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Guerre en Ukraine : La Russie dit stopper l’avancée des forces ukrainiennes

L’armée russe a reconnu dimanche la percée ukrainienne dans la région de Koursk, mais elle a également affirmé que ces avancées avaient été arrêtées.

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Des militaires ukrainiens conduisent un véhicule blindé de combat MT-LB de fabrication soviétique dans la région de Sumy, près de la frontière avec la Russie, le 11 août 2024.
Des militaires ukrainiens conduisent un véhicule blindé de combat MT-LB de fabrication soviétique dans la région de Sumy, près de la frontière avec la Russie, le 11 août 2024.

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L’armée russe a reconnu dimanche que des troupes ukrainiennes s’étaient enfoncé en profondeur dans la région de Koursk, en assurant avoir stoppé leurs avancées près de plusieurs localités situées à une trentaine de kilomètres de la frontière ukrainienne.

Dans un communiqué, elle a affirmé avoir empêché «des tentatives de percées» de «groupes mobiles de blindés» ennemis près des localités de Tolpino, de Jouravli et d’Obchtchi Kolodez, situées à environ 30 kilomètres à vol d’oiseau de l’Ukraine.

Selon cette source, ces avancées ont été arrêtées, lors des dernières 24 heures, par des frappes aériennes, de drones et d’artillerie et l’envoi de réserves du groupement «Nord», déployé dans la région ukrainienne de Kharkiv.

L’armée russe affirme également avoir frappé avec des missiles et l’artillerie des troupes ukrainiennes près des localités de Soudja, Korenevo, Staraïa Sorotchitsa et Borki, ainsi qu’avoir empêché une percée dans le district de Belovski, plus à l’est.

Après des mois de retraite face à l’armée du Kremlin sur le front est, l’Ukraine a lancé mardi une opération d’envergure dans la région frontalière russe de Koursk, y pénétrant, selon des analystes, sur des dizaines de kilomètres et prenant le contrôle de plusieurs localités.

Face à cette attaque surprise, la Russie a dépêché des renforts et instauré un régime «antiterroriste» dans trois régions frontalières de l’Ukraine, dont celle de Koursk.

L’incursion vise à «étirer» les forces de Moscou et à «déstabiliser» la Russie, selon un haut responsable ukrainien interrogé samedi soir par l’AFP. D’après cette source, «des milliers» de soldats ukrainiens participent à cette offensive

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La Russie tente de freiner l’Ukraine

La Russie a annoncé lundi l’évacuation d’habitants de la région de Belgorod, voisine de celle de Koursk, où son armée fait face à une incursion d’ampleur des forces ukrainienne.

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Une image fournie par la Russie montre une attaque de drone sur un véhicule ukrainien dans la région de Belgorod, ce week-end.
Une image fournie par la Russie montre une attaque de drone sur un véhicule ukrainien dans la région de Belgorod, ce week-end.

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Après des mois de recul face aux soldats russes sur le front Est, l’Ukraine a déclenché le 6 août une opération d’envergure inédite dans la région russe de Koursk, y prenant, selon des analystes, le contrôle de plusieurs localités.

Des «milliers» de soldats ukrainiens participent à cet assaut, selon un haut responsable ukrainien, la Russie assurant de son côté stopper les avancées adverses sur son sol et avoir envoyé des renforts.

«L’objectif est d’étirer les positions de l’ennemi, de lui infliger des pertes maximales, de déstabiliser la situation en Russie (…) et de transférer la guerre sur le territoire russe», a déclaré samedi soir un responsable ukrainien du secteur de la sécurité, s’exprimant auprès de l’AFP sous couvert d’anonymat.

Habitants évacués

De son côté, l’armée russe a affirmé dimanche avoir frappé les troupes ukrainiennes avec des missiles et de l’artillerie, tout en empêchant des «tentatives de percées» de «groupes mobiles de blindés» ennemis en direction de localités situées à environ 30 kilomètres à vol d’oiseau du territoire ukrainien.

Face à une situation «alarmante», les autorités de la région de Belgorod, attenante à celle de Koursk, ont toutefois annoncé lundi matin l’évacuation des habitants du district de Krasnoïaroujski «pour (leur) sécurité».

(FILES) Belgorod region governor Vyacheslav Gladkov talks to the media outside a temporary shelter for residents evacuated from the Belgorod region's zones bordering Ukraine, including those from the town of Shebekino, set up at the Belgorod Arena in the regional capital of Belgorod on June 2, 2023. The governor of Russia's Belgorod region bordering Ukraine announced on July 16, 2024 that public access will be limited to 14 border villages due to constant bombardment. (Photo by Olga MALTSEVA / AFP)

«Il y a des activités ennemies» dans la zone, a reconnu le gouverneur de la région de Belgorod, Viatcheslav Gladkov, qui n’a pas précisé combien de civils étaient concernés par cette décision.

