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Drôme

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Drôme : Marine Tondelier, la cheffe des Ecologistes, monte en estive sur le Vercors

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Marine Tondelier en visite dans la Drôme pour trois jours
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 20 juillet 2025 

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Marine Tondelier en visite pour trois jours dans la Drôme. La secrétaire nationale des Ecologistes participe à la fête du Picodon à Saoû ce dimanche. Lundi, elle montera en estive sur le Vercors. Elle s’y était engagé auprès d’un éleveur il y a un mois.

Marine Tondelier est à Saoû ce dimanche, où elle participe à la Fête du Picodon et s’entretient avec des producteurs du fameux fromage de chèvres. Lundi, elle prend part à la commémoration de la résistance et du martyr du village de Vassieux-en-Vercors. Puis elle monte en estive ! Elle va passer la nuit en montagne avec les bergers. Elle s’y était engagée.

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Marine Tondelier était déjà dans la Drôme il y a quasiment un mois, le 26 juin, pour une réunion publique à Vaunaveys-la-Rochette. Elle y avait croisé Alain Baudouin, président de l’association des éleveurs et bergers du Vercors. Une rencontre dont elle nous avait parlé à l’époque : « je l’ai repéré tout de suite avec son petit béret rouge arriver et je suis passée devant pour discuter avec lui. Et il a dit « oui, mais vous ne vous rendez pas compte de notre quotidien, les politiques ils ne savent pas en fait notre métier ». Moi il se trouve que je suis une petite fille de paysans du Pas-de-Calais, et tout de suite je lui ai dit : « mais moi il y a aucun problème, je viens avec vous ». D’ailleurs je rentre de Lorient où j’ai fait une marée avec des pêcheurs au chalut aussi pour me rendre compte de la pénibilité de leur travail. Et donc on a pris l’engagement à la fin de la réunion, devant toute la salle, d’aller passer 24 h avec lui en estive puisque je reviens mi-juillet pour la fête du picodon. Et donc ce sera l’occasion de faire les deux en même temps ».

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Ce ne sera pas tout à fait 24h mais Marine Tondelier, accompagnée de la députée écologiste drômoise Marie Pochon, vont passer une nuit dans une cabane sur le Vercors et garder les brebis effectivement lundi soir et mardi matin avec Alain Baudouin. L’éleveur n’a pas souhaité répondre à nos questions pour l’instant. Il ne veut pas de récupération politique. Il veut juste montrer son quotidien, ses difficultés, la pression du loup.

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Nathalie Rodrigues

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Rappel : Marine Tondelier, la patronne du parti Les Ecologistes, était dans la Drôme ce jeudi 26 juin 2025… 

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Marine Tondelier dans la Drôme : « on a beaucoup parlé de résistance et j’ai senti beaucoup d’inquiétudes »

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Marine Tondelier était ce jeudi soir en réunion publique inversée à Vaunaveys-la-Rochette dans la Drôme 

Nathalie Rodrigues

 27 juin

Marine Tondelier, la patronne du parti Les Ecologistes, était dans la Drôme ce jeudi 26 juin 2025 au soir. Venue écouter les habitants à Vaunaveys-la-Rochette près de Crest. Elle en retient les inquiétudes et les incompréhensions exprimées.

Marine Tondelier, secrétaire nationale des Ecologistes, a mené une « réunion publique inversée » ce jeudi 26 juin au soir à Vaunaveys-la-Rochette près de Crest dans la Drôme. Un rendez-vous présenté comme un temps d’échanges pour écouter et répondre aux questions plutôt que de discourir. Environ 200 personnes y ont participé d’après ses équipes.

ICI Drôme Ardèche : Pourquoi cette rencontre ?

