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Les caïds de la tech, les croisés de l’extrême droite, les barons de la finance… Les 7 familles de l’oligarchie trumpiste

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Rémi Noyon, Dominique Nora, Xavier de La Porte et Sarah Halifa-Legrand

le 16 janvier 2025

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Décryptage  Clan familial, nationaux-populistes, conspirationnistes, climato-sceptiques, poids lourds du business américain… L’entourage du nouveau président américain apparaît bien menaçant pour la démocratie.

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1. Les caïds de la tech

Hier, Donald Trump appelait Mark Zuckerberg, le patron de Meta, « Zuckerschmuck » et le qualifiait de « véritable ennemi du peuple », parce qu’il avait suspendu ses comptes Facebook et Instagram. Désormais, Zuckerberg met ses valeurs démocrates dans sa poche et fait allégeance au nouveau président.

Non seulement il est venu à Mar-a-Lago et a versé 1 million de dollars au fonds d’investiture, mais il infléchit la politique de modération de Meta, en supprimant la vérification des faits. Ce qui transformera instantanément ces deux réseaux sociaux en véhicules privilégiés pour le complotisme et la désinformation, à l’instar du X d’Elon Musk. Et il déménage, lui aussi, son siège à Austin (Texas), nouvelle Mecque de la tech conservatrice. Un revirement complet qu’Elon Musk a qualifié de « cool ».

Parce qu’avec Trump il n’existe rien entre « ennemi » et « ami », beaucoup d’autres figures pro-démocrates du secteur de la tech ont viré leur cuti. C’est le cas de Marc Andreessen, le co-inventeur du premier navigateur internet grand public, Mosaic, devenu un acteur vedette du capital-risque. Mais également de Tim Cook (Apple), Jeff Bezos (Amazon) ou Sam Altman (OpenAI)… « Lors de mon premier mandat, tout le monde se battait contre moi. Maintenant, tout le monde veut être mon ami », a ironisé le président.

Ces patrons rejoignent le petit clan des cyber-moguls qui a porté Trump au pouvoir. Leur chef de file, Elon Musk, chantre du « moins d’Etat » et de l’anti-wokisme, a clairement « hacké » – voire « acheté » – la présidentielle. Il a longuement interviewé Trump sur X, transformé en machine de propagande, a participé à ses meetings, a monté une structure dédiée au financement de sa campagne, et même « payé » les « bons » électeurs !

Un investissement de 250 millions de dollars dans les mois précédant l’élection, récompensé par la direction du Doge (Department of Government Efficiency), la structure chargée de sabrer dans les dépenses publiques. En attendant de restructurer l’Etat américain avec la brutalité appliquée à ses propres entreprises, Musk mène une agressive campagne pour saper les démocraties européennes.

Les ego boursouflés de Musk et Trump s’accorderont-ils durablement ? Imprévisible. Ils sont notamment aux antipodes sur l’environnement. Musk, qui faisait partie du Conseil technologique de Trump en 2016, en avait claqué la porte après l’annonce du retrait américain de l’accord de Paris sur le climat. Or le prochain gouvernement envisage de supprimer les aides publiques à la mobilité électrique… Mais ce soi-disant libertarien, qui a bâti sa carrière sur les subventions (Tesla) et les contrats (SpaceX) de l’Etat fédéral, n’est pas à une contradiction près.

Musk n’est par ailleurs que l’un des membres du puissant club des « tech bros ». Il ne faut pas sous-estimer l’influence plus discrète de l’investisseur libertarien radical Peter Thiel, issu comme Musk de la « mafia PayPal », du nom de l’entreprise de paiement numérique qui leur a permis de faire fortune. Thiel a notamment poussé pour le choix du vice-président, son ex-camarade de Yale J.D. Vance.

L’autre soutien crucial du ticket Trump-Vance est David Sacks, qui a organisé pour eux d’importantes levées de fonds. Ce multi-entrepreneur californien, lui aussi ancien de PayPal, issu comme Musk d’une famille sud-africaine, a arrondi sa fortune en investissant dans Facebook, Uber, SpaceX, Palantir ou Airbnb… Bombardé « Tsar » de la Maison-Blanche pour l’intelligence artificielle et les cryptomonnaies, il pilote le Comité présidentiel des conseillers en science et technologie.

