Mort de l’élue bordelaise Emmanuelle Ajon à 48 ans
Figure montante du parti socialiste local et très attachée aux questions de protection de l’enfance, l’adjointe au maire de Bordeaux Pierre Hurmic a été emportée par une maladie foudroyante.

POLITIQUE – C’est une figure politique bordelaise qui s’éteint ce mardi 15 décembre. Dans la journée, la mort de l’élue socialiste Emmanuelle Ajon, à l’âge de 48 ans, a été annoncée par les autorités locales. Jeune mariée et mère de deux enfants, elle a été emportée en quelques semaines par une tumeur au cerveau foudroyante.
Emmanuelle Ajon était l’une des personnalités qui avaient œuvré à l’union des écologistes et de la gauche aux dernières municipales, leur permettant de conquérir avec la liste de Pierre Hurmic la mairie détenue pendant si longtemps par Alain Juppé et son camp.
De nombreux ténors socialistes et locaux ont salué la mémoire de l’élue, qui siégeait depuis 2015 en tant que vice-présidente du conseil départemental de la Gironde et depuis l’été comme troisième adjointe de Pierre Hurmic, le maire de la ville.
Elle était notamment en charge de la question de la protection de l’enfance, qui lui était particulièrement chère, ainsi que du logement. À la rencontre de ces deux thématiques, son engagement pour les mineurs isolés était notamment connu de tous les responsables girondins.
Dans son parcours, elle était effectivement passée par le Secours populaire puis l’Adil, pour le droit au logement, ainsi que Bordeaux Habitat. Elle était aussi très proche de l’ancienne députée et ministre Michèle Delaunay, dont elle avait été suppléante.
Les drapeaux de la ville doivent être mis en berne ce mercredi 16 décembre, et ce jusqu’aux funérailles d’Emmanuelle Ajon.
Mort de Coralie Delaume, l’essayiste et souverainiste avait 44 ans
Jean-Luc Mélenchon, Bastien Lachaud, Julien Aubert, François Asselineau… nombreux responsables politiques et intellectuels saluent la mémoire de l’essayiste.

POLITIQUE : La rédaction de Marianne est “fière d’avoir servi à ses côtés.” Coralie Delaume, essayiste, spécialiste, entre autres, des questions européennes, est décédée dans la nuit du lundi 14 au mardi 15 décembre 2020, à 44 ans. Officier de l’armée de terre, elle écrivait notamment dans l’hebdomadaire dirigé par Natacha Polony, qui a immédiatement salué “la vivacité” et la “rigueur intellectuelle” de cette “voix courageuse et indépendante.”
“Elle va manquer à Marianne et surtout à la France”, écrit-elle sur les réseaux à propos de celle qui était devenue, au fil de ses essais et de ses interventions médiatiques, une figure intellectuelle du camp souverainiste. Nombreux sont les responsables politiques, de gauche, comme de droite, a saluer sa mémoire.
Son décès “est un crève-coeur pour l’amitié comme pour l’esprit”, a écrit sobrement Jean-Luc Mélenchon sur son compte Twitter, quand, de l’autre côté du spectre politique, Julien Aubert, député Les Républicains, décrit “une femme d’engagement et de combat pour la France et sa souveraineté.”
Les élus insoumis Bastien Lachaud ou Caroline Fiat expriment également leur tristesse et saluent “le travail” de l’essayiste qui “a permis, à beaucoup, de mieux saisir la nature profonde de l’Union européenne et du ‘modèle allemand’.”
“Elle occupait une place singulière dans notre paysage intellectuel. Délicate et féroce, rugueuse et rêveuse, Coralie Delaume ne plaisantait pas quand les idées étaient en jeu”, ajoute l’ancien socialiste, désormais eurodéputé insoumis Emmanuel Maurel, dans un hommage plus personnel.
Les pourfendeurs de l’Union européenne François Asselineau et Florian Philippot se sont également exprimés. Mais au-delà de ces responsables politiques, les hommages sont tout aussi nombreux du côté des observateurs de la vie publique.
