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Météo-France dresse le tableau d’une France à + 4 °C

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Météo-France dresse le tableau d'une France à + 4 °C
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Afin de préparer son adaptation au changement climatique, la France a officiellement adopté en 2023 une trajectoire de référence de + 4°C d’ici à la fin du siècle (Tracc). Mais avec quelles conséquences concrètes ? C’est ce que cherche à décrire le rapport de Météo-France, (1) dévoilé jeudi 20 mars. Une année aussi chaude que 2022 (+ 2,1 °C par rapport à la référence 1976–2005) deviendrait une année exceptionnellement fraîche, indique cette étude. Les années les plus chaudes pourraient ainsi dépasser de plus de + 2 °C la température moyenne annuelle de 2022.

Des années plus humides que les records enregistrés à ce jour sont également envisageables, notamment en hiver, avec des cumuls dépassant largement les niveaux actuels. Les pluies quotidiennes augmenteront de plus de 20 % dans le nord, tandis que les précipitations intenses se renforceront encore dans les régions méditerranéennes. En parallèle, des étés plus secs et plus chauds de + 2 à + 3 °C sont attendus. Le nombre de fortes chaleurs (35 °C) passerait d’un jour à huit jours par an en général, jusqu’à trente à quarante jours dans les régions méditerranéennes. Le nombre de nuits chaudes (plus de 20 °C) grimperait également à vingt-cinq, contre deux seulement sur la période de référence, et à cent ou cent-vingt sur le littoral méditerranéen..

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Des records de chaleur à 50 °C dès 2050

Rare au XXe siècle, en France, le seuil des 40 °C serait atteint en moyenne tous les ans, avec des records de chaleur jusqu’à 50 °C dès 2050. De mi-mai à fin septembre, des vagues de chaleur, jusqu’à deux mois en continu, seront probables, tandis que le nombre de jours de gel se réduirait à une quinzaine de jours en moyenne, contre quarante-trois auparavant. Dans les régions littorales et dans le sud, les gelées deviendront rares, mais elles seront d’autant plus dévastatrices qu’elles pourraient de produire à des stades végétatifs plus avancés.

En raison d’une évapotranspiration de la végétation plus forte (près de 20 %), la ressource en eau se réduirait de plus de 100 mm, soit l’équivalent d’un à deux mois de pluie. Le nombre de jours de sol sec augmenterait d’un mois dans la moitié nord (totalisant quatre à cinq mois) et jusqu’à deux mois dans la moitié sud (plus de sept mois). Le risque élevé de feu se généralisera à l’ensemble du pays. Les régions de la Loire au Bassin parisien pourraient ainsi connaître un risque aussi fort que l’arrière-pays méditerranéen aujourd’hui. Le nombre de jours de neige au sol se réduira fortement sur tous les massifs. Enfin, du fait de la hausse des niveaux marins, le risque de submersion marine lors de tempête sera en forte hausse.

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1. Consulter le rapport de Météo-France
https://www.actu-environnement.com/media/pdf/news-45836-rapport-plus-quatre-degres-Meteo-France.pdf
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