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Actualité en Région Auvergne-Rhône-Alpes

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« Une véritable dérive trumpiste » : la plainte contre Laurent Wauquiez et Fabrice Pannekoucke officiellement déposée…

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27 mars 2025
 

Vincent Guiraud

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Fabrice Pannekoucke, a réagi ce jeudi 27 mars au dépôt de plainte le visant lui et son prédécesseur, Laurent Wauquiez au sujet des propos tenus contre l’OFB dans une lettre adressée aux agriculteurs de la région. Le président d’Auvergne-Rhône-Alpes ne regrette rien et tacle l’opposition écologiste à l’origine de cette plainte collective.

Sa réaction était attendue. Et il n’a pas manqué d’évoquer ce sujet en marge de l’assemblée plénière de la région Auvergne-Rhône-Alpes ce jeudi 27 mars 2025. Fabrice Pannekoucke a réagi, face à la presse, à la plainte collective déposée officiellement il y a trois jours par des élus écologistes au conseil régional et plusieurs associations et syndicats. Il était reproché au président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes ainsi qu’à son prédécesseur, Laurent Wauquiez, une « attaque frontale à l’Etat de droit » dans une lettre adressée en février aux agriculteurs à propos de l’Office français de la biodiversité (OFB).

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« J’ai presque de la peine » a débuté, de manière ironique, Fabrice Pannekoucke. « J’espérais qu’à la faveur de notre courrier tout le monde essaierait de se hisser un peu pour faire le constat de ce qui n’est pas acceptable sur notre territoire. Mais au lieu de ça, on a une fois de plus des donneurs de leçons qui illustrent leur position par un dépôt de plainte » a poursuivi le président LR, attaquant frontalement les élus écologistes à l’origine de cette plainte collective.

En février dernier, Fabrice Pannekoucke et Laurent Wauquiez avaient envoyé une lettre aux agriculteurs de la région dans laquelle ils qualifiaient l’OFB de « coalition d’idéologues », empêchant les agriculteurs de « travailler et de vivre dignement ». Plusieurs associations et syndicats s’étaient alors associés aux élus régionaux pour dénoncer « un courrier au ton populiste » et des propos destinés à créer « une hostilité et méfiance à l’égard des agents de l’OFB ».

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Dans leur courrier, Fabrice Pannekoucke et son « conseiller spécial » Laurent Wauquiez espéraient même « que se posera sérieusement la question de la dissolution de l’OFB ». Des mots durs que ne regrette pas une seconde le président de Région. « S’il fallait le refaire, je le referais exactement de la même manière, à un détail prêt : je ferai une conférence de presse avant pour expliquer pourquoi nous avons envoyé cette lettre » a détaillé Fabrice Pannekoucke. « Ça fait des années qu’on dénonce le comportement de certains agents de l’OFB au service du dogme. Et il ne s’est rien passé », a déploré le successeur de Laurent Wauquiez.

« Quand on n’est pas capable de sanctionner et de faire cesser certains comportements… l’OFB donne l’image d’un canard sans tête » a-t-il estimé. Avant de conclure : « Le comportement de l’OFB n’est pas acceptable car il impacte directement ceux qui vivent sur notre territoire, à commencer par nos agriculteurs ». Ces derniers seraient ainsi empêchés de « travailler sereinement », accabler par des « contrôles absurdes » selon Fabrice Pannekoucke et Laurent Wauquiez dans leur lettre du 7 février dernier.

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Chaque année, au niveau national, l’OFB réalise 3000 opérations de contrôle dans les quelque 400 000 exploitations. En moyenne, un agriculteur est donc contrôlé tous les 133 ans.
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Dépot de plainte contre Wauquiez et Pannekoucke devant le palais de justice de Lyon
La plainte collective a été déposée ce lundi 24 mars.
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« Une véritable dérive trumpiste » : la plainte contre Laurent Wauquiez et Fabrice Pannekoucke officiellement déposée

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25 mars 2025

Loane Carpano

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Le 24 mars, les élus écologistes du conseil régional et plusieurs associations et syndicats ont déposés une plainte collective à l’encontre de Laurent Wauquiez et Fabrice Pannekoucke. Ceux-ci sont accusés d’avoir « attaqué frontalement l’Etat de droit » dans une lettre adressée aux agriculteurs.

