Cette semaine, l’édito de mon journal de bord est signé par Anita, qui a effectué un stage d’une semaine dans mon équipe à Paris et dans la Drôme la semaine dernière
“Une semaine avec Marie Pochon : mon analyse politique.
Bonjour, je suis Anita, scolarisée à Die en 3ème j’ai 14 ans. J’ai eu la chance d’effectuer un stage d’une semaine aux côtés de Marie Pochon et de ses collaboratrices Clothilde et Perrine. Durant cette semaine j’ai pu découvrir le métier de député et de collaboratrice.
J’ai commencé ma semaine de stage à Paris, j’ai pu assister aux séances de l’assemblée, à quelques réunions et des conférences de presse. J’ai pu me concentrer durant une semaine sur la politique, une vraie opportunité, car j’ai pu être dans le monde concret, ce qui m’a par la suite beaucoup plu. J’ai pu voir de près le déroulement d’un 49.3 (annoncé par Monsieur Barnier le 2/12) et ses conséquences (dépôt de motions de censures). La fin de mon stage s’est ensuite déroulée dans la Drôme, où j’ai pu voir le travail d’une députée active dans sa circonscription (permanence à Saint-Paul-Trois-Châteaux, rencontre d’agriculteurs).
Suite à mon stage beaucoup de questionnements me sont apparus, et notamment sur le respect de la démocratie à l’Assemblée et dans notre politique française. La démocratie est une forme de gouvernement (de régime politique) où le pouvoir est exercé par le peuple ; bien qu’à l’époque « citoyen » excluait les femmes, esclaves, les enfants et les étrangers.
Aujourd’hui le pouvoir du peuple est exercé par des députés élus dans chacune des circonscriptions (577 en France). Il y a plusieurs partis à l’Assemblée qui se placent dans certaines positions (gauche, centre, extrême centre, droite, extrême droite). Tous les partis veulent le pouvoir, chaque parti voudrait établir ses idées pour le peuple Français, car tous trouvent leurs idées bonnes.
L’utilisation du 49.3 sur le budget 2025 m’a marqué car c’est un article qui a été utilisé de nombreuses fois depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron au pouvoir. Je trouve que cela ne respecte pas la démocratie et qu’un gouvernement devrait respecter l’avis du peuple. Comme le NFP est en tête à l’Assemblée, mais que le président est issu de Renaissance, le devoir d’un président qui pense au peuple serait de laisser une coalition de gauche gouverner. J’ai le sentiment qu’Emmanuel Macron et son parti oublient le peuple. Et c’est révoltant.
Par ailleurs, accuser la motion de censure d’abusive, comme le disent certains médias n’est pas adapté. Pour la plupart des députés, voter la motion de censure est, je l’espère, une action pour le peuple et le bien-être commun.
Le devoir de chaque parti élu devrait être de respecter l’avis général du peuple : ici de l’Assemblée.
Merci à Marie, Clothilde, et Perrine pour l’accueil c’était super ! ”
Et merci à elle pour sa présence à nos côtés toute la semaine (mouvementée) ! C’était un plaisir de l’avoir à nos côtés et on lui souhaite une belle continuation
Pendant deux mois, nous n’aurons eu aucun compromis. Aucune possibilité de discussion.
Nous étions présents en séance, avons fait adopter des amendements. Pour nos soignants, pour lutter contre la désertification médicale, pour assurer chacun de pouvoir se soigner, pour l’hôpital public. Tout cela pour rattraper la gabegie budgétaire et la croyance économique qu’on pourrait baisser indéfiniment les recettes, non pas sur les plus précaires non, mais sur les plus fortuné-es, tout en pouvant maintenir les services publics et notre système de santé. Ça ne marche pas, le trou se creuse, les inégalités s’accroissent, la pauvreté s’étend et les cadeaux aux grandes entreprises qui en usent pour leurs plans sociaux, devraient être payés par les Français-es qui n’ont rien demandé – et n’ont rien su : cette politique injuste, nous y avons répondu, nous avons travaillé, nous avons amendé. Les députés du « socle commun » étaient absents, tout au plus auront-t’ils participé à 10% des votes en moyenne.Puis, le 49.3. Quel irrespect de la représentation nationale.
