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Grèce : après le naufrage meurtrier d’un bateau de migrants, 9 Égyptiens arrêtés

Le porte-parole du gouvernement grec a déclaré le 14 juin que des informations non confirmées faisaient état de 750 personnes à bord du chalutier.

Medics transfer a survivor to an ambulance in the port of Kalamata, after a boat carrying dozens of migrants sank in international waters in the Ionian Sea on June 14, 2023. At least 59 people died while some 100 people were rescued after the boat capsized. (Photo by EUROKINISSI / Eurokinissi / AFP) / Greece OUT
Grèce : après le naufrage meurtrier d’un bateau de migrants, 9 Égyptiens arrêtés (Photo des secours prenant en charge un rescapé du naufrage le 14 juin 2023)

MIGRANTS – Neuf personnes de nationalité égyptienne soupçonnées d’être des passeurs ont été arrêtées en Grèce, après le naufrage d’un bateau de migrants au large des côtes grecques qui pourrait avoir fait des centaines de morts, a appris l’AFP de source portuaire ce jeudi 15 juin.

Parmi elles figure le capitaine de l’embarcation vétuste et surchargée qui a chaviré avant de couler, entraînant la mort d’au moins 78 personnes, selon un bilan officiel.

Selon la source portuaire, le bateau de pêche avait quitté l’Égypte à vide avant d’embarquer des migrants à Tobrouk, une ville portuaire de l’est de la Libye, et il faisait route vers l’Italie.

« L’une des tragédies les plus dévastatrices en Méditerranée en une décennie »

Les personnes arrêtées à Kalamata, le port de la péninsule du Péloponnèse où ont été acheminés les rescapés, sont soupçonnées de « trafic illégal » d’êtres humains, selon l’agence grecque ANA.

L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a dit « redouter que des centaines de personnes supplémentaires » se soient noyées « dans l’une des tragédies les plus dévastatrices en Méditerranée en une décennie ».

Le porte-parole du gouvernement grec, Ilias Siakantaris, avait déclaré mercredi que des informations non confirmées faisaient état de 750 personnes à bord du chalutier.

Les 104 rescapés sont « tous des hommes » ( notre honte ! )

Dans le port de Kalamata, « c’est vraiment horrible », a dit à l’AFP Erasmia Roumana, une employée du HCR. Les rescapés sont « dans une très mauvaise situation psychologique (…) Beaucoup sont en état de choc, ils sont accablés ». Cent quatre personnes ont pu être secourues et devraient être prochainement transférées dans un centre d’accueil pour migrants de Malakasa, au nord-est d’Athènes.

Les rescapés « sont tous des hommes », a déclaré la porte-parole des garde-côtes, faisant craindre que des femmes et des enfants, qui embarquent généralement aussi sur ces embarcations, ne figurent parmi les disparus.

Ces rescapés sont en majorité des Syriens (47), des Egyptiens (43), ainsi que 12 Pakistanais et deux Palestiniens, selon les autorités grecques.

Un naufrage « horrible »

Un survivant a également indiqué à des médecins de l’hôpital de Kalamata qu’il avait vu une centaine d’enfants dans la cale du bateau, selon la chaîne de télévision publique ERT. Plus de vingt personnes restent hospitalisés à Kalamata, selon cette même source.

Une image diffusée par les gardes-côtes montrait un chalutier bleu, de 25 à 30 m de long, et manifestement en mauvais état surchargé de personnes, rassemblées sur le pont de la proue à la poupe et même sur le toit de la passerelle.

Selon les autorités portuaires grecques, un avion de surveillance de l’agence européenne Frontex avait repéré le bateau mardi après-midi mais les secours ne sont pas intervenus car les passagers ont « refusé toute aide ».

Frontex n’a pas fourni de commentaire. Mais son patron Hans Leijtens s’est rendu à Kalamata pour établir « le rôle » de l’Agence de surveillance des frontières européennes dans ce naufrage « horrible ».

Pas de gilets de sauvetage à bord

« On ne demande pas aux personnes à bord d’un bateau à la dérive s’ils veulent de l’aide (…), il aurait fallu une aide immédiate », a affirmé à ERT Nikos Spanos, expert international des incidents maritimes.

