
Les mensonges sur le mensonge
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Conséquence de la distinction entre transparence et publicité, objet du premier volet de cet article, le mensonge politique se trouve investi d’une pluralité de significations selon ses conditions d’énonciation, les intentions du menteur et les effets de son message. Dans un espace public démocratique, la priorité n’est pas tant d’éliminer le mensonge que de préserver l’intégrité du débat public.
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Distinguer comme il a été fait publicité et transparence réoriente inévitablement une série de questions politiques. Pour ne reprendre qu’une de celles qui sont le plus discutées, cette distinction mène notamment à reconsidérer notre regard sur le mensonge politique et la manière dont il en est fait usage. Il faut croire qu’il est possible et souhaitable d’atteindre la transparence pour penser qu’il est possible de supprimer le mensonge politique de nos vies d’une part, et qu’il est souhaitable de rassembler les conditions nécessaires à son éradication d’autre part. Ceux qui n’ont pas cette conviction verront quant à eux le mensonge comme un problème important mais aussi comme une conséquence inévitable du pluralisme politique.
Pourquoi donc ? Le mensonge désigne la tentative volontaire de créer un écart trompeur entre le sens que son auteur croit donner à ses actes (paroles ou actions) et le sens que son interlocuteur (individu, groupe, opinion publique) perçoit de ceux-ci1. Si la tradition philosophique a largement débattu de la nature du mensonge et de ses manifestations possibles (franc mensonge, mensonge par omission2, restriction mentale3, ambivalence), elle converge toutefois pour associer le mensonge à deux éléments qui s’appliquent également au mensonge politique. Premièrement, l’absence de sincérité. D’Augustin à Sissela Bok, la tradition philosophique définit le mensonge comme une duplicité entre la parole et la pensée. Le mensonge peut ainsi porter sur le contenu des arguments du message : le menteur présentera par exemple des statistiques truquées, des faits douteux, des raisonnements volontairement incorrects. Mais il peut aussi porter sur la teneur de la position réelle du menteur, qu’il s’agisse de ses intérêts, de ses convictions ou de ses préférences.
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Deuxièmement, le mensonge se caractérise par l’intention de tromper : comme le relève Ekman, la personne qui ment doit avoir « l’intention délibérée d’en abuser une autre, sans donner le moindre avertissement, et sans que la victime lui ait demandé d’agir ainsi4 ». D’une part, l’insincérité ne suffit pas à définir le mensonge – songeons par exemple aux cas dans lesquels cette insincérité est transparente pour le destinataire, à l’instar de certaines pratiques de politesse ou des certains codes diplomatiques. D’autre part, le mensonge ne doit pas seulement avoir pour effet possible mais pour objectif de tromper l’interlocuteur5. C’est notamment ce qui distingue le mensonge de l’usage stratégique de la parole : le premier désigne une tentative de faire passer le faux pour le vrai, là où le second consiste à faire passer un argument comme vrai sans considération pour sa valeur de vérité.
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La sincérité et ses représentations
En toute rigueur, l’absence de mensonge ne requiert pas la transparence mais la sincérité, qui désigne ici une volonté d’intégrité dans l’expression des convictions. Être intègre dans son expression ne requiert pas de transmettre une information exacte : on peut dire des choses fausses sans être un menteur, et tout ce que dit un menteur n’est pas forcément faux. Par ailleurs, être intègre ne demande pas non plus de révéler le contenu de ses pensées intimes. Une personne peut d’ailleurs avoir plusieurs motifs quand elle engage une discussion. Elle ne perçoit peut-être pas elle-même tous les motifs de son action. Enfin, le caractère réflexif de la conscience maintient toujours une distance entre le sujet et lui-même, rien n’étant plus réfléchi par exemple que de vouloir être spontané ou de se faire enjoindre de l’être. En ce sens, la sincérité désigne moins l’absence d’écart entre ce qui est dit et ce qui est pensé qu’une attitude générale de bonne foi dans le chef de l’acteur. Formulée sous une version forte, elle désigne un engagement général à dévoiler ce qu’on estime être la position la mieux fondée, et la confronter de bonne foi aux autres arguments en présence. Formulée de manière plus atténuée, elle requiert que les acteurs mettent sur la table des raisons qu’ils estiment eux-mêmes raisonnables – sans par exemple qu’ils les partagent tout à fait.
