débat public mené de manière éclairée», souligne l’association.
Le gouvernement allemand d’Olaf Scholz, auquel participent les Verts, s’est affirmé comme l’un des soutiens les plus fermes d’Israël depuis l’attaque du Hamas sur son sol le 7 octobre dernier et le début de l’offensive militaire contre le mouvement islamiste palestinien dans la bande de Gaza.
Ce positionnement s’est accompagné de l’annulation, ces dernières semaines, de plusieurs événements culturels en Allemagne après des déclarations de participants jugées trop pro-palestiniennes.
Cette tendance a nourri les craintes d’une dégradation de la liberté artistique dans un pays hanté par la culpabilité de la Shoah. De leur côté, les partisans des annulations expliquent qu’il s’agit de combattre l’antisémitisme qui progresse en Europe depuis le début du conflit entre Israël et le Hamas.
Le secrétaire général de l’ONU fait de la protection et de l’aide aux réfugiés «une obligation partagée par toute l’humanité». Vendredi, il a appelé devant le Forum mondial des réfugiés à Genève à assister les quelques pays qui prennent une grande part.
«Les ressources pour soutenir les réfugiés sont sous une énorme pression», a affirmé Antonio Guterres par vidéo au dernier des trois jours de la réunion. Le haut commissaire aux réfugiés Filippo Grandi avait annoncé mercredi qu’il manquait 400 millions de dollars à son agence rien que d’ici la fin de l’année.
Comme beaucoup d’autres avant lui, M. Guterres a alerté, presque comme chaque jour, sur la situation des Palestiniens. Cette population est confrontée à «des souffrances sans équivalent et sans précédent», a-t-il insisté.
Une centaine d’hommes, dont des pères d’enfants libérés, une quinzaine de femmes, des soldats et des corps sans vie: ce que l’on sait des otages toujours captifs dans la bande de Gaza, deux semaines après la reprise des combats entre le Hamas et Israël, selon une base de données compilée par l’AFP.
110 libérations, huit corps rapatriés
Sur les quelque 250 otages et corps emmenés le 7 octobre dans la bande de Gaza le jour de l’attaque du Hamas, 132 sont toujours retenus par le Hamas et ses alliés, selon les derniers chiffres communiqués vendredi par les autorités israéliennes.
A ce jour, 110 otages ont été libérés: 105 pendant la trêve de sept jours fin novembre, cinq avant la trêve. Dans le détail, ont été relâchés 33 mineurs, 49 femmes adultes, ainsi que 28 hommes adultes, principalement des travailleurs agricoles thaïlandais.
Israël est par ailleurs parvenu à rapatrier huit corps. Les trois derniers en date, dont le rapatriement a été annoncé vendredi, sont ceux du Franco-israélien Elya Toledano (28 ans), enlevé au festival de musique techno Tribe of Nova, et de deux soldats de 19 ans, Nik Beizer et Ron Sherman.

Les autorités israéliennes n’ont pas dévoilé les noms des otages et corps toujours captifs, mais l’AFP est parvenue à les identifier, principalement grâce à son réseau de journalistes, en contact régulier avec des familles d’otages, et à la presse israélienne. Les analyses qui suivent reposent sur les données compilées par l’AFP.
113 otages et 19 corps toujours à Gaza
Au 15 décembre, sont toujours retenus à Gaza: 113 otages présumés vivants, 8 corps d’otages morts à Gaza, et 11 corps de personnes mortes dans l’attaque du 7 octobre et emmenées dans le territoire palestinien.
Sur les 113 otages présumés vivants, 103 sont des Israéliens ou des binationaux possédant la nationalité israélienne, 10 sont des otages étrangers (huit Thaïlandais, un Népalais et le Franco-Mexicain Orion Hernandez Radoux).
Il n’est toutefois pas certain que tous soient encore vivants. Le Hamas a notamment annoncé le décès du plus jeune otage, le nourrisson Kfir, qui aurait onze mois aujourd’hui, de sa mère Shiri Bibas (32 ans) et de son grand frère Ariel (quatre ans). Israël n’a pas confirmé leurs morts.