« La question ne se pose pas de savoir si le bateau refuse de l’aide (…) Un bateau surchargé est un bateau en détresse, il n’y a pas de question de son état ou de sa capacité à continuer sa route ou pas », a renchéri Jérôme Tubiana, de Médecins sans frontières (MSF) sur la radio publique française France Culture.

Le bateau a chaviré à 47 milles nautiques (87 km) de Pylos, en mer Ionienne, a précisé M. Siakantaris, coulant en dix à quinze minutes. Selon plusieurs responsables, les rescapés ne disposaient pas de gilets de sauvetage.

Le HuffPost

Naufrage en Grèce : les espoirs de trouver des survivants « s’amenuisent »

Depuis le naufrage, mercredi, d’une embarcation de migrants au large de la Grèce, 78 corps ont été récupérés en mer par les gardes-côtes.

Cent quatre personnes presentes a bord de l'embarcation ont ete secourues et transferees au port de Kalamata, dans le sud de la Grece.
Cent quatre personnes présentes à bord de l’embarcation ont été secourues et transférées au port de Kalamata, dans le sud de la Grèce.

Deux jours après le naufrage d’une embarcation de migrants au large de la Grèce, les autorités ont annoncé que les espoirs de retrouver des survivants « s’amenuisent ». Elles précisent que les recherches se poursuivent vendredi.

« Les espoirs de retrouver des survivants s’amenuisent de minute en minute après ce naufrage tragique, mais les recherches doivent continuer », a indiqué à l’AFP Stella Nanou, porte-parole du Haut Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR) en Grèce.

Soixante-dix-huit corps ont été récupérés en mer mercredi par les gardes-côtes grecs quelques heures après qu’un chalutier vétuste et surchargé a chaviré et coulé à 47 milles marins (87 km) de Pylos, dans la péninsule du Péloponnèse, selon un bilan officiel.

Cent quatre personnes ont été secourues et transférées au port de Kalamata, dans le sud de la Grèce. « Selon les images diffusées par les autorités et certains témoignages des rescapés, des centaines de personnes se trouveraient à bord », a répété Mme Nanou.

Les recherches dans la zone du naufrage se sont poursuivies toute la nuit de jeudi à vendredi, selon les gardes-côtes. « Actuellement une frégate et un hélicoptère de la marine sont sur place et trois bateaux […] participent aux recherches », a indiqué une porte-parole des gardes-côtes.

Les passeurs mis en cause pour « trafic d’êtres humains »

La police a arrêté neuf Égyptiens, âgés de 20 à 40 ans, soupçonnés d’être des passeurs, selon une source judiciaire. Ces hommes, interpellés parmi les rescapés, ont été traduits vendredi devant le parquet de Kalamata et doivent comparaître lundi devant un juge d’instruction.

Ils sont mis en cause pour « trafic d’êtres humains », selon cette source. Au total, 27 personnes restaient hospitalisées vendredi, dont l’une des personnes arrêtées, selon les gardes-côtes.

Certains rescapés doivent être transférés dans la journée au camp de migrants de Malakasa, au nord-est d’Athènes, selon la télévision publique ERT.

Le bateau de pêche avait quitté l’Égypte avant d’embarquer des migrants à Tobrouk, une ville portuaire de l’est de la Libye, et avait mis le cap sur l’Italie, selon une source portuaire à l’AFP.

L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a dit « redouter que des centaines de personnes supplémentaires » se soient noyées « dans l’une des tragédies les plus dévastatrices en Méditerranée en une décennie ».

Drame en Méditerranée«Les États européens ne font plus respecter le droit maritime»
Alors que des centaines de migrants pourraient avoir péri au large du Péloponnèse, les questions fusent quant aux méthodes des autorités grecques et italiennes.
Une photo des gardes-côtes grecs ( ci dessus ) montre le chalutier ayant chaviré au large du Péloponnèse, quelques heures avant le drame. Selon des témoignages de rescapés, près de 750 migrants étaient entassés à bord. Aucun ne portait de gilet de sauvetage.

Comment expliquer un tel drame? Tandis que les gardes-côtes grecs continuent de fouiller la Méditerranée centrale à la recherche de survivants, la polémique enfle autour des conditions ayant mené un chalutier plein à craquer de migrants à chavirer au large du Péloponnèse dans la nuit de mardi à mercredi.

MCD

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