Or il est bien sûr difficile de prouver une intention trompeuse. La définition de ce qu’est une volonté sincère peut elle-même faire l’objet d’un désaccord raisonnable. Par ailleurs, la discussion pratique sur les modalités de définition et de preuve de la sincérité est d’autant plus malaisée que la définition de ce qu’est une discussion raisonnable requiert elle-même de se mettre d’accord sur ce qu’est une attitude de bonne foi ou de mauvaise foi, ou sur le rôle que la sincérité doit jouer dans une délibération raisonnable. Quand Donald Trump, à nouveau lui, déclare qu’il y a eu des millions de votes illégaux lors des élections présidentielles de 2016 puis de 2020 ou assène que les Etats-Unis ont l’air et l’eau la plus pure du monde, il est possible de montrer que ces affirmations sont fausses. Mais rien – sauf peut-être un enregistrement tombant soudain dans le domaine public – ne permet de démontrer que ce sont des mensonges.
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La sincérité ne peut donc nous apparaître qu’à travers une représentation de la sincérité. Mais à rebours, cela signifie que, sauf à renoncer à être efficace, le mensonge est également une représentation de la sincérité. Un bon mensonge doit en principe être vraisemblable. En ce sens, le mensonge politique n’engage pas seulement ceux qui y croient, mais aussi ceux qui le formulent. Il doit se présenter sous l’apparence de la vérité tant que sa nature mensongère n’est pas révélée. Il oblige donc le menteur à défendre publiquement l’idée que la sincérité est souhaitable et possible, et à présenter son point de vue comme s’il était exact. À l’inverse, la révélation éventuelle du mensonge oblige à son tour l’acteur à une double démarche de justification : celle de sa position réelle, mais aussi des raisons pour lesquelles il a menti.
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La sincérité ne peut donc nous apparaître qu’à travers une représentation de la sincérité.
Le fonctionnement démocratique de l’espace public ne permet pas seulement de questionner le contenu du mensonge ou d’en identifier les éléments de vérité incidents : le mensonge peut contribuer à une démarche d’intérêt public dès lors qu’il mène son auteur à laisser de côté les arguments qu’il croit être les plus pertinents, au profit d’une argumentation qu’il estime être plus efficace. Que le menteur croie ou non aux objectifs d’intérêt général qu’il affirme poursuivre, la crédulité et l’hypocrisie de son auditoire donnent au mensonge un effet performatif : il faut non seulement dire, mais faire comme si il était vérace. C’est pour cela que, contrairement à l’opinion commune, les représentants politiques cèdent rarement au mensonge plein et vérifiable, cumulant une affirmation factuellement fausse et une intention trompeuse.
Comme a pu me l’exprimer un collègue parlementaire, « le mensonge est un luxe qui coûte cher ». Qu’il s’agisse de l’énergie parfois consacrée à le bâtir ou des risques encourus s’il est découvert, le mensonge plein est beaucoup plus coûteux que les mille autres dispositifs disponibles – affirmations équivoques ou invérifiables, framing manipulatoire, pratique de la langue de bois, manœuvres de diversion – pour induire un auditoire en erreur. Il n’est pas facile de prouver un mensonge puisque l’intention de son auteur est rarement vérifiable. Mais lorsque c’est le cas, son dévoilement est déflagrateur. Le Premier ministre socialiste hongrois Ferenc Gyurcsány ne s’est jamais remis de la captation impromptue des propos qu’il prononça devant des parlementaires de son parti en septembre 2006 : « nous avons menti tout au long des derniers deux ans ». En 2013, Jérôme Cahuzac a sans doute démissionné de ses fonctions de ministre de l’Intérieur peut-être autant parce qu’il fut prouvé qu’il avait menti – avec des accents de parfaite sincérité – sur l’existence d’un compte bancaire suisse à son nom qu’à cause de l’existence de ce compte. Enfin, ce n’est pas le « Partygate », mais l’enquête menée sur les dénégations mensongères de Boris Johnson à son propos qui ont mené l’ancien Premier ministre britannique à démissionner de son mandat de parlementaire en juin 20236.
