Sélectionner une page
C’est le début du printemps … Si, si, puisque le calendrier le dit, que les jours et les nuits s’équilibrent, que les oiseaux chantent et s’activent, que les migrateurs (cigognes, milans noirs, circaètes…) reviennent. La végétation se réveille aussi, on voit les fleurs et les feuilles s’ouvrir. Evidemment le gel joue les prolongations, la neige couvre Glandasse et occupe les pentes bien bas. C’est cela aussi le dérèglement climatique moins de jours de gel, la végétation démarre plus tôt mais les gelées tardives sont encore présentes et sèment la panique dans la nature…
Bonne lecture quand même il n’y a pas que de mauvaises nouvelles.
Gilbert David
PS : Cette fois les photos sont de moi. J’espère que Bruno Lefèvre et Patrick Labour seront indulgent envers les clichés de mon modeste bridge.
Merci à Hélène pour les corrections.

EQUINOXE

Le  rallongement des jours pousse les plantes et la faune à s’activer. L’instinct de reproduction mobilise les énergies, certaines fleurs s’épanouissent, les chants des oiseaux sont plus présents, les mares bourgeonnent de pontes de grenouilles et les filaments des crapauds s’enlacent autour des plantes aquatiques. Les oiseaux hivernants s’en vont, les migrateurs du sud reviennent …
Bref ! C’est le printemps et ce 20 mars les jours sont égaux aux nuits, équilibre parfait.

Pour le naturaliste, l’effervescence de ces vies bouillonnantes titille les pupilles, l’ouïe, comme une sortie de léthargie. Pourtant les vautours fauves couvent depuis longtemps, les aigles royaux paradent  dès février, les sittelles, mésanges, … recherchent des cavités depuis janvier. Chez les oiseaux sédentaires on prépare le printemps bien à l’avance.

OBSERVATIONS

Aigle royal :

Le 7 mars nous avons effectué un repérage de reproduction d’aigles royaux sur le pourtour du Vercors sud (sens large) de Lus la Croix Haute au Royans et en passant par le Diois, bien sûr. Ce ne sont pas moins de 55 observateurs de la LPO et de la Réserve des Hauts Plateaux qui se sont mobilisés pour cette opération. Les conditions n’étaient pas idéales pour tout le monde et certains  ont eu plus de chance que d’autres. Ainsi à Archiane et dans le Royans (pour une fois !!!) les observateurs ont pu voir des recharges d’aires, un accouplement, pendant que nous (Glandasse ouest) nous observions  de belles … bouffées de brouillard ascendant qui nous enveloppaient d’un cocon légèrement humide. Par courts instants nous voyions un crestou dévoilant un chamois stoïque couché dans les broussailles, attendant une accalmie. Accalmie qui n’est pas venue ce jour là. Quand ça veut pas, ça veut pas … alors « arvi pa » disait mon père, philosophe montagnard. C’est ce que nous avons fait : abandon de poste deux heures avant la fin programmée. Quelques gouttes de pluie ont servi d’excuse à notre retraite anticipée.
On a mis à profit cette vaine attente en s’essayant à la photo de portable à travers la longue vue. On s’occupe comme on peut.

Rapaces encore :

Le couple de gypaètes d’Archiane avait donné des signes de reproduction mais les gardes de la réserve ont vite déchanté en voyant les deux casseurs d’os voler ensemble de longs moments sans retour à l’aire. Je les ai vus également raser la montagne tous les deux dans le vent froid du nord. S’il y a eu ponte les œufs n’écloront pas. Dommage encore une année de perdue depuis bien des années que nous attendons cet heureux évènement.

