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Les guerres et les révoltes de l'année 2024 en images

Dix guerres et  révoltes de l’année 2024

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Ernest Ginot

18 décembre 2024 

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L’année 2024 a été marquée par la résurgence de conflits endormis, comme au Liban et en Syrie, mais aussi par l’enlisement de guerres meurtrières, à l’image de celle en Ukraine. L’année qui s’achève a également connu son lot de manifestations massives –par exemple au Bangladesh ou en Géorgie– qui continueront sans doute de faire du bruit en 2025. Tour d’horizon des images des conflits et mouvements de protestation qui ont marqué les douze derniers mois.

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SOUDAN

Des gens font la queue pour s'inscrire à une potentielle livraison d'aide alimentaire, dans un camp pour personnes déplacées internes, à Agari, dans l'État du Kordofan du Sud (Soudan), le 17 juin 2024.|Guy Peterson / AFP

Des gens font la queue pour s’inscrire à une potentielle livraison d’aide alimentaire, dans un camp pour personnes déplacées internes, à Agari, dans l’État du Kordofan du Sud (Soudan), le 17 juin 2024.

Au Soudan, la guerre civile qui oppose l’armée nationale régulière aux Forces de soutien rapide (FSR) a connu un regain d’intensité en 2024, plongeant un peu plus le pays dans l’une des pires crises humanitaires au monde. Depuis le début des affrontements en avril 2023, ce conflit a entraîné le déplacement de plus de 12 millions de personnes –dont plus de 3 millions ont quitté le Soudan– et causé au moins 24.000 morts (mais certaines sources évoquent environ le triple). Près de la moitié de la population manque aujourd’hui d’eau potable et la famine se répand.

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Géorgie

Les forces de l'ordre géorgiennes arrêtent un manifestant lors d'une protestation contre les résultats des élections législatives, à Tbilissi (Géorgie), le 19 novembre 2024.|Giorgi Arjevanidze / AFP

Les forces de l’ordre géorgiennes arrêtent un manifestant lors d’une protestation contre les résultats des élections législatives, à Tbilissi (Géorgie), le 19 novembre 2024.

En Géorgie, une série de manifestations proeuropéennes secoue le pays depuis le début du mois de novembre 2024, à la suite des élections législatives controversées du 26 octobre dont est sorti victorieux le parti prorusse au pouvoir Rêve géorgien. Ces protestations massives, notamment dans la capitale Tbilissi, dénoncent depuis le 28 novembre la décision controversée du gouvernement de reporter à 2028 les négociations pour l’adhésion du pays à l’Union européenne, alors que ce projet est un objectif central pour une grande partie de la population. L’opposition accuse le parti Rêve géorgien de dérive autoritaire et de rapprochement avec Moscou, ce qui ravive les tensions historiques liées à l’influence russe dans la région. Malgré la violente répression, les manifestants continuent à sortir dans la rue, aux derniers jours de l’année 2024.

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Bangladesh

Des manifestants antigouvernementaux brandissent le drapeau national bangladais, alors qu'ils prennent d'assaut le palais de l'ancienne Première ministre Sheikh Hasina, à Dacca (Bangladesh), le 5 août 2024.|K.M. Asad / AFP

Des manifestants antigouvernementaux brandissent le drapeau national bangladais, alors qu’ils prennent d’assaut le palais de l’ancienne Première ministre Sheikh Hasina, à Dacca (Bangladesh), le 5 août 2024.

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L’année 2024 aura marqué un tournant historique au Bangladesh. Au mois de juillet, des étudiants en colère et de larges segments de la population sont sortis dans la rue pour dénoncer des quotas d’embauche dans la fonction publique, perçus comme favorisant les proches du pouvoir. Ces manifestations ont dégénéré en affrontements avec la police, causant plus de 650 morts et des milliers de blessés. Face à l’ampleur de la révolte, la Première ministre Sheikh Hasina, qui dirigeait le pays d’une main de fer depuis 2009, a fui le territoire le 5 août (elle a trouvé refuge en Inde). Depuis, un gouvernement intérimaire dirigé par Muhammad Yunus, prix Nobel de la paix en 2006, a été formé pour apaiser les tensions et organiser des élections libres.

