Préservation de la biodiversité : voici pourquoi la France mise sur les haies
Elles avaient pourtant disparu du paysage rural, mais aujourd’hui, les barrières végétales sont de retour en France.
Photo : Shutterstock
C’est une excellente nouvelle pour la population d’insectes, mais pas seulement. Suite à une récente stratégie de protection de la biodiversité, l’État français a annoncé le lancement d’un programme de plantation de haies. Objectif : 7 000 kilomètres de végétation d’ici 2022.
Dans les années 1960, ces haies stratégiquement placées par les agriculteurs avaient été détruites pour laisser place à de grandes exploitations agricoles. Mais suite à la disparition d’environ 750 000 kilomètres de barrières naturelles (soit près de 70 %), les oiseaux, les hérissons ou encore les papillons ont vu leur population s’effondrer. En effet, ces végétations sont bien connues pour servir d’abri et de chemin de déplacement pour plusieurs espèces.
« Dans leur diversité, les haies assurent gîte, couvert, mais aussi refuge à tout un univers. Ainsi, les bourdons peuvent faire un nid sous-terrain dans ces espaces protégés entre les grandes cultures. »
Samuel Jolivet de l‘Office pour les insectes (OPIE), cité par Le Parisien
Le 11 janvier dernier, lors du One Planet Summit, le gouvernement a donc présenté un nouveau programme destiné à préserver les sols, les espèces et aider les agriculteurs. D’ici 2022, des milliers de haies bocagères vont être plantées sur près de 7 000 kilomètres (cela représente la distance entre Paris et Chicago à vol d’oiseau).
Et pour mener à bien cette vaste opération, un budget de 50 millions d’euros va être débloqué sur deux ans.

Et en plus d’être bénéfiques pour la population d’insectes, les haies ont également un rôle majeur pour la planète. Car chaque kilomètre de végétation permet d’éviter le rejet de 2 tonnes de CO2 chaque année. Un avantage non négligeable pour lutter contre le réchauffement climatique. De plus, ces barrières peuvent aussi limiter, voire empêcher, les catastrophes naturelles, telles que les inondations et glissements de terrain en cas de fortes intempéries.
Preuve que les haies sont bel et bien fondamentales pour la faune et la flore.
La haie à tous ses étages
Le dernier documentaire de Marie Daniel et Fabien Mazzocco « À tous les étages » est un voyage dans la plus verte des cités : la haie et le bocage.
Imaginez une ville 100 % écologique, autosuffisante en énergie et qui recycle entièrement ses déchets. Air pur, pas de crise du logement et des habitants avec une excellente qualité de vie. Oui, ça existe ! C’est le bocage, une métropole verdoyante de pâturages extensifs, de champs et de clôtures naturelles faites de buissons.
Parcourues comme les artères d’une grande ville, les haies sont le trait d’union entre les forêts, les prairies et les mares. Le long de ces boulevards très fréquentés par hérissons, goupils et grenouilles, de nouveaux immeubles fleurissent chaque année. Aubépines, églantiers, troènes, viornes, noisetiers : l’urbanisation verte ne s’arrête jamais et donne à la haie une variété architecturale où s’épanouissent de nombreux locataires. Le bonheur absolu pour la biodiversité ! Et mille et une histoires à vivre et à raconter, comme le font les séquences saisissantes des cinéastes Marie Daniel et Fabien Mazzocco. Pas de doute, A tous les étages est un bon film pour agrémenter une soirée de printemps.
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Alessandro Staehli