Marine Tondelier : Je fais un tour de France en ce moment de réunions publiques inversées. Je pense que les politiques font peu quelque chose de pourtant primordial : se taire et écouter. Parce qu’on a tous beaucoup à apprendre, notamment des villes, des villages où nous ne sommes jamais allés, où d’ailleurs personne ne vient jamais. Et donc c’est très important pour moi. Et on apprend énormément dans ces réunions publiques inversées. Et quand on finit par s’exprimer à la fin, c’est en partant des questions qu’on nous a posées, des remarques qu’on nous a faites. Et donc on s’exprime exactement en fonction de ce qui est attendu par la salle, ce qui est, là aussi, très rare en politique.

ICI DA : Et vous retenez quoi donc de ce que vous ont dit les Drômois ?

Marine Tondelier :  Beaucoup d’inquiétude. J’ai vraiment ressenti beaucoup d’inquiétudes. On a beaucoup parlé de résistance, et c’est vrai qu’on est à proximité du Vercors et que ce qui s’est passé il y a quelques décennies maintenant est encore très vibrant dans le cœur des habitants. Mais on a aussi parlé des résistances à l’écologie et des inquiétudes que ça suscitait parmi de nombreuses personnes dans la salle. Et puis surtout de 2027 (ndlr : la prochaine élection présidentielle), parce qu’il y avait pas mal de personnes quand même qui ont aimé ce qu’on a fait l’été dernier avec le Nouveau Front Populaire et qui ne comprennent pas bien – et je ne comprends pas non plus, nous étions très alignés- pourquoi il y a un an, ça paraissait évident de se mettre tous ensemble pour ne pas que Jordan Bardella arrive à Matignon. Et pourquoi aujourd’hui, alors qu’on veut empêcher l’extrême-droite d’arriver à l’Elysée, ça ne serait pas possible d’arriver ensemble. Je ne sais pas si ce sera Marine Le Pen ou Jordan Bardella. On verra lequel des deux n’est pas en prison d’ici là. Mais c’est une menace très palpable, très concrète, très réelle et pourtant ce n’est plus aussi évident qu’avant de discuter à gauche. Et c’est un vrai sujet. Et donc ils nous remercient aussi de ne pas nous laisser abattre, de ne pas, nous, être en train de couper toute la journée les cheveux en quatre et de chercher des solutions. J’espère qu’ils sont repartis avec un peu d’espoir et de motivation.

ICI DA : Dans ces rencontres, vous croisez souvent des gens qui sont proches de vos idées, proches de vous. Il n’y a pas vraiment de débat si ?

Marine Tondelier : Ah bah si ! Hier notamment, il y avait des agriculteurs qui étaient venus poser beaucoup de questions. Alain, notamment, qui est le chef des éleveurs du Vercors. On avait parlé au début de la réunion, je l’ai repéré tout de suite avec son petit béret rouge arriver et je suis passée devant pour discuter avec lui. Et il a dit « oui, mais vous ne vous rendez pas compte de notre quotidien, les politiques ils ne savent pas en fait notre métier ». Moi il se trouve que je suis une petite fille de paysans du Pas-de-Calais, et tout de suite je lui ai dit : « mais moi il y a aucun problème, je viens avec vous ». D’ailleurs je rentre de Lorient où j’ai fait une marée avec des pêcheurs au chalut aussi pour me rendre compte de pénibilité de leur travail. Et donc on a pris l’engagement à la fin de la réunion, devant toute la salle, d’aller passer 24 h avec lui en estive puisque je reviens mi-juillet pour la fête du picodon. Et donc ce sera l’occasion de faire les deux en même temps.

ICI DA : L’idée de toutes ces rencontres, c’est quoi? Vous parliez tout à l’heure effectivement de 2027. C’est de nourrir votre réflexion pour cette échéance électorale là ?