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D. N

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2. Les croisés de l’extrême droite

Trop extrême pour ses propres électeurs ? Pendant la campagne, Trump a cherché sans cesse à prendre ses distances avec le sulfureux « Projet 2025 », ce document de 922 pages élaboré par une centaine de cercles de réflexion conservateurs, sous la supervision du plus puissant d’entre eux, The Heritage Foundation.

Une initiative ayant pour but d’« institutionnaliser le trumpisme », selon son directeur Kevin Roberts, en instaurant un pouvoir présidentiel illimité et une vision chrétienne nationaliste de la société. Mais depuis qu’il a remporté l’élection, Trump a nommé dans son administration au moins sept personnes associées au « Projet 2025 ». Il a aussi embauché onze collaborateurs d’un autre think tank ultraconservateur, l’America First Policy Institute, qui, lui, a rédigé près de 300 décrets prêts à être signés dès son retour à la Maison-Blanche.

Une myriade de groupes gravite ainsi dans l’orbite de Trump, prêts à lui fournir idées et personnels. Ces organisations radicales ont poussé comme des champignons ces dernières années, comme l’America First Policy Institute né en 2021, l’America First Legal créé par le conseiller de Trump Stephen Miller la même année, ou l’organisation étudiante chrétienne Turning Point, fondée par le jeune activiste Charlie Kirk en 2012 et devenue très active sous l’ère trumpiste.

Tous contribuent à remodeler le conservatisme du Parti républicain pour en faire un mouvement de droite dure. Ils prônent le protectionnisme économique, l’isolationnisme, la restauration de la famille comme élément central de la vie américaine, l’interdiction de l’avortement, la fermeture des frontières… Ils brandissent l’épouvantail de la menace sur la civilisation blanche, chrétienne, du péril gauchiste sur la « vraie » Amérique et appellent à la guerre culturelle.

« Nous sommes tous en train de réaliser qu’il est temps d’encercler les wagons et de charger les mousquets. Dans les combats qui nous attendent, ces idées sont une arme essentielle », écrit le vice-président de Trump J.D. Vance, archétype de cette nouvelle droite, en préface du dernier livre de Kevin Roberts, « Dawn’s Early Light ». Le patron de The Heritage Foundation, proche de l’Opus Dei, une branche radicale de l’Eglise catholique, estime, lui, que les Etats-Unis sont « en train de vivre la deuxième révolution américaine, qui restera sans effusion de sang, si la gauche le permet ».

« La droite américaine est aujourd’hui dominée par des forces et des factions qui sont convaincues que notre époque exige non pas la retenue et la préservation, mais le radicalisme et la “contre-révolution” », constate l’historien Thomas Zimmer. Une droite qui a fait de Trump son porte-étendard.

Dans son sillage marchent aussi des dizaines de fantassins appartenant aux bataillons les plus extrêmes. Comme la milice des Proud Boys, qui s’est illustrée dans l’assaut du Capitole le 6 janvier 2021, et le groupe néonazi Blood Tribe, dirigé par un ancien marine américain, Christopher Pohlhaus, qui, en août dernier, a défilé à Springfield, dans l’Ohio, en brandissant des drapeaux marqués de croix gammées…

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S. H.-L.

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3. Les barons de la finance

Vous connaissez BlackRock, principal gestionnaire d’actifs au monde, mais connaissez-vous BlackStone, plus grand fonds de capital-investissement, et son cofondateur Stephen Schwarzman ? Réputé pour ses fêtes d’anniversaire extravagantes et ses comparaisons audacieuses entre les projets de fiscalité d’Obama et l’invasion de la Pologne par les nazis, c’est un soutien régulier de Trump.

Régulier parce que les deux hommes expriment parfois des divergences mais se rabibochent toujours : en 2016, Schwarzman prend la tête du Strategic and Policy Forum, réunion d’une quinzaine de PDG chargés de conseiller le président, qui éclate après les déclarations de Trump sur la manifestation néonazie à Charlottesville.

Schwarzman soutient le candidat MAGA (Make America Great Again) en 2020 avant de s’en éloigner à nouveau après l’attaque du Capitole. En 2024, rebelote. Beaucoup de patrons ont préféré Kamala Harris, craignant les tirades protectionnistes de Trump. Pas lui. Il est alors l’un des rares à dire son intention de voter républicain.

Vieille figure new-yorkaise, multimilliardaire, Schwarzman incarne le tournant spéculatif qui a commencé avec les LBO – rachats par effets de levier, très controversés – et s’est poursuivi avec le capital-risque, les fonds spéculatifs et le private equity (« capital investissement »). Pour la sociologue Melinda Cooper, autrice de « Counterrevolution », il représente une nouvelle « ligne de fracture qui traverse le monde de la finance ».

La campagne de Kamala Harris était, en effet, plus sensible aux intérêts des investisseurs traditionnels (type BlackRock et son patron Larry Fink, soutien des démocrates). Côté Trump, on trouvait par exemple Bill Ackman, milliardaire à la tête du fonds Pershing Square, en guerre contre les politiques d’inclusivité, ou Scott Bessent, fondateur de Key Square Group, désormais annoncé au Trésor.

Mais malgré des craintes sur le programme économique, Wall Street devrait se ranger sans trop d’états d’âme derrière le républicain. Moins de taxes sur les revenus et les entreprises et surtout pas de taxation des plus-values non réalisées : qui, parmi les riches, est contre ?

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R. N.

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4. Le clan familial

Milwaukee, 18 juillet 2024. Une pluie de ballons tombe sur le visage radieux de Donald Trump entouré des siens, sur la scène de la Convention nationale du Parti républicain, qui vient d’en faire son candidat à la présidentielle. Ses cinq enfants, ses dix petits-enfants, ses gendres, ses belles-filles… Le clan à la plastique entièrement refaite, nez fins et pommettes hautes, se serre autour du patriarche. Trump est avant tout un père de famille. Il ne fait rien sans sa tribu.

Que ce soit dans son business, à The Trump Organization, ou à la Maison-Blanche, il a placé partout des membres de sa famille sans se soucier des conflits d’intérêts – il en a cumulé 3 400 pendant son premier mandat, selon un organisme de surveillance éthique.

Depuis 1967, une loi contre le népotisme empêche les présidents de nommer des membres de leur famille au sein d’agences fédérales ; Trump leur a donc trouvé d’autres fonctions. Il a offert un job aux beaux-pères de ses deux filles : Massad Boulos sera son conseiller principal pour le Moyen-Orient, et le magnat de l’immobilier Charles Kushner, ambassadeur des Etats-Unis en France. L’une de ses belles-filles, Kimberly Guilfoyle, décroche, elle, l’ambassade américaine en Grèce.

Alors que sa fille Ivanka et l’époux de celle-ci, Jared Kushner, qui avaient joué les conseillers de premier plan dans sa précédente administration, gardent désormais leurs distances, c’est l’aile MAGA de la famille qui occupe le devant de la scène. Ses fils, Donald Jr et Eric, ainsi que l’épouse de ce dernier, Lara, s’imposent comme la nouvelle faction influente. Lara a été nommée coprésidente du Comité national républicain, encouragée à entrer au Sénat, avant de renoncer, et court les plateaux télé.

Les fils ont pesé de tout leur poids pour que Trump choisisse le sénateur J.D. Vance comme colistier. L’aîné, Donald Jr, a pris une place prépondérante. Devenu l’icône de la base MAGA pour son podcast très populaire, sa défense des armes à feu et de l’isolationnisme américain, il a surveillé les nominations de son père pour s’assurer qu’aucun « serpent », comme il dit, ne s’immisce dans le trombinoscope final.

La confiance du chef dans sa famille est sans limite. Au cours de son premier mandat, ses collaborateurs ont compris que pour le convaincre, il valait mieux obtenir d’abord le soutien d’un membre de son clan. Son ex-conseiller Steve Bannon l’a appris à ses dépens, mis sur la touche en raison de son hostilité envers le gendre Kushner. Elon Musk semble avoir saisi l’enjeu : il se fraye un chemin sur toutes les photos de famille au point d’avoir obtenu le surnom d’« Uncle Musk ».

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S. H.-L.

