Retour sur les vœux du Maire aux dioises et diois
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04 février 2026
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Lors de ses vœux à la population, Isabelle Bizouard, Maire de Die, a rappelé que c’était sa dernière intervention à ce titre. Elle a salué les élus, les parlementaires et les représentants de l’État, et remercié les agents et partenaires de la ville pour leur engagement quotidien.
Elle est revenue sur les principaux chantiers de son mandat : le renforcement des services municipaux, la sécurité et la tranquillité publiques, le développement des mobilités piétons et cyclistes, la mise aux normes des bâtiments publics et de la station d’épuration, le lancement d’un contrat global de performance pour l’éclairage public. Elle a également rappelé la rénovation énergétique du gymnase et la création d’un parc sportif. Enfin, elle a présenté les trois projets stratégiques à planifier par la future municipalité : le quartier Saint-Marcel, le Théâtre Les Aires et l’école primaire de Chabestan.
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Le maire a insisté sur le dossier de l’hôpital : « Toute remise en cause de ce processus aboutira à la non-reconstruction de l’hôpital ». À leur arrivée en 2020, l’équipe municipale a trouvé un terrain non constructible et a dû rechercher un site adapté pour sécuriser les 15 millions d’euros du Ségur de la santé. La ZAC de Chanqueyras a été retenue comme solution viable, avec la mobilisation de tous les partenaires. Elle a souligné : « L’important, c’est son contenu et non le terrain ».
Elle a également évoqué la gestion municipale : « Le budget est sain mais tendu, la masse salariale représente près de la moitié des dépenses de fonctionnement, et chaque investissement doit être planifié avec rigueur ».
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Enfin, elle a rendu hommage à la ville : « Depuis toujours, la commune de Die est belle dans son quotidien, dans chaque saison, au fil des années, et dans tous les secrets de ses quartiers », et a souhaité à toutes et à tous une excellente année 2026.
La cérémonie s’est conclue par une intervention des élèves de l’École de Musique et d’Arts Plastiques, qui ont offert un petit concert, suivie d’un buffet préparé par La Parenthèse de Douceur, qui a régalé les habitants présents.
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Les vœux aux Diois n’étaient pas rédigés.
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Le texte ci-dessous est issu d’un enregistrement ! et légèrement retouché !
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C’est donc un écrit issu de l’oral !!
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Vœux de Isabelle Bizouard, maire de Die
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» Bonjour, Bienvenue à tous,
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J’ai le plaisir de saluer :
Mes chers collègues élus qui sont dans la salle,
Martine Charmet, notre conseillère départementale.
Monsieur le conseiller régional,
Marie Pochon, notre députée,
Madame la sous-préfète, je n’ose pas vous appeler par votre prénom
Avant de poursuivre, je vais donner quelques excuses.
Les excuses de Alain Matheron, le président de la communauté des communes du Diois, parce qu’il
fait les vœux de Lus-La Croix-Haute en même temps.
Les excuses du président du conseil départemental et de notre triplette de sénateurs. Bernard Buis,
Marie-Pierre Monnier et Marie-Pierre Mouton.
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La cérémonie de vœux est un moment fort et d’autant plus cette année puisque c’est « ma dernière
fois », peut-être bien qu’il y aura des moments d’émotion !
Vous êtes ici dans la salle du conseil municipal ; ce bâtiment était à une époque le lycée de filles, une
époque non mixte. Puis filles et garçons ont été regroupés dans le lycée actuel. Il y a eu l’école
maternelle puisque je suis allée à l’école maternelle juste dans l’aile parallèle à cette salle. Les diois
ayant horreur des bâtiments vides, ce bâtiment s’est rempli : il y avait ici même le dojo, à côté le
théâtre « Les oiseaux de passage », pas loin le secours populaire, au-dessus l’école de musique, un
peu plus loin des salles pour des formations. Et sous mes mandats de maire entre 1995 et 2008, nous
avons décidé de faire une mairie. L’ancienne mairie était située dans l’ancien palais Épiscopal. Et si
vous voyez bien, sur la partie gauche, la petite partie à gauche en fait… c’était assez minuscule. Le
bureau du maire était au-dessus de la Chapelle St Nicolas et la mosaïque des Quatre fleuves. Ça vous
donne une idée.