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Ukraine

Un soldat d'infanterie de la 23e brigade mécanisée de l'armée de terre ukrainienne attend son déploiement, près d'Avdiïvka, dans l'oblast de Donetsk (Ukraine), le 3 avril 2024.|Roman Pilipey / AFP

Un soldat d’infanterie de la 23e brigade mécanisée de l’armée de terre ukrainienne attend son déploiement, près d’Avdiïvka, dans l’oblast de Donetsk (Ukraine), le 3 avril 2024.

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Près de trois ans après le début de l’invasion russe en Ukraine en février 2022, la guerre s’enlise à l’est de l’Europe. Chaque avancée se fait kilomètre par kilomètre, au prix de milliers de vies. Alors que les forces russes grappillent inexorablement du terrain, les forces armées ukrainiennes ont tenté une incursion inédite en territoire russe, au début du mois d’août, dans la région de Koursk. Cette manœuvre n’empêche pas la Russie d’enregistrer sa plus forte progression en novembre 2024, gagnant plus de 720 km² de territoire, notamment dans le Donbass (est de l’Ukraine), où elle consolide grandement ses positions. La guerre en Ukraine a aussi été marquée par l’envoi de combattants nord-coréens venus gonfler les rangs des troupes russes. Le retour au pouvoir de Donald Trump aux États-Unis pourrait marquer un tournant, à l’horizon 2025.

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Liban

Un portrait du défunt chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, trône parmi les débris, dans le quartier de Rouweiss, dans la banlieue sud de la capitale libanaise Beyrouth, après des frappes israéliennes, le 10 octobre 2024.|AFP

Un portrait du défunt chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, trône parmi les débris, dans le quartier de Rouweiss, dans la banlieue sud de la capitale libanaise Beyrouth, après des frappes israéliennes, le 10 octobre 2024.

Après qu’Israël s’est lancé dans une sanglante invasion de la bande de Gaza, en réponse aux attaques du Hamas du 7 octobre 2023, c’était au tour du Liban d’être entraîné dans une guerre totale. Les tensions croissantes et les échanges de tirs transfrontaliers entre le Hezbollah et Israël ont laissé place à une invasion terrestre israélienne du sud du Liban, ainsi qu’à une pluie de bombes sur le pays, notamment au cœur de Beyrouth, sa capitale. Centaines de morts, milliers de déplacés, villes et patrimoine historique rasés: comme dans la bande de Gaza, l’État hébreu applique une tactique de destruction totale. Un cessez-le-feu a finalement été négocié le 27 novembre 2024, sous la médiation des États-Unis et de la France, après environ deux mois de combats ouverts. Un simple temps de trêve entre deux guerres?

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Cisjordanie-Gaza

Une femme pleure la perte d'un enfant décédé des suites de ses blessures, après un bombardement sur le camp de déplacés de Deir al-Balah, dans le centre de la bande de Gaza, le 11 mai 2024.|Bashar Taleb / AFP

Une femme pleure la perte d’un enfant décédé des suites de ses blessures, après un bombardement sur le camp de déplacés de Deir al-Balah, dans le centre de la bande de Gaza, le 11 mai 2024.

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De l’autre côté d’Israël, dans la bande à Gaza, on pleure ses morts. D’après un des derniers bilans des autorités palestiniennes dans l’enclave, plus de 45.000 personnes ont perdu la vie, tuées sous les bombes et les tirs de l’armée israélienne, qui s’est lancée dans une folie vengeresse après l’attaque meurtrière du Hamas, le 7 octobre 2023. Depuis, en moyenne, quarante enfants sont tués chaque jour dans la bande de Gaza. La situation humanitaire est dramatique et environ 60% des hôpitaux, écoles et mosquées ont été endommagés ou détruits.

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Israël

Lors d'une manifestation demandant la libération des otages du Hamas, le 6 mai 2024 à Tel-Aviv (Israël), Einav tient une pancarte avec le nom de son fils, Matan Zangauker (24 ans), l'une des personnes capturées et retenues par le groupe islamiste palestinien, lors des attaques du 7-Octobre.|Jack Guez / AFP

Lors d’une manifestation demandant la libération des otages du Hamas, le 6 mai 2024 à Tel-Aviv (Israël), Einav tient une pancarte avec le nom de son fils, Matan Zangauker (24 ans), l’une des personnes capturées et retenues par le groupe islamiste palestinien, lors des attaques du 7-Octobre.

