Le RN-FN béquille de Emmanuel Macron*
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C’est un fait peu commenté mais lourd de sens. A leur sortie de l’Elysée, les dirigeants du RN ont annoncé qu’ils avaient confirmé à Macron qu’ils voteraient la censure contre un gouvernement FP. Le RN qui était l’ennemi juré fin juin début juillet est devenu l’allié des macronistes et de la droite qui ne veulent pas de gouvernement Castets.
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L’ensemble des voix de droite d’Ensemble pour la République à LR ne représente que 213 voix loin des 289 nécessaires pour censurer un gouvernement. Qu’à cela ne tienne ! Plus question de 3 blocs s’il faut barrer la route au nouveau front Populaire. Le Pen et Bardella ont été clairs. Et c’est ce qu’attendait d’eux Emanuel Macron pour annoncer un peu plus tard qu’il ne nommerait pas Lucie Castets car 350 députés s’y opposeraient.
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Encore un pas, Monsieur le Président, pour demander à ces 350 députés de former une majorité stable à l’Assemblée. « Plutôt Hitler que le Front populaire » proclamaient de lointains ancêtres de la droite actuelle. Nous y sommes presque. Presque car Macron ne recevra pas de nouveau le RN. Il ne lui fallait que l’assurance de la censure comme hier il lui fallait ses voix pour une loi anti-immigration anticonstitutionnelle.
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Se mobiliser pour l’urgence sociale et écologique…
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Face à ces faux semblants et ce déni de démocratie il faut plus que jamais exiger un gouvernement Castets. Mais il faut plus encore élargir la base du Nouveau front populaire. C’est une mobilisation pour convaincre qu’un grand plan pour des services publics partout et de qualité (dont l’école, la santé), l’augmentation des salaires, leur indexation sur les prix, l’abrogation de la réforme des retraites, des mesures d’urgence contre la crise climatique sont des mesures attendues du salariat de la France des tours et de celui de la France des bourgs. Qu’un mouvement se lève dans la société pour porter ces exigences c’est la meilleure voie pour rassembler dans les urnes une majorité absolue. D’ores et déjà les dates du 7 septembre et su 1er octobre sont inscrites dans le calendrier de rentrée.
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…et pour construire, renforcer le Nouveau Front populaire
Tôt ou tard la crise politique devra se résoudre par une majorité à l’Assemblée. Tôt ou tard il faudra une majorité claire contre le RN car le danger n’est en rien écarté. Si nous ne connaissons pas les rythmes, c’est bien maintenant que le travail de fond doit s’engager pour une majorité à l’Assemblée, pour de nouvelles villes et villages gérés par des majorités sociales et écologiques, des majorités de Front populaire.
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Paul Breynat
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*Le billet de Thomas Legrand Emmanuel Macron devient un président toxique. Le chef de l’Etat, qui a plongé le pays dans la crise politique et la fait durer en refusant d’ouvrir Matignon au camp vainqueur des législatives, n’est pas à la hauteur du moment et de sa mission.
Emmanuel Macron n’est décidément pas à la hauteur. Sa procrastination, et maintenant son déni de démocratie risquent de créer l’instabilité qu’il dit redouter dans son communiqué de lundi 26 août au soir, où il exclut de nommer la candidate du NFP Lucie Castets à Matignon. Pourquoi le Président, dès le lendemain de la défaite du 7 juillet, constatant que son camp n’avait même plus la majorité relative, n’a-t-il pas nommé un homme ou une femme à même de faire passer la France – c’était l’occasion rêvée – d’une culture d’affrontement à une culture de compromis ? Pourquoi, deuxième option, n’a-t-il pas tout simplement, à partir du moment où l’ensemble politique arrivé en tête proposait un nom et avait un programme, nommé cette personne, charge à elle de se constituer une majorité ? Ce n’est pas au Président de constituer une majorité parlementaire. Tout se passe comme si Emmanuel Macron n’arrivait pas à admettre qu’il a perdu les élections. Se considérant comme le représentant de la raison, il semble estimer que toute autre solution choisie par les Français serait une erreur. Emmanuel Macron est en train, par sa pratique erratique des institutions, de confirmer la théorie de l’historien Pierre Serna qui parlait «d’extrême centre». En excluant la force politique arrivée en tête sans donner de contour crédible pour autre majorité possible le Président tente de remettre ses partisans au centre du jeu. C’est un contournement du scrutin législatif. Cette mauvaise manière démocratique va fournir un argument de choix pour tous les populistes. Le communiqué de l’Elysée exhorte les socialistes, les communistes et les écologistes à se montrer ouvert à la discussion avec d’autres forces politiques. Cette option n’aurait eu d’avenir que si un gouvernement Castets avait eu sa chance et était tombé après une censure évidente. On a du mal à déterminer si Emmanuel Macron a perdu toute habileté, tous sens des responsabilités, toute vision de l’Etat ou s’il poursuit une stratégie précise selon un calendrier maîtrisé.
La seule certitude c’est qu’Emmanuel Macron est un président toxique. https://www.liberation.fr/politique/emmanuel-macron-devient-un-president-toxique-20240826_QGWFN2GGTNAW5L2E2SPDNSN5GY