Ce fut une époque extraordinaire (je le dis très rapidement parce que je ne vais pas vous parler du
passé en permanence). D’abord pour convaincre qu’il fallait faire une mairie ici, ça a été très
compliqué, il y avait des oppositions, figurez-vous. Ça vous étonne qu’il y ait de oppositions à Die ?!
Et notamment l’opposition qui disait « on ne va pas mettre une mairie et la République à côté des
impôts ». Alors ça c’était un argument ! Entre autres, il y eut la proposition de mettre la mairie sur
l’aire de Meyrosse.
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Il nous a semblé vraiment important de la garder en cœur de ville et de transformer ce bâtiment.
Occasion en conséquence de toute une série d’opérations tiroirs, et des choses qui vous semblent
normales aujourd’hui sont assez récentes. Puisque le judo était là, nous avons réalisé une extension
du gymnase en créant la salle Justin. Nous avons mis en place le théâtre dans d’anciens silos à grains
quartier des Aires. Nous avons mis les associations caritatives toutes ensembles, où elles sont encore
aujourd’hui, à la place des services techniques. Ce qui veut dire que, parallèlement à l’installation de
la partie administrative de la commune ici, nous avons réaménagé des services techniques dans une
ancienne entreprise sur la route de Ponet.
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Votre mairie est ici depuis 25 ans. On y a déménagé en 2001. Ce qui a déclenché une réorganisation
de l’ensemble des services, et la mise en ordre de toutes les archives (vous avez là sous vos pieds une
salle d’;archives conforme à la conservation (la bonne température !) . Les archives de la ville de Die
sont extrêmement riches et ce réaménagement a permis de récupérer des archives détenues au
niveau départemental.
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Je ne vais pas verser dans la nostalgie, ce n’est pas l’objet de ces vœux !
Mais ayant été élue depuis fort longtemps, j’ai quand même mesuré combien l’exercice du pouvoir
avait changé et combien le pouvoir des communes avaient diminué très clairement. Je ne vais pas
dire et redire ce qu’on a dit quasiment à chaque vœu sur les conditions inédites d’exercice de ce
mandat : lors du congrès national des maires, le président de l’AMF a dit que « c’était un mandat
sans précédent, six années d’épreuves et de combat ». C’est vrai : la crise sanitaire et le Covid, la
crise de l’énergie liée à la guerre en Europe, l’instabilité géopolitique, la crise climatique, la crise et le
blocage des institutions. …
Je vais plutôt vous dire que les politiques qui ont été menées sur ces 20 dernières années ont conduit
les communes à une nouvelle réalité :
1- nous n’avons plus de fiscalité, nous ne levons quasiment plus d’impôts puisque ont disparu il y a
quelques années déjà les ressources liées aux entreprises et, plus récemment, la taxe d’habitation.
Ceux qui ne sont pas propriétaires sur la commune ne payent pas d’impôts tout en étant usagers des
services. Un lien est rompu entre l’habitant et la commune.
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2-Puisque nous avons moins de recettes, nous sommes forcément beaucoup plus dépendants des
dotations de l’Etat. Quand l’État n’est pas en superforme, on se fait un peu du souci. D’autant que
pour gérer la pénurie financière s’est développé tout un système d’appels à projet, de subventions
fléchées, de financements conditionnés. Outre le contrôle que cela nécessite, il y a surtout une
uniformisation de ce que les communes peuvent faire. Je me souviens de l’époque où on pouvait
avoir des idées et innover, le tout basé sur la confiance…
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3-Si vous rajoutez à ça que depuis une 20 aine d’années nous sommes de plus en plus contraints par
les obligations financières liées à des organismes partenaires (SDIS, PNRV, médiathèque départementale…). Partenaires nécessaires et reconnus. Ils décident de leur budget et nous demandent de verser en conséquence.