Une bonne nouvelle quand même :

Ailleurs en bord de Drôme, alerté par François Chesnais, je suis allé voir de nouveaux occupants de la rivière. Ainsi outre les bergeronnettes des ruisseaux, les cincles et autres chevaliers guignettes, une surprenante  et bizarre espèce de canard nous fait l’honneur de fréquenter les eaux dioises depuis quelques mois (à ma connaissance) : j’ai nommé le harle bièvre, un couple pour être plus précis. Madame et monsieur se baignent jusqu’à la limite de Solaure en Diois. Depuis quelques années déjà on voyait l’espèce du confluent Drôme-Rhône à Saillans, la voilà maintenant à Die. Harle bièvre, quel drôle de nom. En effet on a osé associer un nom islandais Harle (déformation de haveld ou havella) à un nom gaulois : bièvre (mot que l’on retrouve dans une région de l’Isère). Harle veut dire « crier » sans doute pour rappeler les « croassement » bizarres des femelles tant en parade qu’en vol. Bièvre est le nom gaulois du castor. Ainsi étymologiquement harle bièvre veut castor crieur.  Bon le cri d’accord, on sait, mais « castor » ? On suppose que c’est parce qu’il peut rester longtemps sous l’eau et que l’oiseau fréquente à peu près les mêmes territoires que le mammifère. Autre bizarrerie pour un canard, il niche dans les arbres, dans les trous de gros vieux arbres plus précisément ou à la rigueur dans des cavités du sol ou des maisons riveraines. Un nichoir peut faire l’affaire également, alors doit-on faire des nichoirs à harle bièvre en bordure de Drôme ? Je me mets à rêver… Et/ou arrêter de couper la végétation des bords de Drôme (la ripisylve). Ce n’est pas fini, le harle bièvre se nourrit de poissons et pour cela il a des « dents », enfin presque, la bordure du bec est dentelée avec la partie terminale un peu crochue, pratique pour bien saisir sa proie!
Voilà vous savez tout sur cet anatidé d’un genre spécial, bienvenue dans le Diois et merci à Christine et Hubert Fèvre qui me l’ont signalé fin de l’an dernier près de chez eux et à François Chesnais qui longe quasi journellement les rives de la rivière et à qui rien n’échappe.

ATLAS DES OISEAUX DE FRANCE

La LPO France lance pour 4 ans un appel à tous les naturalistes en vue de collecter les observations d’oiseaux du pays pour publier un nouvel atlas des oiseaux de France. Ainsi pendant 4 ans nous allons accentuer nos observations sur tout le territoire français. Plus que jamais j’aurai besoin de vos données, même les plus communes. En plus des STOC printaniers (suivi Temporel des Oiseaux Communs) et SHOC (Suivis Hivernaux des Oiseaux Communs), il est prévu des EPOC et EPOC-ODF (Estimation des Populations d’Oiseaux Communs – Oiseaux De France). Que de noms barbares ! Les naturalistes n’échappent pas à la mode des acronymes, c’est leur argot à eux mais pour faire savant sans doute.
Bon ! Personne n’est parfait et nous, au moins, ne nous accaparons pas de la faune sauvage pour en faire une fricassée. Une paire de jumelles, on regarde, on écoute et cela suffit à notre bonheur. Et on laisse la nature entière à l’observateur suivant.

Tiens ça manquait dans la chronique, une petite pique (bien méritée) à nos Nemrod préférés.

Voilà ! Donc, à vos jumelles et belles balades pleines d’observations enrichissantes.

Bien naturalistement vôtre.

Gilbert David

26150 Die

PS : pour celles et ceux qui veulent faire un geste pour la biodiversité,  la santé et le climat (en limitant les émissions de C02) interpelez votre député sur le projet de loi « Climat et résilience » qui va passer à l’Assemblée Nationale en fin de mois. Voir le lien ci-après pour plus de renseignements.

Pour le Diois- Vercors … notre députée est Mme Célia de Lavergne :
celia.delavergne@assemblee-nationale.fr
tel : 01 40 63 73 82

https://wiki.politique-animaux.fr/loi-climat?utm_medium=email&utm_source=newsletter&utm_campaign=2021%2F03%2F18-LI-Loi-climat&source_init=newsletter

Poster le commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *