Paul Watson, détenu au Groenland : « Tous les lanceurs d’alerte doivent être protégés »
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Paul Watson, le capitaine défenseur de baleines, sera fixé jeudi au plus tard sur sa possible extradition au Japon. À 73 ans, il est détenu au Groenland depuis son arrestation. Pour la première fois depuis son arrestation, et pour France Inter, il répond aux questions d’une radio.
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Paul Watson, 73 ans, est détenu au Groenland depuis le 21 juillet, arrêté alors que son navire se rendait dans les eaux arctiques du Pacifique pour tenter de stopper un navire baleinier. D’ici à jeudi, il sera fixé sur son sort : la justice danoise a programmé mercredi une audience à Nuuk, au Groenland, pour examiner la demande d’extradition du capitaine défenseur des baleines, formulée par le Japon.
Tokyo reproche au capitaine défenseur de baleines d’avoir commis des dommages et des blessures en 2010 sur un baleinier, des poursuites qui lui ont valu la notice d’Interpol ayant conduit à son interpellation. Depuis, il s’est peu exprimé. Le temps qu’elle passe au téléphone avec son ami est forcément limité, mais la présidente de Sea Sheperd France, Lamya Essemlali, a accepté de lui demander, pour France Inter, comment il se sent en détention.
« J’apprécie le soutien du président et du gouvernement français »
Le capitaine élude alors dans un rire, et préfère commenter les mots d’Emmanuel Macron qui a fait savoir qu’il suivait sa situation de près : « Ce que je fais, c’est défendre le droit international pour la protection des baleines, contre les activités illégales et pour la protection de l’océan. Et j’apprécie le soutien du président et du gouvernement français. Cela me montre que le gouvernement français et le président Macron se préoccupent de la protection des baleines« , dit-il.
Alors que l’audience pour dire s’il sera extradé ou non approche, des soutiens appellent à le considérer comme lanceur d’alerte. Lui-même se range volontiers dans cette catégorie : « Je pense que tous les lanceurs d’alerte doivent être protégés. Beaucoup de choses qui se passent sont illégales et le public n’en a pas conscience. Il est de la responsabilité de chacun de s’assurer que le public est informé et que ces activités illégales sont révélées au grand jour« , clame-t-il.
Paul Watson espère que le juge danois acceptera mercredi de regarder les vidéos qui prouvent selon lui son innocence, alors qu’il est accusé d’être le commanditaire des dommages commis sur un baleinier japonais il y a 14 ans.
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Derrière le cas Paul Watson, le Japon veut mettre plus de baleines dans ses assiettes
L’emprisonnement au Groenland du fondateur de l’ONG Sea Shepherd, dont le Japon demande l’extradition, s’inscrit dans la volonté de Tokyo de faire perdurer la chasse à la baleine.
Arrestation de Paul Watson : s’il est extradé vers le Japon, « c’est la mort », craignent les militants
Militants écologistes et personnalités publiques étaient réunis à Paris pour demander la libération de Paul Watson, fondateur de Sea Shepherd. « Libérez Paul Watson ! » : voici ce que scandaient les militants pour la protection des baleines venus soutenir le fondateur de Sea Shepherd, lors d’un rassemblement place de la République à Paris. Paul Watson a été arrêté le 21 juillet à Nuuk, capitale du Groenland, alors qu’il était en route avec son navire, le « John Paul DeJoria », pour intercepter un nouveau navire-usine baleinier voyou japonais. E.I.