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Chine

Achetez, consommez, il n’y a rien à voir… Obéissez !

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Les Chinois n’ont pas accès aux sites étrangers. Sont interdits Wikipédia, Facebook, YouTube, X. De même que toute information concernant des protestations ou vues dissidentes. Rien qui vienne déranger l’histoire officielle du Parti communiste chinois. Rien à trouver sur les débats concernant la souveraineté du Tibet ou de Taïwan. Aucun contenu sur les sujets jugés « sensibles » ou « immoraux ». Winnie l’ourson est interdit, en raison de posts le comparant au président Xi Jinping, observe Nick Holdstock dans le Times Literary Supplement. Élevée à Hong Kong, maintenant basée à Londres, Yi-Ling Liu enrichit son livre sur la « grande muraille » numérique chinoise d’entretiens avec des autochtones marginalisés – y compris un ancien membre de l’armée de censeurs chargés d’assurer la solidité du mur. 

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La situation actuelle traduit une forte rigidification du régime. À la fin des années 1990, se souvient Holdstock, « trains et bus étaient pleins de gens de toute condition lisant magazines et journaux. Aujourd’hui les gens se contentent de regarder silencieusement leur portable. » Encore à la fin des années 2000, internet laissait un peu d’espace pour les sites de microblogging (weibo) de militants féministes ou LGBT. Il n’en est plus question. Et les censeurs ne se contentent pas de censurer. « À la façon d’Orwell, ils prescrivent aux usagers de “chanter les louanges de la mère patrie” et de “diffuser de l’énergie positive”. » Reste tout de même l’application de téléphonie WeChat, à laquelle les autorités ont accès, mais où des conservations privées en réseau, comme sur WhatsApp, sont autorisées. Holdstock regrette aussi que l’auteure n’ait pas davantage fouillé les moyens utilisés malgré tout par certains Chinois pour contourner le mur. Il résume ainsi l’essentiel : l’internet (auquel ont accès 92 % du milliard 400 millions de Chinois) est « un outil addictif qui dope le consumérisme sans offrir la possibilité d’une liberté d’expression ».

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LE LIVRE

The Wall Dancers: Searching for Freedom and Connection on the Chinese Internet de Yi-Ling Liu, Knopf, 2026

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