Et tout ça amène les communes à moins de pouvoirs très réellement. Je constate qu’il y a eu recentralisation et que la marge d’autonomie des communes est extrêmement réduite. Pour moi cette uniformisation du pouvoir d’agir est regrettable et il faudra donc, dans le futur, reconquérir ce
pouvoir d’agir et s’attaquer à redonner de la santé à la décentralisation. Un vaste chantier.
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Revenons sur Die, si vous êtes d’accord ! Nous sommes au terme d’un mandat. Quelle est la situation ?
Je ne vais pas vous faire le bilan de notre mandat. Vous l’avez reçu dans vos boîtes aux lettres à la fin de l’été (réglementation en période préélectorale). Pour l’anecdote, il y avait eu un appel à nous renvoyer ces bilans pour ceux qui n’étaient pas contents. Nous en avons reçu 13 en retour, de manière anonyme. Mais je ne résiste pas au plaisir de vous lire un petit extrait : « Comment osez-vous vous congratuler et être fiers de ce que vous avez fait durant ce mandat ? Vous êtes tous une bande d’incapables. Vous avez dilapidé des fortunes pour rien et maintenant de la propagande électorale. Dégagez vite ». C’est sympathique !
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Je vais juste vous dire qu’en fait nous avons travaillé. Nous avons travaillé et nous avons marqué
notre passage par des actions différentes des deux mandats précédents.
-Nous avons restructuré et renforcé les services qui d’ailleurs se sont bien rajeunis.
-Nous avons beaucoup travaillé à la tranquillité publique, à la sécurité, selon le terme qu’on veut
employer. Notre CLSPD (contrat local de sécurité et de prévention de la délinquance) et le travail que
nous avons pu mener avec Madame la sous-préfète et avec la gendarmerie que je salue ce soir, en
lien avec la police municipale de Die et avec le CCAS et l’accueil de jour me permet de dire : Il y a des
résultats certains depuis quelques mois. Je remercie l’ensemble de nos partenaires.
-Nous avons développé les mobilités actives piétons et cyclistes. Ça n’a pas été simple, mais nous
l’avons fait. !!
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-Nous avons commencé à mettre aux normes, car nous avons trouvé une situation non conforme sur
de nombreux bâtiments et sur la station d’épuration. Nous avons commencé, il reste du boulot je
vous le dis, pour mettre aux normes les équipements et les bâtiments publics. Pour la station
d’épuration, nous sommes à mi-chemin puisque nous venons de finir le filtre planté de roseaux qui
est au pont des chaînes si vous l’avez remarqué ; il restera encore un ouvrage à mettre en place pour
que la station d’épuration soit vraiment aux normes, sachez que cela a forcément des conséquences
sur nos possibilités d’urbanisme, c’est important.
-Nous venons de lancer le contrat global de performance énergétique sur l’éclairage public pour
diminuer la consommation.
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-Vous le savez (et vous verrez un extrait tout à l’heure) que l’aménagement du parc sportif et du
skate-park a bien commencé et devrait s’achever au printemps 2026. Les jeunes attendent ça avec
impatience, nous le leur avions promis et nous aurons tenu notre promesse.
-Et le gymnase est en cours de travaux pour la rénovation énergétique du bâtiment Vercors pour
répondre aux exigences du décret tertiaire. Fin des travaux septembre 2026 : les associations
pourront reprendre toutes leurs activités dans le gymnase car c’est plutôt perturbé en ce moment
-2026 verra la réalisation du bassin naturel de rétention des eaux pluviales de Chantemerle pour
éviter des inondations sur les quartiers et sur la route de Chamaloc. Pour 300 000 €.
Rassurez-vous, je ne vais pas tout vous dire ! Mais je veux présenter trois opérations majeures et
stratégiques sur lesquelles nous avons travaillé et beaucoup avancé et qui devront faire l’objet d’une
planification par les successeurs :
Le quartier Saint-Marcel, le théâtre les Aires et l’école primaire de Chabestan.
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Je dis deux mots sur chaque, pas trop long !
