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ENVIRONNEMENT : Bonne Nouvelle, la Vendée entend planter un million d’arbres dans le cadre de son plan biodiversité et climat…

La Vendée voit les choses en grand : dans le cadre de son plan Climat et biodiversité, le département entend planter plus d’un million d’arbres. Les agriculteurs seront invités à prendre part au projet. Si le projet doit permettre de protéger la faune et la flore locale, l’objectif est aussi de capter 5 550 tonnes de carbone chaque année. 

Le Poire sur Vie - Conseil départemental de Vendée
Plantations dans la commune de Le Poiré sur vie. Conseil départemental de Vendée

Ils sont les premiers arbres qui cachent la forêt. Le 22 mars, près de 4 500 jeunes pousses ont été mises en terre dans la commune vendéenne d’Essarts-en-Bocage. Et ce n’est qu’un début : quelque 300 000 arbres devraient prochainement recouvrir la parcelle de 1 500 m2. Le projet s’inscrit au cœur du plan Biodiversité et climat adopté par le département en septembre 2020. L’objectif est ambitieux : il envisage de planter 1,1 million d’arbres d’ici à 2023.

L’une des priorités du projet est de préserver la faune et la flore locale. Les essences ont été choisies avec soin. Chaque zone géographique, du Marais breton au Marais poitevin, en passant par les bocages et les littoraux, recevra des plantations d’arbres et d’arbustes spécifiques à son milieu naturel. « Chêne, érable, charme, châtaignier, cormier, prunellier, prunier, noisetier, sureau, frêne, merisier, orme, tilleul, genet, fusain ou encore houx : le département a fait le choix d’y planter exclusivement des essences locales », a indiqué le président du conseil départemental de la Vendée, Yves Auvinet, à Ouest-France.

Capter du carbone

Les agriculteurs seront invités à prendre part au projet. Environ 200 000 arbres et bosquets seront plantés à partir de cet automne en lien avec les exploitants volontaires pour améliorer le bien-être des animaux et bénéficier du travail des insectes pollinisateurs. Dans ce cadre, les agriculteurs bénéficieront d’une aide financière pour les travaux et l’achat des plants. Mais l’objectif est aussi de capter du carbone. Selon le conseil départemental, le projet permettrait de stocker chaque année « entre 3 300 et 5 550 tonnes de CO2 ».

Le Plan Vendée Biodiversité et climat entend également développer la transition énergétique du département en créant 55 000 m2 de panneaux solaires et sensibiliser 25 000 jeunes par an à la biodiversité, et réduire la consommation. « C’est un plan ambitieux pour notre territoire et qui s’étend sur trois ans avec 62 solutions concrètes et opérationnelles en faveur de la transition écologique, environnementale et énergétique », explique le Département, qui s’est donné les moyens de sa réussite : 50 millions d’euros seront investis sur trois ans.

 Pauline Fricot,https://www.novethic.fr/

Science: L’agriculture peut aider à stocker davantage de CO2 afin d’atteindre la neutralité carbone

Les sols constituent les seuls puits de carbone naturels dont nous disposons pour espérer atteindre la neutralité carbone en 2050 et s’aligner avec l’Accord de Paris. Alors que le Giec a alerté cette semaine sur les impacts du changement climatique sur l’usage des sols, l’Institut national de la recherche agronomique (INRA) a évalué le potentiel de stockage des terres françaises. En modifiant nos pratiques agricoles dans les grandes cultures et en stoppant l’artificialisation, nous pourrions atteindre l’équilibre.

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Dans les sols français, un stockage de carbone additionnel de 1,9 ‰ pourrait être atteint en modifiant certaines pratiques agricoles, ce qui nous permettrait de s’approcher, voire de dépasser, la cible d’une augmentation de 4‰ par an. INRA / Claude Jolivet

En 2015, la communauté internationale réunie à Paris pour la COP21 a adopté l’initiative internationale « 4 pour 1000 » qui a pour but d’améliorer la captation du carbone par l’agriculture. Les experts estiment en effet qu’augmenter tous les ans d’un quatre millième (4/1000 ou 0,4%) le potentiel de stockage des sols suffirait à compenser l’ensemble des émissions de gaz à effet de serre de la planète. Quatre ans plus tard, dans un rapport (1), l’Institut national de la recherche agronomique (INRA) a évalué comment la France pouvait atteindre cet ambitieux objectif.

À l’échelle du pays, les sols et forêts représentent 38 % du stock total de carbone, un levier par conséquent pertinent à activer pour lutter contre le changement climatique. Au rythme actuel, et sans changement d’usage des sols, l’évolution des stocks de carbone est estimée à 2,3 ‰ par an avec une forte incertitude (-0,2 ‰ à +3,2 ‰ par an). Mais un stockage additionnel de 1,9 ‰ pourrait être atteint, estiment les chercheurs, en modifiant certaines pratiques agricoles, ce qui nous permettrait de s’approcher, voire de dépasser, la cible d’une augmentation de 4‰ par an.

Couverts intermédiaires, agroforesterie, haie, compost, prairies…

C’est en grandes cultures – où le stock actuel est le plus faible – que réside le plus fort potentiel de stockage additionnel (86 % du total). L’Inra a identifié cinq pratiques à développer : la mise en place de couverts intercalaires et intermédiaires (35 % du potentiel total pour un coût modéré), l’agroforesterie (19 % du potentiel total, avec un coût élevé), les prairies temporaires dans les rotations culturales (13 % du potentiel total, avec un coût élevé, l’apport de composts (coût négatif) et la plantation de haies (coût élevé).