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5. Les complotistes

Trump a fait du complot son obsession. Il s’est lancé en politique en reprenant la thèse raciste des « birthers » qui soupçonnaient Barack Obama de ne pas être né sur le sol américain. Puis il a inventé la théorie conspirationniste du Big Lie, le « gros mensonge », faisant croire à ses partisans que Joe Biden lui avait volé la victoire en 2020. Il a ensuite accusé les démocrates d’avoir fomenté contre lui des procès politiques pour lui barrer la route de la Maison-Blanche, et laissé entendre qu’ils n’étaient pas innocents dans les deux tentatives d’assassinat qui l’ont visé.

Il a fait de la thèse de « l’Etat profond », son expression favorite pour désigner un Etat dans l’Etat qui tirerait secrètement les ficelles de la politique américaine, son principal argument de campagne, et de son éradication la priorité de son second mandat. Il se pose en victime d’une cabale et promet de se venger. Il a forgé son identité politique sur ce récit, a rallié sa base autour de cette idée et entend continuer à capitaliser dessus.

Trump retourne dans le Bureau ovale en plaçant à des postes clés des hommes partageant sa vision complotiste du monde. Parmi les figures notables de cette galaxie protéiforme, il a choisi Kash Patel, un fidèle qui a occupé plusieurs postes dans sa précédente administration, pour prendre la tête du FBI… Sachant que l’homme considère que ledit FBI est l’un des fers de lance de la conspiration de « l’Etat profond » contre Trump.

Il est adoubé par le mouvement QAnon, une nébuleuse sectaire convaincue que le nouveau président va sauver l’Amérique contre un fantasmé réseau de pédophiles cannibales et sataniques contrôlant le gouvernement. Il se pose en théoricien de « l’Etat profond » dans son livre « Government Gangsters. The Deep State, the Truth, and the Battle for Our Democracy », où il dresse une liste de 60 adversaires à mettre hors d’état de nuire, dont Joe Biden, son prédécesseur au FBI, Christopher Wray, et le procureur général sortant, Merrick B. Garland.

D’autres deep-state target lists, des listes d’ennemis présumés, circulent. L’une a été préparée par un groupe conservateur, l’American Accountability Foundation, sur les bureaucrates du département de la sécurité intérieure qui devraient être renvoyés faute d’avoir sécurisé la frontière. Ce sera à Kash Patel de tenir le rôle de bras armé de Trump pour exécuter sa promesse de vengeance. Il va être aidé par le tandem composé d’Elon Musk et de Vivek Ramaswamy, à la direction du nouveau « département de l’Efficacité », créé précisément pour démanteler cette bureaucratie gouvernementale.

Le duo a lui aussi un pedigree solide en matière complotiste : le premier se fait le porte-voix de multiples rumeurs auprès de ses millions d’adeptes sur X, tandis que le second s’est illustré pour ses propos sur l’assaut du Capitole, qui aurait été commandité, et en qualifiant de « canular » le « programme de lutte contre le changement climatique ».

C’est en réalité tout l’échafaudage trumpiste qui est conspirationniste. En transformant le Parti républicain en un mouvement populiste, anti-establishment, complotiste, Trump a attiré un aéropage d’adeptes des théories farfelues. Comme Robert F. Kennedy Jr, héritier de la célèbre famille politique, qui récupère le ministère de la Santé.

Ce dernier a fait de l’industrie pharmaceutique son premier ennemi. Il considère que les vaccins sont responsables de l’autisme, le fluor du cancer, les antidépresseurs des fusillades dans les écoles, le wi-fi de « fuites cérébrales »… Paradoxe ultime : c’est maintenant l’anti-establishment complotiste qui va tenir les rênes de l’establishment.

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S. H.-L.

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6. Les climatosceptiques

La vidéo a le mérite de la pédagogie. Elle date de 2019 et on y voit Chris Wright, cheveux gris-blanc, avaler du liquide de fracturation hydraulique – un mélange d’eau et de produits chimiques que l’on injecte dans les puits afin de faire remonter les hydrocarbures. Son message : la révolution du « fracking » (fracturation hydraulique), qui a relancé le pétrole et le gaz aux Etats-Unis, ne nuit pas à la santé en plus d’être bénéfique pour le portefeuille.