La situation chaotique installée par le Chef de l’État depuis la dissolution verticale était insoluble avec un Gouvernement tenant sur béquille de l’extrême-droite. Celle-ci, acculée par les déboires judiciaires, aura eu raison de leur alliance temporaire, malgré les reniements du Gouvernement. Cette censure intervient sur une loi de financement de la sécurité social et un budget pour 2025 dangereux qui faisaient payer les plus fragiles les conséquences de leur désordre budgétaire en voulant désindexer partiellement les retraites sur l’inflation, augmenter le coût des mutuelles, abaisser le plafond de remboursement des indemnités journalières en cas d’arrêt maladie et d’accidents du travail, couper drastiquement les budgets pour l’écologie, pour les les collectivités, pour l’agriculture, pour les services publics, pour l’Education nationale avec la suppression de 4000 postes d’enseignants.
Dans la Drôme,ces coupes budgétaires conduisent à la perte de financement d’un projet de Territoire Zéro Chômeurs de Longue Durée, de ceux dont Michel Barnier avait pourtant vanté les mérites. Ce sont 80 personnes durablement éloignées de l’emploi qui ne pourraient se réinsérer socialement, retrouver une fierté au travers d’un emploi utile à eux et à leur territoire rural.
L’adoption de la motion de censure n’est pas une fin en soi. Elle ne doit pas être facteur de déstabilisation, qui était consubstantielle depuis 3 mois d’un gouvernement ne tenant qu’avec l’aval de l’extrême-droite. Face aux artisans du chaos, avec mon groupe, nous proposons au contraire un nouveau chemin, une nouvelle méthode, avec 11 mesures prioritaires.
L’Assemblée et notamment les députés des bancs républicains de cette assemblée, je l’espère, sont capables de travailler ensemble. Nous l’avons prouvé par le passé : adoption des prix rémunérateurs pour les agriculteurs, proposition de loi de lutte contre les déserts médicaux signée par 250 parlementaires, remboursement intégral des fauteuils roulants : le “bloc central” et Emmanuel Macron doivent désormais accepter le compromis, accepter que leur méthode, comme leur politique budgétaire, a été sévèrement punie lors des dernières élections, et que celle-ci doit être débattue de manière nouvelle dans l’intérêt des français.
Je me refuserai toujours à laisser Marine Le Pen nommer le prochain Premier Ministre. Nous avons des propositions, elles sont le terreau d’un autre chemin pour notre pays. En responsabilité, nous tendons la main, nous souhaitons discuter sur ces bases. Tous ceux qui ont bénéficié du Front Républicain doivent désormais choisir entre la gauche pour assurer la stabilité et la prospérité de notre Nation, et l’extrême droite qu’ils prétendent combattre. Les français-es, comme les élu-es locaux nous attendent en responsabilité. Soyons à la hauteur.
Il y a quelques semaines, je répondais aux questions du média en ligne Le Vent Se Lève ! L’occasion d’aborder en longueur mon travail à l’assemblée à votre écoute, et l’écologie rurale et populaire qui fait notre fierté ici en Drôme : celle qui part d’en bas, qui change la vie, qui considère chacune et chacun, et qui bâtit l’avenir au travers de son histoire.
L’action de la semaine
Dimanche soir, les Jeunes agriculteurs et la FDSEA ont manifesté leur mécontentement suite à l’adoption de la motion de censure, en déposant des ballots de paille et des banderoles et en vandalisant la vitrophanie de ma permanence de députée, à Crest. Le vote de la motion de censure suscite un certain nombre d’interrogations dans le monde agricole et celles-ci sont légitimes. Face à un budget qui entendait couper le budget consacré à l’agriculture de 400 millions d’euros contre l’avis de la majorité des députés, j’ai en effet voté la censure, qui empêche la diminution des dépenses agricoles ( lire mon communiqué complet sur les conséquences du budget). Malgré un courrier que j’ai envoyé aux organisations syndicales, les invitant au dialogue, ces deux organisations ont organisé une action un dimanche soir, sans m’en prévenir – ce qui de fait excluait toute forme de discussion. Je le regrette. De la même manière, je regrette les attaques sur les banderoles visant mon grand-père, qui était très actif dans les organisations agricoles drômoises de son vivant, insinuant qu’il “se retournerait dans sa tombe”.
Je reste bien évidemment, et comme depuis 2 ans que je suis élue, attachée au dialogue, quand celui-ci ne passe pas par des dégradations de biens, des attaques visant ma famille, ou des insultes. Je ne me soumettrai jamais à une quelconque pression par la violence sur le vote de la loi et ma mission de contrôle du gouvernement. Merci à la présidente de l’assemblée nationale de s’être d’ailleurs exprimée à ce propos.
