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Au seuil d’un nouveau cycle

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Nous voici dans cet entre-deux où un cycle se termine, tandis qu’un autre est à rêver. Cette période, entre le solstice d’hiver et l’épiphanie du 6 janvier, a été depuis des milliers d’années honorée par nos ancêtres. C’était le moment de l’attente sacrée. Des anciens rituels néolithiques où les tout premiers rayons du solstice d’hiver venaient féconder l’obscurité des chambres funéraires, aux fêtes Saturnales des romains lors desquelles toutes les activités courantes étaient suspendues, ce moment mystérieux était vécu comme le temps du non temps. Un creux spatio-temporel, une suspension au cœur des longues nuits où le soleil semble arrêter sa course avant de renaître au monde et de rapporter l’espoir d’un nouveau commencement.

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Je vous écris depuis ce creux sacré qui n’est pas une invention de l’humanité mais qui vient de la terre organique, de cette grosse sphère de roche, d’eaux primordiales, de fluides souterrains, de forêts et de fleuves immenses. Le solstice d’hiver est né de la danse ancienne de cette planète miraculeuse avec le soleil. Les anciens humains, comme ceux d’aujourd’hui, ont simplement répondu à l’appel de ce seuil de l’hiver et rêvé des rituels pour l’intégrer et l’honorer.

Assise ici, dans la lenteur suspendue des longues nuits, je prends le temps du repos et du silence. Le temps d’intégrer cette année féconde et intense qui m’a apporté tellement d’émerveillement et de joie et qui a vu la naissance de ce livre où j’ai jeté tout mon amour du monde sauvage. C’est aussi l’année où j’ai retrouvé mes ailes, au sens figuré comme au sens propre, car la paire d’ailes que j’ai reçue au printemps au bord de l’océan m’accompagne encore. Et durant le petit rituel que j’ai fait avec Matt, mon compagnon, pour le solstice d’hiver, la première image qui est venue pour moi a été celle de ces deux immenses ailes accrochées dans mon dos et palpitantes de désir de vivre, d’aventures sauvages et de voyages entre les mondes…

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Ces deux derniers mois, j’ai été accaparée par la sortie du Chant de la Forêt et, pour la première fois depuis que j’ai créé ce compte Conversations Sauvages, j’ai dû le mettre de côté. Je vous remercie de votre patience et d’avoir reçu mon silence ici sans m’en faire le reproche. Merci notamment à ceux qui parmi vous ont continué à verser leur abonnement payant alors même qu’ils n’ont pas reçu, pendant ces deux mois de coupure, les nourritures qu’ils étaient venus chercher. Votre confiance, c’est énorme pour moi. Et je compte bien vous remercier pour ça durant le nouveau cycle qui commence tout juste à se dessiner et pour lequel j’ai de belles visions !

Et voilà, le livre est sorti, la première conférence est passée, tous les ouvrages pré-commandés ont été envoyés, toutes les dédicaces sont terminées, des cartons ont été déposés dans les premières librairies. J’ai été emportée dans une farandole de retours enthousiastes et de témoignages poignants. Merci, merci, merci pour tout ça.

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Puis, lorsque la vague du livre est un peu retombée, j’ai enfin retrouvé un peu d’espace pour moi et j’ai pu revenir à ma précieuse intériorité. Et là, j’ai fait deux choses :

  • D’abord remonter marcher sur les Hauts-Plateaux de ce Vercors où j’ai ma maison, retrouver la piste du loup, le cri des chouettes, l’odeur des cerfs, la trace du lièvre variable posée comme une rune sur la neige, et le chant des innombrables pics noirs qui vivent là-haut. Juste être avec eux. Etre avec eux pour me rappeler ma place ici.
  • Et puis ensuite écrire. De cette écriture instinctive qui ne peut naître pour moi que des moments partagés avec les autres vivants- le mot vivant étant à prendre dans un sens très très large. Comme le lièvre, j’ai tracé d’étranges runes sur le carnet froissé qui reste toujours au fond de mon sac à dos. Comme lui, je me suis tenue immobile, attentive et discrète dans la forêt revêche des hauteurs. Revenue à la lisière féconde, j’ai retrouvé Sans Chanson et son bouillon d’émerveillement. J’ai rempli mon chaudron de voix sauvages, d’odeurs fauves, d’empreintes ondulantes, de morsures de froid, d’étoiles scintillantes, de silences immenses…

Avec les runes de mon carnet, je suis en train de monter mon premier podcast de 2026, qui vous emmène marcher avec moi dans la neige derrière la piste enchantée du loup. J’espère pouvoir le partager avec vous la semaine prochaine.

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Je ne veux pas encore faire de plans précis pour l’année qui vient. Les bonnes résolutions, ça n’a jamais été mon truc… Mais je sais une chose, c’est que ce compte et cet espace que nous partageons ici me nourrit autant que vous. Je lis avec joie vos commentaires et vos retours, vos témoignages parfois intimes qui me touchent et donnent sens à toute l’énergie que je mets ici. Et j’ai tout plein de belles surprises pour vous pour l’année à venir ! Ce ne sont pas des résolutions de 2026, mais des envies qui incubent depuis des mois …

Je vais bien entendu continuer les podcasts, et vous proposer de temps à autre un conte, un poème ou une méditation guidée comme je l’ai fait depuis deux ans.

J’ai aussi décidé, en lien avec la sortie de mon livre, de vous proposer de belles choses autour de la forêt, en tournant autour de deux séries thématiques :

  • la première s’appelle : Histoires d’arbres, et dans cette nouvelle série, je vous emmènerai à la rencontre d’une espèce d’arbre différente à chaque fois, partageant les connaissances botaniques et le folklore autour de cet arbre, et racontant comment je me relie moi-même à lui, comment il m’inspire et m’enseigne. Comme dans mon livre, la science viendra danser avec la poésie, la curiosité s’offrira des détours sacrés ou rêveurs, vous invitant encore et encore à aller écouter sous les arbres. Histoires d’arbres, ce sera aussi parfois des temps de méditation et de guérison, des contes en lien avec une espèce d’arbre bien particulière, et l’invitation à rencontrer les vivants qui vivent parmi les grands sages de bois.
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  • La deuxième série thématique sera distillée sous la forme de podcasts-interviews, dans lesquels je recevrai un invité différent à chaque fois, qui viendra parler des forêts qu’il parcourt et de sa relation avec elles. Naturalistes, photographes de vie sauvage, ingénieurs forestiers, artistes, mystiques, écrivains, activistes, propriétaires de forêts laissées libres… chacun amènera sa vision unique et son expérience à lui. Mes invités ont tous un point commun : ce sont des amoureux fous de la forêt et tous ils ont une relation intime et vivante avec elle ! Je ne les ai pas choisis par hasard 😉 Tous, ils chantent la forêt comme je l’ai fait avec mon ouvrage. Ces nouveaux podcasts s’appellent : « Raconte-moi ta forêt », et j’ai vraiment hâte de partager avec vous ces histoires végétales et animales qui sont aussi des histoires d’amour…
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Tout cela va se mettre en place dans les prochains mois, et en attendant, je vous invite à fouiller mes archives pour vous plonger dans l’énergie de l’hiver et de ce moment du seuil, de l’attente, et du temps qui prend son temps. Vous pouvez par exemple relire mon post de l’année passée en lien avec le solstice d’hiver.

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