Hormis Kfir et Ariel, il ne reste plus d’otages mineurs dans la bande de Gaza. La dernière, la bédouine Aïsha al-Zayadna (17 ans), a été relâchée le 30 novembre, au dernier jour de la trêve. L’accord Israël-Hamas prévoyait de les libérer en priorité.
14 soldats, dont cinq femmes
A l’inverse, les femmes, deuxième population prioritaire de l’accord, n’ont pas toutes été libérées. En incluant Shiri Bibas, dont le sort reste incertain, 16 femmes présumées vivantes sont toujours retenues à Gaza. Judith Weinstein Haggai, 70 ans, est la plus âgée.
Cinq femmes, âgées de 18 ou 19 ans, sont des soldates et n’étaient donc pas concernées par l’accord de libération d’otages. S’y ajoutent neuf militaires hommes de 18 à 22 ans. La plupart faisaient leur service militaire et n’étaient pas des militaires de carrière. Le Hamas et ses alliés détiennent par ailleurs les corps de quatre soldats morts le 7 octobre et dont les dépouilles ont été emmenées à Gaza.
En comptant les soldats, au moins 95 hommes adultes présumés vivants sont encore otages. Parmi eux figurent de nombreux pères de famille, dont les enfants et les épouses ont été libérés pendant la trêve, comme David Cunio, Dror Or, Tal Shoham, Ilan Weiss, Yair Yaakov, Youssef al-Zayadna ou encore Ohad Yahalomi et Ofer Kalderon, les pères des adolescents franco-israéliens Eitan, Erez et Sahar.
Beaucoup d’otages de la rave-party
Sept septuagénaires et quatre octogénaires sont toujours captifs, parmi lesquels des époux de femmes libérées: Abraham (78 ans), mari de Ruth Munder, Yoram (80), mari de Tamar Metzger, ou encore Oded (83 ans) et Amiram (85 ans), les époux de Yocheved Lifshitz et de Nurit Kuper, relâchées en octobre.
Parmi les otages toujours captifs, au moins 32 ont été enlevés au festival Tribe of Nova, auquel participaient plus de 3000 personnes. S’y ajoutent trois corps. Seulement cinq raveurs ont été libérés pendant la trêve, parmi lesquels la Franco-Israélienne Mia Shem.
Une dizaine de kibboutz comptent toujours des otages. Au premier rang desquels Nir Oz, qui recense encore au moins 30 otages (38 ont été libérés) et six corps à Gaza. Beeri déplore toujours au moins huit otages (et deux corps), Kfar Aza, sept, et Nir Yitzhak, trois (et deux corps).
Cinq disparus
En plus des otages, cinq personnes, quatre Israéliens et un Érythréen, sont toujours considérées par les autorités comme disparues. Il s’agit donc soit d’otages, soit de personnes mortes dont les corps n’ont pas été identifiés.
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) salue l’annonce de l’ouverture du terminal israélien de Kerem Shalom. «C’est une bonne nouvelle», a affirmé vendredi son responsable pour les territoires palestiniens.
Désormais, environ 200 camions pourront passer chaque jour, loin toutefois des quelque 500 véhicules avant le début du conflit actuel. «Cela va aider», a insisté le responsable de l’OMS depuis Jérusalem aux correspondants accrédités à l’ONU à Genève (ACANU). Mais il faudra aussi voir «comment nous pouvons acheminer l’assistance partout, pas seulement dans le sud» du territoire.
Trois hôpitaux sont encore fonctionnels dans le nord de la bande de Gaza. Plus largement, le directeur général de l’OMS Tedros Adhanom Ghebreyesus estime que «les Palestiniens ont le droit d’être déçus du monde entier» et il serait «surpris» s’ils ne l’étaient pas.