Pour les prairies permanentes, un stockage additionnel de l’ordre de 12 % du potentiel de la France peut être atteint par un apport de fertilisant ou bien par une extension du pâturage plutôt que la fauche. Pour les forêts, aucune pratique agricole plus « stockante » qu’actuellement n’a pu être identifiée : l’enjeu est donc de maintenir le stock existant et les pratiques permettant de l’entretenir.

L’étude montre ainsi « l’importance de politiques publiques pour favoriser le maintien des prairies permanentes, des zones humides et des forêts, où les sols ont généralement des stocks de carbone élevé, ainsi que pour stopper l’artificialisation des sols ». « Mais ces résultats ne doivent pas laisser penser que la réduction des émissions devient facultative. Elle reste même l’objectif principal », précisent les auteurs. Réduire avant de compenser pour atteindre la neutralité carbone reste la règle.

Concepcion Alvarez, https://www.novethic.fr/

Planter des arbres pour sauver la planète !

Cette semaine, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) va publier un nouveau rapport sur le changement climatique et l’utilisation des terres alors que les activités humaines affectent 72 % de la surface terrestre. Face à ce constant, de nombreux scientifiques appellent à planter plus d’arbres à travers la planète. Une solution pas si miracle que ça.

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Planter des arbres sur 900 millions d’hectares supplémentaires permettrait de capturer 205 gigatonnes de de carbone sur les 300 gigatonnes qui ont été ajoutées à l’atmosphère depuis le début de l’ère industrielle.

Fin juillet, l’Éthiopie a battu un drôle de record. Le pays de la corne africaine a planté 350 millions d’arbres en seulement douze heures. L’objectif est d’atteindre les quatre milliards d’ici fin septembre. Il y a un an, l’Inde avait aussi elle planté 66 millions d’arbres en une journée, contre 80 millions par an en France, à titre de comparaison. Une solution pour lutter contre le changement climatique, explique-t-on de part et d’autre de l’océan indien.

Des chercheurs de l’université ETH Zurich ont ainsi calculé que nous pouvions planter des arbres sur 900 millions d’hectares supplémentaires, en plus des 2,8 milliards d’hectares actuels, en excluant les surfaces déjà recouvertes de forêt ou utilisées pour l’agriculture et les villes. Cela permettrait de capturer 205 gigatonnes de carbone sur les 300 gigatonnes qui ont été ajoutées à l’atmosphère depuis le début de l’ère industrielle. La moitié des zones reboisables, selon l’étude publiée dans la revue Science, se trouvent dans six pays : Russie, États-Unis, Canada, Australie, Brésil et Chine.

Les incendies en Arctique ont libéré l’équivalent des émissions annuelles de la Suède

Ces travaux sont toutefois à nuancer. « Dans un scénario à 2°C, voire 1,5°C, on ne peut pas faire l’économie de planter des arbres mais il ne faut pas le faire n’importe comment, expliquer Arnaud Gauffier, co-directeur des programmes du WWF France. Si on ne plante par exemple que des épicéas à croissance rapide en monoculture, on risque d’obtenir l’effet contraire car ces forêts sont beaucoup moins résilientes à la sécheresse, aux feux de forêts ou à certains parasites. Elles risquent dès lors de ne plus jouer leur rôle de puits de carbone, et pire encore, de relâcher du CO2 dans l’atmosphère. »

Une autre étude, parue le 29 juillet dans la revue Nature Plants, révèle ainsi que les forêts tropicales, soumises à la sécheresse et à la déforestation, ont perdu leur fonction de tampon climatique. Un satellite a en effet observé les stocks de carbone accumulé dans les arbres, entre 2010 et 2017. Résultat : les pertes sont quasi équivalentes aux stocks. Autre exemple en Arctique ou encore en Sibérie. Les incendies qui y ont sévi en juin ont libéré 50 mégatonnes de dioxyde de carbone dans l’atmosphère, soit les émissions annuelles totales de la Suède !

Arrêter les biocarburants

Des scientifiques allemands de l’université de Potsdam ont par ailleurs révélé dans la revue Environmental Sciences and Technology que les arbres pourraient aussi détériorer la qualité de notre atmosphère future. Les végétaux diffusent en effet d’énormes quantités de composés organiques volatils (COV) précurseurs de l’ozone et de particules fines, et avec les pics de chaleur leurs émissions augmentent considérablement. À Berlin, les particules émises par la végétation urbaine augmentent de 6 à 20 % la formation de l’ozone et jusqu’à 60 % quand les températures sont les plus élevées.

« L’humanité va avoir besoin des arbres mais il faut jouer sur tous les autres tableaux. À savoir, préserver les dernières forêts primaires, zones humaines et prairies, et utiliser moins de surface agricole en passant à une alimentation moins carnée et en luttant contre le gaspillage alimentaire, conclut Arnaud Gauffier. Il faudra aussi arrêter les usages qui entrent en compétition avec le stockage de CO2 et la sécurité alimentaire comme les biocarburants. »

Tout autant de pistes qui doivent être approuvées par les représentants des 196 États membres de la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques dans le résumé pour rapporteurs du Giec publié jeudi 8 août.

Concepcion Alvarez, https://www.novethic.fr/

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