J’en profite pour vous évoquer ici la “conclusion” de l’accord commercial opaque entre l’UE et le Mercosur par la présidente de la commission européenne, un accord qui prévoit d’échanger produits agricoles contre bagnoles, aux normes sanitaires dévoyées, qui ne peut que conduire à la destruction environnementale et à une concurrence déloyale pour nos agriculteurs. Le refus de cet accord avait mobilisé de nombreux agriculteurs au mois de novembre. Cette décision de la présidence de la commission européenne signe l’échec de la stratégie de la passivité de la France depuis plusieurs années sur ce projet d’accord
Un tel accord, qui plongerait les paysannes et les paysans dans une précarité encore plus grande, qui ouvrirait la porte à des produits dangereux pour la santé non conformes à nos normes sanitaires et environnementales, et qui favoriserait la malbouffe au détriment de l’excellence agricole française, qui porterait atteinte à la forêt amazonienne, ne peut pas être accepté.
Mardi à Paris, j’ai eu grand plaisir d’intervenir à la table-ronde sur les mobilités du temps libre à Paris, à l’invitation du Forum Vie Mobiles ! Aux côtés de Sébastien Mariani, représentant de la CFDT au CESE, et d’Annelise Avril, de Kéolis, nous avons échangé sur ce que signifie le temps libre, la place que celui-ci prend dans les débats médiatiques et politiques et la place des transports dans celui-ci, surtout dans les territoires (comme chez nous) où ceux-ci prennent souvent un peu plus de temps et de moyens.
Un débat passionnant autour du sous-investissement dans les alternatives à la voiture en zone rurale et périurbaine, de la place des « loisirs » dans nos vies, des inégalités persistantes entre hommes et femmes, de ces doléances qui parlent de galères de transport toutes les deux pages et qu’on persiste à ne pas écouter. On continue !
Mercredi, à l’Assemblée, quelques heures avant le vote de la motion de censure et preuve de la capacité de travail commun à l’assemblée auquel je tiens tant, nous étions réunis de manière transpartisane autour de la Fédération Nationale du Label Rouge, du Syndicat des Artisans-Bouchers de Paris et des présidents de départements Pascal Coste et André Accary, avec les députés Guillaume Garot (Socialiste), Julien Dive (DR) et Pascal Lecamp (EPR) pour tirer la sonnette d’alarme, et nous engager ensemble aux côtés des filières de qualité
Car dans les dynamiques du tout-marché non-régulé, et la course aux prix bas, le célèbre signe de qualité Label Rouge est en danger Pourtant, les Signes d’identification de la qualité et de l’origine, et les labels reconnus comme celui-ci, sont à la fois une garantie du bien manger pour les citoyennes et citoyens ; mais également d’une meilleure reconnaissance et d’une meilleure valorisation des productions agricoles ! Nous continuerons !
Une semaine dans la Drôme
Vendredi, j’étais à Dieulefit pour soutenir les élu-es et citoyens en grève de la faim pour protester contre l’arrêt des financements du projet Territoires Zéro Chômeur de Longue Durée, du fait du choix du département de la Drôme de revenir sur une décision de soutien qu’il a lui-même prise, et du fait des coupes budgétaires du gouvernement de Michel Barnier.
C’est un choix terrible pour ce territoire rural, pour les élus locaux qui s’y sont investis, pour les bénévoles et entreprises qui se sont engagé-es, pour les près de 80 personnes durablement éloignées de l’emploi, en situation d’isolement et de précarité, qui pourraient pourtant y retrouver fierté de retrouver un emploi porteur de sens pour eux et pour nos villages. Retrouvez les témoignages de Christian et de Cassandre, en grève de la faim.
Par la suite, je tenais ma permanence parlementaire à Saint-Paul-Trois-ChâteauxCe fut un plaisir, encore une fois, de vous y rencontrer, d’essayer de vous aider dans les étapes de nos vies, du revenu aux démarches administratives dématérialisées qui rendent parfois les choses plus difficiles, de vos projets pour la protection de l’environnement et des langues régionales qui les rendent passionnantes et utiles. A vos côtés, à votre écoute !
Je rendais ensuite visite à Claude Geneviève, Sylvie, Chantal, Sophie qui font tenir avec une quinzaine de dames depuis 1989 l’association « C’est autrement » à Saint-Paul-Trois-ChâteauxCette association, après avoir géré pendant longtemps une agence immobilière à vocation sociale depuis repris par Soliha, et organisé des repas livrés (depuis repris par la ville), gère des magasins avec des objets de seconde main en vente pour tou-tes, et gratuits pour celles et ceux qui ont un bon d’une assistante sociale.
