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Discours de Christian Rey ce 28 juillet 2024 à Die pour les 80 ans  de la libération de la ville…

En commémorant aujourd’hui le 80 e anniversaire de la Libération, alors que des conflits armés se déroulent partout sur la planète et notamment aux portes de l’Europe, nous contribuons à l’obligation morale de nous souvenir de cet événement historique tragique et de ses victimes.
Ce devoir de mémoire n’est pas limité à la commémoration du sacrifice de nos Résistants ainsi que de tous les soldats venus des quatre coins du monde libérer l’Europe du joug nazi

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Il consiste aussi à transmettre un message d’espoir pour nous tous, pour nos alliés comme pour ceux qui furent jadis nos adversaires.
Car la finalité des guerres – une extrémité qu’il faut éviter- doit être avant tout d’aboutir à la paix et de partager un destin commun.
Après la signature de l’armistice, beaucoup de Diois n’acceptèrent pas le régime collaborationniste de Vichy qui sous la houlette de Pétain et de Laval, promulgua des lois anti juives, créa la milice et institua le Service du Travail Obligatoire, allant jusqu’à remplacer la devise nationale Liberté Egalité Fraternité par Travail Famille Patrie.
Pendant cette période, la ville et ses habitants restèrent très majoritairement fidèles à leurs valeurs : la devise républicaine « Liberté Egalité Fraternité » fut non seulement maintenue au fronton de la mairie mais mise concrètement en pratique par la population.

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Le Diois fut terre d’accueil pour des familles juives et de nombreux réfugiés, notamment lorrains.

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Après le débarquement les Résistants de l’Armée secrète et des Francs Tireurs sortent de la clandestinité et vont occuper les cols et les gorges du Diois tandis que le Comité local de libération assure la gouvernance civile de la ville. Il sera rejoint le 26 juin par les membres du comité départemental de Libération qui fuyant valence ou pullulent les allemands et les miliciens s’installent à Die le 26 juin dans les locaux de la sous-préfecture.
Le 14 juillet est organisée une prise d’arme en présence d’Yves Farge, commissaire régional de la République qui proclame le rétablissement de la République.
La population est alors partagée entre un sentiment d’euphorie et une sourde angoisse car les survols d’avions allemands sont de plus en plus fréquents.

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Une semaine plus tard, le 21 juillet, les troupes allemandes déclenchent l’attaque générale du Vercors.

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Elles progressent par la vallée de la Drôme et par les cols. Un violent combat se déroule à Espenel, ou encore dans le col de Grimone, des résistants diois se positionnent à Pontaix , à Chamaloc à Romeyer, d’autres dans la vallée de Quint.
Mais l’Etat major de la Résistance, conscient de la supériorité de l’armée allemande décide de faire de Die une ville ouverte afin d’éviter sa destruction
et des représailles sur la population civile. Les partisans et les nouvelles autorités évacuent la ville.
Le 22 juillet les troupes d’occupation pénètrent dans la ville, c’est le début d’une tragique occupation au cours de laquelle 25 Résistants, juifs ou simples civils tomberont sous les balles des nazis et des miliciens dans la cour de la prison, dans les rues ou dans la proche campagne

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Le 8 août les Diois constatent à leur réveil que les occupants ont quitté la ville.

Pendant les jours qui suivent l’inquiétude demeure. On continue à craindre leur retour.
Après le débarquement de Provence, C’est le 20 août en fin d’après-midi que la première jeep arrive à Die. L’espoir renaît timidement. Le lendemain et pendant plusieurs jours, les troupes américaines traversent la ville avec leurs jeeps, leur GMC, leurs chars et leurs canons. La population exulte.
Les combats vont alors se concentrer dans la vallée du Rhône ou les américains veulent couper la retraite aux troupes allemandes. Des Diois participeront à la
bataille de Montélimar.
Fin août, la situation est redevenue presque normale à Die ou les nouvelles autorités s’emploient à remettre en marche le pays et son fonctionnement démocratique. De jeunes FFI s’engagent dans l’armée régulière.

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1er septembre 1944 le département de la Drôme est totalement libéré.

Une page tragique de notre histoire se tourne.
Merci donc aux associations et à leurs bénévoles qui sur l’ensemble du territoire Diois et à Die en particulier se sont mobilisées pour organiser expositions et événements commémoratifs dont plusieurs ont été labellisés parle comité national du 80 e anniversaire de la Libération.

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Vive la République, Vive la France.

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Christian Rey, co-présidents de Dea Augusta et représentant de la fondation du patrimoine.

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( 3/6* ) : Nous publierons les  6 discours au fur et mesure de leur arrivée. MCD

Toutes nos photos sont libres de droits. Mentionnez juste l’origine. 

 

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