Anne-Lise Saillen fait dialoguer les arbres avec la science
Dans cette exposition interdisciplinaire, les œuvres de la plasticienne témoignent d’une force créative, miroir subtil de la vie végétale.

«Les arbres en hiver me fascinent car il y a toujours une tension, une énergie qui circule dans leurs branches. J’aime observer leurs lignes. Ils sont un miroir pour l’homme, tous les deux dans la verticalité», explique Anne-Lise Saillen dans la première salle de son exposition consacrée à la forêt. La plasticienne vaudoise a imaginé «Et les arbres demain?» pour l’Espace Arlaud avec l’envie, pour la première fois de sa carrière artistique, d’une incursion dans le monde scientifique. «Je suis partie de mes propres interrogations sur les arbres pour structurer la matière nourrie aussi par les livres de spécialistes comme l’ingénieur forestier suisse Ernst Zürcher ou le scientifique italien Stefano Mancuso.» En résulte une exposition à double lecture: dans chaque salle, les œuvres sont accompagnées de réflexions sur les moyens de communication de ces grands végétaux, leurs ressources ou encore leur place dans l’écosystème que le visiteur peut lire en parallèle dans une petite brochure.
«Mes observations suffisent à nourrir mon imagination.» Anne-Lise Saillen, artiste
Peindre d’après nature n’intéresse pas Anne-Lise Saillen. «Je le vis comme un exercice scolaire. Mes observations suffisent à nourrir mon imagination.» Dans ses représentations, l’acrylique se marie au collage, au dessin ou encore à l’encre de Chine. Ses petits et grands formats, en deux ou trois dimensions, sont autant de miroirs poétiques des milliers d’essences qui peuplent notre planète.
Voyage autour du monde
Nombre d’entre eux invitent au voyage, à l’instar de sa série de 67 petits formats baptisée «Des arbres et des poètes». Fascinée par la beauté de timbres retrouvés sur d’anciennes correspondances, témoins de la faune ou de la végétation du lieu, l’artiste a voulu dessiner les arbres de ces contrées et les associer à une phrase d’un poète local. Un voyage d’un continent à l’autre, joyeux mélange où le banian côtoie le chêne.
Quand l’artiste s’interroge sur la façon dont l’arbre grandit, elle convoque le passé en la personne de Rosalie de Constant (1758-1834) dont l’herbier (1245 aquarelles de plantes de nos régions réalisées en trente-sept ans) reste encore une référence en botanique. «Ses compositions sont d’une beauté extraordinaire.»
Lausanne, Espace Arlaud
Jusqu’au 4 juillet 2021
Me-ve: 12 h-18 h. Sa-di: 11 h-17 hles-arbres-demain.ch

Publié: 24.03.2021, 16h02