Dans la nuit de dimanche à lundi, l’armée russe a dit avoir «détruit» un total de 18 drones d’attaque ukrainiens dans trois régions de l’ouest russe (Koursk, Belgorod et Voronej), sans évoquer d’éventuels dégâts ou blessés.

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Blindés ukrainiens massés

Si l’armée russe dit infliger de lourdes pertes aux forces ukrainiennes, le gouverneur de la région de Koursk, Alexeï Smirnov, a jugé dimanche la situation «difficile».

Ramzan Kadyrov, qui dirige la région russe de Tchétchénie, avait lui déclaré qu’une unité de ses combattants tchétchènes, considérés comme les soldats les plus brutaux et les plus endurcis du pays, était active dans la région de Koursk.

Des journalistes de l’AFP ont vu dimanche, sur des routes de la région ukrainienne de Soumy (nord), en face de celle de Koursk, des dizaines de blindés ukrainiens.

Ces véhicules, de différents types, sont marqués d’un triangle blanc qui sert manifestement à identifier les troupes prenant part à cette offensive.

Après des jours de silence sur l’opération, le président ukrainien Volodymyr Zelensky en a pour la première fois reconnu l’existence dans son allocution quotidienne samedi soir, expliquant que Kiev cherchait à «déplacer la guerre sur le territoire de l’agresseur».

Face à cette attaque, la Russie a instauré un régime «antiterroriste» dans trois régions frontalières de l’Ukraine, dont celles de Koursk et Belgorod.

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Incendie «éteint» à Zaporijjia

Samedi, elle annonçait avoir évacué de la zone affectée par l’incursion plus de 76’000 personnes. L’Ukraine, pour sa part, a demandé l’évacuation d’au moins 20’000 civils de la région de Soumy.

L’incendie qui s’était déclaré dimanche soir dans le système de refroidissement de la centrale nucléaire ukrainienne à l’arrêt de Zaporijjia, occupée par les forces armées russes, a par ailleurs été «éteint», a assuré lundi un responsable de l’occupation dans le sud de l’Ukraine, Vladimir Rogov. Kiev et Moscou se sont accusés mutuellement d’être responsable de cet incident.

L’Agence internationale de l’énergie atomique a affirmé qu’«il n’y a pas d’impact sur la sûreté nucléaire», tout en dénonçant une nouvelle fois des «attaques irresponsables qui (…) augmentent le danger d’un accident nucléaire».

La Russie a envahi l’Ukraine en février 2022 et y mène depuis lors une offensive incessante, occupant des pans entiers de l’est et du sud de ce pays et soumettant des villes ukrainiennes à des attaques quotidiennes d’artillerie, de missiles et de drones.

Selon le responsable ukrainien interrogé par l’AFP, l’incursion visait initialement à détourner les forces russes des régions ukrainiennes de Kharkiv et du Donbass (est) pour alléger leur pression sur l’armée de Kiev, moins nombreuse.

Mais, pour l’instant, «leur pression dans l’Est continue. Ils ne retirent pas leurs troupes de cette zone», même si «l’intensité» des attaques russes y a «un tout petit peu baissé».

L’attaque a cependant «pris les Russes au dépourvu» et «a vraiment renforcé notre moral», a poursuivi ce responsable.

Tôt ou tard, la Russie va «arrêter» les unités ukrainiennes dans la région de Koursk mais, si «au bout d’un certain temps, elle n’arrive pas à reprendre ces territoires, ils pourront être utilisés à des fins politiques», par exemple, lors de négociations de paix, a-t-il jugé.

Ce responsable a enfin assuré que les alliés occidentaux de l’Ukraine avaient été prévenus de l’incursion «vu que l’armement occidental est activement utilisé» dans cette opération.

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La région russe de Belgorod évacuée face à une offensive ukrainienne

Alors que Kiev mène une incursion inédite à Koursk, les autorités de la région voisine ont décidé de déplacer ses habitantes et habitants en lieu sûr.

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La Russie est menacée sur son territoire par l’armée ukrainienne qui mène depuis une semaine une offensive inédite.
La Russie est menacée sur son territoire par l’armée ukrainienne qui mène depuis une semaine une offensive inédite.

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La Russie a annoncé ce lundi l’évacuation des habitants d’un district dans la région de Belgorod, frontalière de l’Ukraine, face à une offensive ukrainienne et sur fond d’une incursion armée dans la région voisine de Koursk.

«La matinée s’annonce alarmante chez nous: il y a des activités ennemies à la frontière du district de Krasnoïaroujski», a déclaré dans une vidéo sur Telegram le gouverneur de la région de Belgorod, Viatcheslav Gladkov. «Pour la sécurité de la vie et de la santé de notre population, nous commençons à déplacer» les habitants de ce district «vers des lieux plus sûrs», a-t-il précisé. Le district compte environ 14’000 habitants, selon les chiffres officiels.

