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Le 1er août, l’humanité dépassera sa consommation annuelle de ressources naturelles disponibles

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Le 1er août, l'humanité dépassera sa consommation annuelle de ressources naturelles disponibles

En 2024, l’équivalent des besoins annuels totaux de l’humanité en ressources naturelles aura été consommé en seulement sept mois. Une estimation malheureusement très similaire à la précédente. À l’occasion de la Journée mondiale de l’environnement, ce mercredi 5 juin, le Global Footprint Network (GFN), un consortium international de chercheurs, a annoncé que le « jour de dépassement de la Terre », date symbolique correspondant à l’épuisement des ressources naturelles par la consommation humaine, tombera le 1er août. Soit, plus précisément, quinze heures plus tôt que l’année dernière, « mais suffisamment pour avancer la date d’une journée ». Ainsi à la fin de l’année 2024, en suivant cette logique, l’humanité aura consommée ou dégradée l’équivalent d’une planète 1,7 fois plus abondante que la Terre. À l’échelle nationale, le jour de dépassement de la France est, quant à lui, tombé le 7 mai dernier (un « mieux » de deux jours par rapport à l’an dernier).

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Pour arriver à cette estimation, les chercheurs du GFN réalisent un calcul (1) à l’hectare « biologiquement productif ». Ils évaluent ainsi la « biocapacité » naturelle à l’échelle planétaire face à la demande – et donc l’empreinte environnementale – de l’humanité : en nourriture, en bois, en eau, en espace pour les infrastructures, mais aussi en ressources énergétiques. Et ils s’appuient, pour cela, sur un ensemble de données compilées par les organisations onusiennes spécialisées ainsi que sur un corpus d’études et de rapports plus récents. Ainsi, en 2024, la biocapacité planétaire a été fixée à 1,5 hectare « produits » par personne ; tandis que l’empreinte humaine (qui comprend également sa dégradation indirecte de la biosphère du fait de ses émissions de gaz à effet de serre) a été estimée à 2,6 hectares « consommés » par personne (ou 1,7 fois plus que de ressources disponibles). 

Cette empreinte n’est qu’en légère augmentation par rapport à l’année précédente, notamment « du fait d’un plus bas niveau de séquestration du carbone par les océans, malgré une réduction des émissions ». Quoique maigre, cette nouvelle avancée du jour du dépassement de la Terre qui en résulte demeure « incompatible avec les engagements internationaux », que sont notamment la réduction de 45 % des émissions de dioxyde de carbone (CO2) d’ici à 2030 (par rapport à 2010) pour l’objectif de neutralité carbone en 2050 et la protection d’au moins 30 % de la biosphère à même échéance. « À elle seule, une telle baisse des émissions nécessiterait d’alléger notre empreinte jusqu’à reculer le jour de dépassement de la Terre de vingt-deux jours chaque année durant six ans », selon le GFN.

1. Consulter la note méthodologique du Global Footprint Network
https://overshoot.footprintnetwork.org/content/uploads/2024/06/2024-Nowcast-explained.pdf

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