Sélectionner une page

8 mai 1945 à Clermont-Ferrand

.

Le 3 juillet 1945, le Général de Gaulle, chef du gouvernement provisoire, est accueilli par des citoyens à Clermont-Ferrand.
Le 3 juillet 1945, le Général de Gaulle, chef du gouvernement provisoire, est accueilli par des citoyens à Clermont-Ferrand.
.

Nous commémorons ce 8 mai la victoire des forces alliées sur l’Allemagne nazie  et le gouvernement d’extrême Droite Pétain-Laval et la fin de la Seconde Guerre mondiale en Europe, le 8 mai 1945. Neuf mois après sa propre libération, Clermont-Ferrand accueille la capitulation allemande dans un climat de grande incertitude. L’historienne Françoise Fernandez nous raconte ce moment charnière.

Le 8 mai 1945 marque la victoire des forces alliées sur l’Allemagne nazie et la fin de la Seconde Guerre mondiale en Europe. La ville de Clermont-Ferrand a été libérée neuf mois plus tôt, le 27 août 1944.

.

En consultant les archives de Service départemental de l’Office National des Anciens Combattants et Victimes de Guerre on peut lire, dans une brochure consacrée à « La résistance dans le Puy-de-Dôme » que : « La victoire du 8 mai 1945 n’a pas suscité dans le Puy-de-Dôme, les mêmes manifestations d’explosion de joie que celles exprimées lors de la libération du département. Dans l’après-midi du 8 mai 1945, à 15 heures, au moment où retentissent partout les sirènes et les cloches des églises, la population descend dans les rues, sur les places publiques, devant les mairies, pour écouter l’annonce officielle de la capitulation allemande faite à la radio par le général de Gaulle et diffusée par des haut-parleurs. Cependant, l’euphorie de la victoire va faire place, peu à peu, à l’inquiétude et à la déception face au problème du ravitaillement. Les magasins ne sont pas approvisionnés, tout manque. C’est ce que découvrent les prisonniers à leur retour, en 1945. Malgré la joie de recouvrer la liberté, les retrouvailles sont difficiles dans un pays si éloigné des rêves faits pendant leur détention : il leur faut réapprendre à vivre« .

Dans la vidéo ci-dessous, vous pouvez retrouver les images de la libération de Clermont-Ferrand.

.

.

https://youtu.be/phgDhycQ-uw

 

.

La désillusion

Bien que la ville ait été libérée neuf mois plus tôt, la date du 8 mai 1945 ne revêt pas tout à fait le caractère festif de la libération de Clermont-Ferrand le 27 août 1944. Selon Françoise Fernandez, historienne, “L’effervescence et l’enthousiasme de la libération du mois d’août précédent avaient laissé place à beaucoup de désillusion”.

Cette période est marquée par une profonde souffrance sociale. La fin des combats ne signifie pas la fin des épreuves pour les familles clermontoises. “Le 8 mai 1945, il restait encore beaucoup de prisonniers, beaucoup de déportés dont on n’avait pas de nouvelles qui n’étaient pas rentrés”, explique l’historienne, soulignant une atmosphère dominée par “l’anxiété et la peine”.

.

Des privations quotidiennes

La réalité matérielle de l’après-guerre est brutale. La victoire militaire ne remplit pas immédiatement les assiettes. Françoise Fernandez rappelle : “L’économie était par terre. Les voies de communication étaient détruites. Les pénuries en particulier les pénuries de nourriture continuaient à exister. Contrairement aux espoirs nés à l’été 1944, la libération n’a pas été le synonyme de la fin des privations ni la fin des difficultés. Loin de là”.

.

Le temps des retours

Le printemps 1945 est celui du retour des exilés, une logistique complexe et émotionnellement chargée. Si certains prisonniers de guerre, comme le père de l’historienne libéré à Lübeck fin avril, rentrent chez eux, d’autres retours sont plus douloureux. Françoise Fernandez évoque notamment le cas des travailleurs du Service du Travail Obligatoire (STO) : “Leur retour a été plutôt discret parce qu’il y avait quand même pas mal de Français et de Françaises qui étaient allés travailler en Allemagne volontairement”.

Ces retrouvailles sont d’autant plus difficiles que les prisonniers, restés loin de la France pendant des années, ont été “biberonnés à la propagande de Vichy” et se sentent étrangers face aux nouveaux acteurs de la vie politique française.

.

Une démocratie qui renaît de ses cendres

Malgré ce tableau sombre, le 8 mai 1945 s’inscrit dans un renouveau démocratique majeur. Quelques jours plus tôt, en avril, les femmes avaient pu voter pour la première fois lors des élections municipales. Selon l’historienne, “C’était quelque chose d’important pour le devenir de notre pays”.

Cependant, cette reconstruction politique s’accompagne d’une épuration douloureuse. La découverte de la réalité des camps relance les campagnes de punition contre les collaborateurs, créant “une vague de haine qui était souvent proche de la guerre civile”. Françoise Fernandez conclut que ce n’est pas “un tableau tout à fait idyllique” qui se dessine alors. Malgré tout, la capitulation de l’Allemagne donnera lieu à Clermont-Ferrand à « deux jours de fêtes, à des manifestations de joie”, offrant une brève parenthèse de lumière dans une période de grande incertitude.

.

Catherine Lopes sur FR3

Poster le commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *