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Critique de la raison décoloniale : Sur une contre-révolution intellectuelle

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Collectif

Traduit de l’espagnol par Mikaël Faujour et Pierre Madelin

Avant-propos de Mikaël Faujour

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Le capitalisme et la modernité seraient intrinsèquement liés à un racisme d’essence coloniale et à la domination de l’Occident sur le Sud global : tel est le postulat des décoloniaux. Face à une rationalité considérée comme eurocentrique, face à un système de pouvoir qui chercherait à maintenir les « non-Blancs » dans une position subalterne, ils prônent un retour aux formes de savoir et aux visions du monde des peuples indigènes.
À l’heure où les théories décoloniales, nées en Amérique latine, gagnent du terrain dans les milieux universitaires et militants, les auteurs de ce livre, ancrés eux aussi dans ce continent, font entendre une autre voix. Ils démontrent comment ces théories propagent une lecture simpliste de l’histoire et des rapports de pouvoir, et comment leur focalisation sur les questions d’identité ethno-raciale relègue au second plan l’opposition pourtant fondamentale entre riches et pauvres. À l’horizon, une conviction : seul un anticolonialisme fondé sur une critique radicale du capitalisme permettra de sortir de cette impasse, en dépassant toute soif de revanche pour retrouver le contenu universel des luttes d’émancipation.

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Les auteurs de ce recueil (Pierre Gaussens, Gaya Makaran, Daniel Inclán, Rodrigo Castro Orellana, Bryan Jacob Bonilla Avendaño, Martín Cortés et Andrea Barriga) sont des universitaires qui travaillent au carrefour de la sociologie, de la philosophie et de l’histoire.

4 octobre 2024; 256 p. ; 19 euros

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« Critique de la raison décoloniale. Sur une contre-révolution intellectuelle », par un collectif de chercheurs

S’il y a un domaine au carrefour de la sociologie et de l’histoire qui a considérablement progressé ces dernières années et où le débat fait rage, c’est celui des études décoloniales. Ce néologisme un peu étrange a imposé une doxa où il conviendrait de tout décoloniser (l’art, le savoir, le droit…) au motif que les imaginaires et la culture occidentale sont intrinsèquement coloniaux et donc porteurs de logiques racistes.

Comme le dit Mikaël Faujour dans la présentation de ce remarquable livre collectif (dont les contributeurs sont natifs d’Amérique latine) : « Si la théorie décoloniale s’est formée à partir de ce site spécifique qu’est l’Amérique, faisant de 1492 un moment charnière dans l’histoire, elle a vocation dès le début à être transposée au sein d’autres aires géographiques et culturelles, et à fournir une grille d’analyse plus vaste du monde actuel […]. »

On sait qu’aujourd’hui, les thèses décoloniales jouissent d’une certaine audience chez les jeunes et étudiants politisés. Ce livre, par ses éclairages divers puisant aux sources de ces théories, permet d’en comprendre leurs linéaments, leurs méandres et les raisons de leur diffusion dans la quasi-totalité des régions du monde.

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Christophe Fourel

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