Mais il ne faut pas pour autant se tromper de coupable et accuser l’ONU et l’OMS, selon le chef du programme d’urgence Michael Ryan. «L’ONU ne peut pas faire assez», a-t-il affirmé en colère. «Nous ne pouvons pas faire notre travail», a-t-il ajouté, blâmant le siège imposé par Israël.
Israël a annoncé vendredi avoir approuvé «temporairement» l’entrée d’aide humanitaire dans la bande de Gaza par un de ses points de passage, afin de décongestionner celui de Rafah entre le territoire palestinien et l’Egypte.
«Le cabinet a temporairement approuvé le déchargement de camions du côté gazaoui du point de passage de Kerem Shalom plutôt que de les renvoyer vers Rafah», a indiqué le bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahu dans un communiqué. «La décision du cabinet précise que seule l’aide humanitaire en provenance d’Egypte sera livrée à Gaza de cette façon».
Le patron de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) est prêt à se rendre dans la bande de Gaza «si nécessaire». Une visite ne devrait pas avoir lieu avant la fin de l’année, a laissé entendre le chef du programme d’urgence de l’organisation.
«Le plus important» est de relayer le message de la protection du personnel et des infrastructures de santé, a affirmé vendredi Tedros Adhanom Ghebreyesus aux correspondants accrédités à l’ONU à Genève (ACANU). Plusieurs chefs d’agences onusiennes ou la présidente du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) se sont rendus dans la bande de Gaza depuis le 7 octobre.

«J’étais proche», explique M. Tedros qui avait rencontré dès les premiers jours après le début de la crise le président égyptien au Caire. Une visite dans le territoire palestinien a dû être annulée en raison d’une réunion avec des ministres de la santé de la région aux Pays-Bas, a renchéri le chef du programme d’urgence, Michael Ryan. «Jamais un directeur général n’a été autant en première ligne», a-t-il affirmé.
Les rebelles Houthis du Yémen ont revendiqué vendredi des attaques contre deux navires en mer Rouge, en riposte à la guerre entre Israël et le mouvement islamiste palestinien Hamas dans la bande de Gaza.
Les Houthis, proches de l’Iran, «ont mené une opération militaire contre deux porte-conteneurs, MSC Alanya et MSC Palatium III, qui se dirigeaient vers l’entité israélienne», a affirmé leur porte-parole militaire, Yehya Sari, lors d’une manifestation de soutien aux Palestiniens organisée à Sanaa, la capitale du Yémen.
Les navires ont été visés par deux missiles «après que leur équipages (ont) refusé de répondre aux appels des forces navales yéménites ainsi qu’aux messages d’avertissement» a-t-il ajouté.
La société de renseignement maritime Ambrey avait indiqué plus tôt que les deux navires, dont l’un se dirigeait vers Jeddah, en Arabie saoudite, avaient été menacés par les rebelles probablement car leurs propriétaires, l’armateur suisse MSC, a «coopéré avec Israël».
Les Houthis, qui contrôlent de larges pan du pays ravagé par la guerre, avaient prévenu qu’ils viseraient tout navire naviguant au large des côtes du Yémen et ayant des liens avec Israël.
Ils ont affirmé vendredi que les bateaux «se dirigeant vers tous les ports du monde, à l’exception des ports israéliens», ne seront pas visés s’ils répondent aux directives de leurs forces armées.
Les navires à destination des ports israéliens seront en revanche empêchés «de naviguer en mer d’Arabie et mer Rouge jusqu’à l’entrée de la nourriture et des médicaments dont nos frères de la bande de Gaza ont besoin», ont-ils ajouté.
L’Union européenne, l’Australie, le Canada, la Norvège, le Royaume-Uni et la Suisse ont exhorté vendredi Israël à «prendre des mesures concrètes pour faire cesser la violence sans précédent des colons israéliens en Cisjordanie occupée».

