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Quelques enseignements de la convention citoyenne pour le climat

Table-ronde organisée par Alternatives Economiques dans le cadre des Journées de l’économie Autrement le 28 novembre 2020

C’est en tant qu’organisateur de manifestations dans la Biovallée en faveur d’un monde meilleur que je résume ici un certain nombre d’enseignements intéressants. Il faut rendre d’abord hommage à notre ami Philippe Frémeaux qui nous a quitté en août dernier. Nous devons à ce « père » des JEA une richesse d’échanges qui, d’année en année, ne se dément pas. Nous lui devons également entre autres sa présence active à diverses manifestations à l’éco-site d’Eurre (26.

Il m’est apparu utile de souligner quelques enseignements de cet inhabituel exercice démocratique par 150 personnes tirées au sort pour la CCC et dont la co-présidence a été assurée par le Drômois Thierry Pech et par ailleurs ancien PDG d’Alternatives Economiques.

Pour commencer, le Philosophe Loïc Blondiaux a rappelé que cette délibération citoyenne est en capacité de faire des préconisations au politique

Quelles conditions pour réussir cette délibération citoyenne ?

  • Une gouvernance extérieure impartiale et libre de toute pression d’intérêts « particuliers » : il dira un peu après que la liberté et l’indépendance des conventionnels produisent de la cohérence et du courage vis-à-vis des décideurs. Il affirmera alors que c’est un « complément indispensable à la démocratie représentative ».
  • Une représentativité jugée satisfaisante ;
  • Disposer des moyens pour travailler correctement (ingénierie de la démocratie) ;
  • Etre assuré de « l’effectivité » des préconisations, en d’autres termes qu’elles seront prises en compte.

Fin du mois contre fin du monde ?

Non répond Thierry Pech. Car il ne peut y avoir de consensus sur le grave sujet du climat sans justice sociale. N’est-ce pas une évidence ?

Non également tant l’esprit de « fraternité » entre ces cent cinquante participants très divers s’est naturellement imposé. Intéressant !

Vers une bascule ?

Fanélie Carrey-Conte d’Enercoop, auditionnée par la CCC, trouve remarquable à quel point ce qui était considéré il y a peu comme « marginal ou radical » est en train d’être adopté par un public de plus en plus large. C’est très intéressant pour envisager des mesures structurantes ou dynamiques.

Des mesure ou démesures emblématiques ?

Thierry Pech affirme que ce qui est emblématique, c’est « l ’interdépendance des mesures », car « c’est l’addition des différentes mesures qui fait système ». Toutefois, une mesure s’impose à elle seule : la rénovation énergétique des bâtiments.

Ce qui est emblématique également pour lui, c’est qu’il s’est agi d’un « contrat d’aventure pleine d’inconnue ». Faisons confiance !

Une expérience reproductible ?

Oui, dans de nombreux domaines encore qu’il soit préférable d’en réserver l’usage à des questions essentielles. Comme le referendum. Il serait par conséquent utile de définir et codifier ce qu’est une convention citoyenne. Le travail reste à faire. Ainsi, par exemple pour en fixer les limites. Ainsi la question du nucléaire s’est trouvée hors sujet.

Quelles conditions pour une démocratie vivante ?

Parmi les points évoqués et non exhaustifs, retenons :

L’apport des experts qui sont intervenus s’est avéré « sans emprise ».

La « prise en compte des conflictualités » : en d’autres termes tenir compte de ce qui est exigeant, dommageable pour les personnes concernées. D’où le principe « ambition ET d’inclusion » essentiel pour Thierry Pech.

Ce qui fait rebondir Loïc Blondiaux à l’approche de la conclusion pour souligner que c’est là une bonne façon d’aller « au-delà de la décision publique » ( !) tout en rendant légitime dans l’esprit du public des « mesures exigeantes ou contraignantes ». Vertu d’une démocratie rénovée ?

Conclusion raisonnablement optimiste ?

Si les participants Mélanie Cosnier et Victor Costa ont marqué une certaine déception sur les suites données par le gouvernement, Thierry Pech a tenu à rappeler qu’il ne faut pas griller les étapes. La dernière session est prévue pour début 2021. Il s’agit là d’une expérience nouvelle et novatrice qui n’a pas fini d’en inspirer d’autres.

Reste à remercier également l’animatrice des débats, Camille Dorival, elle-même ancienne PDG d’Alternatives Economiques. Elle a su animer avec Philippe Frémeaux et avec d’autres une revue économique restée indépendante depuis quarante ans. C’est devenu très rare ! En ces temps de confrontation de « Valeurs » ce rôle est précieux et mérite notre reconnaissance.

Reste à imaginer comment cette inspiration pourrait se concrétiser sur « notre territoire » !

Pour le Laboratoire de la Transition

Jean-Louis Virat

Ancien expert-comptable et commissaire aux comptes

Expert-comptable retraité, JLV, qui a pris part aux réflexions «innovantes» de sa profession, consacre aujourd’hui tout son temps aux questions environnementales et de développement durable dans diverses associations dont « Le Laboratoire de la Transition » qu’il a fondé avec le Professeur Olivier De Schutter, et « Écologie au Quotidien » qui organise chaque année un grand rassemblement (« Les Rencontres de Die et de la Biovallée » (26)) sur les différents aspects de l’écologie.

AMADEOR
Vaux
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Téléphone : 04.75.22.19.45

Contacter Jean-Louis VIRAT :

jean-louis.virat@amadeor.fr

06.08.25.10.31

 

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