BNP Paribas, Total… Les assemblées générales secouées par les activistes, mais avec quels effets ?
Les associations saisissent le rendez-vous annuel des assemblées générales des entreprises cotées, qui y réunissent leurs actionnaires, pour contester les stratégies et rappeler l’urgence climatique. Mais est-ce efficace ?
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La direction de TotalEnergies devrait être bousculée lors de son AG le vendredi 24 mai 2024
La saison des assemblées générales (AG) charrie son lot de polémiques. Ce mardi 14 mai, celle de BNP Paribas ne devrait pas échapper à cette règle. Les ONG et actionnaires engagés se saisissent de ce rendez-vous annuel entre l’entreprise cotée et ses actionnaires pour pointer des failles stratégiques.
Comme ces militants de Peta qui ont récemment tenté de s’inviter à celle de LVMH pour dénoncer l’utilisation de peaux exotiques dans ses produits de luxe.
Obtenir des engagements
« Depuis quelques années maintenant, nous nous rendons aux AG pour poser nos questions et obtenir des engagements des banques sur le financement des projets d’énergies fossiles », indique Lucie Pinson à la tête de l’ONG Reclaim Finance. « L’intérêt pour nous est de parler directement à la direction et de rappeler que derrière des chiffres, il y a des réalités environnementales et humaines », ajoute la lauréate du prix Goldman, parfois qualifié de prix Nobel vert.
La direction de TotalEnergies devrait aussi être bousculée lors de son AG le 24 mai prochain. Outre l’opposition des activistes, des actionnaires minoritaires, qui totalisent 1 milliard au capital de la major (soit moins de 1 %), ont choisi de contester la stratégie en déposant une résolution. « Les actionnaires n’ont pas beaucoup d’occasions de montrer leur désaccord », justifie Sophie Vermeille, avocate de cette coalition d’actionnaires. Ces derniers ont demandé à scinder les fonctions de PDG pour renforcer le dialogue climatique. Le patron, Patrick Pouyanné, a néanmoins rejeté cette demande. Mais « nous avons créé un rapport de force et montré qu’il y a un dysfonctionnement dans le dialogue avec les actionnaires », estime leur avocate.
L’assemblée générale, enceinte idéale pour les débats
« C’est sûr qu’il y a une division entre les actionnaires qui recherchent le profit à court terme et ceux qui voient à plus long terme. Il y a forcément des débats très animés lors des AG », reconnaît Colette Neuville, présidente de l’Association de défense des actionnaires minoritaires (ADAM). C’est essentiel de continuer à poser des questions et l’AG est l’enceinte idéale pour cela », ajoute la représentante des petits porteurs. « Cela permet d’informer les actionnaires et incite les entreprises à prendre position. Mais ce sont les gros investisseurs qui ont le dernier mot », regrette Colette Neuville.
Ouest-France Mathilde GOLLA