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Elections européennes : «grands» noms, «petits» habitués et parfaits inconnus… 37 listes françaises en lice

Elections européennes 2024 
A l’issue de la date limite de dépôt des candidatures vendredi 17 mai, le ministère de l’Intérieur a validé 37 listes pour le scrutin qui se tiendra le 9 juin. C’est trois de plus qu’il y a cinq ans.
37 listes françaises en lice… Difficile de dire que l’on n’a pas le choix ! Nous vous épargnons  les 29 qui n’auront pas d’élu.es
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Des posters de campagne à Auch, le 16 mai 2024.

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Un nouveau cru particulièrement divers. Au total, 37 listes ont déposé leur candidature en France pour les élections européennes du 9 juin, soit trois de plus qu’en 2019, selon un arrêté du ministère de l’Intérieur publié ce samedi 18 mai au Journal officiel. La date limite pour le dépôt des candidatures avait été fixée au vendredi 17 mai, 18 heures. Chaque liste doit regrouper 81 noms, soit le nombre d’élus pour la France au Parlement européen. Il y a donc 2 997 candidats français.

Les «grands» noms…

Les principales listes menées par Valérie Hayer (Renaissance), Marie Toussaint (Les écologistes), Manon Aubry (LFI), Jordan Bardella (Extreme-Droite-RN), Léon Deffontaines (PCF), Raphaël Glucksmann (PS-Place Publique), François-Xavier Bellamy (LR) et Marion Maréchal (Extreme-Droite-Reconquête) sont bien évidemment dans la course.

Élections européennes : qui sont les têtes de liste ?

Certains sont assurés d’envoyer des élus au Parlement européen et d’autres bataillent pour dépasser le seuil fatidique des 5 %. Portraits des chefs de file de la campagne des élections européennes

Des tracts des listes les mieux placées dans les sondages à trois semaines du scrutin. © Mourad Allili/Sipa

Ils avaient jusqu’à vendredi soir pour déposer leurs listes définitives. Samedi, le Journal officiel doit publier la liste des candidats aux élections européennes. Le 27 mai prochain débutera officiellement leur campagne officielle, qui les mènera jusqu’au scrutin du 9 juin. Portraits des principales têtes d’affiche.

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Valérie Hayer, « challenger » à la peine

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Valérie Hayer. © Abdul Saboor / REUTERS
Valérie Hayer. 

Valérie Hayer mène, à 38 ans, la liste de la majorité présidentielle pour le scrutin du 9 juin. Cette ancienne militante de l’Union des démocrates indépendants (UDI) est élue conseillère municipale chez elle, à Saint-Denis-d’Anjou (Mayenne), à seulement 21 ans, en 2008. C’est une macroniste de la première heure : elle a rejoint La République en marche (LREM) lors de la première campagne présidentielle d’Emmanuel Macron, en 2017.

Élue en 2019 au Parlement européen, elle prend à la surprise générale la présidence du groupe Renew Europe en janvier 2024, succédant à l’eurodéputé Stéphane Séjourné, nommé ministre des Affaires étrangères. En pleine crise agricole, cette fille et petite-fille d’agriculteurs avait, selon Emmanuel Macron, le profil idéal pour mener cette campagne européenne, malgré une faible notoriété. Largement distancée par la liste du RN, Valérie Hayer tente de mobiliser l’électorat macroniste.

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Raphaël Glucksmann, la surprise de cette campagne

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Raphaël Glucksmann. © MOURAD ALLILI/SIPA
Raphaël Glucksmann. 

Il s’est imposé, contre toute attente, comme le « troisième homme » de cette campagne, perturbant le duel annoncé entre le RN et Renaissance. À 44 ans, l’eurodéputé, tête de liste PS-Place publique, est l’un des rares candidats à bénéficier d’une bonne dynamique sondagière. En 2019, l’essayiste et fils du philosophe André Glucksmann était déjà tête de liste mais avait à peine dépassé le seuil minimum permettant d’obtenir au siège au Parlement européen, récoltant 6,2 % des suffrages, juste derrière la liste de LFI menée par Manon Aubry (6,3 %).

