Retour sur l’histoire des rencontres de Die, « le Davos populaire de l’écologie ».
Claude Veyret : Les Rencontres de Die réussissent à rassembler dans un forum comme à Davos, mais ici un forum citoyen, de nombreux acteurs de la
société. On y invite les élus, les acteurs du social, les associations humanitaires, caritatives et environnementales, les syndicats, les institutions ( ONF, SMRD, etc..) mais aussi les entreprises
qui font un super boulot sur ce territoire (j’en veux pour preuve les 400 emplois créés en cinquante ans dans le secteur des plantes aromatiques
et médicinales). S’y ajoute universités et universitaires et leur éclairage.
Tous sont mobilisés, au-delà du seul environnement, sur des sujets primordiaux de société, de démocratie, de mobilité ou d’économie : une
table ronde sur le tourisme par exemple, rien à voir a priori avec l’environnement ! Sauf si la réflexion porte sur un tourisme solidaire, éthique,
apprenant, familial, non prédateur, non de masse. Bref, il s’agit ni plus ni moins que de cultiver la liberté, de tendre vers l’égalité avec plus de
justice sociale et de refaire du lien social et de la fraternité.
Notre projet est donc de réunir tous les acteurs pour réfléchir à des propositions constructives pour une société meilleure et à une stratégie de

Plantations de Fruitiers pendant les Rencontres de Die sur un verger communal
territoire, que ce soit le Diois, mais aussi le Trièves, le Vercors, le parc avec ses 70 communes, la Biovallée avec les 100 communes. Élaborer
cette société désirée en y intégrant les valeurs plus écologiques, mobilités douces, énergies renouvelables, rivières propres, biodiversité vivante et
revisitée. La Covid nous a beaucoup incité à limiter nos déplacements, en avion en particulier. Nous avons tous les éléments pour revisiter ce
tourisme. J’ai participé à un colloque sur le tourisme éthique et solidaire : j’ai constaté que les grands organismes repartaient comme avant ! Sans
Le Dauphiné: comment est venue l’idée des Rencontres ?
C.V. : un projet de cette envergure demande de mûrir ! En 1999, avec la fermeture de la MJC de Die, nous avons contribué à la création d’un centre social,
dans le cadre du plan « nouvelle famille, nouvel habitat »., qui a mobilisé 700 Dioises et Diois. Autour de la question de l’avenir du territoire. Quinze
commissions (mobilité, jeunesse, énergies renouvelables, cadre de vie…).
Nous avons imaginé un événement festif entre tous les acteurs du territoire ! Avec Anne Tesson, nous avons rendus visite à une quinzaine
d’événements de ce type. Nous avons rendu visite au Mont-Saint-Michel pour les Rencontres écologie et spiritualité, à Hohwald en Alsace, à
Tournefeuille (Camino) ou les festival des Mômes au Grand Bornand. On avait même pensé à un festival pour les enfants. Finalement plutôt qu’une
foire, nous avons retenu le principe d’un événement culturel et citoyen, dans la tradition du Diois pour mettre pendant une semaine les acteurs en
lien : on n’y vendrait que des livres ! : les Rencontres de l’écologie. À l’époque, le terme n’était pas connoté politiquement. Nous étions
largement soutenus par les socialistes de Jean Jacques Queyranne, avec la présence de Didier Jouve, vice président écologiste à la région, décédé depuis. Mais
ce qui nous intéressait, c’était d’attirer les non-écologistes et c’est devenu les Rencontres de Die et de la Biovallée. D’ailleurs le pédagogue Philippe Meirieu les
rivière, l’environnement, la flore, la faune pour sortir du système de prédation qui a prévalu, surtout depuis la fin de la guerre ! Changer de
paradigme, de vision du monde. La forêt, par exemple, n’est pas une mine où puiser indéfiniment du bois mais un milieu avec des êtres vivants où il
faut agir avec parcimonie et sobriété avec une nouvelle relation aux vivants. De même pour les paysages. Nous habitons un territoire, mais en
fait, c’est le territoire qui nous habite ! Il est vrai que j’ai été paysan pendant trente ans et si j’ai envie de protéger ce pays, c’est parce que je
l’aime. Ce n’est pas par militantisme que je suis venu à l’écologie mais par amour de la terre, la nature et pas par l’idéologie ! J’avais des grands
parents paysans, j’adorais les vaches, les foins, les moissons, les champignons. Mais les Rencontres, ce sont 25 ans de boulot qui occupe
l’année entière. En juillet, je fêterai mes 70 ans et nous avons chacun, Anne et moi, d’autres projets et voulons profiter de la vie. Première
rupture, Anne ne sera pas aux Rencontres. Ensuite, nous faisons confiance à la mise en place de commissions internes pour la programmation, la
communication, la technique, etc. Ensuite l’association se nourrit des synergies à l’Avant-Poste avec d’autres partenaires. Le rêve pour monter
les Rencontres de 2025, …ce serait une coopération entre associations, Biovallée, l’Avant-poste, 360.org, le Codyter (St-Julien-en-Quint), le
CFPPA, le théâtre, avec le festival Les yeux dans l’eau, le syndicat mixte de la rivière Drôme, la médiathèque, le cinéma, etc . Nous n’en sommes pas loin ! À condition d’avoir une
vision d’ensemble du territoire…
* Lire le rapport « Construire la transition par l’innovation locale : le cas
de la Vallée de la Drôme », diagnostic d’un pays en mutation, sur le site
de l’université belge de Louvain la neuve https://uclouvain.be/
Dauphiné Libéré – 2024-01-22
Michel Léon ( correspondant de presse locale du Dauphiné Libéré)
17 rue des Pivoines
26150 Die
Légende photo : Claude Veyret : « Notre projet est de réunir tous les acteurs pour réfléchir à des propositions constructives pour une société
meilleure et à une stratégie de territoire ».
Encadré :
Quelques temps forts
Jeudi 25 janvier –
17 h : Penser l’Écologie – Eric Aeschimann et Claire Lejeune
20 h 30 : Ralentir ou Périr – Geneviève Azam, Pierre Thiesset et Timothée Parrique.
Vendredi 26
9 h : la Drôme et le droit des non-humains
10 h : Sécurité sociale de l’alimentation
14 h : Les enjeux de l’eau – Anne Le Strat, ex pdte d’Eau de Paris
18h : Inauguration
20 h 30 : Écologie et solidarité dans l’UE – Damien Carême, Benoît Biteau et Charlotte Vailles.
Samedi 27
14 h : Table-ronde vers un tourisme doux
17 h : Soigner le corps territoire avec Ge Bartoli (lien documentaire joint)
20 h 30 : Cultiver l’eau et s’allier au castor – Hervé Coves
Soirée : Le bal Folk.
Dimanche 28
10 h : Ancrer les luttes dans le quotidien – Juliette Rousseau et rendez-vous sur l’;Ecofeminisme
14 h : La terre, bien commun avec le co-fondateur de Terre de liens – Sjoerd Wartena, Véronique Duval et Robert Delage.
17 h : Pour un soulèvement écologique – Camille Etienne et les trois rendez-vous jeunes.
Michel Léon ( correspondant de presse locale du Dauphiné Libéré)
17 rue des Pivoines
26150 Die