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Elections municipales 2020, les idées nouvelles : Anne Hidalgo veut mettre tout Paris à 30 km/h…

Prise dans le cadre de l’alliance de second tour conclue entre la maire socialiste sortante avec les écologistes, cette mesure a vocation à s’appliquer partout, sauf sur quelques grands axes et le périphérique.

Les automobilistes sont prévenus. Si Anne Hidalgo est réélue le 28 juin à la Mairie de Paris, la politique anti-voitures ne faiblira pas dans la capitale. Au contraire. Dans le cadre de l’alliance de second tour conclue avec les écologistes, la maire socialiste sortante s’engage à prendre plusieurs mesures fortes, en particulier à réduire à 30 km/h la vitesse dans la plupart des rues – la limite à 50 km/h ne resterait alors que sur les grands axes, comme les Champs-Elysées, le boulevard Sébastopol ou les boulevards des maréchaux – et à 50 km/h sur le périphérique.

« Lutter contre toutes les pollutions est un enjeu de santé publique, argue le manifeste commun dévoilé mardi 16 juin par Anne Hidalgo et le chef de file des écologistes David Belliard sur le site du groupe de réflexion Terra Nova. C’est pourquoi nous continuerons de réduire la place de la voiture dans notre ville. » Un rééquilibrage prévu notamment au profit des piétons.

Le programme commun négocié par les socialistes et les écologistes reprend plusieurs projets déjà annoncés en ce sens. « Plus aucun véhicule diesel ne circulera dans Paris en 2024 », prévoit-il par exemple. En cinq ans, la moitié des places de parking devrait par ailleurs être supprimée, « notamment pour agrandir les trottoirs ».

Quant à la vitesse maximale, Paris a commencé à l’abaisser depuis des années, touche par touche, rue par rue. Progressivement, la limite de vitesse a ainsi été ramenée de 50 km/h à 30 km/h dans environ la moitié de la voirie. Au départ, il était prévu que l’ensemble des rues se retrouve en « zone 30 » en 2020. Mais le mouvement n’a pas été aussi marqué qu’attendu, en raison notamment des réticences des maires des arrondissements de l’ouest, situés politiquement à droite.

Si bien que la carte des « zones 30 » ressemble aujourd’hui à un patchwork. La vitesse est limitée à 30 km/h dans la quasi-totalité des rues d’arrondissements de l’est, comme le 11e et le 12e. Elle reste à 50 km/h dans la plupart des voies du 16e et du 17e.

« Du coup, personne ne sait vraiment quelle est la limite, constate Pierre Chasseray, délégué général de l’association 40 millions d’automobilistes. De plus, il y a peu de verbalisations, comme si Anne Hidalgo avait surtout effectué une opération de com, destinée à faire prendre conscience qu’on ne peut pas rouler à fond les ballons dans Paris. » Sous la pression des Verts, décidés à « libérer Paris de la voiture », Anne Hidalgo se prépare à unifier cette carte, du moins si elle est réélue, comme le laissent augurer les sondages.

Effacer le périphérique, « cette frontière d’un autre âge »

Pour ses partisans, cette mesure présente un triple intérêt. Elle doit permettre d’améliorer la sécurité routière, alors que les accidents parisiens ont encore tué 34 personnes et en ont blessé plus de 6 000 autres en 2019. Elle vise également à réduire le bruit des voitures, des scooters, etc., en particulier la nuit. Un point auquel le silence retrouvé durant le confinement a rendu les Parisiens particulièrement sensibles.

« C’est surtout la nuit que cette vitesse de 30 km/h est dépassée et qu’elle cause le plus de nuisances sonores, avec des conséquences pour la santé du fait des insomnies qu’elle provoque », argumentent ensemble socialistes et écologistes. Au passage, ils entendent davantage verbaliser les véhicules et deux-roues trop bruyants « grâce à de nouveaux radars acoustiques ».

La baisse de la vitesse est, en outre, censée contribuer à réduire la pollution. Un sujet débattu. Si l’abaissement de la vitesse autorisée aboutit à davantage d’embouteillages, cela risque de se traduire au contraire par davantage d’émissions polluantes.

Concernant le périphérique, le programme commun rose-vert prévoit d’y ramener la vitesse maximale à 50 km/h. Elle avait déjà été abaissée de 80 km/h à 70 km/h en 2014. La maire sortante reprend ainsi une suggestion émise lors de la mission d’information sur l’avenir du périphérique menée par les élus de Paris en 2019, qui visait à créer un consensus sur ce dossier complexe. L’objectif affiché à présent par Anne Hidalgo consiste à transformer cette autoroute urbaine en un « boulevard apaisé ». « Nous commencerons par créer une voie réservée aux transports partagés (bus, navettes, taxis, covoiturage) pour progressivement réduire le nombre de voies de circulation, (…) et donner la possibilité de traverser à pied ou à vélo », précise le texte.

La majorité municipale aimerait ainsi effacer « cette frontière d’un autre âge » que représente le « périph ». Mais la tâche s’annonce pour le moins compliquée, compte tenu de la circulation actuelle extrêmement dense sur ce boulevard circulaire.

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