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😜 Vous m’auriez dit, il y a 5 ans, que nous publierions un ouvrage entier sur les droits de la nature avec l’ AFD – Agence Française de Développement, j’aurais certainement pensé à une bonne blague. Et pourtant…

🌍Grâce à la confiance de Farid Lamara et Sarah HAYES, nous sommes allés jusqu’au bout de cette aventure. Vous pourrez y découvrir les origines historiques du mouvement et une trentaine de cas de tous les continents, accompagnés d’interviews passionnantes d’experts, de juristes et d’activistes au cœur de l’action aux quatre coins du monde, d’Equateur en Ouganda, d’Inde au Costa Rica.
🌿 L’ambition du livre est d’adresser un signal fort aux acteur-rices de la communauté du développement, mais les réflexions qui y sont partagées sont autant de pistes de travail qui parleront, j’en suis sûre, à chacun-e d’entre vous, que vous soyez élu-e, dirigeant-e d’entreprise, chercheur-se ou citoyen-ne engagé-e…

👏🏼 J’ai énormément de gratitude pour Timothée Parrique qui a accepté au pied levé d’en écrire la postface. Avec ce travail prospectif, nous avons pu interroger à la fois nos modèles économiques, juridiques, démocratiques et sociaux, sans langue de bois !

Encore un signe évident que le mouvement des droits de la nature grandi à toute vitesse en France 😊

Vous pouvez télécharger gratuitement l’ouvrage sur le site de l’AFD, et si vous en voulez un exemplaire imprimé, nous en avons au local de Wild Legal. Faites-nous signe !
https://lnkd.in/edTAAgYy

Droits de la nature

Droits de la nature, Hors série, publié par l'AFD en 2024

Depuis 2022, le droit à un environnement sain est reconnu comme un droit humain par l’Assemblée générale des Nations unies. Cependant, il ne fait pas encore l’objet d’un traité international contraignant, contrairement aux droits humains conventionnels qui recouvrent les droits économiques, sociaux, culturels, civils et politiques. L’ensemble de ces droits, ainsi que les droits émergents de la nature, sont pourtant interconnectés à de multiples niveaux. C’est pour explorer ces liens et les problématiques qu’ils soulèvent que l’AFD a conduit différents travaux d’analyse et de prospective sur le thème des droits humains et du développement durable.

Il est aujourd’hui largement démontré que la crise écologique mondiale (climatique, environnementale et du vivant dans son ensemble) impacte les droits humains de façon massive et multidimensionnelle (des pays et populations les plus pauvres en premier lieu). Il est ainsi nécessaire d’intégrer une approche fondée sur les droits humains pour toute action qui ambitionne de réduire ces crises. Inversement, une approche fondée sur les droits humains, qui ne prend pas en considération les enjeux écologiques, présente un risque potentiellement destructeur du vivant. Il est donc dorénavant nécessaire de s’émanciper d’une approche trop anthropocentrée pour s’inscrire dans une logique écocentrée, qui considère le vivant – humains et non humains – dans son ensemble.

Pour participer de cette dynamique transformationnelle, la reconnaissance des droits de la nature constitue un des leviers d’action majeurs de la communauté internationale et des pays qui la composent. La communauté des acteurs du développement peut également jouer un rôle décisif pour soutenir ce mouvement. C’est ce qu’ambitionne de mettre en exergue cet ouvrage prospectif.

MCD

L’impétueuse Drôme est restée sauvage

Tous les jours, « Les Echos » vous font découvrir un canal ou une rivière avec ses plus beaux sites environnants. La Drôme, dernière grande rivière méditerranéenne au cours complètement libre, de la source à son embouchure dans le Rhône, a su restaurer la qualité de ses eaux pour jouer, entre Vercors et Préalpes, au milieu des ramières et des vignes, la carte d’un authentique tourisme de nature.

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Patrick Vercesi (Correspondant à Valence)

Hasard de la nature, la Drôme occupe très précisément la largeur du département auquel elle a donné son nom. Rien d’étonnant dans ces conditions qu’elle se soit imposée comme l’axe principal local, reliant la vallée du Rhône aux Alpes et à l’Italie. Elle n’a pas pour autant un parcours de tout repos. Prenant sa source à plus de 1.000 mètres d’altitude, aux confins des Hautes-Alpes, elle se fraye tout au long de ses 110 kilomètres de parcours un chemin parfois difficile entre le bastion calcaire du Vercors, les montagnes des Préalpes, puis les collines rhodaniennes, avant de se jeter dans le grand fleuve en aval de Livron au terme d’un dénivelé de près de 1.000 mètres.

Aucun barrage ne vient perturber la Drôme de sa source à son embouchure dans le Rhône, ce qui en fait l’une des rares rivières naturelles d’Europe au cours complètement libre. Renforcée par une quinzaine d’affluents, la Drôme, avec un régime hydraulique de type torrentiel marqué par un débit estival faible (2 mètres cubes par seconde) et des crues particulièrement violentes (pouvant aller jusqu’à 1.200 mètres cubes par seconde), fait partie des dernières grandes rivières méditerranéennes. Au Moyen Age, elle constituait une véritable frontière naturelle. Ses crues violentes étaient redoutées. Il fallut pourtant attendre le XVIIe siècle pour voir les premières tentatives, modestes, de maîtrise de la rivière. Aujourd’hui encore, les aménagements se réduisent à peu de chose.