Celui qui doit devenir le secrétaire à l’Energie était alors inconnu du grand public : il présidait sa société Liberty Energy, cheville ouvrière de l’industrie pétrogazière et écrivait des posts LinkedIn pour dézinguer les politiques climatiques.

Sa nomination permet de clarifier le débat : il défend sans états d’âme les énergies fossiles. Dans ses tribunes ou dans des podcasts comme « PetroNerds », il répète que le pétrole, le gaz et le nucléaire sont des « outils essentiels pour le progrès humain » tandis que les énergies solaires et éoliennes « rendent nos réseaux électriques moins fiables et les prix de l’électricité plus élevés ». Il va même jusqu’à « célébrer le charbon ». Quant au changement climatique, il ne nie pas son existence, mais juge que c’est un « phénomène relativement modeste ».

Wright ne sera pas freiné dans ses ardeurs par le probable directeur de l’Agence de Protection de l’Environnement (EPA), Lee Zeldin. Cet ex-membre du Congrès a ainsi résumé ses priorités : « Rétablir la position dominante des Etats-Unis dans l’énergie, revitaliser notre industrie automobile pour rétablir les emplois américains et devenir le leader mondial de l’intelligence artificielle. » Sa seule préoccupation semble être de « protéger l’accès à l’air pur et à l’eau ».

Mais sur les hydrocarbures, la nouvelle administration pourrait avoir un train de retard. Les majors (Chevron, ExxonMobil…) tiennent à maintenir les prix élevés (contre Trump, qui voudrait voir les prix à la pompe baisser) et aimeraient sauver des technologies comme la capture carbone ou l’hydrogène (et les subventions décidées sous Biden). Paradoxalement, elles sont moins absolutistes que Trump et son « fore, bébé ! Fore ! ».

Pour quel bilan ? Sous les démocrates, malgré l’Inflation Reduction Act, fléché vers les énergies dites « vertes », la production d’hydrocarbures n’a cessé d’augmenter. Sous les républicains, malgré les déclarations incendiaires, l’aide à certaines technologies de la transition pourrait être maintenue. Ainsi, la présidence MAGA sera peut-être le reflet inversé de celle de Biden. Tout est bon pour conserver le rêve de l’abondance et appuyer le projet trumpien d’energy dominance

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R. N.

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7. Les podcasteurs

A Miami, de la tribune où Trump et sa garde rapprochée célèbrent la victoire, ce 5 novembre, un remerciement est adressé nommément à Joe Rogan. Dix jours auparavant, le célèbre podcasteur a reçu pendant trois heures le candidat républicain, avant de faire le même honneur à son colistier, J.D. Vance. Un signe des temps qui marque le rôle joué par les « nouveaux médias » dans cette campagne.

Joe Rogan, qui a acquis sa notoriété en commentant des rencontres d’Ultimate Fighting Championship (arts martiaux mixtes), anime depuis 2009 le podcast à succès « The Joe Rogan Experience ». S’il y reçoit aussi Bernie Sanders ou Edward Snowden, il est surtout le relais de la propagande MAGA, avec des entretiens fleuves au cours desquels on peut rigoler ou s’allumer une clope.

hez lui, le pire conspirationniste devient un bon gars. Il faut aussi compter avec Steve Bannon, l’ex-conseiller banni par Trump, mais toujours une figure de l’internationale populiste, qui continue de mener la bataille des idées dans son podcast « War Room », après quatre mois de prison – pour refus de coopérer à l’enquête parlementaire sur l’assaut du Capitole. On pourrait également ajouter Tucker Carlson, l’ancien présentateur de Fox News, qui a créé un site de streaming « Tucker Carlson Network » – relayé par X –, où il a été le seul journaliste occidental à interviewer Poutine depuis l’invasion de l’Ukraine.

Et puis encore : Megyn Kelly, Shawn Ryan ou Candace Owens, qui trustent les meilleures écoutes de Spotify. Recomposant le débat public américain, ces espaces attirent des dizaines de millions d’auditeurs et ringardisent les médias traditionnels, qui passent pour compassés et « corrompus » par les idées démocrates.

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X. D. L. P.

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