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Covid-19: Face aux annulations, l’événementiel craint de perdre la moitié de ses salariés en 2021

Après une abyssale perte de chiffre d’affaires jusqu’ici en 2020 (-80%), l’événementiel anticipe une activité encore réduite de moitié en 2021, qui mettrait au chômage la moitié de ses 455.000 employés
Le secteur de l’événementiel, qui emploie plus de 450.000 personnes en France, craint de perdre la moitié de ses salariés en 2021 à cause de l’épidémie de coronavirus (photo d’illustration datant de juin 2013). 

CORONAVIRUS : Déjà très éprouvé par la crise sanitaire, l’événementiel a reçu le coup de grâce avec l’interdiction des rassemblements de plus de 1.000 personnes dans les zones en “alerte renforcée”. Une mesure qui pourrait bien tuer dans l’œuf la reprise automnale tant espérée après l’accalmie de l’été dans l’épidémie de covid-19.

“Nos perspectives se resserrent: d’ici la fin de l’année il n’y aura quasiment plus d’événement” sur les neuf sites gérés par la société Viparis à Paris et en Île-de-France -dont les parcs des expositions de la Porte de Versailles et de Villepinte, affirme à l’AFP son directeur général Pablo Nakhlé Cerruti.

“Mais le paradoxe, et c’est une grande frustration, c’est qu’on a reçu une trentaine d’événements en septembre avec une petite jauge, et certains plus grands comme Pro Durable dédié à la RSE (responsabilité sociétale des entreprises, ndlr), qui a rassemblé 8.000 participants, qui se sont tous très bien passés”.

Si Écologie au Quotidien ne réalise pas son 19ème Festival annuel (Les Rencontres de Die et de la Biovallée ) en Janvier- février 2021,  » Sur ces 12 jours on perd 35 000€, en déduisant les frais qui ne seront pas réalisés!   » annonce une responsable :  « Et l’on licenciera… ». Au fin fond d’une vallée drômoise ce Festival « incroyable » attire chaque année 10 à 12 000 visiteurs et 200 intervenants en pleine période hivernale.

AG Ecologie au Quotidien 2019

Différence de traitement par rapport aux centres commerciaux

Viparis a mis en place un protocole sanitaire validé par Bureau Veritas et “aucun cas de Covid-19” n’a été répertorié, souligne-t-il: “Mais c’était avant que la décision d’abaisser la jauge à 1.000 personnes ne nous achève”.

Depuis cette annonce, “les annulations se multiplient”, confirme Christophe Cizeron, directeur général de GL Events, organisateur de salons et spécialiste de la logistique des grands événements basé à Lyon. “Nous sommes victimes d’amalgames: après les problèmes sanitaires liés à des débordements festifs cet été, on assimile cela aux ‘rassemblements’ professionnels, commerciaux, scientifiques, que nous organisons avec un protocole sanitaire très exigeant”, estime-t-il.

“Eurexpo, le parc des expositions de Lyon, c’est 150.000m2: avec une jauge de 5.000 personnes ça vous fait une personne pour 30m2. Si on descend à 1.000, c’est une personne pour 130m2 !”, constate Christophe Cizeron, dénonçant une “différence de traitement avec les centres commerciaux, où la densité et les flux sont beaucoup plus importants”.

De fait, l’interdiction des événements pendant six mois, et ensuite la jauge maximum de 5.000 puis 1.000 personnes accueillies par événement dans certains territoires, ainsi que la faculté donnée aux préfets d’interdire des manifestations du jour au lendemain, ont mis la filière à genoux. Ainsi 220 exposants ont-ils dû se résoudre jeudi dernier à démonter en catastrophe leurs stands, la veille de l’ouverture de la Foire de Saint-Etienne.

Des annulations à la pelle

Après une abyssale perte de chiffre d’affaires jusqu’ici en 2020 (-80%), l’événementiel anticipe une activité encore réduite de moitié en 2021, qui mettrait au chômage la moitié de ses 455.000 employés.

Sept organisations du secteur -Coesio, Crealians, France Congrès et Évenements, L’Évenement, Traiteurs de France…- ont écrit au Premier ministre le 23 septembre pour lui demander un “plan de sauvegarde massif spécifique à l’événementiel” sans lequel les entreprises ne “passeront pas l’hiver”. L’organisateur de salons Comexposium vient ainsi de solliciter une procédure de sauvegarde auprès du tribunal de commerce de Nanterre. Le secteur sera reçu la semaine prochaine par le ministre de l’Économie Bruno Le Maire.

“C’est le désarroi total”, remarque Aziz Bentalab, gérant du traiteur Calixir qui emploie 25 personnes en Île-de-France, “j’ai perdu 800.000 euros de contrats en deux jours, tout est annulé jusqu’à fin décembre”. Aussi président de la branche Traiteurs organisateurs de réceptions du syndicat GNI (indépendants) qui représente 280.000 salariés, il reçoit des “dizaines d’appels de traiteurs désespérés” à qui il ne sait “plus quoi dire”.

L’événementiel génère 34,5 milliards d’euros de retombées économiques directes et indirectes en France, en faisant travailler agences d’événementiel, d’accueillants, d’imprimeurs, graphistes, de sécurité, d’audiovisuel, entreprises de nettoyage, traiteurs, décorateurs et fournisseurs divers… tout un écosystème de PME, COP ou producteurs individuels qui ne survivront pas à des mois sans activité.

Paul Breynat

chateauravel@gmail.com

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