Vous avez suivi la concertation qu’il y a eu sur les places du Mazel et de Saint Marcel avec « Ville
ouverte » qui nous a aidé à imaginer et projeter la réorganisation de ces deux places. Suite à cette
réflexion, nous avons souhaité mettre l’accent sur le quartier Saint-Marcel. Nous avons vraiment
avancé en ayant choisi (mais pas notifié) une maîtrise d’œuvre pour une vision globale du quartier
tout en commençant des travaux opérationnels rue du Faubourg…vu son état très dégradé.
Pour le théâtre les Aires, il s’agit à la fois d’une rénovation thermique et énergétique et
d’aménagements pour les compagnies, aménagements qui n’avaient pas été faits lors de la première
phase des travaux. Le montage financier du projet a déjà bien démarré puisqu’on a 600 000 € de
l’État et nous avons fait les demandes de financement au département et à la région.
Vous connaissez tous l’école primaire de Chabestan, vous savez qu’elle est identique à sa
construction des années 1960, sauf les extensions plus récentes. La pédagogie a évolué, les normes
ont encore plus évoluées, et la rénovation énergétique est plus que nécessaire, elle est obligatoire
(décret tertiaire ou pas !). Nous avons travaillé avec le CAUE en lien permanent avec la communauté
éducative, une première étude « pour voir » suivie d’une étude « pour faire ». Les audits
énergétiques ont été faits par le SDED en maternelle et en primaire. Une entreprise sera retenue
pour l’étude de programmation, mais le marché ne sera pas notifié.
3 opérations majeures et stratégiques, qui devront faire l’objet de planification en fonction du
budget.
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Le budget ! On entend des choses épouvantables sur le budget de la ville !
C’est simple, Die a 5000 habitants et les fonctions d’au moins 10 000. Car Die est une commune
touristique, et Die est aussi un bourg centre avec de très nombreux services. Je dis toujours qu’il n’y
a pas l’équivalent dans la Drôme.
Nous avons un budget sain Et tendu, je pense qu’il en a toujours été ainsi, ou du moins depuis fort
longtemps. D’autre part, il faut bien penser que nous avons aussi les ressources humaines que nous
pouvons avoir, avec le budget que nous avons : il faut être réaliste dans la capacité à faire de la
commune de et par ses financements, par son budget et par ses ressources humaines. Aujourd’hui,
les ressources humaines représentent 50 % du budget de fonctionnement. On ne peut pas aller au-
delà.
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En termes d’investissement, il est possible d’investir environ 11 à 12 millions sur six ans, c’est-à-dire
en moyenne 2 millions par an. Ce n’est pas beaucoup, surtout qu’il faut bien se dire que dans ces 2
millions d’investissements, il faut compter tout ce qui est entretien du bâti, de la voirie, des ouvrages
d’art…ce qui peut représenter un minimum de 500 000 €. Et d’ailleurs j’aurais bien envie, si on avait
le temps, de vous faire un quiz : combien de kilomètres de voirie par exemple ? combien de
kilomètres de réseau d’assainissement ou de réseau d’eau potable ? Qu’en dîtes-vous ?
48 km de voirie communale et 38 km de chemin ruraux.
30 ponts et passerelles, je ne parle pas des normes sur les ouvrages d’art, on n’est pas au point.
45 km de conduite de distribution d’eau potable.
33 km de réseau d’assainissement
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Je le dis parce que je laisserai très exactement l’état des choses. Ça évitera aux suivants de perdre
quatre ans pour comprendre ce qu’il en est. Parce que c’est trop bête de perdre tout ce temps.
Voilà qui occupe et représente un budget. Puisque j’ai terminé sur les kilomètres d’assainissement, je
redis aussi que le budget annexe (qui s’équilibre grâce aux recettes) de l’assainissement est un
budget qui n’est pas très en forme : les recettes ont diminué car baisse de consommation d’eau,
donc moins de recettes. C’est assez logique. Nous nous réjouissons de la baisse de consommation de
l’eau mais cela signifie immédiatement moins de recettes.
