158.000 manifestants en France… et 270 à Die
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Quelques heures plus tôt, la CGT avait annoncé 300.000 manifestants en France et 100.000 à Paris.
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Drôme et Ardèche : Défilé du 1er-Mai : 1000 personnes battent le pavé à Valence, 200 à Privas et près de 350 manifestants à Annonay et 270 à Die…
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Comme chaque année, de nombreuses manifestations sont organisées à l’occasion de la journée internationale de lutte pour les droits des travailleurs. Suivez en direct les mobilisations en Drôme et en Ardèche.
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Qui dit 1er-Mai, dit muguet. Mais aussi et surtout manifestations. C’est une tradition, à l’occasion de la journée internationale de lutte pour les droits des travailleurs, les différentes organisations syndicales donnent rendez-vous dans la rue pour célébrer et défendre les droits des travailleurs.
Mais cette année, cette journée de mobilisations aura un goût particulier puisque l’intersyndicale appelle les salariés à manifester ce vendredi 1er mai pour défendre ce jour férié et chômé, alors que les débats politiques se sont envenimés ces derniers jours sur un possible élargissement des possibilités de faire travailler des salariés ce jour-là.
Ce vendredi 1er mai, près de 270 personnes ont défilé dans les rues du centre ville pour défendre les droits des travailleurs. Le défilé est parti de la place de la Cité scolaire pour rejoindre la sous préfecture de Die avant de s’installer Place de la Comtesse et de l’Evêché…
Des drapeaux variés étaient visibles dans le cortège qui s’est animé avec une chorale
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Jean Claude Benoit, syndicaliste CGT, précise : « Cette manifestation est importante en mémoire de ceux qui se sont battus pour nos acquis. »
« Le 1er mai, c’est la journée internationale de lutte pour les droits de travailleurs et travailleuses, une journée de solidarité, de lutte et de conquêtes sociales. Le 1er mai n’est pas une fête folklorique, c’est une journée de combat, née des luttes ouvrières, des grèves, des sacrifices de ceux qui ont refusé l’exploitation et l’injustice. Nous exigeons l’arrêt des guerres et une paix juste et durable. Nous voulons des mesures d’urgence contre la vie chère pour pouvoir vivre de notre travail », détaille notamment la CGT.
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Des gauches rassemblés…
Notre journaliste a pris la température auprès des manifestants parisiens. Postiers, cheminots, banquiers, avocats, professeurs, chercheurs, retraités… C’est le grand raout des mille visages des gauches françaises, mais aussi internationales. A l’approche d’une présidentielle ouverte à toutes les possibilités, le rassemblement doit s’imposer, estiment manifestants et responsables politiques.
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La députée Marie Pochon a pris la parole à Die
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« Bonjour à toutes et tous,
– heureuse d’être là…
– heureuse d’être là parce que, alors qu’il y a la guerre à nos portes, que la pauvreté n’a jamais été aussi grande dans notre pays, que la crise écologique met désormais en péril nos logements, nos écoles, la sûreté de nos routes, des rendements agricoles, le gouvernement et son socle commun n’a rien trouvé de mieux à faire, au milieu de tout ça, de remettre en cause le 1er mai, en proposant d’assouplir les règles du droit du travail ce jour-là.
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– Ils l’ont fait en dernière minute, quelques semaines avant cette journée, pour empêcher tout dialogue syndical et avec les oppositions ; pire, ils sont passés par le passage en force en votant une motion de rejet sur leur propre texte pour empêcher le débat par la représentation nationale. Je peux vous dire que je ne vois jamais autant d’élus LR et macronistes que lors de ces dévoiements de notre règlement dans notre hémicycle.
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– Le 1er mai pourtant, il s’inscrit dans une histoire longue, une histoire de luttes, de conquêtes durement arrachées. Il est né du sang et du courage de celles et ceux qui, à la fin du XIXe siècle, se sont levés pour obtenir avec force la journée de huit heures. Il est devenu, en France comme ailleurs, le symbole d’un droit fondamental : celui de ne pas être exploité sans limite, celui du travail digne.
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– Ce jour férié et chômé est une victoire du mouvement ouvrier. Le 1er mai n’est pas négociable. Il n’est pas aménageable au gré des intérêts économiques du moment. Il est le fruit de luttes sociales, et il doit rester un jour de repos pour toutes et tous. Et je le dis d’autant plus à tous ceux qui se prétendent être les défenseurs de ceux qui travaillent, face à de prétendus ‘assistés’ : non, vous ne défendez pas les travailleurs quand vous vous attaquez ainsi à leurs droits. Non, vous défendez le capital, et non pas le travail.
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– Alors je voulais quand même venir ici avec une bonne nouvelle. Suite à une suite assez rocambolesque d’événements, entre la menace d’une censure suite au passage en force que nous portions avec les groupes de la gauche à l’assemblée à l’initiative du groupe communiste, une réunion intersyndicale avec le Premier Ministre, celui-ci a annoncé ne pas convoquer la CMP qui devait voir valider le texte en urgence avant le 1er mai. Suite à quoi le socle commun a réagi en désertant l’hémicycle, ce qu’ils savent bien faire, mettant la pression au Gouvernement en représailles. Le dernier épisode nous avait donc laissé sur le Premier Ministre français, Sébastien Lecornu, qui annonçait tranquillement que les employeurs pourraient se soustraire à la loi comme bon leur semblaient ce premier mai, que la loi, votée par les parlementaires, que le code du travail, n’était qu’optionnel et qu’un exécutif pouvait décider seul de ne pas s’y soumettre. J’insiste là-dessus mais c’est extrêmement grave ce qu’il s’est passé : c’est le refus de la séparation des pouvoirs, et de l’état de droit qui veut que la loi, adoptée au nom du peuple français, s’applique, même au pouvoir exécutif.
