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Emmanuel Macron à Vassieux-en-Vercors : « c’est important qu’un président vienne »

Vassieux-en-Vercors
Alexandre Berthaud

Emmanuel Macron a annoncé mercredi 6 mars que les commémorations nationales des 80 ans de la Libération commenceraient à Vassieux-en-Vercors (Drôme). Dans la commune, on se satisfait et on commence à penser à la préparation de l’événement.

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Le Martyrologe, monument aux morts 1939-1945, sur la place du 21 juillet, à Vassieux en Vercors

Le Martyrologe, monument aux morts 1939-1945, sur la place du 21 juillet, à Vassieux en Vercors
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Jamais un président de la République n’était venu à Vassieux-en-Vercors (Drôme) pour une cérémonie de commémoration. Voilà un fait qui était source d’agacement pour les habitants historiques du plateau côté Drôme. Le 16 avril, la venue d’Emmanuel Macron gommera ce qui était vu jusqu’ici comme une « anomalie », puisque la commune est une des rares – cinq seulement en France – a être reconnue « Compagnon de la Libération

Il faut dire que 15% de la population est morte à l’été 1944, lors de la bataille du Vercors, souvent dans des conditions atroces. Le père de Paul, habitant rencontré dans le centre du village ce 6 mars, a été pendu par les pieds, supplicié à en mourir par les nazis. Paul Jallifier, de son nom, est pupille de la Nation. « C’est important qu’un Président vienne à Vassieux », réagit-il à l’annonce d’Emmanuel Macron. « J’aurais préféré qu’il vienne le 21 juillet, c’est la date qui a marqué les gens, quand les nazis ont attaqué, mais bon, il est Président, il ne fait sans doute pas ce qu’il veut ».

 Emmanuel Macron annonce sa venue dans le Vercors le 16 avril.
80e anniversaire de la Libération : Emmanuel Macron dans le Vercors le 16 avril
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« Hommage de la Nation toute entière »

La Mission nationale qui planifie les commémorations a justifié le choix du 16 avril. En plus des Jeux Olympiques, le symbole du massacre de juillet ne paraissait pas pertinent (lire ci-dessus). « Je ne pense pas que ceux qui sont morts auraient eu quelque chose à dire à la date », réagit le maire de Vassieux-en-Vercors, Thomas Ottenheimer. « En revanche, les victimes auraient été reconnaissante de cet hommage de la Nation toute entière ». Seul souci maintenant pour le maire, l’organisation : les coups de fil commencent à pleuvoir, il a des travaux en cours sur la place du village, rien de très grave, mais un mois à venir qui s’annonce sportif.

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Destin national

Du côté du musée de la Résistance, là aussi, le directeur Pierre Louis Fillet – également président de la communauté de communes – est heureux. « De Gaulle était passé en 1963 à Vassieux, mais dans le cadre d’une tournée départementale, donc ça va être un moment important pour le village », réagit-il. « Il faut se rappeler que le destin de Vassieux et du Vercors avait une renommée nationale, le fait qu’aucun Président ne soit venu en 80 ans c’était incompréhensible. C’est très important pour les habitants d’ici, on le voit lors de la cérémonie du 21 juillet, avec une participation très forte ». Personnellement, il se dit « sensible » au geste, en tant qu’historien et directeur du musée qui œuvre à la conservation de la mémoire locale.

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Des jeunes moins emballés

Au-delà de ceux dont c’est le métier, les habitants plus « neufs » de la commune ressentent moins l’émotion suscitée par une telle visite. « Je suis complètement indifférent à la visite du président, on connait le poids de l’Histoire en habitant ici, on n’a pas besoin de voir sa tête pour s’en rappeler », dit Kévin, qui habite juste à côté du Martyrologe, monument aux morts 1939-1945.

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  • Alexandre Berthaud sur FR3

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