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Depuis début 2025, Xenia Fedorova intervient notamment comme chroniqueuse régulière sur Europe 1 et dans l’émission « L’Heure Inter » de CNews.

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photo : montage La Revue des médias (captures d’écran CNews et Europe 1)

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Maxime Audinet : « Xenia Fedorova relaie activement et sans ambiguïté les récits russes, et les adapte aux audiences françaises »

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L’ancienne directrice de la chaîne de télévision RT France, Xenia Fedorova, apparaît désormais comme une figure clé de CNews et du « JDNews ». Le chercheur Maxime Audinet nous éclaire sur le parcours et le rôle joué par cette « actrice de l’influence russe » au sein de l’écosystème médiatique de Vincent Bolloré.

Depuis l’enquête du Monde publiée le 26 mai dernier, suivie de celle de Mediapart, Xenia Fedorova, ex-directrice de RT France, filiale du média russe d’influence d’État RT, et désormais intégrée au groupe de médias de Vincent Bolloré (JDNews, CNews, CStar), défraie la chronique. Au point que le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, l’a accusée le 29 mai d’être une « propagandiste patentée » et que le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a été interpellé le 1er juin au micro de France Inter sur le renouvellement de son titre de séjour. Même le président Emmanuel Macron y a fait une allusion le 4 juin, renvoyant à ses propos de 2017 qualifiant RT France et Sputnik d’« organes de propagande ».

Maxime Audinet, professeur junior et titulaire de la chaire « Stratégies d’influence et de contre-influence en contexte numérique » à l’Institut national des langues et des civilisations orientales (Inalco) et auteur d’Un média d’influence d’État. Enquête sur la chaîne russe RT (INA Éditions, 2024), nous éclaire sur le rôle joué par Xenia Fedorova dans l’écosystème médiatique de Vincent Bolloré.

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Qui est Xenia Fedorova ?

Maxime Audinet : Xenia Fedorova est née en 1980 à Kazan (Tatarstan). Elle a réalisé l’intégralité de sa carrière chez Russia Today (devenue RT), le principal média d’État transnational et organe de propagande médiatique russe financé par le Kremlin. Elle rejoint la chaîne à ses débuts, en 2005, au moment où Margarita Simonian, la patronne incontestée de RT depuis deux décennies, est propulsée à la tête du réseau par ses cofondateurs Mikhaïl Lessine, ex-ministre des Communications, et Alexeï Gromov, l’actuel premier directeur adjoint de l’administration présidentielle en charge des relations entre le Kremlin et les médias. Contrairement à ce que suggère sa page Wikipédia francophone, et selon plusieurs témoignages, Xenia Fedorova n’aurait pas de formation journalistique et ne serait pas diplômée de la prestigieuse faculté de journalisme de l’université d’État de Moscou. Son parcours avant 2005 reste méconnu. Elle commence comme directrice du service des actualités internationales en 2005. Rapidement, elle gravit les échelons et devient directrice de la diffusion de l’information pour la Russie, la CEI (Communauté des États indépendants) et les États baltes entre 2012 et 2014. Durant cette période, elle travaille surtout sur les contenus russophones de RT. Après un détour à Berlin, où elle pilote l’agence de presse Ruptly et obtient un MBA en industries créatives, elle devient directrice de la chaîne de télévision RT France, lancée en décembre 2017 à Paris. Avec 170 employés, la déclinaison française de RT est alors le plus grand bureau du réseau à l’étranger — plus important que RT America, RT UK ou RT Deutsch — et la filiale la plus exposée médiatiquement en Europe.

RT France est interdite de diffusion au sein de l’Union européenne, en mars 2022, après l’invasion à grande échelle de l’Ukraine, mais elle peut continuer à produire des contenus, ce qu’elle fait jusqu’à son placement en liquidation judiciaire, en 2023. La majorité de ses employés est alors licenciée. Dans les mois qui suivent, l’écosystème médiatique de Vincent Bolloré est quasiment le seul à recruter des anciens de RT, comme Stéphanie de Muru sur Europe 1, Olivier de Keranflec’h ou Thomas Bonnet sur CNews. D’autres médias comme Omerta ou Valeurs actuelles en accueillent aussi, mais les médias de Vincent Bolloré en concentrent l’essentiel.

