La Russie bloque l’accès à 81 médias européens, sur son territoire
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Invasion russe : les dernières infos. Cette décision a été prise en « représailles » à la décision de l’Union européenne en mai d’interdire quatre médias d’Etat russes.
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El Mundo, Le Monde, l’AFP, L’Express… La Russie a bloqué l’accès à plus de 81 médias européens ce mardi 25 juin, en représailles à une décision similaire prise côté européen en mai.
Dans le même temps, la Cour pénale internationale a émis des mandats d’arrêts contre le chef de l’armée russe et un ancien ministre. Une décision saluée par la présidence ukrainienne mais qualifiée d' »insignifiante » par les autorités russes.
Sur le front ukrainien, une bonne nouvelle : la première cargaison de munitions arrive en Ukraine ce mardi. Cette initiative intervient alors que le réapprovisionnement en munitions se fluidifie sur place, notamment depuis le déblocage d’une nouvelle enveloppe par le Congrès américain
Les infos à retenir
La Russie bloque l’accès à 81 médias européens, dont L’Express, sur son territoire
La CPI émet des mandats d’arrêt contre le chef de l’armée russe et un ancien ministre
Arrivée en Ukraine des premières munitions envoyées dans le cadre de l’initiative tchèque
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Le blocage mardi par la Russie de l’accès sur son territoire à la diffusion de 81 médias européens représente des « représailles absurdes » aux mesures prises par l’UE contre des médias accusés de propagande pro-Kremlin, a dénoncé la vice-présidente de la Commission européenne Vera Jourova.
« Non, les organes de propagande financés par la Russie pour diffuser de la désinformation dans le cadre de la doctrine militaire de la Russie ne sont pas semblables aux médias indépendants. Les démocraties le savent », a réagi la commissaire tchèque sur le réseau X, fustigeant une « violation continue de la liberté des médias par le Kremlin ».
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Le ministère russe des Affaires étrangères a annoncé mardi bloquer l’accès sur son territoire à la diffusion de 81 médias européens, dont le site de l’AFP, en « représailles » à la décision de l’UE en mai d’interdire quatre médias d’Etat russes.
Dans la liste publiée par le ministère russe mardi figurent également les médias allemand Der Spiegel, espagnols El Mundo et El Pais, la télévision italienne RAI, et d’autres médias français comme les quotidiens Le Monde, Libération et les chaîne LCI et CNews.
Les 27 pays membres de l’UE s’étaient accordés mi-mai pour sanctionner quatre médias russes – Voice of Europe, Ria Novosti, Izvestia et Rossiïskaïa Gazeta -, accusés par Bruxelles de diffuser de la propagande pro-Kremlin.
L’Union européenne a aussi interdit depuis plus de deux ans la diffusion en Europe de plusieurs médias russes ou prorusses, dont Russia Today, accusant Moscou d’utiliser ces médias pour « propager sa propagande et conduire des campagnes de désinformation ».
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La Cour pénale internationale (CPI) a annoncé mardi avoir émis des mandats d’arrêt contre le chef d’état-major russe Valéri Guérassimov et l’ancien ministre russe de la Défense Sergueï Choïgou.
Ils sont tous deux accusés d’être responsables de crimes de guerre consistant à diriger des attaques contre des biens civils et à causer des dommages accidentels excessifs à des civils, ainsi que du crime contre l’humanité d' »actes inhumains », a indiqué la CPI dans un communiqué.
La décision a été qualifiée d' »importante » par la présidence ukrainienne et d' »insignifiante », par le service de presse du Conseil de sécurité, un organe proche du Kremlin, d’après l’agence Tass.
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Prague a annoncé mardi l’arrivée en Ukraine de la première livraison de munitions achetées hors d’Europe dans le cadre d’une initiative tchèque, afin de faire face à l’invasion de la Russie.
« La première cargaison de munitions provenant de notre initiative est arrivée en Ukraine il y a quelque temps. Nous faisons ce qu’il faut », a déclaré le Premier ministre tchèque Petr Fiala sur le réseau social X.
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L’Union européenne lance officiellement, mardi 25 juin, à Luxembourg avec l’Ukraine d’une part, et la Moldavie de l’autre, des négociations censées permettre à ces deux pays d’être un jour membres à part entière de l’UE. La Russie a cherché par tous les moyens à entraver ce processus, qui s’annonce long et difficile, devant conduire ces deux anciennes républiques soviétiques à s’ancrer à l’Europe.
« Félicitations à la Moldavie et à l’Ukraine », a déclaré mardi sur X la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen. « La route sera difficile mais pleine d’opportunités », a-t-elle ajouté dans un message vidéo. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky s’était félicité dès la semaine dernière de l’ouverture de ces négociations, saluant la consécration d’un « rêve européen ».
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L’Union européenne a de nouveau prolongé mardi la protection temporaire accordée aux quelque 4,2 millions de réfugiés ukrainiens, jusqu’au 4 mars 2026. Les Ukrainiens fuyant la guerre déclenchée par la Russie bénéficient depuis mars 2022 d’un statut leur permettant de séjourner, de travailler et d’accéder à des aides dans l’UE.
Cette protection, qui devait expirer le 4 mars 2025, a de nouveau été prolongée d’un an, en raison de la poursuite de la guerre. « Jour après jour, la Russie terrorise le peuple ukrainien avec ses bombardements […] Ceux qui ont fui l’agression russe peuvent continuer à compter sur notre solidarité », a souligné la secrétaire d’Etat belge à l’asile et la migration, Nicole de Moor, dont le pays assure la présidence semestrielle du Conseil de l’UE.
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L’Ukraine a dit avoir touché mardi un dépôt de munitions de l’armée russe, dans la région russe de Voronej, frontalière de l’Ukraine, provoquant un important incendie sur le site. « Le 25 juin 2024, un dépôt de munitions de l’armée d’agression russe a été touché […] dans la région de Voronej », a indiqué dans un communiqué la Direction principale du ministère ukrainien de la Défense, dans la matinée.
D’après cette source, l’opération a été menée par les forces du renseignement militaire ukrainien. « Un incendie s’est déclaré sur ce site contenant des obus et d’une superficie totale de 3 500 m2 », s’est félicité le ministère ukrainien, précisant que le feu « brûle toujours ».
APPIS