
Vous avez l’habitude de boire votre eau dans des bouteilles en plastique ?
L’eau qui provient des bouteilles en plastique est jusqu’à 100 fois plus contaminée qu’on ne le pensait…
Le plastique – un matériau synthétique essentiellement fabriqué à partir de pétrole – est aujourd’hui omniprésent. Et avec lui, un phénomène, invisible à l’œil nu, soulève de plus en plus l’inquiétude des scientifiques : tout au long de son usage, avant même d’être jeté dans la nature, il se dégrade en fragments microscopiques, appelés les microplastiques (de 5 millimètre à 1 micromètre) et nanoplastiques (moins de 1 micromètre). Ces particules sont désormais dans l’air que l’on respire et dans la nourriture que l’on ingère, se retrouvant, par conséquent, dans notre organisme. Chaque semaine, on consomme ou inhale l’équivalent d’une carte de crédit (soit 5g) de plastique.
L’eau des bouteilles en plastique est contaminée en micro et nanoplastiques
Tout contenu glissé dans un contenant en plastique est potentiellement contaminé par ces particules. C’est le cas de l’eau des bouteilles en plastique. On la savait déjà contaminée en microplastiques, mais pour la première fois, des chercheurs américains ont réussi, grâce à une technique de spectroscopie laser dernier cri, à identifier et comptabiliser les nanoplastiques qui y sont présentes. Les résultats de l’étude, publiée dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences, a révélé qu’un litre d’eau de bouteille en plastique contenait en moyenne quelque 240 000 fragments de plastique, dont 90% sont des nano fragments. Ce nombre est 10 à 100 fois supérieur que les précédentes estimations, qui prenaient en compte uniquement les 10% de particules de plus grandes tailles.
L’étude a mis en exergue la présence de PET ou de PE, venant du matériau d’emballage mais également d’autres polymères tels que le PA, le PP, le PS et le PVC, qui infiltrent l’eau au moment de son traitement. “Le PVC et le PS, qui ont une distribution de taille unique favorisant les petits nanoplastiques, pourraient indiquer une source de contamination encore plus tôt. Le PVC est identifié comme étant le type de polymère le plus abondant dans l’eau brute d’après l’analyse des microplastiques. Le PS est connu pour être utilisé comme matériau de base pour les résines échangeuses d’ions dans la purification de l’eau. Il est possible que de grosses particules de PVC ou de PS soient éliminées par les membranes RO lors de l’étape ultérieure du traitement de l’eau, laissant principalement des nanopopulations”, peut-on lire dans le rapport.
Quel est l’impact sur la santé humaine ?
Ces nouvelles découvertes soulèvent des préoccupations en matière de santé. “Des liens de causes à effets existent entre le plastique et les problèmes du système immunitaire et encore l’augmentation de maladies chroniques comme le diabète, l’obésité, l’asthme, les maladies cardiovasculaires, le cancer ou même l’infertilité”, nous déclarait Rosalie Mann, présidente de l’association No More Plastic. “Il pollue notre sang et empoisonne notre organisme car les microplastiques endommagent les cellules humaines. Ils peuvent s’accrocher aux membranes externes des globules rouges et limiter leur capacité à transporter l’oxygène.” Les nanoparticules inquiètent davantage puisqu’ils pénètrent facilement les intestins et les poumons, et passent directement dans la circulation sanguine.
“La pollution plastique est aujourd’hui une question de santé publique qui affecte plus particulièrement la santé des femmes ». Pourquoi ? Le point avec Rosalie Mann, présidente de l’association No More Plastic, à l’occasion de la journée internationale des droits des femmes ce 8 mars.
Les bouteilles en plastique recyclé perpétuent le problème
Pourtant, aujourd’hui encore, 1 million de bouteilles d’eau en plastique sont vendues toutes les minutes à travers le monde. Souvent achetées, bues puis jetées dans la foulée, elles mettront ensuite jusqu’à 1 000 ans à se dégrader, polluant encore massivement l’air et la nature et, de surcroît, notre organisme et celui des animaux. Malgré ce que l’on pourrait croire, les bouteilles en plastique recyclé ne sont pas la solution, puisque “lorsqu’on recycle le plastique, on relance un cycle de pollution plastique”, souligne Rosalie Mann. “Le plastique recyclé n’est rien d’autre que du poison recyclé, qui continue d’empoisonner…” Aujourd’hui, seulement 9% des bouteilles sont recyclées, sachant qu’elles ne peuvent l’être que 2 ou 3 fois avant d’être inutilisables. Mais leur qualité se dégrade un peu plus à chaque nouvelle vie, ce qui contamine sans doute encore davantage le liquide qui s’y trouve.
Quelles sont les alternatives aux bouteilles en plastique ?
Boire l’eau du robinet est bien entendu l’une d’entre elles… À condition qu’elle soit filtrée car, comme l’ont souligné de nouveaux rapports, elle serait aussi contaminée en plastiques, pesticides ou encore métaux lourds. La solution est alors de la purifier à l’aide d’un système de filtration de l’eau que l’on place sur l’évier, une carafe filtrante ou encore une gourde filtrante.
Pesticides, microplastiques, métaux lourds… Voici trois solutions ingénieuses pour ôter toute trace de particules nocives de l’eau du robinet.
Côté contenant, les gourdes réutilisables sont la bonne option. Exit les gourdes en plastique, qui ne font que perpétuer la pollution tout en contaminant encore davantage le contenu qui s’y trouve, et place aux modèles en verre ou en inox. Leur empreinte écologique est, certes, plus élevée à la fabrication, comme le souligne Greenpeace, mais elle sera rapidement compensée si elle est utilisée quotidiennement. Le lavage régulier de celles-ci évitera toute prolifération de bactéries.