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– Bref, si je vous raconte tout cela c’est non seulement pour que vous soyez au courant de l’ambiance lunaire que je retrouve souvent à Paris ; mais aussi vous dire qu’on s’est bagarrées.
Mercredi, Danielle Simonnet, députée de Paris et de l’Après, qui est membre de mon groupe, était devant le Conseil d’Etat pour défendre un recours que nous avions porté contre les déclarations illégales du Premier Ministre. Et nous avons gagné : oui il y aura bien des contrôles aujourd’hui, oui la loi s’appliquera, parce que le droit du travail n’est pas une cale meuble qu’on range quand ça nous arrange : comme je le dis souvent comme parlementaire, le droit c’est la protection de ceux qui n’en n’ont aucune autre.
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– Avant de finir je voulais dire un mot aussi sur l’agriculture, parce que je sors des débats PJLUA (Projet de Loi d’Urgence Agricole).
– Quand on pense agriculture on pense souvent aux chefs d’exploitation mais je pense également aux ouvrières et ouvriers, sans qui l’agriculture ne serait pas. Car s’il y a 400 000 chefs d’exploitation en France, on compte 1,8 millions de salariés agricoles. Dans ces métiers, les salaires ne suivent pas toujours.
Les contrats sont souvent précaires, les conditions de travail difficiles. Je voulais les mentionner car je sais qu’ici certaines et certains s’organisent, que c’est difficile, qu’il est difficile de se rassembler dans ces boulots précaires, de faire valoir ses droits, tant le boulot est prenant, tant les contrats sont précaires, tant la mobilité est importante, tant les emplois sont “non délocalisables”, tant il est difficile de se faire trop remarquer parce que sur le territoire, ça parle…. Et puis …Comment parler salaire avec son employeur lorsque l’on sait qu’il nous paye mais qu’il est lui-même au RSA ? Comment se sentir légitime d’exprimer et de rappeler les droits d’un salarié quand on voit galérer son patron qui par ailleurs peut être un collègue, un ami, un formateur ?
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– J’espère qu’ici vous saurez vous rassembler, amener ces sujets d’importance dans le débat, dans chacune des fermes, dans les négociations. Je serai à vos côtés bien évidemment, comme je me suis battue pour les prix rémunérateurs. On ne trouvera pas de solutions satisfaisantes aux conditions de travail des ouvriers agricoles, sans passer par une amélioration des revenus de l’ensemble des agriculteurs. Chaque travailleur ou travailleuse de la terre doit pouvoir vivre dignement de son travail, pour que le travail reste ou devienne une source d’émancipation et ne soit pas un acte sacrificiel.
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En ce 1er mai, j’espère qu’enfin nous arriverons à faire reconnaître que le revenu est au cœur de la crise structurelle que traverse l’agriculture, et que tant que nous regarderons ailleurs nous nous tromperons.
Alors aujourd’hui, comme hier, pour les fleuristes et les boulangers, pour les agriculteurs et agricultrices et pour toutes les travailleuses et les travailleurs, nous appelons à la mobilisation.
Parce que rien n’a jamais été donné. Tout a été conquis. Parce que les droits reculent quand on cesse de les défendre. Parce que le 1er mai n’est pas seulement une mémoire : c’est un combat vivant.
Vive le 1er mai,
Vive les travailleuses et les travailleurs,
Et Vive la République.. »
Marie Pochon ( VERBATIM)
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« Le 1er-Mai doit être un sanctuaire »
Portrait d’un syndicaliste qui défile pour la défense des travailleurs depuis cinquante ans. Présent pour la marche du 1er-Mai.
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Les crieuses et crieurs
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Projet de loi pour 2027
Outre la défense du caractère chômé du 1er Mai, les syndicats appellent à se mobiliser pour le pouvoir d’achat, sur fond de reprise de l’inflation, et pour la démocratie, à un an de la présidentielle. Le secrétaire général de l’Unsa Laurent Escure entend préserver le «cadre démocratique, condition sine qua non de la défense des travailleurs» alors que «la loi du plus fort» s’impose à l’international.
Devant le rejet unanime des syndicats, le gouvernement a écarté une proposition de loi portée notamment par l’ancien Premier ministre Gabriel Attal qui prévoyait la possibilité de faire travailler des salariés le 1er Mai dans les commerces de bouche, les fleuristes et les établissements culturels. Le gouvernement a recentré cette possibilité sur les seuls artisans boulangers et fleuristes, sous réserve d’accords dans ces branches, avec un projet de loi qui devrait entrer en vigueur avant le 1er Mai 2027. Les cinq confédérations syndicales représentatives (CFDT, CGT, FO, CFE-CGC et CFTC) sont aussi opposées à ce projet de loi, craignant qu’il ouvre la voie à des élargissements futurs.
«Nous sommes passés de plusieurs millions de salariés pénalisés avec des ouvertures tous azimuts de commerces de proximité à un texte qui concernerait 200 000 salariés au maximum. C’est toujours trop», a estimé Sophie Binet dans l’Humanité jeudi. Pour le numéro deux de la CFDT Yvan Ricordeau, le 1er Mai a une «tonalité importante cette année», en raison «des velléités de le remettre en cause».
La secrétaire générale de la CFDT, Marylise Léon, a dénoncé, ce vendredi, les responsables politiques qui font, selon elle, de la « politique spectacle » en se rendant dans une boulangerie le 1er-Mai, comme Sébastien Lecornu en Haute-Loire et Gabriel Attal près de Paris.
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La Maire de Die, Marylène Moucheron, accompagnée par 3 adjoints ( Orand Laetitia, Abdellaoui Said et Maisonneuve Ayla ) ont participé à cette journée
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Claude Veyret