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Une transparence sans vérité
Ainsi, le mensonge politique ne fonctionne que si le vice de l’énoncé peut rendre hommage à la vertu publique. Il reste en ce sens un énoncé publiquement justifié : pour que le mensonge soit efficace, il repose paradoxalement sur la foi collective que l’énoncé mensonger pourrait être vrai, qu’il gagnerait à être vérace, et que la construction collective de la raison publique a du sens. Certes, certains mensonges politiques résonnent a posteriori comme des prétextes hâtifs. Il n’était pas difficile de montrer que l’incident du golfe du Tonkin en 1964 était une supercherie. Il fallait être volontairement crédule pour croire, en 2003, à la veille de la deuxième guerre du Golfe, que l’Irak disposait effectivement d’armes de destruction massive. Il n’en demeure pas moins que ces mensonges étaient présentés au nom de la vérité.
C’est, en ce sens, ce qui distingue le mensonge politique classique de l’obscénité trumpiste, pour revenir au personnage qui anime inévitablement ce texte. Quand Donald Trump prononce sciemment des choses fausses, il ne cherche pas à rendre son affirmation vérace, au contraire. Il ne cache pas à son auditoire sa nature trompeuse. Il fait même de son auditoire le complice de son mensonge. Les insultes manifestes, les chiffres grotesques, les dénis de réalité flagrants n’ont pas pour objectif de faire croire à la réalité du monde de Trump. Ils ont pour objectif d’établir une connivence entre l’orateur et son public. Ils mettent en scène la communauté transparente de leurs sentiments indignes. En d’autres termes, une large part des partisans de Trump sait sans doute parfaitement que ce qu’il dit est faux. Mais la fausseté évidente, flagrante, insultante de ses affirmations apparaît comme une manifestation tout aussi évidente et flagrante d’authenticité politique : une manifestation de l’authenticité de l’orateur, d’une part ; une vérification par le rugissement commun de l’immédiateté du lien qui relie l’orateur à son public de l’autre.
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Une large part de partisans de Trump sait sans doute parfaitement que ce qu’il dit est faux.
En ce sens, il est possible de poursuivre la transparence des consciences sans accorder une attention particulière à la factualité de l’information politique. Inversement, le mensonge est une dimension intrinsèque à un régime de publicité politique. Ce n’est pas si grave, à vrai dire. Tout d’abord, certaines formes de mensonge ne compromettent pas forcément une délibération raisonnable. Il en va ainsi de l’hypocrisie politique. Il est parfois utile de taire son point de vue réel afin de mieux le faire avancer, et le défendre dès lors sous forme d’arguments d’intérêt général. Dans ce cadre, l’hypocrisie peut jouer un rôle civilisateur pour la délibération publique, dès lors que le regard du public contraint les acteurs à présenter des arguments qui ne correspondent pas forcément à leurs sentiments moraux réels, mais qui sont néanmoins publiquement justifiables7.
Ensuite, le mensonge ne mène pas forcément à remplacer un énoncé correct par une énoncé erroné. L’énoncé que le menteur tient pour vrai peut en fait s’avérer erroné. L’énoncé mensonger, quant à lui, peut s’avérer accidentellement correct ou en partie correct – et dans ce dernier cas, parfois même au su du menteur : c’est le cas, par exemple, quand le menteur avance un fait correct à l’appui d’une opinion qui ne correspond néanmoins pas à la sienne. Enfin, le mensonge politique crée souvent des effets bien réels. Au possible instar de John Fitzgerald Kennedy annonçant au début des années 1960 que les États-Unis marcheraient sur la lune avant la fin de la décennie, les prophéties autoréalisatrices ne sont pas toutes prises au sérieux par ceux qui les ont proférées.
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Interdire le mensonge ?