Lundi 24 mars, les élus écologistes du conseil régional suivis de plusieurs syndicats et associations ont officiellement déposés une plainte collective à l’encontre de Laurent Wauquiez et Fabrice Pannekoucke. L’ex et l’actuel président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes sont visés par cette plainte en raison de leurs attaques à l’OFB (office français de la biodiversité.)

Pour rappel, les deux élus s’en étaient pris à l’OFB en février dernier. Dans une lettre adressée aux agriculteurs, ceux-ci avaient qualifié l’agence gouvernementale de « coalition d’idéologues », empêchant les agriculteurs de « travailler et de vivre dignement. » Dans le même courrier, les deux élus avaient exprimé espérer que « se posera sérieusement la question de sa dissolution. » « Un courrier avec un ton populiste(…) actant d’une véritable dérive trumpiste dans les méthodes de l’exécutif régional », précise Cécile Michel, vice présidente des écologistes à la Région.

Les dépositaires dénoncent alors des « des détournements de fonds publics », « un abus d’autorité », ainsi qu’un « délit d’outrage. » Parmi les signataires, les Confédérations paysannes, France Nature environnement Haute-Loire, ou encore, le photographe Yann Arthus-Bertrand. « Nous portons plainte contre x car ce courrier est une attaque frontale a notre Etat de droit, c’est un encouragement à la violence quand le rôle de la Région et de ses élus devrait être à l’apaisement », affirme Cécile Michel. « Pour la première fois, une collectivité territoriale a décidé de financer des recours juridique contre des agents qui travaillent sous l’égide du parquet et du préfet, et qui concourent à la justice environnementale », ajoute Pierre Janot, conseiller régional d’opposition (Les Ecologistes)

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Détournement et outrage

Les élus écologistes pointent notamment du doigt un détournement de fonds publics. Ils dénoncent le fait que les deux élus, aient, sans concertation « utilisé les moyens administratifs et financier de la Région pour lancer une campagne visant à destituer et décrédibiliser les agents œuvrant pour la justice environnementale. » Mais également « engagé la Région dans une action visant à entraver l’action et le travail d’agents assermentés en prenant en charge les frais de justice des personnes mises en cause par l’OFB. » A cela, Pierre Janot ajoute : « Les fonds publiques ne peuvent pas servir à se défendre contre des agents qui participent a la justice environnementale. »

Est également dénoncé dans la plainte « un délit d’outrage. » Selon les élus écologistes, le caractère outrageant du courrier est destiné à créer « une hostilité et méfiance à l’égard des agents de l’OFB », plaçant les agriculteurs comme « les victimes » : « L’outrage est là pour disqualifier l’action de la police environnementale et a pour but de pousser les gens à la rébellion », précise Pierre Janot.

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« Des agents insécurisés par la démarche »

Selon les élus écologistes régional, ce courrier impacterait directement les agents de l’OFB : « Nous avons des agents qui sont insécurisés par la démarche de Laurent Wauquiez et de Fabrice Pannekoucke », déplore Pierre Janot. Il poursuit : « Jusqu’à présents il n’était pas légitime d’exercer des violences envers les agents de l’OFB, maintenant, ceux qui le font ont l’appui du conseil régional. » La CGT OFB confirme : « Ce type de courrier nous expose à des accidents (…) C’est inacceptable, il faut que les agents puissent travailler sereinement »

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Un soutien de la Préfète

Si la préfète de la région Fabienne Buccio avait réagit en adressant un courrier aux agriculteurs, les élus écologistes dénoncent un soutien « trop mou » de sa part. « La préfète est là pour protéger les agents de l’Etat (…) Nous pensons qu’elle aurait pu faire beaucoup plus qu’un courrier », affirme Pierre Janot. « Ils sont allés beaucoup trop loin, et pour autant, on reste sur des recadrages qui ne nous semblent ne pas être à la hauteur. »

Les dépositaires affirment qu’une condamnation est nécessaire : « Il faut lui dire stop, si les préfets ne réagissent pas, si personne ne réagit nous avons encore le pouvoir de la justice (…) Nous utilisons ce dernier levier qui nous reste puisque personne ne bouge autour. » Si la plainte est désormais déposée, les dépositaires précisent que ceux qui le souhaite peuvent toujours la signer.

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25 mars 2025

Loane Carpano

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