Extinction Rebellion entame son 3e jour de blocage au centre de Paris
Quelques centaines de militants et sympathisants du mouvement écologiste occupent toujours la place du Châtelet et un pont de la Seine.
Quelques centaines de militants et sympathisants du mouvement écologiste Extinction Rebellion (XR) ont entamé ce mercredi matin, le 9 octobre, leur troisième journée de blocage sur la place du Châtelet et le Pont au Change sur la Seine, au centre de Paris.
Dans le cadre de la mobilisation internationale de “XR”, ces militants occupent depuis lundi après-midi ce nœud central de la capitale, pour réclamer davantage d’action contre le réchauffement climatique.
Mercredi matin, dans une ambiance très calme, les militants commençaient à sortir de leurs tentes après une deuxième nuit passée sur place.
Cette occupation se déroule sous surveillance policière: mercredi matin, 14 cars de CRS étaient garés le long du quai de la Mégisserie, qui donne sur la place du Châtelet.
Tout jeune mouvement né il y a un an au Royaume-Uni, XR se mobilise toute cette semaine dans 60 villes du monde.
Des “rebelles”, des “non violents” de tous les horizons… . Quelques centaines de militants et sympathisants du mouvement écologiste Extinction Rebellion (XR) ont passé une deuxième nuit sur la place de Châtelet et un pont de la Seine, au centre de Paris, pour réclamer davantage d’action contre le réchauffement climatique. Depuis lundi 7 octobre, ils ont prévu des actions coup de poing dans la capitale, à l’instar de ce qui se fait dans 60 villes du monde.
ALLIANCE DE PAYSANS, CHERCHEURS, MILITANTS ASSOCIATIFS, ÉTUDIANTS, JEUNES, MOUVEMENT FÉMINISTES, CINÉASTES,
Mais qui sont ces militants qui ont choisi la désobéissance civile pour sauver l’environnement? Nous nous sommes entretenu ( plusieurs sont de la Biovallée ) avec plusieurs de ces “rebelles” mobilisés à Châtelet ce mardi. Des adolescents, des retraités, des familles, des étudiants… à l’image des gilets jaunes qui ne les portent pas dans leur cœur, les membres d’Extinction Rébellion semblent éclectiques.
“On vient d’un peu partout pour cette mobilisation cette semaine. Il y a des militants de Marseille, Morlaix, Nice, Lyon, Quimper, Saillans, Crest… Tout le monde peut nous rejoindre”, explique Antonin*, l’un des “rebelles”. “Bon, c’est vrai qu’une tendance se dégage plus particulièrement pour des individus de 25/35 ans ayant fait des études supérieures”, tempère un autre militant chargé de presse du mouvement.
Une tendance observée dès les origines du mouvement dans ses rangs au Royaume-Uni, d’où Extinction Rébellion essaime un peu partout dans le monde. Un groupe d’universitaires a étudié le mouvement et remarqué qu’il manquait de diversité. “Même s’ils essaient de s’ouvrir, ses membres sont essentiellement des occidentaux, très éduqués , des professions libérales ou de l’économie créative”, analyse Graeme Hayes, professeur à l’université d’Aston, dans une étude citée par Le Monde.
Un profil à l’image des créateurs du mouvement: Gail Bradbrook, 47 ans, diplômée en sciences moléculaires et opposante au gaz de schiste est la créatrice du mouvement Rising Up! qui a donné naissance à Extinction Rebellion. Simon Bramwell, un ancien ouvrier de 46 ans reconverti en moniteur de stages de survie et Roger Hallam, un agriculteur bio de 52 ans, l’ont rejointe pour co-fonder le mouvement. Tous disent s’inspirer de la lutte pour les droits civiques des Noirs américains ou de Mahatma Gandhi en Inde.
“C’est vrai, on a une surreprésentation de ce type de personnes dans notre groupe français. De fait, on essaie de s’ouvrir pour toucher le plus de monde possible. C’est ce qu’on a essayé le 5 octobre lors de l’occupation du centre commercial d’Italie 2”, nous explique un porte-parole du mouvement.
