Une grande quantité d’aliments non bio présente des traces de substances dangereuses…
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Les aliments d’origine végétale cultivés de manière conventionnelle (donc non biologique), puis vendus (avec l’étiquetage approprié) et consommés en France contiennent encore un taux significatif de résidus de pesticides, en particulier, lesquels sont des substances dangereuses pour la santé. L’association Générations futures en a dressé le constat statistique (1) , ce mardi 17 décembre, à partir des données françaises de l’année 2022 remontées à l’Agence européenne de sécurité alimentaire (Efsa) en 2024.
L’équipe de l’ONG s’est plus précisément saisie d’environ 2 000 occurences de 35 fruits, légumes et céréales non bio convenant pour un seuil de représentativité d’au moins 30 échantillons par aliment. Ce corpus est issu des 13 000 échantillons collectés et analysés dans le cadre des plans de surveillance des directions générales de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des fraudes (DGCCRF) et des Douanes et Droits indirects (DGDDI). Générations futures a ensuite passé la liste des résidus de pesticides détectés ou quantifiés au sein de cet échantillonnage au crible de trois « classes de danger sanitaire » : les substances dites cancérogènes, mutagènes ou reprotoxiques (CMR), agissant sur la perturbation endocrinienne (PE) ou comptant parmi la famille des per- et polyfluoroalkylés (PFAS). Le tout dans l’optique d’évaluer l’exposition des consommateurs de produits non bio non pas seulement à des pesticides mais surtout à ceux qui pourraient représenter un danger pour leur santé. Une première en la matière.
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Résultat ? Plus de la moitié des fruits – dont 80 % contiennent au moins un résidu de pesticide détecté – comprennent des traces de substances CMR ou PE, et des PFAS pour un tiers d’entre eux. En particulier, les cerises, les clémentines et les raisins. Un peu moins d’un tiers des légumes (dont près de 50 % avec au moins un résidu de pesticide détecté) sont concernés dans les trois cas, mais surtout le fenouil, les concombres et les poivrons. Un tiers du vin en bouteille comprend également des résidus de substances classés CMR ou PE. Quant aux céréales, comme le riz, un tiers est touché par des perturbateurs endocriniens.
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Il est à noter que du fait du décalage temporel entre la collecte des échantillons, leur rapportage et leur analyse, ces résultats ne prennent pas en compte l’interdiction de certaines substances en Europe depuis 2022, comme le phosmet et l’indoxacarbe. De plus, face aux limites des échantillonnages, comparer la provenance des aliments (France, autres pays de l’Union européenne ou pays en dehors de l’UE) reste quasiment impossible. Néanmoins, avec des accords commerciaux comme celui signé entre l’UE et les pays du Mercosur, Générations futures craint un « retour de bâton » d’aliments cultivés en dehors de l’Europe avec des produits interdits dans l’Union mais, malgré tout, importés et vendus en France.
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https://www.actu-environnement.com/media/pdf/news-45269-rapport-generations-futures-residus-pesticides-2022.pdf
Félix Gouty, journaliste, Rédacteur spécialisé établissant un lien préformaté [45269] / utilisation du flux d’actualité.
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Mise à jour de la liste de substances dangereuses faisant l’objet d’une classification et d’un étiquetage harmonisés
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Le règlement (UE) 2016/1179 du 19 juillet 2016 actualise la liste de substances dangereuses faisant l’objet d’une classification et d’un étiquetage harmonisés dans le règlement CLP (règlement (CE) n° 1272/2008 du 16 décembre 2008), au sein de son annexe VI.
Cette mise à jour a pour but de prendre en compte l’abrogation au 1er juin 2015 de la directive DSD (directive 67/548/CEE du 27 juin 1967 concernant le rapprochement des dispositions législatives, réglementaires et administratives relatives à la classification, l’emballage et l’étiquetage des substances dangereuses), ainsi que les nouvelles données concernant l’évaluation de certaines substances comme le plomb ou les composés du cuivre (tableau 3.1).
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Ces modifications n’entreront en vigueur qu’à partir du 1er juin 2017.
Le règlement supprime, au 1er juin 2017, le tableau 3.2 de l’annexe VI du règlement CLP, énumérant les substances dangereuses faisant l’objet d’une classification et d’un étiquetage harmonisé fondés sur les critères définis à l’annexe VI de la directive DSD.
En outre, il modifie, au 1er mars 2018, le tableau 3.1 de la même annexe, listant les substances dangereuses faisant l’objet d’une classification et d’un étiquetage harmonisés fondés sur les critères définis à l’annexe I, parties 2 à 5, du règlement CLP.
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22 entrées existantes sont modifiées. Sont par exemple concernées les substances suivantes :
- bisphénol A; 4,4′-isopropylidènediphénol ;
- phtalate de diisobutyle ;
- oxyde de propylène; 1,2-époxypropane; méthyloxirane ;
- chlorobenzène ;
- oxyde de dicuivre; oxyde de cuivre
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26 nouvelles entrées sont ajoutées. Sont notamment concernées les substances suivantes :
- plomb (la poudre de plomb est distinguée du plomb massif) ;
- composés du cuivre (sulfate de cuivre II pentahydraté, bouillie bordelaise, dihydroxyde de cuivre hydroxyde de cuivre II, carbonate de cuivre II, paillettes de cuivre, hexahydroxysulfate de tétracuivre, trihydroxychlorure de dicuivre, oxyde de cuivre II, thiocyanate de cuivre).
Avant la date d’échéance du 1er mars 2018, les fournisseurs peuvent cependant, s’ils le désirent, appliquer les nouvelles classifications harmonisées et adapter l’étiquetage et l’emballage de leurs produits.
Pour rappel, les modifications du tableau 3.1 de l’annexe VI du règlement CLP introduites par le règlement (UE) 2015/1221 du 24 juillet 2015 entreront en vigueur le 1er janvier 2017.
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Sources :