Condamnant «fermement les violences commises par les colons extrémistes, qui terrorisent les communautés palestiniennes», ils dénoncent «l’incapacité d’Israël à protéger les Palestiniens» et lui demandent de traduire en justice les responsables de ces violences, selon un communiqué commun transmis par le ministère français des Affaires étrangères.
Le président de l’Autorité palestinienne a déclaré vendredi que toute tentative de «séparer» et d’«isoler» la bande de Gaza de l’Etat palestinien était «inacceptable», lors d’une rencontre avec un haut responsable américain à Ramallah.

«Soulignant que Gaza fait partie intégrante de l’Etat de Palestine, le président a réaffirmé que toute tentative d’en séparer ou d’en isoler une partie était inacceptable», a déclaré Mahmoud Abbas d’après un communiqué diffusé après sa rencontre avec Jake Sullivan, conseiller à la Sécurité nationale de la Maison-Blanche.
Israël a multiplié vendredi les raids aériens sur la bande de Gaza. Le Ministère de la Santé du Hamas a fait état de «dizaines de morts et de blessés» dans des bombardements à Khan Younès, la grande ville du sud du territoire où Israël a étendu ses opérations terrestres.

La ville voisine de Rafah a elle aussi été frappée. «Nous dormions dans notre maison et soudain, il y a eu une frappe, comme une bombe baril», un baril rempli d’explosif, a raconté à l’AFP un survivant. «Il y a des blessés, tout est détruit, cela fait 70 jours que nous subissons cette guerre et cette destruction», a-t-il ajouté.
La guerre a éclaté le 7 octobre après l’attaque menée par le Hamas sur le sol israélien. Depuis lors, 18’787 personnes, à 70% des femmes, des enfants et des adolescents, ont été tuées dans la bande de Gaza par les bombardements israéliens, d’après le ministère de la Santé du Hamas.
«Désespérés»
La guerre a plongé le territoire dans une grave crise humanitaire et 1,9 million d’habitants, soit 85% de sa population, ont été déplacés, selon l’ONU, beaucoup d’entre eux ayant dû fuir à plusieurs reprises à mesure que les combats s’étendaient.
L’ONU a averti jeudi d’un «effondrement de l’ordre civil» dans la bande de Gaza, affirmant que la faim et le désespoir poussaient des habitants à s’emparer de l’aide humanitaire, qui arrive en quantité très limitée via l’Egypte.
«Partout où l’on va, les gens sont désespérés, affamés et terrifiés», a déclaré le Suisse Philippe Lazzarini, commissaire général de l’agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens (Unrwa).
Dans la nuit, les télécommunications restaient une nouvelle fois coupées à Gaza, selon l’opérateur palestinien Paltel, isolant encore plus le territoire soumis par Israël à un siège total depuis le 9 octobre.
«Nouvelles méthodes de combat»
«Il y aura davantage de batailles difficiles dans les prochains jours», a assuré un porte-parole de l’armée, disant que les soldats usaient de «nouvelles méthodes de combat», comme le dépôt de charges explosives dans des lieux fréquentés par des combattants du Hamas. Au total, selon l’armée, 117 soldats ont été tués à Gaza depuis le début de l’offensive terrestre le 27 octobre.
Cette offensive a permis à Israël de prendre le contrôle de plusieurs secteurs dans le nord, avant de s’étendre à tout le territoire, y compris au sud où se sont massés des centaines de milliers de civils déplacés par la guerre.
Pressions américaines
Le conseiller américain à la sécurité nationale, Jake Sullivan, est arrivé jeudi en Israël, où il a rencontré le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le ministre de la Défense Yoav Gallant, à l’heure où Washington, principal allié d’Israël, montre des signes d’impatience face aux lourdes pertes civiles à Gaza.
Jake Sullivan a posé des «questions difficiles» aux responsables israéliens. Il a discuté de la possibilité d’un basculement de l’offensive vers des «opérations de plus faible intensité» dans un «futur proche», a indiqué la Maison Blanche.