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Les discussions concernant le recrutement de Xenia Fedorova chez Bolloré auraient débuté en juin 2023, notamment par l’intermédiaire de Serge Nadjar, le directeur général de CNews. On apprend d’ailleurs dans Les Jours qu’elle lui est directement rattachée et en CDI. Il faut attendre début 2025 pour la voir intervenir dans les canaux de Vincent Bolloré, avec une première chronique dans le JDNews et, le 6 février, sur CNews, dès le lancement de l’émission « L’Heure Inter ».

En mars, elle assure sur Europe 1 et CNews la promotion de son livre Bannie (Fayard), avant de devenir une invitée régulière. Lorsqu’il la reçoit pour présenter son livre dans « L’Heure des pros », Pascal Praud, même s’il « ne [prend] pas [Vladimir Poutine] pour le plus grand démocrate », dit trouver le point de vue de Xenia Fedorova « intéressant, [parce] que c’est la position russe qu’on ne veut pas entendre », tandis qu’Eric Naulleau conteste le discours « très choquant » et « 100 % aligné sur les positions du Kremlin » de l’invitée.

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En mai, elle devient chroniqueuse pour le JDNews et, en septembre, présentatrice de l’émission « Lumières orthodoxes » sur CStar et CNews. D’abord prudente, elle finit par répercuter de nombreux éléments du récit officiel russe. Sur la guerre en Ukraine, par exemple, elle parle d’un « conflit » ou d’une « opération militaire » plutôt que d’une invasion.

« Ses liens avec l’écosystème d’influence informationnelle de la Russie sont manifestes »

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Est-elle une « agente » d’influence russe ?

Je préfère dire « actrice de l’influence russe » plutôt qu’« agent », qui est un terme un peu sulfureux, qui suggérerait une activité clandestine, alors que ses liens avec l’écosystème d’influence informationnelle de la Russie sont manifestes. De fait, elle a été à la tête de la plus grosse branche de RT, qui est l’instrument le plus financé de cet écosystème (entre 300 et 350 millions d’euros de subventions publiques chaque année). Elle est intimement liée à ce média et à Margarita Simonian, dont elle était l’un des bras droits. Elle est une actrice de l’influence russe non pas en raison de sa nationalité, mais en raison de sa carrière chez RT et de sa reconversion dans l’écosystème Bolloré. Mais aussi par les récits et les éléments rhétoriques qu’elle mobilise pour défendre les positions de la Russie dans l’ordre international, pour désorienter les audiences françaises et fragiliser un peu plus leur confiance envers les institutions ou les médias.

D’une part, elle relaie activement et sans aucune ambiguïté les récits officiels russes — notamment sur la guerre et la critique du soutien européen à l’Ukraine. Et elle les adapte aux audiences françaises.

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D’autre part, elle défend la posture de RT comme un acteur médiatique « contre-hégémonique » et « alternatif » aux autres médias traditionnels (dits « mainstream »), avec une rhétorique « whataboutiste » [inversion accusatoire afin d’attaquer l’interlocuteur sans répondre à son argument, NDLR], qui assimile RT à la BBC ou à France 24, ce qui est fallacieux, en dénonçant une supposée « pensée unique » ou en suggérant que c’est l’Europe qui est responsable de l’escalade militaire à l’est du continent. Cette approche conflictuelle et relativiste de l’espace médiatique, typique de RT et empruntée à la chaîne Fox News, créée dans les années 1990, est à mon avis l’un des facteurs explicatifs de son recrutement chez Bolloré.

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Comment cela se traduit-il concrètement dans ses interventions médiatiques ?

Pour y voir plus clair, nous avons réalisé, avec mon équipe de recherche à l’Inalco, une analyse textuelle de ses 44 chroniques publiées dans le JDNews du 1er janvier 2025 au 28 mai 2026. Après avoir récolté ces articles, nous avons utilisé le logiciel IRaMuTeQ1, un outil de lexicométrie qui permet d’identifier les thèmes dominants d’un corpus (ou « clusters lexicaux »). On identifie ainsi six grandes thématiques (ou « classes lexicales ») parmi les chroniques de Xenia Fedorova, qui couvre près de 90 % de la surface lexicale du corpus.

 

Dendrogramme issu d’une analyse textuelle des chroniques de Xenia Fedorova, du 1er janvier 2025 au 28 mai 2026 dans le JDNews, et permettant d’identifier six grandes thématiques (ou « classes lexicales »).