Mais dans les nombreux cas où le mensonge s’avère toxique ou source d’injustice, réfléchissons à ce qu’il en coûterait de l’interdire. Si le mensonge constitue pour Arendt « un moyen parfaitement justifié dans les affaires publiques8 », c’est parce que la préservation des droits du citoyen est intrinsèquement liée à l’existence d’un régime de visibilité politique – la publicité – rendant possible le mensonge. L’égalité politique désigne le principe selon lequel les membres de la communauté politique disposent de prérogatives d’égale nature à faire valoir leur prétention au pouvoir. Ces prérogatives peuvent être restreintes si elles compromettent leur exercice parallèle par les autres citoyens, ou s’il pouvait être démontré de manière univoque que son exercice nuit à l’intérêt général. Elles peuvent être étendues tant qu’elles contribuent à élargir le carquois dont chacun dispose pour développer – et donc potentiellement imposer comme règle générale – sa composition de la vie bonne. Or, le respect de ces prérogatives ne requiert pas seulement de pouvoir exprimer librement ses opinions, même celles – pour reprendre les mots de la Cour européenne des droits de l’homme – « qui heurtent, choquent ou inquiètent9 ». Il nécessite que le citoyen puisse choisir de manière autonome la manière dont il souhaite les défendre, et ce même si la méthode utilisée « heurte, choque ou inquiète ». Non parce qu’il est justifié d’être choquant ou inquiétant quant aux méthodes politiques utilisées, mais parce que l’égalité politique ne consiste pas seulement à traiter de manière impartiale les différentes conceptions possibles de la morale ou de la justice, mais aussi les différentes conceptions possibles de l’activité politique. Si le citoyen a le droit de se taire ou mentir à propos de ses convictions et préférences, c’est parce que la définition de l’espace public fait elle-même l’objet d’une confrontation permanente quant aux frontières entre le privé et le public, la mauvaise foi et la sincérité, le mensonge et l’imagination. En ce sens, le mensonge n’est pas le contraire de la publicité, mais une de ses conséquences incidentes.
Par ailleurs, comprenons quel doit être l’objet de notre vigilance démocratique. Que des mensonges politiques soient inévitablement prononcés dans un espace public ouvert ne signifie pas que le mensonge contribue à la qualité de la vie publique. Toutefois, c’est moins l’immoralité du mensonge qui doit susciter notre défiance que les dégradations du débat public – manipulation de masse, détournement du service public, inégalités de ressources – qui en minent la fécondité possible, qui en aggravent les inconvénients, et qui compromettent la participation de tous à la vie publique. Il faut donner à tous l’accès le plus large possible à l’information publique. Il faut donner la possibilité de participer à son traitement, qu’il s’agisse d’avoir prise sur l’information émise par d’autres – en contrôlant sa teneur, en interprétant sa signification, en délibérant de son bien-fondé – ou de contribuer de soi-même à la production de l’information. Il faut par conséquent égaliser ces conditions d’accès et de traitement de l’information. L’authenticité de l’acteur ou la transparence du politique importent peu à cet égard10.
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Pour une visibilité bien comprise
Le mensonge est un élément normal de l’activité politique, dès lors qu’on admet que celle-ci se déploie dans une société plurielle. D’une part il est difficilement concevable d’en empêcher la pratique : on contrôle en tout cas bien plus facilement le caractère correct ou non d’un énoncé que l’intention de mentir de son auteur. D’autre part, le mensonge politique prend place dans un espace politique qui se caractérise non seulement par une diversité de conceptions de la vie bonne ou de la justice, mais également par une diversité de conceptions de la raison publique et des rapports qu’elle doit entretenir avec la rationalité stratégique : pour dire les choses autrement, nous pensons (presque) tous avoir parfois des bonnes raisons de mentir tout en étant tous le menteur illégitime de quelqu’un d’autre.