Or à Die, ce qui consomme le plus d’électricité c’est la station d’épuration. Figurez-vous, c’est le plus
gros consommateur d’électricité. Comme on sait, le prix de l’électricité a quelque peu grimpé. Donc
effet ciseau, moins de recettes, plus de dépenses et l’obligation de mettre la station d’épuration aux
normes avec un coût d’investissement important.
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Alors cette situation budgétaire « saine et tendue » peut vite devenir malsaine. Il suffit de peu pour
tomber d’une estrade. Il suffit de peu. A ce jour, sachez que nous avons bénéficié d’un rapport de la
direction départementale des finances publiques remis à l’automne 2025 complètement exhaustif
lequel conforte notre bonne gestion des finances de la commune jusqu’en 2024 inclus. Ce qui a été
facilité, je le reconnais par un leg – et là je veux souligner la mémoire de M. Boissy, qui était du
Vercors et qui a fait un leg à la ville de Die de 600 000 € – qui a contribué à l’équilibre budgétaire sans
hausse fiscale.
Aujourd’hui, 2025 et 2026, les préconisations de la DGFIP sont 1° de lisser les investissements dans le
temps (c’est pourquoi je disais tout à l’heure que ceux indiqués devraient être planifiés), 2° de
maîtriser la masse salariale. (on est au maximum de ce que nous pouvons avoir) et 3° d’augmenter
les recettes, ce que nous allons faire en cette fin de mandat.
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Il y a un dossier qui me tient à cœur, qui nous tient à cœur, qui vous tient à cœur, c’est celui de
l’hôpital.
Je vais en dire quelques mots et je vais prendre le temps de le faire parce que c’est un dossier qui
aura fait la totalité de ce mandat et qui ne sera pas achevé. Je vais d’abord repartir du début. Nous
sommes arrivés en juillet 2020. L’hôpital venait d’acheter un terrain sur les conseils de mes
prédécesseurs. Ce terrain n’était pas constructible et mes prédécesseurs, nos prédécesseurs avaient
lancé une modification du plan local d’urbanisme, que nous avons trouvée en arrivant et qui
n’incluait pas la modification de ce terrain. Voilà la situation que nous avons trouvée. Je tiens à le
redire. J’en avais déduit à l’époque qu’ils pensaient peut-être que les choses pourraient s’arranger
avec une baguette magique, je ne sais pas.
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Donc l’objectif de notre équipe a été qu’il y ait un hôpital pour le Diois puisqu’il y avait eu ces
discussions préalables disant que l’État pouvait apporter 15 millions d’euros pour un nouvel hôpital.
Devant le refus catégorique de l’État et de l’hôpital de ne pas rénover sur place, notre équipe s’est
engagée dans la recherche d’un terrain constructible. Et je rappelle qu’en juillet 2021, l’État par
l’intermédiaire du préfet Mouthou, après avoir réuni l’ensemble des services concernés de l’État a
dit : la loi, rien que la loi, un terrain constructible, c’est Chanqueyras. A partir de ce moment-là, nous
avons mis en route tout le processus nécessaire pour aboutir à un terrain pouvant accueillir le
nouveau centre hospitalier et les EPAHD à Chanqueyras. A partir de 2024, toutes les parties
prenantes se sont mises ensemble et ont coopéré pour aboutir à ce que ce terrain soit possible et
que l’hôpital puisse construire sur ce terrain.
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L’Agence Régionale de la Santé, l’intercommunalité, la commune, l’hôpital et le département ont
travaillé ensemble, avec la contrainte d’aboutir fin 2025, tout début 2026 pour garder les 15 millions
du SEGUR de la santé. Et vous pensez bien qu’en l’état actuel du budget de l’Etat, ces 15 millions ne
vont pas être garantis éternellement quand même. Donc nous avons tous fait ce que nous avions à
faire , sous la houlette de Madame la sous-préfète. Nous avons tous œuvré pour aboutir à un hôpital
neuf à Die.
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Mon point de vue aujourd’hui : toute remise en cause de ce processus aboutira à la non
reconstruction de l’hôpital. C’est très clair, c’est très clair. Aujourd’hui, l’État ne pourra que penser
que nous ne voulons pas d’hôpital à force de nous taper les uns sur les autres, « ils ne sont pas
d’accord entre eux, ils n’en veulent pas » … Du jamais vu ailleurs.