Deux contrats de rivière
Forte de ces atouts, et notamment de sa diversité biologique comptant 2.500 espèces _ c’est le paradis de la loutre, du castor et du héron _, la Drôme, véritable colonne vertébrale d’un bassin de 1.700 kilomètres carrés, peu peuplé (45.000 habitants) et encore sauvage, pouvait dès lors prétendre irriguer la vallée d’un tourisme de nature. A condition toutefois d’avoir préalablement résolu la qualité de ses eaux. Certes, la Drôme n’a jamais connu de rejets d’une quelconque industrie chimique ou métallurgique. Elle approvisionnait en eau jusqu’à la Seconde Guerre mondiale soieries, moulinage, cardage de laine et autres papeteries. Mais dès après la guerre, elle était devenue une véritable décharge, souffrant de l’indifférence totale des riverains et l’objet d’une exploitation exagérée de ses carrières de graviers. Résultat, le lit de la rivière ne cessait de descendre et la mauvaise qualité des eaux interdisait toute baignade et activité aquatique.

Cette situation devait se prolonger jusqu’à la fin des années 80, où une prise de conscience se faisait jour pour rendre la rivière à sa vocation première et aux riverains. L’un des tout premiers contrats de rivière de France était ainsi lancé en 1990, permettant tout à la fois d’aménager stations d’épuration, aires d’accueil, parcours de canoë-kayak ; de réhabiliter les berges ; de créer une équipe de jardiniers de la rivière et surtout de mobiliser toute la population. Un deuxième contrat de rivière va être lancé dès cet automne. D’ores et déjà, 80 % des eaux bénéficient du niveau maximum de qualité. La Drôme est ainsi désormais l’une des rares rivières en France où se côtoient en pleine ville tout à la fois baigneurs, pêcheurs et amoureux du canoë-kayak. C’est le cas à Livron, située à l’intersection de la nationale 7, qui offre le charme d’un vieux village perché, de style provençal, et appelle à la découverte d’un côte-du-rhône d’appellation d’origine contrôlée, le brezème. Ici commence la forêt alluviale des ramières, appellation locale désignant les bois riverains des cours d’eau, qui s’étend dans le lit majeur de la rivière jusqu’à Crest. Classées en 1987 réserve naturelle et zone de protection spéciale pour les oiseaux en 1988, ces ramières constituent un véritable arboretum naturel avec plus de 600 espèces végétales qu’il est possible de découvrir aux hasards dessentiers fléchés ou dans le cadre des visites guidées organisées par la Maison des ramières, à Allex.

Quelques kilomètres plus loin se dresse fièrement la tour de Crest, dominant du haut de ses 52 mètres la vieille ville d’origine médiévale marquée par les guerres de Religion. Le plus haut donjon de France, magnifique spécimen de l’architecture féodale, offre une vue exceptionnelle sur la vallée du Rhône et les montagnes de l’Ardèche, le Vercors, les Préalpes et la forêt de Saou. Cette dernière, située à quelques jets de pierre au sud-est, se niche dans le plus haut « synclinal perché » d’Europe, culminant à 1.589 mètres aux falaises des Trois-Becs. Une curiosité qui lui vaut la visite de géologues du monde entier, mais aussi d’amoureux de l’escalade et plus généralement de la nature.

Le domaine des arômes
Le retour dans la vallée conduit jusqu’à Mirabel-et-Blacons, où la Gervanne vient se jeter dans la Drôme. Historiens et géographes y visiteront sans doute le musée agricole, industriel et artisanal, ainsi que la dernière usine de billes en France. Mais les senteurs _ on entre dans le pays de la lavande _ incitent à pousser jusqu’à Gigors-et-Lozeron, au domaine des arômes. Remontant encore la Gervanne, l’un des premiers sites français d’escalade avec 250 voies aménagées, les touristes peuvent admirer la magnifique cascade de la Truise qui fait une chute de 72 mètres dans l’étroit défilé des gorges d’Omblèze.

L’omniprésence de la vigne poussera aussi le visiteur à faire une première halte au musée de la Clairette à Vercheny, puis une seconde à Die. Cette dernière cité baigne dans le vin depuis deux mille ans. Au début de notre ère, Pline l’Ancien vantait déjà les qualités du vin doux naturel mousseux produit dans la région de Dea Augusta, alors capitale des Voconces. Le secret de sa fabrication a traversé les siècles. Aujourd’hui le vignoble du Diois couvre 32 communes et 1.300hectares. Et la clairette de Die, parée de l’appellation d’origine contrôlée depuis 1942, a su trouver une place parmi les vins effervescents. La cave coopérative de Die constitue à elle seule une étape incontournable pour le visiteur curieux d’histoire et de gastronomie, avant la découverte de la ville elle-même.

La capitale du Diois, cité florissante à l’époque romaine, puis épiscopale dès l’an325 après Jésus-Christ, offre les vestiges de remparts datant des IIIe et IVesiècles et impose un détour par sa cathédrale et son musée d’histoire et d’archéologie. Porte d’entrée du Vercors et de son parc naturel régional, la petite sous-préfecture drômoise sert de point de départ vers la station de ski du col de Rousset (1.255 à 1.700mètres) et les hauts plateaux du Vercors. Ou encore pour une visite de l’ancienne abbaye cistercienne de Valcroissant ou du pittoresque village médiéval de Châtillon-en-Diois.

En longeant les derniers lacets de la Drôme désormais réduite à un gros torrent, la fraîcheur de la montagne surprendra le promeneur à Valdrôme, où la station de ski étale ses pistes. En atteignant la source de la Drôme, à La Batie-des-Fonts, s’ouvre, au pied du col de Cabre, à 1.761mètres d’altitude, la route des Hautes-Alpes.

PATRICK VERCESI pour les https://www.lesechos.fr/

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