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Le loup perd son statut d’espèce « strictement protégée »…. paradoxalement en Drôme 2024 : nettement moins de dommages…

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Je vous prie de bien vouloir trouver ci-joint le bilan 2024 des dommages loup dans la Drôme et autres éléments importants 2024 (Document DDT 26 présenté lors du Comité départemental loup du 5 décembre 2024 à Valence).
1/ Le nombre d’ongulés domestiques tués par les loups (essentiellement brebis) dans la Drôme est en baisse d’environ 25% depuis 2023 ; moins 40 % depuis 2022 ;
2/ Le niveau des dommages loup dans la Drôme cette année 2024 est du même ordre de grandeur qu’en 2015/2016 (environ 400 brebis tuées ; moins de 1 % du cheptel drômois) ALORS QUE DEPUIS 2015/2016, LE NOMBRE DE LOUPS DRÔMOIS A ÉTÉ MULTIPLIÉ PAR 6 (La protection des troupeaux ça fonctionne très bien).
Il y avait environ 25 à 30 loups dans la Drôme en 2015 et aujourd’hui environ 170 à 180 loups drômois…
3/Regardez bien la page 7 de la pièce jointe (c’est moi qui ai surligné les cartes) ; la différence entre ces deux cartes se situe à l’intérieur du cercle rouge. Cette différence très nette et qui dénote dans ces cartes des dommages loup, confirme l’explosion du braconnage (très probablement campagne d’empoisonnement massive et coordonnée) des loups dans le Vercors avec la « disparition » constatée de quatre meutes du Vercors sud-ouest, entre mars et juillet 2024 (celles et ceux qui empoisonnent les loups, agissent entre la fin de la chasse et le début de l’estive pour limiter l’empoisonnement des chiens de chasse et celle des chiens de troupeaux) .
PS : J’en profite pour vous donner la dernière estimation officielle 2024 (12 décembre 2024) des loups présents en France (OFB 2024). Au mieux stagnation des effectifs, voire baisse de l’effectif des loups français de 5 à 10 % depuis 1 à 2 années autour de 1000 loups (1013 loups exactement avec la traditionnelle fourchette pas connue pour l’instant) ; ce chiffre correspond à un peu moins de 150 meutes présentes sur l’ensemble du territoire français : presque toutes ces meute (98 %) sont situées à l’Est de la vallée du Rhône dans la zone alpino-provençale ; dans les zones de re-colonisation naturelle (à l’Ouest de la vallée du Rhône) la politique mise en œuvre par l’État est, de fait et autant qu’il est possible de faire, l’élimination des loups vus.
Cordialement

Roger MATHIEU

Co-référent loup FNE AuRA
Référent loup FRAPNA Drôme, 24 Rue de la mairie
Le trou du loup
26400 Beaufort-sur-Gervanne

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Le loup perd son statut d’espèce « strictement protégée »

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« Cette décision ne sape pas seulement des décennies d’efforts de conservation, mais représente également un revers important pour ce qui a été salué comme l’un des succès les plus notables de l’Union européenne en matière de conservation de la faune : le retour du loup après sa quasi-extinction »

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Après un retour en force suite à sa quasi-extinction, le loup est de nouveau dans le viseur de l’Union Européenne. Le Comité permanent de la Convention de Berne vient de déclasser le loup. Cette triste première est décriée par les scientifiques et les ONGs comme un recul majeur sur la protection de la biodiversité.

Ce mardi 3 décembre, les 50 États membres de la Convention de Berne, un traité international de référence pour la protection de la biodiversité, ont décidé d’abaisser le niveau de protection du loup d’espèce « strictement protégée » à « protégée ». Cela entrera en vigueur dans trois mois, « sauf si au moins un tiers des parties à la Convention de Berne s’y oppose », a précisé l’organe décisionnaire européen.

Sur les 50 votants, deux pays se sont abstenus : la Tunisie et la Turquie. Seuls cinq pays se sont opposés au déclassement du loup : Royaume-Uni, Monaco, Monténégro, Albanie et Bosnie-Herzégovine. « Cette dernière a tenté de faire reporter d’un an le vote, sans succès » déplore l’ONG One Voice. C’est la première fois qu’un animal perd son statut d’espèce strictement protégée.

« Cette décision ne sape pas seulement des décennies d’efforts de conservation, mais représente également un revers important pour ce qui a été salué comme l’un des succès les plus notables de l’Union européenne en matière de conservation de la faune : le retour du loup après sa quasi-extinction » alerte France Nature Environnement

Pour s’appliquer, la modification de la convention de Berne doit en premier lieu être inscrite dans la directive européenne « Habitats », qui retranscrit les demandes de la Convention de Berne. Concrètement, le loup va passer de l’annexe IV de la directive (espèce strictement protégée) à l’annexe V (espèce protégée). Or, si l’annexe IV interdit tout mise à mort intentionnelle d’une espèce qui y est classée (hormis dérogation très précise), l’annexe V est bien plus permissive. Elle stipule que la mise à mort de spécimens doit être « compatible avec leur maintien dans un état de conservation favorable ». Une dernière phrase qui laisse une large part à l’interprétation des Etats-membres.

En 2023, les loups étaient au nombre de 20 300 en UE, majoritairement dans les Balkans, les pays nordiques, en Italie et en Espagne. En France, leur population était de 1003 individus, une baisse de 9 % par rapport à l’année précédente. Près de 20 % des loups français sont déjà tués chaque année. Les difficultés rencontrées par les éleveurs auraient motivé l’UE à déclasser le prédateur naturel.

« Pour nous c’est complètement démago et mensonger de faire croire que déclasser le loup va régler le problème des éleveurs, dénonce Thierry Ruf de l’ASPAS pour La Relève et La Peste. La seule solution, c’est le triptyque clôtures-chiens-berger comme en Italie, en Slovénie et en Albanie. »

Dans les Abruzzes, en Italie, les éleveurs coexistent avec les loups et en dépendent même économiquement. Tuer un loup peut en effet avoir de terribles conséquences. De nombreux articles scientifiques expliquent que la mort d’un loup peut déstructurer toute une meute, et ainsi augmenter le phénomène de prédation des jeunes loups livrés à eux-mêmes.

« Cette décision s’inscrit dans un recul global de la législation environnementale : pesticides ré-autorisés, espèces classées comme occasionnant des dégâts… On ouvre la porte à n’importe quoi avec ce déclassement, cela risque d’en entraîner d’autres. Il y a déjà des demandes sur le lynx qui ne cause aucun dégât, l’ours depuis longtemps, le vautour qui est un charognard et même le Grand Cormoran pour le pêcheur ! » alerte Thierry Ruf de l’ASPAS pour La Relève et La Peste.

Durant une visite au Sommet de l’élevage début octobre, le Premier ministre français Michel Barnier avait annoncé que la nouvelle évaluation officielle du nombre de loups en France, qui doit paraître d’ici la fin d’année, pourrait représenter un potentiel « moment clé » pour augmenter les abattages de loups.

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