La deuxième chose que je pense très profondément et du coup la question que je me pose :
comment peut-on passer six ans à se battre sur une localisation sans se demander ce qu’;il y aura
dans l’hôpital. Parce que c’est ça qui est important, c’est son contenu. Et en plus en ignorant les
difficultés de l’hôpital public aujourd’hui en France par manque de personnel et manque de moyens.
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Nous ici, on parle du terrain.
Il n’y a pas de retour en arrière possible suite à tout le travail accompli au cours de ce mandat sur les
procédures d’urbanisme. Toute remise en question de Chanqueyras pour aller ailleurs condamnera le
projet de reconstruction et du coup fragilisera l’hôpital restant sur site.
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Là est la réalité, là est notre réalité.
Nous avons produit un travail de fond sur beaucoup de sujets, bien au-delà de ceux que j’aborde.
Nous l’avons fait dans la légalité, dans le respect de la réglementation, en responsabilité.
Bien sûr il y aura de quoi faire après ! et du coup j’espère bien que rien ne va être dénigré, pas la
peine de mettre en doute ce qui a été fait ou pas. Je pense qu’une municipalité et un maire ne sont
que des maillons d’une longue chaîne de municipalités et de maires. Nous avons accompli un travail
et nous avons réalisé des projets. Nous avons apporté une pierre à l’édifice. Nous avons fait et
accompli, il reste encore plus à faire et accomplir.
Vous le savez, j’ai décidé de ne pas me représenter.
J’ai été conseillère municipale en 1983, adjointe en 1989, j’ai fait deux mandats de maire de 1995 à
2008. Quand je réfléchis à ce parcours, je me suis engagée jeune à une époque où le Diois perdait
encore de la population. Vous ne pouvez pas imaginer ça aujourd’hui. Mais on perdait encore de la
population. J’étais née ici et je m’étais dit : je m’engage pour ce territoire, et le « Diois j’y crois », ce
qui fut un de mes slogans lors de la campagne des cantonales (1992). C’était pour apporter mon
enthousiasme, ma jeunesse, mon éthique. De 1983 à 1995, ce fut une période d’apprentissage. De
1995 à 2008 période de réalisations et d’accomplissement. J’ai même refusé à ce moment-là de me
présenter à la députation lorsqu’on me l’a proposé pour pouvoir me consacrer au territoire. Et vous
savez qu’on ne vous le propose pas deux fois !! Mandats extraordinaires, difficiles aussi, bien sûr,
parce que vous avez remarqué qu’à Die, ce n’était jamais simple, mais passionnant.
Je me suis représentée en 2020 avec, dans cette période de transitions plurielles, des changements
de tout, des changements de société, des changements de population, des changements de climat.
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Mon idée était de transmettre et de faire du lien. Alors là je vous laisse en juger, je ne suis pas sûre
d’avoir réussi, je suis même sûre du contraire !
Dans tous les cas, lorsque je me suis présentée en 1983, je me suis dit : qui sont tous ces anciens ?
certes sages… mais pourquoi sont-ils encore là ? J’en suis maintenant, il est donc temps que je laisse
la place.
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Quand on a été maire une fois, 2 fois, 3 fois, on est maire pour toujours en fait. Dans tous les cas, j’ai
eu deux choses très ancrées en moi : 1) Die et le Diois sont très imbriqués, il est nécessaire de
travailler ensemble tout le temps ! tout le temps ! tout le temps ! tout le temps.
2) quoi qu’il arrive, il faut toujours se dire pourquoi pas plutôt que à quoi bon.
« Et j’ai gardé mon engagement comme une ligne de force parce que j’ai refusé que mon
engagement devienne un mécanisme. J’ai refusé que mon engagement réponde seulement à la
question qu'est-ce que je défends ? J’ai voulu que mon engagement réponde aussi à la question
qu’est-ce que je deviens dans cet engagement ? Car l’action n’est pas neutre, elle élève ou elle
défigure. Mon engagement à hauteur de femme ne cherchait pas à gagner à tout prix, mais cherchait
à demeurer juste. Je sais qu’il existe des victoires qui ressemblent à des défaites, celles qui nous
transforment en ce que nous dénonçons. Et des défaites qui préparent la victoire, celles où nous
refusons l’indignité, même quand elle est rentable ».