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Incursion à Koursk

Cette annonce intervient alors que l’armée russe fait face depuis mardi dernier à une incursion armée inédite dans la région de Koursk où participent des «milliers» de soldats ukrainiens, selon un haut responsable ukrainien.

La région de Belgorod, voisine de celle de Koursk, est la cible des frappes et des attaques de drones ukrainiens régulières, menées, selon Kiev, en représailles à l’assaut russe.

Depuis le début de l’offensive russe en Ukraine en février 2022, des évacuations ont déjà été ordonnées à plusieurs reprises dans cette région, après des attaques particulièrement violentes qui ont visé notamment les districts de Graïvoron et de Chebekino.

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L’incursion ukrainienne vise à «déstabiliser» la Russie

Depuis mercredi, l’Ukraine a lancé une incursion surprise dans la région russe de Koursk en Russie.

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Cette photographie publiée le 11 août 2024 sur le compte Telegram officiel du maire de Koursk, Igor Kutsak, montre une voiture détruite à côté d’un immeuble résidentiel endommagé à la suite d’une attaque au missile à Koursk, en Russie.
Cette photographie publiée le 11 août 2024 sur le compte Telegram officiel du maire de Koursk, Igor Kutsak, montre une voiture détruite à côté d’un immeuble résidentiel endommagé à la suite d’une attaque au missile à Koursk, en Russie.

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Des «milliers» de soldats ukrainiens participent à l’incursion dans la région russe de Koursk qui vise à «étirer» les forces du Kremlin et à «déstabiliser la situation en Russie», a déclaré samedi soir à l’AFP un haut responsable ukrainien dans le secteur de la sécurité.

«Nous sommes à l’offensive. L’objectif est d’étirer les positions de l’ennemi, de lui infliger des pertes maxima, de déstabiliser la situation en Russie — car ils sont incapables de protéger leurs propres frontières — et de déplacer la guerre sur le territoire russe», a déclaré ce responsable s’exprimant sous couvert d’anonymat.

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Ampleur inédite

Mercredi, l’armée russe a déclaré que l’Ukraine avait envoyé un millier de ses soldats pour son incursion dans la région de Koursk, opération d’une ampleur inédite et qui intervient deux ans et demi après le début de l’invasion russe de l’Ukraine.

«Il y en a beaucoup plus», a rétorqué le responsable ukrainien, en estimant leur nombre à «des milliers».

Pendant des jours, les autorités ukrainiennes ont gardé un silence quasi-total sur cette offensive qui semble avoir pris le Kremlin au dépourvu et permis aux Ukrainiens de pénétrer, selon des analystes, sur au moins une quinzaine de kilomètres en profondeur dans le territoire russe.

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Réaction de Zelensky

Pour la première fois, le président Volodymyr Zelensky a évoqué à demi-mot cette opération dans son allocution quotidienne samedi soir, affirmant que Kiev cherchait à «déplacer la guerre» en Russie.

Une attaque surprise, qui, selon le responsable ukrainien interrogé samedi soir par l’AFP, a remonté le moral de la société et de l’armée ukrainiennes épuisées par deux ans et demi d’invasion russe.

«C’est une très bonne opération» qui «a pris les Russes au dépourvu» et «a vraiment renforcé notre moral, celui de l’armée ukrainienne, de l’État et de la société», a déclaré ce responsable. Après des mois de retraites sur le front est, «cette opération a montré que nous pouvons attaquer et avancer».

Selon cette source, l’incursion n’a toutefois pas, pour l’instant, entraîné d’affaiblissement de l’offensive russe dans l’est de l’Ukraine, où les troupes du Kremlin, plus nombreuses et mieux équipées, grignotent du terrain depuis des mois.

«En principe, la situation n’a pas changé. Leur pression dans l’Est continue, ils ne retirent pas leurs troupes de cette zone» même si «l’intensité des attaques russes dans l’Est a un tout petit peu baissé», a indiqué ce responsable ukrainien.

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Volonté de respecter le droit humanitaire

Il a assuré que l’Ukraine respectait «strictement le droit humanitaire» international lors de son incursion en Russie.

«Il est très important que l’Ukraine ne viole aucune convention, nous respectons strictement le droit humanitaire: nous n’exécutons pas les prisonniers, nous ne violons pas les femmes, nous ne pillons pas», a soutenu ce responsable.

«Boutcha, Irpine – tout cela n’a pas lieu et n’aura pas lieu», a-t-il ajouté en référence aux atrocités imputées aux troupes russes dans ces villes ukrainiennes début 2022.

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Tribune de Genève

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