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COP 28 : Ineza Umuhoza Grace, l’activiste qui veut faire payer les pays riches pour les dommages écologiques ?

Ineza Umuhoza Grace, 27 ans, est une des personnalités à suivre de la COP28 qui s’ouvre le 30 novembre 2023 à Dubaï. Depuis sept ans, cette jeune activiste rwandaise se bat pour faire entendre la voix des jeunes sur la question du changement climatique. A la COP, elle endosse le titre de coordinatrice mondiale de la « Coalition de la jeunesse pour les pertes et dommages ».

Ineza Umuhoza 

 Joël Nandjui

Ineza Umuhoza Grace n’est encore qu’une enfant quand des pluies torrentielles détruisent sa maison et obligent sa famille à déménager dans une autre région de leur pays, le Rwanda. Sa famille n’est pas la seule à subir les conséquences du changement climatique dans ce pays qui ne contribue pourtant qu’à hauteur de 0,01 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Cette histoire personnelle mêlée à cette injustice nationale sera le terreau de son engagement contre le réchauffement climatique. « Je ne pouvais pas imaginer que d’autres enfants puissent ressentir la même peur que moi », affirme-t-elle au magazine National geographic.

Impliquer la jeunesse

Née en 1996, Ineza Umuhoza Grace est une activiste du climat diplômée de l’université du Rwanda en ingénierie de l’eau et de l’environnement. Plus jeune, elle rêvait d’être pilote d’avion, mais elle va au fil du temps abandonner ce rêve pour se consacrer à la lutte contre le changement climatique. « J’ai décidé de m’engager parce que j’ai été exposée aux vulnérabilités de notre communauté. J’ai ressenti l’appel qui me disait que je pouvais aider ma communauté à faire face aux conséquences du changement climatique », confie-t-elle dans un article du journal rwandais New Time.

En 2017, alors qu’elle n’a que 21 ans, elle décide après sa participation au forum des Nations Unies sur la lutte contre la désertification de créer l’association « The green fighter ». Formations, journée de collecte des déchets ou encore organisation de la journée mondiale de lutte contre la désertification et la sécheresse : l’activiste veut via les actions de l’association stimuler la participation des jeunes aux actions de sauvegarde de l’environnement aux niveaux national et mondial. Depuis sa création, l’association emploie 12 salariés, anime un réseau de 50 volontaires et a touché plus de 2.000 jeunes au Rwanda.

Réparer les injustices

Depuis 2020, Ineza Umuhoza Grace est cofondatrice et coordinatrice mondiale de la coalition de la jeunesse pour les pertes et dommages (LDYC, pour « Loss and Damage Youth Coalition ») qui milite pour une compensation financière payée par les Etats les plus riches des pertes et dommages causés par le changement climatique dans les pays vulnérables. Cette coalition regroupe aujourd’hui 600 jeunes dans plus 60 pays.

« Nous vivons une crise du changement climatique qui est injuste, mais qui constitue une réalité quotidienne pour les communautés vulnérables. Les pays les plus pauvres qui ont peu contribué au réchauffement climatique sont frappés par des conditions météorologiques extrêmes et les dommages économiques qui en découlent », a-t-elle déclaré lors d’une conférence organisée par le Global Landscapes Forum en 2023.

COP28, un nouveau défi

Lors de la COP27 qui s’est tenue en 2022 à Charm el-Cheikh en Egypte, l’accord conclu à l’issue du sommet a intégré la création d’un fond spécifique pour aider les pays en développement à faire face aux pertes et aux dommages. Ineza Umuhoza Grace en tant que négociatrice a été une des voix qui ont porté cette revendication avec la LDYC. Un an après cet accord, ce fonds peine à voir le jour. La COP28 sera une nouvelle occasion pour elle, de porter ce combat devant les dirigeants du monde.

En avril 2023, Ineza Umuhoza Grace a reçu le Global Citizen Prize à New York, qui récompense des jeunes qui ont un impact positif sur leurs communautés dans la lutte pour la protection de la planète. Lors de la cérémonie de remise de prix, la jeune leader a lancé : « Agir face à la crise climatique ne doit pas être considéré comme une question politique. Il s’agit pour nous, de nous unir dans une solidarité mondiale pour ne laisser personne de côté. »

Joël Nandjui

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