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L’actrice et chanteuse Marie Laforêt est morte à 80 ans

Mère de la réalisatrice Lisa Azuelos, la comédienne surnommée « la fille aux yeux d’or » d’après le film de Jean-Gabriel Albicocco s’est éteinte.

La chanteuse et actrice “Marie Laforêt est décédée samedi à Genolier. Sa fille vient de me l’annoncer”, a confirmé Dominique Segall, attaché de presse de la réalisatrice Lisa Azuelos, la fille de Marie Laforêt.

Les causes de la mort de l’interprète des “Vendanges de l’amour” ou “Viens, viens” n’ont pas été précisées. Elle était surnommée “la fille aux yeux d’or” d’après le film de Jean-Gabriel Albicocco, qui est devenu son mari après le tournage, en 1961.

Marie Laforêt incarnait une forme de liberté totale. Liberté dans ses choix artistiques, liberté dans sa vie, menée avec comme seules boussoles l’amour et la passion. La disparition de la fille aux yeux d’or nous bouleverse. Aujourd’hui, la neige tombe comme autant de larmes.

Laurent Ruquier qui avait produit le dernier récital de l’artiste en 2006 au Bouffes-Parisiens a posté sur son compte Twitter: “Que vous dire? Je l’aimais, je l’aime et je l’aimerai (…) De si beaux souvenirs avec Marie”.

Surnommée “la fille aux yeux d’or” (en fait, ils étaient jaunes-verts), elle a joué dans 35 films et vendu plus de 35 millions d’albums, au long d’une existence bien peu rectiligne.

“Carrière de bric et de broc”

“Ma carrière est de bric et de broc mais ma vie est remplie du début à la fin”, assurait celle qui, mariée cinq fois, fut aussi actrice de théâtre, écrivain, antiquaire et commissaire-priseur.

Maïténa Doumenach, son vrai nom, naît le 5 octobre 1939 à Soulac-sur-Mer (Gironde), fille d’un industriel. A l’âge de 3 ans, dira-t-elle 35 ans plus tard, elle est violée par un voisin: “impossible d’en parler pendant des décennies”. “Sans ce viol, soulignera-t-elle, je n’aurais pas fait un métier public qui allait à l’encontre de ma timidité naturelle. J’ai choisi un métier exutoire”.

Jeune fille, elle est attirée par le couvent mais se passionne pour le théâtre au lycée, à Paris, puis remporte un concours d’actrice, organisé par Europe 1, en 1959. Un an plus tard, elle apparaît au cinéma au côté d’Alain Delon dans “Plein soleil” (de René Clément) puis, en 1961, dans “La fille aux yeux d’or” (tiré d’un roman de Balzac), de Jean-Gabriel Albicocco qu’elle épousera.

Elle joue ensuite dans “Joyeuses Pâques” et “Flic ou voyou” de Georges Lautner, avec Jean-Paul Belmondo, “Les morfalous” d’Henri Verneuil, “La chasse à l’homme”, d’Edouard Molinaro, “Fucking Fernand”, de Gérard Mordillat (nominée pour le César du meilleur second rôle féminin), “Tangos, l’exil de Gardel”, de Fernando Solanas (prix du jury 1985 à Venise) etc. Elle a aussi été dirigée par Chabrol, Granier-Deferre, Deville, Mocky et d’autres.

“Je n’ai pas une voix, j’ai un timbre”

En 1963, sort son premier 45 tours: “Les vendanges de l’amour”, écrit par Danyel Gérard. C’est le succès et les tubes vont s’enchaîner : “Ivan, Boris et moi”, “Il a neigé sur Yesterday” (chanson-hommage aux Beatles), “Viens sur la montagne”, “Marie douceur, Marie colère”, “Que calor la vida” etc. Elle est pionnière dans la World Music, puisant son inspiration dans les folklores américain et européen.

Tout en se tenant à l’écart du show-biz, elle remplit l’Olympia en 1969, tourne dans le monde entier. “Je n’ai pas une voix, j’ai un timbre”, notait-elle pourtant, minimisant son talent personnel et ajoutant, comme pour bien montrer qu’elle n’était dupe de rien, ne pas “avoir honte de faire ce que je fais : interpréter au premier degré des chansons populaires”.

Petit à petit, elle renonce aux enregistrements, privilégie l’écriture (elle écrit ses propres chansons mais aussi un livre remarqué: “Contes et légendes de ma vie privée”), s’installe à Genève (elle aura la double nationalité franco-suisse) où elle tient une galerie d’art.

En 1994, elle publie une compilation de ses chansons en quatre volumes, parcourant ses 30 ans de carrière. Elle fait aussi du théâtre : en 2000, elle interprète une bouleversante Maria Callas (nominée aux Molières).

Elle s’est mariée cinq fois, a eu trois enfants avec Judas Azuelos, homme d’affaires d’origine marocaine juive, puis avec Alain Kahn-Sriber, homme d’affaires et collectionneur d’art.

Sa fille, Lisa Azuelos, réalisatrice du film “LOL” (avec Sophie Marceau), ne cachait pas de difficiles relations avec sa mère, laquelle, de son côté, admettait avoir été parfois trop absente avec ses enfants.

Paul Breynat pour MCD

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