Dans ce cadre, le mensonge doit être condamné dans la large mais unique mesure où il compromet les conditions d’une prise de décision légitime : en démocratie, c’est la poursuite de l’égalité politique qui compte à cet égard. Il n’y a pas de raison de penser que les représentants politiques qui en appellent à la transparence politique sont, dans les faits, plus sincères, que ceux qui se contentent plus modestement de promouvoir un espace public mieux informé et ouvert à l’ensemble des citoyens. Mais les seconds n’auront pas la prétention de dire que le mensonge politique peut être éradiqué, ni la brutalité de mettre en place les moyens pour qu’il le soit. Ce n’est pas un problème mais un avantage, surtout quand on a l’ambition de le combattre.
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- 1. Sissela Bok, Lying. Moral Choice in Public and Private Life. NY Random House, 1978. Le mensonge politique est souvent associé à une promesse mensongère : un représentant fait une promesse de campagne qu’il sait irréalisable, fait croire à un collègue qu’il peut lui obtenir un mandat public, met sur la table un accord qu’il sait ne pas pouvoir ou vouloir tenir. Il peut toutefois prendre d’autres formes : énoncés volontairement erronés, opinions hypocrites, argumentaires assumés comme spécieux, etc.
- 2. Le mensonge par omission consiste à diffuser des éléments réels ou probables correspondant au contenu du message exprimé, tout en omettant sciemment les éléments susceptibles de l’infirmer.
- 3. La restriction mentale consiste à préserver un énoncé insincère en usant de signes équivoques ou de clauses spécifiques à un auditoire auquel le « vrai » contenu du message est adressé. Voir Jean-Pierre Cavaillé, « Ruser sans mentir, de la casuistique aux sciences sociales : le recours à l’équivocité, entre efficacité pragmatique et souci éthique », in Serge Latouche, Michael Singleton, Les Raisons de la ruse. Une perspective anthropologique et psychanalytique, Actes du colloque international « La raison rusée », Louvain-la-neuve, mars 2001, Paris, La Découverte, 2004, pp. 93-118 ; Johann Sommerville, « New Art of Lying : Equivocation, Mental Reservation, and Casuistry », in Edmund Leites, dir., Conscience and Casuistry in Early Modern Europe, Cambridge University Press, 1988, pp. 159-184.
- 4. Ekman, Paul, Menteurs et mensonges. Comment les détecter, Belfond, Paris, 1986, p. 21.
- 5. Sissela Bok, Lying. Moral Choice in Public and Private Life, op. cit., p. 13.
- 6. La commission des privilèges de la Chambres des Communes disposant certes du pouvoir de prendre des mesures disciplinaires à l’encontre des membres de la Chambre, dont l’expulsion d’un député.
- 7. Jon Elster, « L’usage stratégique de l’argumentation », Négociations, n°4, 2005, p. 70. Ainsi que l’exprime Elster, « if all appeals to the public interest were hypocrital and were known to be so, they could not persuade anyone and nobody would bother to make them » (Jon Elster, « Deliberation and Constitution making », in Jon Elster, dir., Deliberative Democracy, Cambridge University Press, 1998, p. 104). Voir aussi Immanuel Kant, Anthropologie d’un point de vue pragmatique (1798), Paris, Vrin, 1970, p. 289 ; mais aussi John Stuart Mill, Considerations on Representative Government, Hermann, 2014, p. 362. Souvent présenté comme propre à Elster, l’argument de la force civilisatrice paraphrase aussi Kant, pour qui « l’apparence du bien chez les autres n’est pas sans valeur pour nous: de ce jeu de dissimulation qui suscite le respect sans peut-être le mériter, le sérieux peut naître » (Anthropologie d’un point de vue pragmatique, op. cit., p. 289).
- 8. Hannah Arendt, Du mensonge à la violence. Essai de politique contemporaine, Paris, Poche, 2002 (1972).
- 9. CEDH, 21 janvier 1999, Fressoz et Roire c. France ; voir aussi CEDH, 7 décembre 1976, Handyside c. Royaume-Uni, §49.
- 10. Quelle que soit la signification que l’on donne concrètement au terme. Voir en ce sens Thomas Christiano, The Constitution of Equality. Democratic Authority and Its Limits, Oxford University Press, 2008).