Jack Dion, journaliste à Marianne, salue par exemple le “courage” et “le talent” que possédait Coralie Delaume “pour ramer à contre-courant des idées reçues” à travers ses différents ouvrages de “Europe, les États désunis”, publié en 2017 à “10 +1 questions sur l’Union européenne”, sorti en 2019.
L’essayiste luttait depuis plusieurs mois contre un cancer. Elle avait écrit un texte bouleversant en juin dernier son son quotidien et sa maladie. Elle promettait à ses amis de se bagarrer comme la “chèvre de monsieur Seguin”, en concluant par ces mots: “de toute façon, tôt ou tard, le loup nous mange tous.”
Mort de Caroline Cellier à l’âge de 75 ans
Rôle populaire au cinéma comme au théâtre, Caroline Cellier avait obtenu un César en 1985 pour « L’Année des méduses ».
L’actrice Caroline Cellier, récompensée par le César 1985 de la meilleure actrice dans un second rôle pour “L’Année des méduses” de Christopher Frank, est morte ce mardi 15 décembre à Paris à l’âge de 75 ans des suites d’une longue maladie, a-t-on appris auprès de son entourage.
Second rôle populaire au cinéma, au théâtre et à la télévision avec une centaine de films, de pièces et de séries depuis le début des années 1960, Caroline Cellier, aussi à l’aise dans le drame que la comédie, a été dirigée par les plus grands réalisateurs dont Claude Lelouch (“La vie, l’amour, la mort”), Claude Chabrol (“Que la bête meure”), Édouard Molinaro (“Les Aveux les plus doux”, “L’Emmerdeur”…), Henri Verneuil (“Mille milliards de dollars”)…
En 1992, son époux Jean Poiret l’avait enrôlée dans “Le Zèbre”. Unis depuis 1965, Caroline Cellier et Jean Poiret s’étaient mariés en 1992. Ils ont eu un fils Nicolas Poiret, scénariste et dramaturge.
“Aujourd’hui, on se quitte pour quelques minutes mais tu auras été et tu resteras éternellement ma force, mes fous rires, mes angoisses, ma dérision, mes coups de sang, ma chevalière des injustices, ma détectrice d’hypocrisie, ma lune, ma Moune, ma mère, ma bataille !”, a écrit Nicolas Poiret sur son compte Instagram, dans la nuit de mardi à mercredi.
Une trentaine de pièces
Originaire de Montpellier et formée au Cours Simon, Caroline Cellier avait débuté en 1963 au théâtre dans “Le Ciel de lit” de Jan De Hartog. Distinguée comme jeune espoir par les prix Marcel-Achard et Gérard-Philipe, elle a fait ses premiers pas au cinéma sous la direction de Jacques Poitrenaud dans “La Tête du client”, deux ans plus tard.
En 1982, Caroline Cellier incarne l’épouse de Patrick Dewaere dans “Mille milliards de dollars” d’Henri Verneuil, grand succès au cinéma et rediffusé de nombreuses fois à la télévision. Au côté de Bernard Giraudeau dans “L’Année des méduses”, autre succès au box-office des années 80, Caroline Cellier décroche le César de la meilleure actrice dans un second rôle.
Au théâtre, avec une trentaine de pièces à son actif, l’une de ses dernières apparitions remonte à 1998 dans “Un Tramway nommé désir” de Tennessee Williams. Son interprétation avait été saluée par une nomination pour le Molière de la meilleure comédienne.
“Je suis plein de femmes à la fois. Mes rôles me font avancer aussi bien dans mon métier que dans ce que je suis…”, avait confié en 2010 au Figaro l’actrice, toujours intense et magnétique à l’écran.
Cette année-là, elle incarnait une quinquagénaire à la fois fragile et déterminée dans “Thélma, Louise et Chantal”, premier film de Benoît Pétré. “On peut avoir peur de la maladie, d’être handicapé mais on ne peut avoir peur de la mort. Depuis que je suis toute petite, je me dis qu’on va mourir demain”, ajoutait-elle. “J’ai toujours eu cette lucidité. Alors, profitons, avançons… Il faut avoir l’appétit des choses”.
MCD ( avec pour partie le https://www.huffingtonpost.fr/)
