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Manifestation de Femen au cimetière du Montparnasse pour dénoncer les féminicides

TOPSHOT – Leader of the feminist activist group Femen Inna Shevchenko (front) and Femen activists hold placards reading « More heard dead than alive », « I didn’t want to die » during a protest action dedicated to the memory of the women killed by their partner or ex-partner and against the violence against women, at the cemetery of Montparnasse in Paris, on October 5, 2019. 114 women have been killed by their partner or ex-partner since the beginning of 2019 in France, according to the ‘Feminicides par compagnons ou ex’ (Feminicides by companions or ex) association. / AFP / Lucas BARIOULET

Une centaine de Femen ont traversé en silence samedi le cimetière pour réclamer au gouvernement « une mobilisation plus forte ».

Inna Shevchenko, figure de proue du mouvement Femen, a déclaré à des journalistes que « le plus important aujourd’hui, c’est de commencer à entendre les femmes ».  

La peau et les cheveux grisés par de l’argile, une centaine de Femen ont traversé en silence samedi le cimetière du Montparnasse, à Paris, pour dénoncer les féminicides et réclamer au gouvernement « une mobilisation plus forte ».

Chacune portait une pancarte noire en forme de stèle, où figuraient les noms de femmes tuées par leur conjoint ou ex-compagnon cette année : « Taïna, 20 ans, 3e féminicide », « Michèle, 72 ans, 10e féminicide », « Salomé, 21 ans, 100e féminicide ». « Pas une de plus », « plus écoutées mortes que vivantes », avaient crié les manifestantes dans les rues voisines, avant d’entrer calmement dans le cimetière.

Défilant sous la pluie, les Femen avaient inscrit en lettres blanches sur leurs bustes dénudés « je ne voulais pas mourir », « je l’ai quitté, il m’a tuée » ou « on me prendra au sérieux quand je serai morte ».

Avec cette « marche symbolique », pour représenter « les 114 femmes victimes de féminicides » recensées par un collectif militant depuis le début de l’année, les Femen ont voulu interpeller le « pouvoir en place », a expliqué l’une d’entre elles dans une déclaration. « Nous rappelons que la plupart » de ces femmes, « avant d’être assassinées, avaient été victimes de violences intrafamiliales et avaient alerté la société civile, la police, la justice, des menaces qui pesaient sur elles », a-t-elle ajouté, très émue.

« Un mois après le début du Grenelle » contre les violences conjugales, lancé le 3 septembre, « la mobilisation ne doit pas faiblir. Les féminicides ne sont pas une fatalité, mais bien un fléau que l’on peut endiguer », a-t-elle martelé.

Inna Shevchenko, figure de proue du mouvement Femen, a déclaré à des journalistes que « le plus important aujourd’hui, c’est de commencer à entendre les femmes ». « Nous voulons que la mobilisation soit plus forte encore de la part du gouvernement, des juges, des policiers (…). Chacune d’entre nous est potentiellement victime de violences conjugales, de féminicide », a-t-elle souligné.

En 2018, 121 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-compagnon, selon le ministère de l’intérieur.

L’enquête du « Monde » sur les féminicides en France

Depuis le mois de mars, et pour une année complète, une équipe d’une douzaine de journalistes du Monde est mobilisée pour enquêter sur les féminicides, ou meurtres conjugaux, commis en France. L’objectif de cette task force est de documenter, de la façon la plus détaillée possible, comment et pourquoi plusieurs dizaines de femmes meurent, tous les ans, en France, sous les coups de leurs conjoints. Un décompte macabre et continu : pour les neuf premiers mois de l’année 2019, jusqu’au lundi 23 septembre, les associations ont déjà enregistré 109 féminicides, contre 87, à la même période, en 2018.

Pour analyser en profondeur la situation en France, et contribuer à la prise de conscience de sa gravité, nous avons choisi d’enquêter, de façon exhaustive, sur les 120 féminicides identifiés pendant l’année 2018. Dossier par dossier, nos journalistes tentent de reconstituer les faits, les histoires, les itinéraires, et surtout cherchent ce qui n’a pas été fait, ou ce qui aurait pu être fait, par la police, la justice, les services sociaux, afin de prévenir ces meurtres. Avec une conviction : une grande partie de ces féminicides pourrait être évitée, si la société française s’en donnait les moyens.

LM

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