Merci à celles (!) qui interviennent même avant que les institutions se réveillent pour faire vivre les solidarités. Vous faites honneur à notre pays
Ensuite, après avoir rendu visite à l’association humanitaire et de solidarité “Partage +”, également à Saint-Paul-Trois-Châteaux, je visitais le Domaine Gabriel Monier, avec Cyril Monier, qui a repris la ferme viticole familiale de son père, lui-même de son grand-père, à Tulette. Historiquement, le raisin cultivé ici sur 30 ha était livré à la coopérative : en 2017, Cyril l’a conventionnée en agriculture biologique et a fait démarrer la cave
Face à la crise climatique et pour faire face notamment aux épisodes de sécheresse, il a également adapté sa ferme : en plus d’y défendre des vins bio, il y expérimente 17 cépages dont certains résistants, mais également de nouvelles cultures comme les 2ha de grenadiers dont il fait des jus délicieux, qu’il est le premier à avoir planté en culture dans tout le département ! Merci beaucoup pour l’accueil. À vos côtés pour défendre la capacité de nos fermes drômoises à produire des produits de si grande qualité aujourd’hui et demain et de pouvoir en vivre : vous faites rayonner notre territoire !
Samedi, j’ai eu le bonheur de me promener au Parcours de Création de Pont-de-Barretaprès être passée aux marchés de Noël de Crest pour découvrir, de maison en maison, des artistes et artisans exposer leurs productions au grand public venu malgré la pluie! Au Grand Magasin d’objets Uniques, au quai, ont fleuri les ateliers créatifs, les spectacles et les animations, pour les petits et les grands.
Une bouffée de respiration dans la période d’incertitude dans laquelle nous sommes : merci aux artisans et artisanes de leur accueil, de leur enthousiasme, de la joie et de l’espoir qu’ils ont su susciter autour de la création, le temps d’une journée, sous la pluie de décembre – et puis chaque autre jour de l’année
Enfin, ce dimanche, je me rendais à l’Assemblée Libre des Jeunes de Piégros-la-Clastre, pour écouter les conclusions d’un week-end de travail de jeunes accompagné-es par des centres sociaux de toute la Drôme, des quartiers comme des villages, sur leurs préoccupations communes, mais également leurs espoirs en partage. Vive la jeunesse et que vivent ces temps en commun entre des jeunes qui souvent ont tant en commun, malgré les distances !
Les prochaines permanences citoyennes
Le vendredi 13 décembre, à Crest, de 9h30 à 11h30, Salle 1 Dumont, 17 rue Dumont
Le vendredi 20 décembre, à Rémuzat, de 10h30 à 12h30, Mairie de Rémuzat
Pour prendre rendez-vous, veuillez nous écrire à marie.pochon@assemblee-nationale.fr ou nous appeler au 06 65 82 25 99. J’ai hâte de vous rencontrer ! (d’autres dates à suivre ! )
Le programme de la semaine
Lundi, j’avais une journée pleine de réunions (au vu de la situation politique). Mardi, je me rendais aux côtés de mes collègues députés Benoît Biteau et Boris Tavernier sur la ferme du Valentin pour découvrir l’initiative Bio&Lo et déjeuner au lycée agricole du Valentin à Bourg-lès-Valence.
Mercredi, après la commission, je participais à une réunion transpartisane sur la proposition de loi transpartisane sur l’adaptation des forêts au changement climatique et à des auditions de ma mission d’information sur le pastoralisme. Jeudi, j’organisais un grand colloque sur les doléances du grand débat national, toute la journée à l’assemblée nationale. Vendredi, dans la Drôme, je rencontrerai la directrice de France Travail, l’association Osons ici et maintenant à Crest avant de me rendre au concert de Noël de l’école de musique des Ramières à Grane. Dimanche, je serai présente à l’ouverture de la 23ème saison du marché aux truffes de Saint-Paul-Trois-Châteaux.
Retenez la date du 16 décembre !
Comment sortir de la crise agricole en cours de manière vertueuse ?Lundi prochain, j’échangerai avec Rémy Léger, fondateur de la SCOP des Volonteux Ferme des Volonteux et vous toutes et tous, sur sa ferme à Beaumont-les-Valence autour des réponses politiques à apporter aux enjeux de renouvellement des générations, à la garantie de la souveraineté alimentaire, et à la transition agro-écologique !