“Peut-être que cette tendance peut s’expliquer par le fait que cette population est généralement plus encline à s’informer et à avoir accès aux réseaux d’informations. Elle a peut-être une volonté plus forte de se ’conscientiser″, tente de justifier Lucas, un autre “rebelle”.
Dix principes, quatre revendications et la non violence
Pour toucher le plus monde possible, Extinction Rébellion a tenté de faire tomber toutes les barrières à l’entrée du mouvement. Il est ainsi très simple de le rejoindre, sans verser un centime. Deux critères doivent être remplis: d’une part il faut comprendre ses quatre revendications, d’autre part adhérer à ses dix principes fondamentaux indiqués sur son site, dont tout particulièrement celui de la non violence lors des manifestations.
“Pour être un ‘rebelle’, il n’y a pas besoin d’être un militant acharné qui va dormir toute la nuit dehors lors des occupations ou qui va se laisser arrêter par la police pour la cause. Vous pouvez aussi simplement passer quelques heures pendant une marche, ou nous accorder un peu de temps pour les groupes de réflexion, note un porte-parole. Le tout c’est de faire ça de manière pacifique, car les tactiques non violentes sont les plus efficaces.”
Cette semaine, de multiples actions vont être menées dans la capitale et dans le monde pour faire encore davantage connaître Extinction Rébellion et son combat. “Une fois que les gens connaîtront notre combat et notre façon de le mener, nous pourrons mobiliser 3,5% de la population, explique-t-on chez Extinction Rébellion. Car selon Erica Chenoweth, professeure en politiques publiques à la Harvard Kennedy School, dont le mouvement s’inspire, ce chiffre est le seuil à atteindre pour déclencher un réel changement de système, une révolution non violente”.
(*) Le prénom a été changé
ENSEMBLE, ON EST PLUS FORT.E.S – Clarifications suite aux réactions sur nos précédents posts
A la lecture des commentaires écrits sous nos précédents posts, nous pensons que plusieurs points nécessitent des clarifications. Avant toute chose, nous vous rappelons qu’au sein d’XR coexistent des sensibilités et manières de voir parfois différentes afin d’atteindre un objectif commun.
Nos financements : nous ne dépendons d’aucun groupe de financement extérieur, nous avons refusé les propositions qui nous ont été faites plus tôt cette année, notamment les fonds du Climate Emergency Fund (CEF) porté par des philanthropes américains. Nous avons cependant partiellement accepté les dons en provenance du groupe Radiohead. Mais l’immense majorité de nos ressources proviennent de la recup, de l’entraide et des dons de particuliers. D’ailleurs pour faire un don c’est ici : https://www.helloasso.com/associati…/…/formulaires/10/widget
Sur le cadre d’action : le cadre posté plus tôt concerne l’action du 7 et les actions suivantes organisées par XR. L’action d’occupation d’Italie 2 du 5 octobre qui rassemblait plusieurs collectifs, du comité Adama, Cerveaux non disponibles, etc. avait adopté un cadre plus souple et évolutif qui a été respecté par la grande majorité des occupant.e.s lors de cette journée et nuit.
Sur les violences policières et nos soi-disant « liens » avec le gouvernement : nous sommes bien évidemment solidaires des victimes de violences policières (comité Adama, etc.) Si nous ne subissons pas beaucoup de répression (malgré les appels de Ségolène Royal) c’est surtout que les images du gazage du Pont de Sully ont fait le tour du monde et ont rendu la tâche des forces de l’ordre bien plus difficile. Nous n’avons aucun lien avec le gouvernement et nous n’agissons pas dans leur intérêt. Concernant la minute de silence pour les policiers tués, il s’agit avant tout de rendre hommage aux êtres humains tués, au-delà de la quelconque fonction qu’ils endossaient avant l’attaque.
Merci de votre compréhension, nous pensons également que suite à l’action du 5, de nombreux comptes FB visent à colporter des rumeurs pour décrédibiliser notre mouvement et les alliances que nous tentons de créer avec les mouvements sociaux. Ils/elles nous veulent divisé.e.s, ne tombons pas dans leur piège. Venez nous rejoindre à Châtelet pour qu’on en discute ! Ensemble on est plus fort.e.s !
