« Il ne faut pas oublier que cette mesure de confinement a été prise pour nous protéger tous ! »
Surtout, prenez soin de vous et de vos proches. Pour ce vendredi, voilà cinq conseils pour garder le moral pendant le confinement, avec Margaux Gelin, docteure en psychologie
1. Identifier ses émotions
« Le premier conseil que je pourrais vous donner, c’est de chercher à comprendre quelles émotions génère le confinement pour vous. Est-ce que vous ressentez plutôt de la peur ? Est-ce que vous ressentez plutôt de la colère, ou peut-être de l’anxiété ? Chacun ressent ses propres émotions. Une fois que vous avez identifié l’émotion que vous ressentez, il est très important de communiquer cette émotion, de la partager et de ne surtout pas garder les choses pour vous. […] Ne perdez pas le contact avec vos proches. Si vous en ressentez le besoin, vous pouvez aussi vous rapprocher de professionnels, parce qu’il faut savoir que de nombreux professionnels proposent des consultations à distance, en ligne. »
2. Accepter les émotions négatives
« Il est tout à fait normal de ressentir des émotions négatives, d’autant plus dans des circonstances exceptionnelles comme celles que nous sommes en train de vivre en ce moment. Il n’y a pas de honte à avoir. Évidemment, accepter ces émotions négatives ne veut pas dire se laisser submerger par les émotions négatives. Une fois que vous les avez identifiées, une fois que vous comprenez pourquoi vous les ressentez, vous allez pouvoir agir dessus. […] On le fait sans s’en rendre compte. C’est ce qu’on appelle la régulation émotionnelle. Tous, nous régulons nos émotions constamment. »
3. Trouver du positif dans le confinement
« Essayez de voir la situation sous un angle plus positif pour diminuer vos ressentis négatifs. Dans le cadre du confinement dû au Covid-19, il est possible que ce qui vous fait peur, ce qui vous angoisse, ce soit tout simplement le fait de devoir rester chez vous. Vous avez peut-être l’impression que sortir de chez vous, vous vider la tête, c’est vraiment quelque chose d’essentiel à votre bien-être. C’est tout à fait possible, c’est même complètement évident. Mais essayez quand même de trouver du positif à la situation que vous vivez. Première chose très positive, évidemment, c’est qu’il ne faut pas oublier que cette mesure de confinement a été prise pour nous protéger tous, et c’est quand même quelque chose de très positif. »
4. Se distraire
« Un élément très important va être tout ce qui est de l’ordre de la distraction. On va pouvoir distinguer deux types de distraction. D’abord des distractions internes qui vont consister à penser à autre chose. Par exemple, repenser à un moment de bonheur, à un souvenir heureux, ou se projeter dans le futur. Qu’est-ce qu’on va pouvoir faire après tout ça ? Parce que c’est une situation qui va s’arranger. Il y a un moment où cette mesure de confinement va s’arrêter. Qu’est-ce que vous allez pouvoir faire de positif ? »
5. Faire des exercices de respiration
« Des exercices de respiration tout simples… Je pense notamment à la respiration carrée, un exercice de respiration qui vous permet de vous focaliser sur votre respiration et de détacher vos pensées de choses potentiellement stressantes. C’est un exercice qui se fait en quatre temps, très simple. La première étape est d’inspirer un maximum d’air sur quatre temps. Une fois que vous avez inspiré tout cet air, vous retenez votre souffle en conservant l’air dans vos poumons, de nouveau sur quatre temps, puis vous expirez sur quatre temps et vous retenez votr
e souffle en ayant vos poumons vides, de nouveau pendant quatre secondes. »
6. Garder votre humour
Quitte à subir la situation, autant en rire ! Humoristes, créateurs, blogueurs ont déjà rebondi. L’humour est l’une des façons d’éviter le malheur : on perçoit bien la réalité telle qu’elle est, (contrairement à la névrose, où on la déforme) mais on s’en amuse, on joue avec, on la triture, on la pousse dans ses conséquences les plus absurdes, pour éviter d’en souffrir. Selon la définition de Freud, « l’humour est le dépassement du sens tragique de la réalité »
7. Et le silence
Je retiendrai une autre phrase de Badinter « Que l’on se taise ». « Que l’on se taise », le meilleur conseil, la meilleure injonction, pour ne pas rajouter à la confusion, au désordre, au n’importe quoi, ne pas mêler sa voix à toutes les paroles lancées à tort et à travers, quand on aurait besoin d’actes et de silence. Peut-être alors juste écouter la mer, le bruit des vagues, le chant du ressac, le vague à l’âme… S’imaginer sur une plage et laisser son regard se perdre jusqu’au lointain… Et le silence, le silence choisi comme marque de respect, de reconnaissance, de tristesse partagée et dans ce creux de la vague des valeurs républicaines ne pas pouvoir s’empêcher de penser à tous les silences qui ont précédé…
Margaux Gelin, docteure en psychologie