À la commission des Affaires étrangères du Parlement européen, il se fait notamment connaître à la faveur de son combat pour la défense des droits des Ouïghours, dont il dénonce le génocide. Il a présenté, mi-mai, son programme de 338 mesures et énoncé ses priorités : aide militaire à l’Ukraine, réindustrialisation, construction d’une défense européenne ou encore taxation des superprofits. À la différence d’autres têtes de liste, moins connues, Raphaël Glucksmann cumule enfin un nombre impressionnant d’abonnés sur les réseaux sociaux. Il a, par exemple, 766 000 « followers » sur Instagram – Jordan Bardella en a 519 000.

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Le rêve de revanche de François-Xavier Bellamy

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Francois-Xavier Bellamy. © Abdul Saboor / REUTERS
Francois-Xavier Bellamy. 

François-Xavier Bellamy a 38 ans. Il y a cinq ans, il était déjà candidat et avait récolté 8,48 % des suffrages, ce qui était alors perçu comme un score catastrophique pour son parti, Les Républicains. Diplômé de l’École normale supérieure et professeur agrégé de philosophie, il est élu adjoint au maire de Versailles en 2008. Il lance en 2013 « Les Soirées de la Philo », un cycle de conférences ouvertes au grand public sur la philosophie. La même année, il participe à la création de Sens commun, émanation de La Manif pour tous, mouvement opposé au mariage homosexuel.

Après être élu en 2019 à Strasbourg, il accède la présidence de la délégation française du Parti populaire européen (PPE), parti de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. François-Xavier Bellamy mène aujourd’hui une campagne plus offensive qu’il y a cinq ans. Il s’est récemment fait remarquer en mettant en scène ses échanges musclés avec les étudiants qui bloquent Sciences Po pour dénoncer les bombardements israéliens dans la bande de Gaza.

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Manon Aubry, jetée dans le grand bain

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Manon Aubry. © Sébastien Muylaert / MAXPPP
Manon Aubry.

Désignée tête de liste de La France insoumise, Manon Aubry a été jetée, à 34 ans, dans le « grand bain » de la politique nationale, selon son expression. Cette passionnée de water-polo – elle trouve toujours le temps de participer à trois entraînements par semaine – mène sa première campagne en 2019 lorsque Jean-Luc Mélenchon lui propose de prendre la tête de la liste de LFI aux élections européennes. Avant cela, elle avait commencé dans l’humanitaire en collaborant avec l’ONG Médecins du monde au Liberia avant de devenir porte-parole de l’ONG Oxfam, qui lutte contre les inégalités.

Cette diplômée de Sciences Po – où elle était dans la même promotion que le futur Premier ministre, Gabriel Attal – est une spécialiste des questions fiscales. Elle essaie d’imposer ce thème dans cette campagne mais peine à exister, éclipsée par l’omniprésence de Jean-Luc Mélenchon et les déclarations polémiques de Rima Hassan, qui figure en 7e position sur sa liste, sur Gaza. Les Insoumis espèrent « faire mieux » qu’il y a cinq ans en poussant les habitants des quartiers populaires, qui s’abstiennent massivement aux européennes, à aller voter.

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Marie Toussaint, candidate écologiste de la « douceur  et du respect »

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Marie Toussaint. © sevgi/SIPA
Marie Toussaint.

Marie Toussaint, 36 ans, a été l’une des premières à lancer sa campagne. C’était le 2 décembre, à Paris. Les militants réunis à l’Élysée-Montmartre avaient assisté, à leur grande surprise, à une leçon de twerk… La candidate des Écologistes a, en effet, fait de la « douceur » son horizon politique. Peu connue du grand public, la jeune militante, qui s’est engagée dès l’âge de 18 ans chez Les Verts, est bien identifiée sur la scène militante grâce à « l’Affaire du siècle ». En 2018, elle avait assigné l’État en justice pour lui enjoindre de respecter ses engagements en faveur de la protection du climat.

Juriste de formation, elle avait fondé en 2015 l’ONG Notre affaire à tous, engagée dans la lutte contre le dérèglement climatique. Elle figure sur la liste de Yannick Jadot il y a cinq ans et se fait élire au Parlement européen, où elle est vice-présidente du Groupe des Verts-Alliance libre européenne. Les militants écologistes la désignent à l’été 2023 pour mener leur campagne. Elle récolte 59,5 % des voix face à David Cormand, qui figurera en deuxième position sur sa liste.

