Bonjour à toutes et tous,
OUAOUHHH !!! C’est le déconfinement et comme je l’avais noté depuis le début, ce jour là je monte sur Glandasse et bien sûr ce matin j’y étais de bonne heure. Personne, je n’ai rencontré personne de mon espèce mais beaucoup d’autres… Des règlements sans discernement ont fait que j’ai raté une grande partie du printemps : saison capitale pour un ornitho. J’enrageais d’autant plus que pour tuer des corbeaux ou des renards les chasseurs n’étaient pas confinés mais, nous, pour faire des relevés faunistiques nous étions interdits de nature : Tuer oui, protéger NON …
Il a fallu que j’attende deux mois pour retrouver les lapiaz, les pins à crochets, la faune et la flore qui me sont si familiers. Enfin, le confinement est passé ! Je n’ai pas croisé de corona et j’étais bien plus en « sécurité » là haut qu’en bas, c’est certain. Même dans le brouillard !!
Voilà, je suis donc monté sur Glandasse et une suée plus haut, dès la pointe du jour, le festival des turdidés se faisait entendre, la grive musicienne, qui porte bien son nom, battait la mesure, accompagnée des merles. Un peu plus haut j’entends quelques notes discrètes d’un tétras : est-ce la fin des parades ? Est-ce le vent frais, un peu fort par moment, qui calme les ardeurs des mâles peu motivés ? Va savoir… un gazouillis attire mon attention, tiens la linotte mélodieuse (encore une qui n’a pas volé son nom) marque son territoire. Heureux oiseaux qui se font la guerre en chantant, nous devrions en prendre de la graine, nous pauvres humains. Bon ! Au point de vue chant, en ce qui me concerne, je n’aurais pas gagné grand-chose ! Un doux bruit de synthétiseur me signale la présence du venturon. Se sont des ornitho mélomanes qui m’ont dit que le chant du venturon ressemblait à un synthétiseur ; un jour il faudrait que j’écoute ce fameux synthétiseur pour savoir s’il ressemble bien au chant du venturon…
Au environ de 8h mon « sixième sens » me fait lever les yeux au ciel, un gypaète, bien immature, me survole avec un os long dans les serres. Je le surveille des fois qu’il me le laisse tomber sur la tête. Il se dirige vers un pierrier. Je l’espionne dans l’espoir de le voir lâcher son os pour le casser et le suivre pour récupérer les morceaux. Ben non ! Je le perds dans le brouillard.
Quelques temps plus tard je repère une bande de craves, une vingtaine, posés dans la pelouse subalpine. Ils n’apprécient pas outre mesure ma présence et s’envolent en piaillant sans doute des insanités à mon égard. Il faut dire que les cris des craves ressemblent à ceux du chocard que je vois un peu plus loin, mais, à mon sens et c’est tout à fait personnel, la fin du cri des craves rappelle celui du corbeau alors que le chocard me paraît plus « distingué ». Là c’était un cas d’école car j’avais la stéréo : à ma droite les craves, à ma gauche les chocards (une bonne cinquantaine) la différence était assez nette, mais bien sûr si vous n’entendez que l’un ou l’autre sans les voir vous pouvez appeler ça des chocraves comme Cindie (une salariée de la LPO, très forte en ornitho), par exemple. Les craves fréquentent de plus en plus Glandasse, il y a quelques décennies on n’en voyait pas ou bien peu (quelques unités en mélange avec les chocards à Châtillon).
Des coups de sifflet annoncent des marmottes toutes trempées, … Je me demande bien pourquoi !
Des « balles blanchâtres » s’élancent vers le ciel et reviennent au même endroit, comme un jokari. Elles s’accompagnent de cris assez discordants. C’est vrai je ne suis pas très sympa avec les traquets motteux (facile l’ornitho montagnarde : ce traquet se met bien en évidence sur une butte – une motte quoi-). Cet oiseau blanc et noir avec des teintes brun roux du plus bel effet est un turdidé bien beau et bien visible. Cependant, il a un « sale caractère » : un printemps (sans confinement) j’ai été poursuivi par un mâle très « agressif » me faisant bien comprendre que je n’étais pas le bienvenu sur son domaine et qu’il avait une famille à défendre. Bien sûr j’ai battu en retraite en m’excusant d’avoir bien involontairement empiété sur son territoire.
Là, la pluie agrémentée d’un brouillard qui m’a fait presque douter de mon orientation, m’a décidé à rentrer, heureux de cette reprise de contact glandassou…
J’espère que notre confinement ne deviendra pas un confinement de la faune sauvage. Elle s’était bien rapidement habituée à l’absence humaine.
Je me sens vraiment bien sur Glandasse mais je sais que je suis parmi bien d’autres colocataires et je me fais le plus discret possible pour les déranger le moins possible.
A Die, Bruno Lefèvre, ornitho et photographe averti, a découvert une fauvette passerinette que je n’avais jamais vu. La passerinette « normale » est déjà assez rare en Diois, c’est une fauvette méditerranéenne qui semble étendre son aire de répartition, mais, voir une fauvette des Balkans chez nous c’est une première à ma connaissance. Elle a été identifiée par Patrick Labour (autre photographe ornitho de Die). Bien sûr j’ai aussitôt demandé à Bruno de me montrer cette rareté ; sans être un cocheur fou, quand c’est dans le Diois, je suis toujours avide d’observations. Nous sommes donc allés sur place et j’ai pu me rincer l’œil, merci Bruno. Il faut attendre quand même la validation de la donnée par le Comité d’Homologation.
François Chenais a observé une couleuvre girondine dans les environs de Die. Bien belle observation. Sa photo est en PJ Bravo et merci pour ce partage. Je pense que cela va intéresser nos herpétologues, entre autres.
Voilà un petit compte rendu des dernière nouvelles naturalistes du Diois. Je remercie toutes les personnes qui me communiquent leurs observations, sensations naturalistes tel Patrick Beaumier qui m’a compté l’histoire de sa pie apprivoisée (voir texte et photos en PJ).
Bien naturalistement vôtre.
Gilbert
Merci à Hélène pour sa relecture.
Si vous n’êtes plus intéressés par mes chroniques dites le moi je vous enlèverais de la liste de diffusion.
Gilbert DAVID
Vice-Président LPO Drôme-Ardèche
tel : 06.52.63.91.55