En Israël, les manifestations massives se sont multipliées en 2024 pour exiger le retour des quelque soixante-deux otages qui seraient encore en vie, retenus par le Hamas dans la bande de Gaza. Ces mobilisations ont également coïncidé avec des grèves, lancées par des organisations syndicales. Les protestataires accusent notamment le Premier ministre Benyamin Netanyahou de ne pas agir suffisamment pour négocier la libération des otages, tandis qu’à l’international, la gestion globale du conflit par le chef du gouvernement d’extrême Droite israélien est elle aussi régulièrement critiquée.

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Syrie

Un portrait dégradé de l'ancien président syrien Bachar el-Assad, dans un poste de sécurité détruit à Damas (Syrie), le 8 décembre 2024.|Rami al-Sayed / AFP

Un portrait dégradé de l’ancien président syrien Bachar el-Assad, dans un poste de sécurité détruit à Damas (Syrie), le 8 décembre 2024.

Toujours au Moyen-Orient, la chute du régime de Bachar el-Assad en Syrie fait les gros titres depuis le début du mois de décembre. Un événement aussi spectaculaire que rapide: en seulement quelques jours, des groupes rebelles, dont le mouvement islamiste Hayat Tahrir Al-Cham (HTC), ont renversé le pouvoir après une offensive éclair, aidés par la débandade des forces régulières. Le 8 décembre 2024, les rebelles sont entrés dans la capitale Damas, mettant fin à cinq décennies de domination de la famille Assad, marquées notamment par l’oppression et la barbarie sanglante dans laquelle le régime s’enfonçait depuis 2011. Après plus de treize ans de guerre civile, la Syrie aura fort à faire pour se relever et éviter que les divisions profondes entre les différents groupes ne plongent, à nouveau, le pays dans un cycle de violence et de chaos.

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République démocratique du Congo

Un milicien progouvernemental blessé est assis dans un hôpital à Kanyabayonga, dans la province du Nord-Kivu à l'est de la République démocratique du Congo (RDC), le 4 mai 2024.|Alexis Huguet / AFP

Un milicien progouvernemental blessé est assis dans un hôpital à Kanyabayonga, dans la province du Nord-Kivu à l’est de la République démocratique du Congo (RDC), le 4 mai 2024.

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Les années passent et les conflits dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) ne cessent de prendre de l’ampleur. Cette année, les combats entre l’armée congolaise, les rebelles du M23 et d’autres groupes armés ont redoublé d’intensité, jusqu’à voir arriver les forces du M23 aux portes de Goma, la capitale de la province du Nord-Kivu (dans l’est de la RDC). Cette offensive a entraîné un exode massif de civils, rejoignant le million de déplacés des conflits. La crise humanitaire s’aggrave jour après jour.

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Cisjordanie
Un enfant tué et deux adolescents arrêtés lors d’un assaut de l'armée israélienne en Cisjordanie occupée

Des soldats israéliens arrêtent deux Palestiniens lors d’un raid dans le camp de Nour Chams, près de la ville de Toulkarm, en Cisjordanie.

Un convoi militaire israélien composé d’une vingtaine de véhicules a pris d’assaut samedi matin le village de Burqa, au centre de la Cisjordanie occupée, a rapporté le Centre d’information palestinien. Au cours de cette opération, un enfant a été tué et deux autres ont été arrêtés.

Le ministère palestinien de la Santé a confirmé qu’un enfant avait été tué par une mine terrestre posée par les forces israéliennes dans son village, précisant que l’enfant, Yasser Ali Rachida, était âgé de sept ans et a été tué dans une région au sud-est de Bethléem, en Cisjordanie.

Des sources de sécurité ont déclaré à l’agence palestinienne Wafa que les soldats israéliens ont arrêté un jeune de 14 ans et un autre de 15 ans, après avoir fait une descente au domicile de leurs parents dans le village de Houssan, à l’ouest de Bethléem.

Les forces israéliennes ont transformé la place centrale de Burqa en zone d’interrogatoire pour les jeunes détenus, ajoute le rapport. Un Palestinien a également été « brutalement agressé », tandis qu’un véhicule appartenant à un autre a été détruit.

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Ernest Ginot, Journaliste

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