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Je me retire de la vie publique locale au moment où tout est incertain, inquiétant, angoissant. Ce qui
me laisse mal à l’aise mais je n’en suis pas responsable. J’ai beaucoup donné, j’ai beaucoup reçu (des
coups, mais pas que !) j’ai beaucoup reçu en échange, c’était un travail passionnant. J’aime toujours
et encore le territoire.
Et donc j’ai beaucoup de merci à dire ! Tout d’abord je remercie cette équipe municipale. Elle sait
très bien qu’elle n’a pas été simple cette équipe. Mais je la remercie. Nous sommes tous là et nous
travaillons encore et je remercie les équipes précédentes.
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Je remercie tous les agents de notre collectivité. Ils sont là tous les jours. Et comme la société a
évolué, on demande toujours plus ! plus vite ! mieux ! ce n’est pas facile tous les jours. Et je pense à
tous nos services, je pense à l’école de musique, je pense au musée, je pense à la cantine, aux
services scolaires, je pense à l’accueil de jour et au CCAS, je pense aux services techniques, je pense
aux services administratifs ici, je pense aux équipes de « petite ville de demain ».
Je tiens à remercier la communauté des communes du Diois et son président Alain Matheron. Elue
depuis pas mal de temps maintenant, il défend vraiment le Diois avec conviction. C’est un
républicain. Il était instituteur (je dis toujours instituteur,) et il me fait penser à ceux qu’on appelait
Hussards de la République. Il en est un !
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Je remercie les élus du département et de la région.
Je remercie nos parlementaires et notre députée qui œuvrent tous les jours pour le territoire et bien
au-delà. Notre députée très présente aussi au niveau national et il a bien de quoi faire.
Je tiens à remercier tout particulièrement Madame la sous-préfète parce que depuis votre arrivée,
vous êtes un assemblier des services de l’État qui sont parfois en contradiction entre eux, si je peux
me permettre. Et puis vous le faites avec subtilité et élégance. Merci beaucoup.
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Et je vous remercie vous tous. Associations, bénévoles, acteurs économiques, citoyens, habitants,
élus, candidats, agents des services publics, entreprises, institutions… Merci beaucoup, merci à vous
tous.
Nous allons partager un moment convivial : la projection du troisième épisode vidéo de notre série
sur la rénovation du gymnase et l’aménagement du parc sportif. Puis comme vous l’avez peut-être
remarqué, il y a quelques instruments de musique au fond. C’est l’école de musique. Nous allons
avoir un duo de jeunes au saxophone et à la batterie, puis un quatuor pendant que nous partagerons
l’apéro.
Mais j’ai encore un mot à vous dire. Attendez ! Ça sera mon dernier mot. Je reprends ce que j’ai écrit
en 1999 – La boucle est bouclée – dans « Die, histoire d’une cité ». J’aime bien le mot « cité » plutôt que ville.
C’est autre chose.
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« Depuis toujours
que la commune de Die est belle !
dans son quotidien,
dans chaque saison,
au fil des années
et dans tous les secrets de ses quartiers.
Belle
de cette beauté qui est de force,
de passion, de racines, de clair calcaire et de pure lumière,
De cette beauté qui attire, qui retient, qui oblige à s’arrêter, à regarder, à pénétrer et à se laisser
pénétrer.
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Il est alors passionnant de pouvoir se pencher sur le passé pour préparer l’avenir et pour ancrer les
évolutions futures dans le respect des engagements de ceux qui ont précédé, fidèles aux valeurs de
liberté, d’égalité et de fraternité qui marquent notre territoire ».
Bonne année 2026 !
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Isabelle Bizouard, maire de Die
Die, Vendredi 16 janvier 2026
Photos : Michel Léon, MCD et facebook
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