«Je veux qu’ils (les Israéliens, ndlr) se concentrent sur la préservation de la vie des civils. Pas (sur le fait) de s’arrêter contre le Hamas, mais de faire davantage attention», a déclaré le président américain, Joe Biden.
Longue guerre
Mais Yoav Gallant a prévenu jeudi que la guerre allait durer. Le Hamas «a mis en place des infrastructures souterraines et aériennes qu’il n’est pas facile de détruire. Cela prendra du temps – plus que quelques mois – mais nous vaincrons et nous détruirons» le Hamas, a-t-il déclaré.
Ces dernières semaines, Israël a laissé entendre que son objectif pour l’après-guerre n’était pas d’administrer la bande de Gaza, d’où l’Autorité palestinienne avait été chassée en 2007 par le Hamas. Il ne serait pas «juste» qu’Israël occupe Gaza sur le long terme, a d’ailleurs déclaré vendredi Jake Sullivan, avant de se rendre à Ramallah pour des entretiens avec des dirigeants de l’Autorité palestinienne.
La guerre a aussi ravivé les tensions à la frontière israélo-libanaise et en Cisjordanie occupée, mais aussi en mer Rouge, où les rebelles Houthis du Yémen ont une nouvelle fois tiré vendredi contre un navire, selon un responsable américain.
Parmi les initiatives diplomatiques en cours, la ministre française des Affaires étrangères, Catherine Colonna, est attendue samedi au Liban puis dimanche en Israël et en Cisjordanie occupée.
Les Pays-Bas peuvent continuer à livrer des pièces pour les avions de combat F-35 utilisés par Israël dans la bande de Gaza. Un tribunal néerlandais a rejeté vendredi une procédure intentée par un groupe d’organisations de défense des droits humains.

Le tribunal de district de La Haye a jugé que la fourniture des pièces était avant tout une décision politique dans laquelle les juges ne devraient pas interférer. «Les considérations formulées par le ministre sont dans une large mesure de nature politique et les juges devraient laisser au ministre une grande liberté», a-t-il statué.
Un collectif d’organisations de défense des droits humains avait intenté une action en justice, arguant que la fourniture de ces pièces contribue aux violations présumées du droit international par Israël dans sa guerre contre le mouvement islamiste palestinien Hamas.
«Vraies bombes»
L’affaire concerne des pièces de F-35 appartenant aux Etats-Unis, stockées dans un entrepôt aux Pays-Bas, puis expédiées à plusieurs partenaires, dont Israël, dans le cadre d’accords d’exportation. Ces pièces «permettent à de vraies bombes d’être larguées sur de vraies maisons et de vraies familles», a déclaré Michiel Servaes, directeur d’Oxfam Novib, l’un des plaignants.
Les autorités néerlandaises ont expliqué qu’il n’était pas certain qu’elles aient le pouvoir d’intervenir dans les livraisons, qui font partie d’une opération gérée par les Etats-Unis et qui fournit des pièces à tous les partenaires du F-35.
«Sur la base des informations actuelles (…), il n’est pas possible d’établir que les F-35 sont impliqués dans des violations graves du droit humanitaire de la guerre», a déclaré le gouvernement dans une lettre adressée au Parlement.
Règles à respecter
Mais Liesbeth Zegveld, avocate des droits de l’homme pour les plaignants, a qualifié ces propos de «non-sens». Elle a affirmé que le gouvernement néerlandais était clairement au courant de ce qu’elle a appelé «l’énorme destruction des infrastructures et des centres civils à Gaza».
Liesbeth Zegveld a rappelé les propres règles du gouvernement en matière d’exportation, qui stipulent qu’une licence doit être refusée s’il existe un «risque évident» que les marchandises «soient utilisées pour commettre de graves violations du droit humanitaire international».
Les avocats du gouvernement ont également fait valoir que si les Néerlandais ne fournissaient pas ces pièces à partir de l’entrepôt situé aux Pays-Bas, Israël pourrait facilement se les procurer ailleurs.
APPIS et TdG