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La plus importante (classe 1 : 23 % de la surface lexicale) renvoie à la religion et aux cathédrales orthodoxes, sujet sur lequel elle s’est aussi exprimée dans l’émission « Lumières orthodoxes » sur CStar et CNews.

Mais la plus intéressante est la classe 6 (17,3 %), à propos de la défense de la liberté d’expression et du pluralisme médiatique, qui seraient menacés en France par les « bien-pensants » ou les tenants d’un « monopole de l’information » ou du « deux poids, deux mesures », pour reprendre ses expressions. Le segment du corpus statistiquement le plus représentatif de cette classe lexicale est le suivant : « La censure ne commence pas toujours par l’interdiction explicite, mais par l’idée que certaines paroles n’ont plus le droit d’être entendues. Sous prétexte d’aider l’Ukraine, la France semble avoir oublié que la liberté d’expression ne se défend pas à moitié. On ne protège pas la démocratie en interdisant la complexité, en excluant la contradiction ou en façonnant un récit unique. Car le jour où l’on refuse d’entendre l’autre camp, ce n’est pas seulement le journalisme qui recule, c’est la liberté elle-même » (2 avril 2026).

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Les termes dominants de cette classe sont : « liberté »« médias »« récits »« enfants »« expressions »« droits »« informations »« démocratie ». Le terme « enfant » peut surprendre : il renvoie à ses propos, fidèles à la rhétorique russe, qui nient les enlèvements documentés d’enfants ukrainiens — présentés comme des évacuations — et leur russification forcée. C’est de la désinformation pure et dure. Cette classe lexicométrique traduit enfin sa posture « contre-hégémonique », « alternative », relativiste. C’est tout l’enjeu de RT : montrer que la démocratie est dysfonctionnelle. Et d’une certaine manière, c’est une propagande subtile.

La classe 2 concerne les enjeux énergétiques, la crise d’Ormuz, l’inflation, les hausses du prix du pétrole. L’idée est que la Russie serait un des rares fournisseurs capables de soulager rapidement une crise d’approvisionnement, et qu’il y aurait donc un intérêt à pacifier nos relations avec elle. La classe 3 porte sur les enjeux nucléaires et le dialogue stratégique russo-américain, avec Donald Trump.

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La classe 4 concerne le soutien militaire européen à l’Ukraine et le risque d’escalade. Elle reprend ici aussi le discours du Kremlin prétendant que ce sont les Occidentaux qui prolongent le conflit en soutenant l’Ukraine, prenant ainsi le risque d’une confrontation militaire totale. Elle arsenalise le « whataboutisme », en le mettant au service d’une propagande de guerre habillée d’un discours pacifiste qui inverse les responsabilités.

Enfin, la classe 5 concerne les budgets de défense européens, l’explosion des dépenses dans un contexte d’endettement, avec un focus sur l’Allemagne dont le réarmement peut ranimer les peurs historiques.

Dans toutes ces classeson voit une diffusion du récit russe, mais adapté pour parler aux audiences françaises. Ce sont des réactions à l’actualité sur lesquelles viennent se greffer des architectures narratives et rhétoriques déjà vues, adaptées pour servir le discours pro-Kremlin, affaiblir le soutien militaire à l’Ukraine, polariser la société, augmenter la défiance vis-à-vis des institutions et des principes démocratiques (le pluralisme, la liberté d’expression). C’est ce que faisait déjà RT.

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« Toutes ces lignes éditoriales forment un creuset de valeurs compatible avec des positions défendues par la Russie »

 

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Peut-on parler d’un tournant « pro-russe » des médias détenus par Vincent Bolloré ?

Plutôt qu’un tournant, mon constat est surtout celui d’une compatibilité entre, d’une part, la ligne éditoriale de CNews et sa posture contre-hégémonique et, d’autre part, les positions illibérales défendues par la Russie. Il convient donc d’horizontaliser les agentivités des uns et des autres. Ce n’est pas seulement la Russie qui a pénétré l’écosystème Bolloré et qui l’utilise. C’est aussi l’écosystème Bolloré qui a laissé entrer une personne comme Xenia Fedorova et d’autres anciens de RT France, ce qui permet par exemple de cultiver une approche concurrentielle vis-à-vis de BFMTV ou de LCI, qui couvre largement la guerre en Ukraine. Je parlerais plutôt d’une convergence de lignes éditoriales souverainistes, eurosceptiques, conservatrices, anti-libérales, critiques de la gauche progressiste. Et d’une certaine manière, tout ça forme un creuset de valeurs compatible avec des positions défendues par la Russie.

