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Des milliers d’opposants à Amazon mobilisés en France

Plusieurs milliers de militants associatifs et citoyens se sont rassemblés samedi dans plusieurs villes de France pour protester contre le géant américain de vente par correspondance.

A l’appel d’associations locales qui luttent contre Amazon, qui projette notamment d’installer un entrepôt de 38 000 m2 sur la commune de Fournès (Gard), à proximité du pont du Gard, joyau du patrimoine mondial, mais aussi de plusieurs autres associations écologistes et anticapitalistes, quelque 800 à 1 000 personnes sont venues planter, samedi matin 30 janvier, des arbustes devant deux grandes banderoles proclamant : « Stop Amazon » et : « Ni ici ni ailleurs ». Ils ont également formé une chaîne humaine pour montrer l’emprise du projet prévu le long de l’autoroute A9, sur 14 hectares. Des ballons multicolores flottant à 18 mètres montraient sa hauteur, équivalant à un immeuble de cinq étages.

« Cela fait deux ans que des citoyens de Fournès et des environs luttent contre l’implantation d’un énorme entrepôt d’Amazon. Au début, ils étaient un peu seuls contre tous, mais ils ont réussi à freiner le projet grâce à des recours juridiques » toujours en cours, a expliqué Raphaël Pradeau, porte-parole national d’Attac.

Un peu plus loin, Sarah Latour, 38 ans, est venue avec ses deux fils, 8 et 6 ans, qui s’affairent joyeusement à planter un fragile arbousier dans des trous préalablement creusés sur le terrain en friche sur lequel poussaient auparavant des vignes depuis arrachées. « Ces plantes, ces arbustes que nous plantons aujourd’hui, c’est un symbole de vie par rapport à la bétonisation que pratique Amazon », explique la jeune femme. « Je suis venue avec mes enfants parce que je ne veux pas de ce modèle néfaste pour eux », ajoute la mère de famille résidant en Ardèche.

« La lutte s’est élargie »

« Petit à petit, la lutte s’est élargie avec d’autres associations nationales et nous avons créé une coordination des différentes luttes locales contre des projets Amazon », souligne-t-il, alors que d’autres mobilisations étaient prévues samedi en France, notamment à Metz, Quimper ou Rouen. « On veut montrer que ce ne sont pas des petites luttes isolées et que l’on peut mobiliser des centaines de personnes qui sont prêtes à revenir sur place pour empêcher des travaux », ajoute-t-il.

Environ 200 personnes ont aussi participé samedi matin à un rassemblement à Carquefou, dans la banlieue de Nantes, devant un entrepôt logistique d’Amazon, selon les organisateurs. « On dénonce le fait qu’Amazon détruise plus d’emplois qu’il n’en crée et qu’il s’agit d’emplois précaires qui rendent malades, notamment en termes de troubles musculo-squeletiques », a déclaré à l’Agence France Presse (AFP) Sophie Jallier, porte-parole du collectif pour cet événement.

A Ensisheim, dans le Haut-Rhin, une manifestation a aussi rassemblé une centaine de personnes contre l’implantation d’un entrepôt géant sur un terrain de plus de 15 hectares d’anciennes terres agricoles. « Amazon, Vampire Fiscal », « Stop Amazon », « Pas de méga entrepôt, ni ici ni ailleurs », proclamaient les banderoles. « Aujourd’hui nous dénonçons un système économique à bout de souffle et qui use la planète. Cela nous impose de modifier nos manières de vivre et de réfléchir à des fonctionnements plus résilients », a déclaré Isabelle Schaeffer, membre de l’association Réseau urgence climatique et sociale sud Alsace (Rucssa).

A Augny, en Moselle, une cinquantaine de personnes se sont rassemblées sur un rond-point devant le site de l’ancienne base aérienne de Frescaty qui doit accueillir un site d’Amazon. « On a conscience qu’on s’oppose à un projet déjà amorcé et qui probablement verra le jour, mais nous estimons qu’il est encore temps de s’y opposer et d’envisager une reconversion du site », a commenté Charlotte Leduc, militante Attac Moselle et membre du collectif Stop Amazon Augny.

Les opposants au géant américain de la vente en ligne lui reprochent notamment des destructions d’emplois et de petits commerces, de mauvaises conditions de travail, une artificialisation des sols et un impact négatif sur le climat.

Amazon dans le Gard : une manifestation samedi contre l’implantation d’un entrepôt géant à Fournès

La fronde contre l’implantation du géant Amazon dans le Gard ne faiblit pas : une mobilisation se tient samedi 30 janvier de 9h30 à 15h sur le site de la Pale, à Fournès. Environ 800 personnes sont présentes.
Publié le 29/01/2021 à 16h48 • Mis à jour le 30/01/2021 à 14h01
La manifestation se tient ce samedi de 9h30 à 15h.

Gard Nîmes

Les opposants au projet d’implantation d’Amazon dans le Gard veulent marquer le coup. Samedi 30 janvier, à l’occasion d’une mobilisation prévue de 9h30 à 15h, ils ont planté des arbres sur le site de la Pale, à Fournès : cette forêt improvisée forme le slogan « Amazon Non ! », visible du ciel.

800 personnes sont présentes sur place, selon les gendarmes. Une chaîne humaine a été organisée et des prises de parole doivent se tenir jusqu’à la fin de l’événement.

Une chaîne humaine contre Amazon ce samedi.

Amazon, loin de faire l’unanimité

L’ADERE (Association de Défense de l’Emploi dans le Respect de l’Environnement) est à l’initiative de cette mobilisation, soutenue par une dizaine d’autres organisations. Depuis plus d’un an, elle se bat contre l’arrivée du géant du e-commerce dans la commune de 1 000 habitants. Et elle n’est pas la seule.

Ces derniers mois, une dizaine de recours ont été déposés contre le permis de construire du géant américain. Une action en justice a même été intentée contre des élus du territoire, soupçonnés de conflits d’intérêt dans la vente des terrains. De fait, le projet est à l’arrêt depuis un an.

Ce projet est un cas d’école, presque caricatural, de ce qu’on ne voudrait plus voir au 21ème siècle : un aménagement avec beaucoup d’opacité, de précipitation et entaché de conflits d’intérêt. Patrick Fertil, membre de l’ADERE.

Un avis que partage Patrick Genay, apiculteur et également membre de l’ADERE : « On est contre Amazon parce que c’est une politique d’entreprise que personne n’accepte. Ils ne respectent ni les règles françaises, ni les règles européennes. »

Sur l’événement Facebook dédié à la manifestation de ce week-end, d’autres arguments sont avancés : « destruction d’emplois et des petits commerces, conditions de travail inacceptables, artificialisation des sols, impact sur le dérèglement climatique, évasion fiscale, fraude massive à la TVA etc. »

MCD avec EAQ et RDT

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