Marine Tondelier : Déjà, c’est aller mobiliser un peu sur le terrain parce qu’on voit bien que l’espoir commence à perdre quand même, même les plus motivés d’entre nous. Donc ça, c’est mon travail aussi. Le moral des troupes. Ne pas se laisser abattre. Imaginer, dessiner et puis raconter aussi quels projets de société on imagine. Parce qu’on voit bien qu’on ne va pas faire la course à l’échalote avec Retailleau, Darmanin, l’extrême-droite. A un moment, il ne faut pas les jouer sur leur terrain. Il faut proposer quelque chose de radicalement opposé. L’inverse. Un projet d’empathie, de tendresse, d’amour, d’attention portée à l’autre. Moi, je travaille par exemple beaucoup sur la solitude qui touche un Français sur quatre et que l’on n’adresse jamais politiquement. La solitude, c’est l’équivalent pour la santé de quinze cigarettes par jour. C’est vraiment démontré par les études. Nous, on propose un chemin d’écologie, qui est un chemin de lien, qui est un chemin d’attention à l’autre. Et je sors un livre en octobre dans lequel j’aurai bientôt l’occasion d’exposer tout ça.

ICI DA : Est ce qu’on vous a parlé des retraites hier soir et de la réforme des retraites?

Marine Tondelier : Eh bien, figurez vous, pas du tout ! Mais je sens que vous, vous allez m’en parler !

ICI DA : Effectivement, puisque François Bayrou s’est exprimé hier à l’issue du conclave qui s’est achevé sans accord. Il a parlé, lui, « d’avancées » et il croit à un compromis proche sur la question de la pénibilité. Sa prise de parole, vous l’interprétez comment vous?

Marine Tondelier : Moi, je ne crois pas à François Bayrou. Ça fait des mois qu’il nous balade. Il a vraiment gagné du temps en réalité, c’est ça qu’il a fait, parce qu’il aurait été censuré s’il n’avait pas fait cette proposition. Donc il a gagné du temps. Et puis nous, on en a beaucoup parlé, et je ne parle pas juste des deux années de vie active qu’Elisabeth Borne nous à imposer. Je rappelle qu’il y a treize ans d’espérance de vie  de différence entre les 5 % des Français les plus précaires et des 5 % les plus aisés, et que c’est une vraie injustice qu’il faut réparer avec un âge correct de départ à la retraite et des critères de pénibilité pris en compte. Aujourd’hui, le fait d’avoir des postures inconfortables dans le travail, le fait de porter des charges lourdes, le fait d’être exposés aux vibrations mécaniques, n’est même pas considéré comme un critère de pénibilité. Ça concerne plein de métiers, 4 millions de personnes en tout. Et je ne comprends pas ce que le patronat ne comprend pas là- dedans. Peut être qu’il faudrait les mettre en stage quelques jours. Pas un stage de troisième mais un stage de patronat pour qu’ils se rendent compte par eux-mêmes que ce qu’ils ont du mal à faire une journée, on ne peut pas le faire plus de 40 ans.

ICI DA : Le Parti socialiste envisage une censure à l’Assemblée, une censure de François Bayrou. Est ce que les Ecologistes, effectivement, voteraient la censure avec le PS?

Marine Tondelier : Nous, on n’était pas très contents de la manière avec laquelle cette censure a été déposée parce qu’en fait, on ne trouve pas ça très compliqué d’aller voir les quatre partis du NFP pour qu’on la dépose ensemble. On pense que cette petite course à l’échalote est quand même un peu bizarre. Après, il y a une priorité, c’est de faire tomber ce gouvernement. Donc on ne va pas s’arrêter là. Et j’imagine bien que tout le NFP – y compris la France Insoumise l’a déjà expliqué – votera cette censure. Mais le problème, ça ne va pas être nous. Le problème, ça va être le Rassemblement National qui se planque. Je ne vois pas d’autre terme que ça. Qui décide maintenant d’attendre l’automne, d’attendre le budget. Franchement, c’est une escroquerie ces gens ! Ils expliquent à leurs électeurs qu’ils sont contre le système, qu’ils vont les protéger jusqu’au bout. Là, ils ont une occasion de faire tomber le gouvernement Bayrou qui a quand même imposé beaucoup de revers aux Français depuis des mois et ils ne vont pas le faire. Je veux que leurs électeurs s’en souviennent.

ICI DA : La loi visant à interdire le mariage aux étrangers en situation irrégulière n’a pas été votée hier à l’Assemblée.

Marine Tondelier : Et heureusement !

ICI DA : Elle a été proposée dans une niche du groupe de droite d’Eric Ciotti et n’a pas pu être soumise aux voix parce que le délai imparti pour les discussions a été dépassé. Vous en êtes satisfaite donc ?

Marine Tondelier : ces gens s’en prennent quand même à la justice sociale, ils s’en prennent à l’égalité, ils s’en prennent à l’environnement et maintenant ils s’en prennent à l’amour. Je n’ai pas d’autres mots pour décrire cette loi. Si aujourd’hui un maire a une suspicion qu’un mariage est blanc, c’est à dire que c’est vraiment un mariage qui n’est pas un mariage d’amour mais dans l’intérêt d’avoir des papiers ou je ne sais quoi, il y a toute une procédure déjà, ils contactent le préfet. Et ce mariage est interdit. Donc aujourd’hui, s’ils font cette loi, ce n’est pas pour interdire les mariages blancs, c’est pour interdire les personnes en situation irrégulière. Il y en a énormément sur le territoire. Pas parce que les gens fraudent ou je ne sais quoi. Parce que les procédures sont extrêmement longues, que les préfectures ne répondent pas, sont engorgées et que tout ça prend beaucoup de temps. Et donc, quand on s’aime dans ce pays, oui, on a un droit, celui de se marier, qui est un droit constitutionnel, fondamental que nous voulons protéger. Et cette loi est une loi raciste comme il y en a beaucoup d’autres proposées par ce groupe en ce moment. Et j’adresse toutes mes pensées aux personnes qui n’étaient pas en situation régulière, qui ont pu se marier sur ce territoire, qui ont des enfants qui y vivent, qui vont à l’école, qui y travaillent, qui font tourner cette société, qui aident leurs voisins, leurs proches. C’est ça en fait que la France, ne leur en déplaise aux autres. Et donc on se battra pour que ça puisse continuer. On peut avoir tous les débats politiques qu’on veut. Par contre l’amour, on n’y touche pas. Merci d’avance. Et nous, on a été très fiers d’avoir dans nos rangs Noël Mamère qui, il y a quelques années maintenant, a marié deux hommes à Bègles alors que c’était interdit. Tous les gens d’extrême-droite qui ont hurlé à l’époque que c’était complètement illégal, etc. Alors que lui, c’était un lanceur d’alerte qui voulait faire progresser les choses. Ce sont les mêmes aujourd’hui qui revendiquent d’outrepasser la loi pour des raisons racistes.

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Nathalie Rodrigues à suivre sur https://www.francebleu.fr/

2 Commentaires

  1. « Il faut proposer quelque chose de radicalement opposé. L’inverse. Un projet d’empathie, de tendresse, d’amour, d’attention portée à l’autre. »
    Quand pense Julien Bayou assassiné politiquement par Marine Tondelier et Sandrine Rousseau ?

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  2. Medias Citoyens Diois

    Salut Dominique,
    Comme moi , tu sais que le monde politique est impitoyable. Encore plus pour une femme.
    Tu as raison pour Julien Bayou écarté violemment.
    Marine Tondelier est conseillère municipale de Hénin-Beaumont. Imagine la dureté et la violence de la gestion de cette commune aux mains du Front National. Et l’énergie constante et la force nécessaire pour tenir le choc face aux fachos…
    Toi et moi natif du Vercors (Saint Julien en Vercors), connaissons le prix des engagements et de la fidélité aux valeurs justes, humanistes et fraternelles. Et à la liberté ! Pardonnerons nous aux lâches ou aux traitres ? Un jour ? En ce 22 juillet 2025, 80 ans après Vassieux-en-Vercors ? D’abord trahis par des Français… La mémoire nous oblige. L’histoire nous contraint.
    Amicalement
    Claude Veyret

    Réponse

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