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Pourquoi cette affaire éclate-t-elle maintenant ?

L’article d’Ariane Chemin et d’Ivanne Trippenbach, dans Le Monde du 26 mai, a mis le feu aux poudres et entraîné de nombreuses réactions politiques. Mais si elles ont publié ce papier, c’est en raison de la conjonction de plusieurs facteurs. D’abord, l’exclusion de contradicteurs sur Europe 1 et CNews : le journaliste de Valeurs actuelles Victor Eyraud et le général Bruno Clermont, qui a énormément communiqué sur cette affaire. Il y a eu aussi l’invitation de la ministre de l’Agriculture Annie Genevard, le 21 mai à l’Institut de l’espérance de Vincent Bolloré, où Xenia Fedorova était présente. Et on peut aussi ajouter le contexte plus large des débats sur la « bataille culturelle » menée par Vincent Bolloré et son influence grandissante dans les milieux de l’édition et du cinéma, comme l’ont reflété l’éviction d’Olivier Nora de Grasset ou la tribune « Zapper Bolloré » et la réaction du directeur de Canal+ lors du Festival de Cannes. Il y a eu une sorte d’alignement des planètes.

Après l’article du Monde, l’écosystème Bolloré a réagi avec une tribune publiée dans Le JDD, signée par Arnaud Lagardère pour Europe 1 et par Gérald-Brice Viret pour CNews, puis la réaction de Maxime Saada, qui a défendu Xenia Fedorova publiquement, en reprenant d’ailleurs l’argument de la liberté d’expression, du besoin d’entendre les voix des deux camps, comme si ces voix étaient équivalentes. Ce qui est assez paradoxal, c’est qu’elle se plaint d’être censurée alors que sa parole en plateau n’est plus contestée et qu’elle parle régulièrement à des centaines de milliers de personnes.

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« Tout l’écosystème Bolloré, pour des raisons qu’on a évoquées, trouve un intérêt éditorial à diffuser une parole pro-russe »

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Quest-ce que cela dit de la vulnérabilité du paysage médiatique français ?

J’identifie trois volets. Premièrement, une partie de l’écosystème médiatique est insuffisamment préparée et manque de connaissances sur la nature de la propagande et des ingérences russes contemporaines. Il y a eu le cas de Sergueï Lavrov [ministre des Affaires étrangères russe, NDLR] sur le JT de France 2, en mars dernier. Devant 3,5 millions de téléspectateurs, le ministre a pu développer son discours sans qu’une contradiction suffisante ne lui soit apportée. Il y a eu aussi le cas, en 2023, des étoiles de David puis, en 2024, des mains rouges taguées au pochoir dans les rues de Paris, surmédiatisés avant même que l’on connaisse ses commanditaires réels. Il s’agissait en réalité des campagnes de déstabilisation orchestrées depuis Moscou.

On se dit parfois que la propagande russe est bien connue, mais c’est beaucoup plus subtil et pernicieux. Ce qui est paradoxal dans un contexte où les services de l’État, Viginum, la DGSE, le ministère des Armées, le Quai d’Orsay ont mis en place des dispositifs de contre-ingérence rodés, capables de détecter quasiment en temps réel des ingérences numériques étrangères et d’y répondre.

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Deuxièmement, il y a la conjonction de convergences idéologiques, narratives, discursives et interpersonnelles. Tout l’écosystème Bolloré, pour des raisons qu’on a évoquées, trouve un intérêt éditorial à diffuser une parole pro-russe. De l’autre côté, l’une des priorités de la stratégie d’influence russe consiste à pénétrer les écosystèmes médiatiques des pays ciblés ; parce que, quand un message est repris par un média local, un proche, un influenceur, il est perçu comme beaucoup plus crédible. On le voit en France via l’écosystème Bolloré, mais aussi en Afrique, où RT et Spoutnik nouent des accords de coopération avec des dizaines de médias locaux, parfois en payant directement des journalistes pour diffuser leurs contenus. C’est un phénomène de blanchiment des récits russes.

Enfin, il y a parfois une certaine esthétisation et romantisation de figures intellectuelles russes, d’autant plus facilement décrites comme les éminences grises des puissants que, en contexte autoritaire, les mécanismes de prise de décision nous semblent opaques.

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