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Dans une actualité sombre et face à des évènements dont le sens échappe, la rédaction d’Esprit renouvelle son pari de la lecture critique, du croisement des regards, de la littérature et des essais, pour s’orienter dans le monde et continuer de le penser.

🎄📚 10 livres lus par Esprit en 2023

Stella Maris et Le passager de Cormac McCarthy, L’Olivier

Recension de Bénédicte Chesnelong

Les deux derniers romans de Cormac McCarthy ont été inspirés par les échanges de l’écrivain avec ses amis physiciens. Empreints d’humour noir et marqués par une narration déconcertante, tous deux témoignent du désarroi de l’homme sans Dieu.

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Le Courage de l’Ukraine de Constantin Sigov, Cerf

Recension de Marguerite Léna

D’ouvrage en ouvrage, le philosophe ukrainien témoigne de son choix de l’Europe, du respect de la dignité humaine et du droit. Il nous pose aussi une question simple et brûlante : voulons-nous encore être de cette Europe-là ?

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La danseuse de Patrick Modiano, Gallimard

Recension de Jean de Saint-Chéron

Le dernier roman de Patrick Modiano dépeint avec nostalgie et désarroi une errance dans un Paris devenu méconnaissable. La littérature s’y montre semblable à la danse : un art de la légèreté durement acquise, ascétique, peut-être mystique, dans un monde trop dur.

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On ne dissout pas un soulèvement, collectif, Seuil

Recension de Marc-Antoine Sabaté

Sans prétendre au statut de manifeste, l’ouvrage affirme la nécessité d’une nouvelle écologie politique, qui délaisse la voie institutionnelle au profit d’un enracinement local, et a volontiers recours à la désobéissance civile, au « désarmement » ou à l’occupation de territoires.

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Triste Tigre de Neige Sinno, P.O.L.

Recension de Philippe Ollé-Laprune

Neige Sinno a choisi une forme de lucidité critique, faisant usage de mots vigoureux et précis, pour mieux dire les raisons d’exister du texte. Elle parle du terrible silence, de ce pacte du non-dit entre bourreau et victime, auquel elle oppose une parole qui révèle une vérité révoltante.

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Démocraties d’en haut, démocraties d’en bas d’Olivier Mongin, Seuil

Recension de Michaël Fœssel

Olivier Mongin chemine aux côtés de Paul Ricœur pour dépasser les apories de nos démocraties contemporaines. Avec le souci d’associer inspiration philosophique et attention au présent, il fait dialoguer les paradoxes mis au jour par Ricœur sur le politique, tout en plaidant pour un nouvel imaginaire utopique, sans la violence des idéologies.

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Montée des eaux de Pierre Lieutaghi, Actes Sud

Recension de Pascal Riou

Le roman de Pierre Lieutaghi pose toutes les grandes questions qui assaillent une communauté après la catastrophe. Sans en avoir l’air, parce qu’il redoute la prétention idéologique ou esthétique, il réalise l’alliance assez rare d’une intelligence inquiète et d’une confiance aussi légère que profonde.

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Immigration : le grand déni, de François Héran, Seuil

Recension de Jean-Louis Schlegel

Cela fait des décennies que la réalité des flux migratoires en France est déformée à coup de formules choc, et mise au service d’un agenda politique. C’est à cette manipulation que s’opposent François Héran et d’autres, dans des ouvrages récents.

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La sentence de Louise Erdrich, Albin Michel

Recension de Sylvie Bressler

Écrit à la première personne par Tookie, une femme Ojibwe, le récit s’articule autour de la condamnation de cette dernière, en 2005, à une peine de soixante ans de prison. Louise Erdrich signe un vibrant hommage à la littérature, instrument de liberté.

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Démocratie, zone à défendre de Jean-François Bouthors, L’Aube

Recension de Catherine Chalier

Face à la montée de ses contrefaçons « illibérales » et à la fascination que continue d’exercer, sur beaucoup de gens, l’impitoyable réalité des régimes autoritaires, Jean-François Bouthors dresse le constat des périls internes et externes qui menacent la démocratie.

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 Sans oublier le livre à mettre sous tous les sapins !

Esprit, une revue dans l’histoire

Actualisé à l’occasion des 90 ans de la revue, cet ouvrage retrace le chemin parcouru depuis la fondation d’Esprit par le philosophe Emmanuel Mounier en 1932. Traversant les tumultes de la guerre, puis les débats d’après-guerre sur le communisme et la décolonisation, Esprit s’est efforcée d’actualiser son questionnement sur l’événement, comme sur l’engagement des intellectuels dans la cité.

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