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La difficile ascension de Marion Maréchal

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Marion Maréchal. © Alain ROBERT/SIPA

Marion Maréchal.

Marion Maréchal a 34 ans. Elle n’était pas candidate aux précédentes élections européennes. La nièce de Marine Le Pen a longtemps milité au Front national, avant d’annoncer son soutien à Éric Zemmour lors de l’élection présidentielle de 2022 puis de rejoindre le parti que l’ex-journaliste a fondé, Reconquête ! En 2012, elle est élue, à 22 ans, députée de la 3e circonscription du Vaucluse avant d’être élue, en 2015, conseillère régionale de Provence-Alpes-Côte d’Azur.

En 2017, elle se met en retrait de la vie politique et elle fonde l’année suivante une école privée, l’Institut des sciences sociales, économiques et politiques (ISSEP). En 2022, elle est battue aux élections législatives – elle était suppléante de Stanislas Rigault dans la 2e circonscription du Vaucluse. En dépit d’une campagne offensive, la tête de liste de Reconquête peine à imposer son thème, le « combat civilisationnel », au cœur du débat. « On gravit la montagne en sandales et à sac à dos », confiait-elle récemment.

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Léon Deffontaines, le dauphin de Fabien Roussel

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Léon Deffontaines. © ISA HARSIN/SIPA
Léon Deffontaines

Il a le même âge que Jordan Bardella et est l’un des nouveaux visages de cette campagne. Par souci de « renouvellement des têtes », Fabien Roussel a décidé de faire confiance à Léon Deffontaines pour le scrutin du 9 juin. Les deux forment d’ailleurs un duo, Fabien Roussel étant présent à chaque meeting de son cadet et Léon Deffontaines assumant de se placer dans le sillon de l’ex-candidat à l’élection présidentielle.

Le parcours de la tête de liste du PCF est étonnant : il vient d’une famille d’agriculteurs de la région amiénoise, plutôt « cathos tradis » – son grand-père lisait Valeurs actuelles. Marqué par les délocalisations en série, notamment celle de l’usine de pneumatiques Goodyear, il s’engage chez les Jeunes communistes à 17 ans et au PCF à 20 ans. Aujourd’hui, Léon Deffontaines tente de se démarquer du reste de la gauche en défendant la « valeur travail » et en allant parler à l’électorat populaire tenté par un vote RN. Il est néanmoins distancé par Raphaël Glucksmann, Manon Aubry et Marie Toussaint. Son objectif : récolter au moins 5 % des votes.

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Jordan Bardella, le gendre parfait

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Jordan Bardella. © Abdul Saboor / REUTERS

Jordan Bardella.

Jordan Bardella a 28 ans. À l’instar d’autres têtes de liste, le président du Rassemblement national était déjà candidat en 2019. Il s’était hissé en tête du scrutin, devançant d’un point la liste de Renaissance (alors La République en marche) menée par Nathalie Loiseau – 23,34 % contre 22,42 %. Il incarne la relève du parti lepéniste, auquel il a adhéré à l’âge de 16 ans, en 2012.

En 2014, il devient secrétaire départemule.

teal du FN en Seine-Saint-Denis, où il a grandi et, en 2015, il est élu conseiller régional d’Île-de-France. Jordan Bardella a ensuite gravi tous les échelons jusqu’à prendre les rênes du Rassemblement national, en novembre 2022. Il y a cinq ans, ce proche de Marine Le Pen rompu à l’art de la communication faisait déjà campagne sur le thème de l’antimacronisme. Il utilise le même carburant électoral aujourd’hui, attaquant, dès qu’il en a l’occasion, le bilan d’Emmanuel Macron. Cette tactique lui permet de faire la course en tête et d’être crédité, à date, du double du score de sa principale concurrente, la tête de liste de Besoin d’Europe, Valérie Hayer. ll compte sur sa gueule de jeune. Fuyant les débats a montré très tôt son incompétence.

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APPIS et MCD

 

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